L’efficacité allemande

Photo Michel Bourdier
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La dernière journée propose une rencontre entre deux équipes déjà qualifiées en quarts de finale. Leur classement n’est pas définitif, mais se dessine déjà : la Finlande ne peut pas finir plus bas que deuxième, et restera donc à Košice jeudi. L’Allemagne ne peut pas finir mieux que troisième, et migrera donc dès demain vers Bratislava.


Si la patinoire n’est pas si mal remplie compte tenu de l’horaire en semaine, l’ambiance est plutôt à la discussion qu’aux encouragements. Un brouhaha règne dans l’arena, avec un match de hockey en toile de fond…

Grubauer repousse l’échéance

La Finlande attaque en premier et pousse Jonas Müller à la faute. Le jeu de puissance s’installe et pique la première banderille sur Philippe Grubauer, lorsque Marko Anttila plante sa grande carcasse dans l’enclave. Il prend le rebond, mais de dos, et ne parvient pas à effacer la botte du gardien de l’Avalanche du Colorado, de retour après quelques jours de repos. L’Allemagne échappe à la correctionnelle. Les minutes défilent par la suite sans beaucoup de danger, avec une courte coupure suite à un problème avec un plexiglas dans le coin.

La Finlande reste la plus dangereuse, avec une occasion de près de Kuusela, puis de Rajala. Lankinen passe un moment tranquille : aucun tir cadré côté allemand après onze minutes.

La meilleure occasion survient à six minutes de la fin. Un palet dégagé dans l’enclave remonte sur Kakko, qui remonte sur l’aile droite, seul contre deux. Il freine, pivote et sert dans un fauteuil Pesonen… qui rate le cadre. Dans la continuité, Grubauer sauve un palet et Nowak se rend coupable d’un faire trébucher.

Cette fois, la sanction tombe. Servi en retrait, Lehtonen arme une volée puissante. Grubauer, masqué par deux défenseurs et deux attaquants finlandais, ne peut rien faire sur la déviation de Pesonen (1-0).

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Un but sur quatorze tirs : la Finlande a fait le plus dur… croit-elle. L’Allemagne n’en a pas besoin d’autant. Un mouvement collectif mené par Eisenschmid et Plachta s’infiltre, décale Michaelis à côté de lui et le premier tir du match finit au fond (1-1).

Une pénalité de Lindbohm complique la tâche. L’Allemagne s’installe et met le feu à l’enclave, forçant Lankinen à bouger. La défense bloque bien les tirs, cependant, et seul un ultime tir de Kahun entre les cercles perturbe un peu le gardien. 1-1 à la pause, dans un match dominé nettement par les Nordiques.

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L’Allemagne monte en puissance

Le deuxième tiers débute de manière assez sporifique. Il faut attendre quatre minutes pour la première occasion. Ojamäki attaque la cage sur le côté et bataille dans l’enclave : le palet finit au fond. Les Allemands protestent et estiment que Tyrväinen a percuté Grubauer avant de marquer, l’empêchant de réaliser son arrêt. La révision vidéo entre en scène… mais n’inverse pas la décision : l’attaquant finlandais Ojämaki a été poussé. L’Allemagne perd ainsi son temps mort (2-1).

La situation s’aggrave lorsque Hager assène une féroce mise en échec et est puni pour obstruction. L’attaque ne décroche guère de bonnes solutions de tir et ne creuse pas l’écart.

Cela donne tout de même un temps fort finlandais, qui pilonne l’arrière garde allemande. En face, seul Eisenschmid compte un tir, dégagé par la botte de Lankinen.

L’Allemagne subit, certes, mais s’offre presque les occasions les plus tranchantes. Peu de tirs, mais de haute qualité. Kahun, seul dans l’enclave, voit Lankinen sauver miraculeusement, et le palet rouler à côté du poteau. Mais sur l’engagement, le joueur de Chicago convertit. Draisaitl gagne un duel le long de la bande et sert l’autre joueur NHL de l’équipe. Kahun trompe le gardien finlandais du revers (2-2).

La Finlande ne se montre pas aussi précise. Après un bon mouvement, le palet retombe sur Sallinen dans l’axe. La position est favorable, le tir rate la cible.

Les dernières minutes se révèlent plus équilibrées. L’Allemagne ferme mieux sa zone défensive et concède bien moins de tirs. Explosive en contre, elle se procure même des opportunités, à l’image d’une longue passe vers Hager. L’assistant capitaine déborde à gauche et envoie un tir croisé puissant, que Lankinen capte de la mitaine. Le score de parité n’apparaît pas illogique après deux tiers. L’échec-avant allemand s’est montré très efficace pour gêner la relance des défenseurs finlandais, qui apparaissent globalement comme le point faible de l’équipe.

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La reprise se joue dans un faux-rythme, entre deux formations assez attentistes. Le patinage est là, certes, mais pas les occasions, pas le tranchant nécessaire. La Finlande continue sa stratégie – des tirs en nombre, mais peu dangereux. L’Allemagne, la sienne : peu de tirs, mais haute qualité.

Sur une pénalité de Ohtamaa, cette stratégie paie : Leon Draisaitl, esseulé au cercle droit, capitalise sur ce jeu de puissance en glissant le palet sous le bras de Lankinen (2-3).

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La ligne du géant d’Edmonton, avec Ehliz et Hager, fait encore passer un vent d’inquiétude lorsque l’attaquant du Red Bull Munich lance du cercle droit. La jambière du gardien de Rockford en AHL repousse la tentative.

La Finlande pose enfin la crosse sur le palet. Une combinaison précise libère Ojämaki au cercle droit, mais le portier de Colorado se déplace à toute vitesse et ferme la porte.

Ce temps fort aboutit à une nouvelle supériorité, lorsque Yanic Seidenberg commet un faire trébucher. La Finlande s’installe et trouve quelques lignes de tir sans grand danger. Les joueurs de Toni Söderholm reviennent au complet et testent tout de suite Lankinen, qui gagne son duel à bout portant devant Draisaitl.

La défense allemande, intraitable, constitue un véritable casse-tête pour l’attaque nordique, dénuée d’imagination. Les limites de l’effectif de Jalonen sont criantes dans ce match : des attaquants loin d’être dominants. Les joueurs entrant en zone offensive ne disposent que de peu de solutions, et les tirs demeurent très lisibles pour Grubauer.

Le temps mort ne change rien : Draisaitl intercepte et n’a plus qu’à déposer le palet dans la cage vide (2-4).

Malgré plusieurs tirs, notamment de Jokiharju, dans les dernières secondes, la Finlande ne revient pas et pourrait donc voir la première place du groupe lui échapper.

L’Allemagne remporte ce match avec une belle maîtrise collective et beaucoup d’opportunisme, face à une Finlande sans génie et fébrile défensivement. Pas de quoi se rassurer avant les quarts de finale.

Compte-tenu du Canada-États-Unis prévu en soirée, la Finlande terminera quoi qu’il arrive deuxième. L’Allemagne pourrait terminer troisième en cas de défaite américaine.

Désignés joueurs du match : Juhani Tyrväinen (Finlande) et Philipp Grubauer (Allemage)

Photo Michel Bourdier

Finlande – Allemagne 2-4 (1-1, 1-1, 0-2)
Mardi 21 mai 2019 à 12h15. Steel Arena de Kosice, Slovaquie. 6685 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Stephen Reneau (USA) assistés de Bill Hancock (USA) et Nathan Vanoosten (CAN)
Pénalités : Finlande 4′ (2′, 0′, 2′), Allemagne 8′ (4′, 2′, 2′)
Tirs : Finlande 41 (15, 11, 15), Allemagne 21 (3, 7, 11)

Récapitulatif du score
1-0 à 15’05 : Pesonen assisté de Lehtonen et Jokiharju (sup. num.)
1-1 à 17’04 : Michaelis assisté de Plachta et Eisenschmid
2-1 à 24’07 : Tyrväinen assisté de Ojamäki
2-2 à 33’13 : Kahun assisté de Draisaitl
2-3 à 44’46 : Draisaitl assisté de Pföderl (sup. num.)
2-4 à 59’00 : Draisaitl (cage vide)

Photo Michel Bourdier

Finlande

Attaquants :
Toni Rajala – Juhani Tyrväinen – Niko Ojamäki
Harri Pesonen (-2) – Sakari Manninen (-2) – Kaapo Kakko (-2)
Veli-Matti Savinainen (A) – Jere Sallinen – Kristian Kuusela
Joel Kiviranta – Juho Lammikko – Marko Anttila (C, -1)

Défenseurs :
Mikko Lehtonen (A, -2) – Atte Ohtamaa (2′, -1)
Petteri Lindbohm (2′) – Henri Jokiharju
Niko Mikkola (-1) – Oliwer Kaski (-2)
Miika Koivisto (+1) – Jani Hakanpää (+1)

Gardien :
Kevin Lankinen

Remplaçant : Jussi Olkinuora (G). Réservistes : Veini Vehviläinen (G), Eetu Luostarinen (A, blessé au genou)

Allemagne

Attaquants :
Yasin Ehliz – Leon Draisaitl (A, +1) – Patrick Hager (A, 2′)
Frederik Tiffels (+1) – Domink Kahun (+1) – Frank Mauer
Matthias Plachta (+1) – Marc Michaelis (+1) – Markus Eisenschmid (+1)
Leo Pföderl – Marcel Noebels – Stefan Loibl
Gerrit Fauser

Défenseurs :
Moritz Müller (C, +2) – Korbinian Holzer (+2)
Yannick Seidenberg (2′) – Marco Nowak (2′)
Jonas Müller (2′, +1) – Denis Reul
Benedikt Schopper (-1)

Gardien :
Philipp Grubauer

Remplaçant : Niklas Treutle (G). Réservistes : Mathias Niederberger (G), Moritz Seider (D, commotion), Lean Bergmann (A)

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