Deutsche Eishockey Liga : Interview d’Anthony Rech (Wolfsburg Grizzlys)

Photo Michel Bourdier
511

Au cœur de la préparation estivale, rencontre avec l’international français Anthony Rech, qui nous évoque le championnat allemand et son expérience outre-Rhin.

Anthony, tu vas entamer ta troisième saison en DEL. Pour donner un éclairage au public français sur ce championnat, comment analyses-tu le niveau de cette ligue ? Y a-t-il des différences notables dans le niveau des équipes ? Comment le positionner par rapport à la Ligue Magnus ?

Anthony Rech : Le niveau de la ligue est très relevé. On est 14 équipes et toutes ont réellement une chance de participer aux play-offs donc chaque match est très disputé. Pour donner un exemple, Berlin a été finaliste en 2018 et la saison d’après, ils ont terminé neuvième du championnat. Donc chaque année les cartes sont redistribuées. Après, il est vrai qu’il y a quand même deux clubs qui se détachent un peu du lot, avec Mannheim et Munich.

Mais tout est différent [de la Magnus], on parle d’un championnat qui est considéré comme un gros championnat européen. Les budgets des clubs sont importants, la télé est présente pour chaque match, les organisations sont pros, les patinoires sont pour la plupart pleines, L’ambiance est vraiment incroyable pendant les matchs, qui sont très serrés. C’est vraiment un plaisir de jouer ici. C’est clairement devenu un sport majeur en Allemagne.

La principale différence, c’est que tout est développé ici. Vu que les budgets sont plus importants, il y a de très bons étrangers, le niveau individuel des joueurs est également excellent, ce qui donne un niveau général vraiment très élevé. Il n’y a pas un grand écart entre les équipes, ce qui donne un championnat très compétitif.

Au départ, c’est vrai que j’étais très impressionné par les organisations et les infrastructures de Mannheim, Berlin, Cologne. Jouer devant une patinoire pleine entre 12 000 et 17 000 personnes dans une des meilleures ligues d’Europe, c’était un peu un rêve d’enfant.

Il y a tellement de bons joueurs que je ne peux pas en citer un en particulier. Il y a des anciens joueurs NHL, KHL, etc. Pour l’instant, celui qui me fait la plus grosse impression sur ces deux-trois années, c’est Mathis Olimb. Je le côtoie depuis trois semaines à Wolfsburg, et c’est du très haut niveau !

Tu approches le cap des 100 parties en DEL, comment vois-tu ta progression personnelle dans ce championnat et que t’apportent le niveau de jeu et l’organisation dans ton développement ?

Je vais atteindre le cap des 100 matchs en début de saison et ce sera contre Schwenningen, je trouve ça sympa et c’est un beau clin d’œil parce qu’ils m’ont donné la chance d’évoluer en DEL.

Je pense que ma progression est constante depuis mon arrivée ici. Je prends de plus en plus confiance en moi, je sais que je peux « performer » dans le championnat. Il faut constamment travailler, donner le meilleur de soi-même. C’est ce qui rend les joueurs plus forts, en concurrence.

Ici j’ai appris à être professionnel, faire attention à mon corps, à la récupération, à la préparation physique. C’est aussi faire attention aux détails dans le jeu (positionnement de la crosse, zone défensive, etc).

Photo Michel Bourdier

Tu viens de quitter le club de Schwenningen, peux-tu nous donner les raisons de ce départ ainsi que le choix de ta signature à Wolfsburg ?

J’ai fait deux saisons là-bas, il y a eu des hauts et des bas collectivement (surtout l’année dernière) mais j’ai réussi à progresser individuellement. C’était vraiment deux saisons très enrichissantes et je pense que je suis un meilleur joueur qu’à mon arrivée en Allemagne.
Wolfsburg m’a contacté en janvier dernier. J’ai réfléchi à ce qui serait le mieux pour moi, pour ma carrière et pour ma famille. J’ai accepté ce nouveau défi, je suis prêt à relever le challenge à Wolfsburg.

C’est une bonne organisation, tout est fait pour les joueurs et leur famille, nous avons juste à penser à jouer au hockey. Elle a beaucoup d’ambitions et des objectifs élevés.

Tu intègres le groupe des Grizzlys, comment se passe cette intégration avec le staff et tes partenaires ? Les dirigeants ont-ils une attente particulière dans ton rôle de joueur et l’apport que tu peux donner sur la glace ?

L’intégration se passe super bien, nous avons un super groupe et l’atmosphère y est très bonne. Ça travaille très fort, il y a un sentiment de revanche par rapport à leur dernière saison. Nous voulons être une équipe du top 6 cette année. Les play-offs sont l’objectif numéro 1, après cela, on verra. Tout est possible.

Pour l’instant, nous sommes en préparation donc il y a beaucoup de travail pour assimiler les systèmes, il y a aussi pas mal de changement de lignes pour trouver les combinaisons. On y verra plus clair d’ici le début du championnat.

Pas d’attente particulière dans mon rôle, je veux être un joueur important de l’équipe, jouer de grosses minutes et les moments importants…

Wolfsburg a atteint la finale du championnat trois fois dont deux fois récemment, les objectifs du club sont-ils déjà exprimés en ce sens ?

Dans le jeu, nous souhaitons être une équipe difficile à affronter. Nous voulons jouer avec le palet, créer du jeu, être offensif. Je trouve ça vraiment excitant. Après l’objectif prioritaire car annoncé, c’est déjà les play-offs.

Tu fais partie des joueurs français, et non des moindres, (Petri Ylönen, Christian Pouget, Philippe Bozon, Christobal Huet, Kevin Hecquefeuille, Damien Fleury…) à avoir évolué dans l’élite du hockey allemand. Des jeunes français se tournent vers l’étranger pour progresser (Finlande, Suisse, Canada, États-Unis principalement), mais conseillerais tu la glace allemande si certains avaient ce choix et pour quelles raisons ?

Il y a du très beau monde dans cette liste ! Ce sont des modèles pour les jeunes joueurs français.

Je ne suis personne pour donner des conseils, aucun choix n’est vraiment mauvais tant que tu te donnes les moyens de réussir. Toutes les ligues citées sont des grosses ligues et ce sont aussi des pays de hockey, même si les méthodes varient clairement d’un endroit à l’autre.
En Finlande, par exemple, le jeu est très différent de l’Allemagne.

La seule chose que je peux dire par rapport à l’Allemagne, c’est qu’il n’y a pas énormément de jeunes joueurs. Mais si un jeune Français a l’opportunité de jouer ici, je lui dirais de ne pas trop réfléchir et de tenter l’expérience. D’ailleurs, si un joueur a besoin de me contacter pour des infos par rapport à une équipe ou le championnat, je suis toujours disponible pour discuter. On a besoin de s’aider entre Français !

Merci beaucoup et passe une bonne saison avec les Grizzlys !

Merci pour l’interview. Et bonne saison à tous les lecteurs de Hockey Archives !

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

libero dapibus felis id Sed ipsum suscipit venenatis dolor.