Bordeaux entre frustration et désespoir (Ligue Magnus, match 3)

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Menés 2-0 dans la série, les Boxers n’avaient déjà plus trop de choix. Au terme d’un match 3 perdu de nouveau d’un but, il ne leur reste presque que les cierges pour espérer. Pourtant, auteurs d’un match plus que courageux, les Bordelais sont frustrés ce soir, tant par le scénario que par le bilan comptable. Alors est-on plus près de la remontada, ou du coup de balai ?

Le sport de haut niveau, et c’est encore plus vrai pour le hockey, se joue souvent à des petits détails. Ce soir, un but refusé, et 3 poteaux côté bordelais, ont suffi à faire pencher la balance du côté des visiteurs, les Ducs d’Angers.

Pourtant, le résultat est très loin d’être illogique. Angers est meilleur sur presque tous les plans, et si leur jeu en supériorité numérique était bloqué à 0/9 depuis deux rencontres, le barrage adverse a cédé ce soir, en encaissant l’ouverture du score par Danick Bouchard suite à un rebond laissé sur la première action de leur premier avantage numérique de la soirée.

Bordeaux « sur les talons »

Comme l’a souligné Olivier Dimet en après-match, Bordeaux « n’a pas spécialement bien attaqué la rencontre, pas dedans dans le premier tiers », donnant « le momentum à Angers ».

Tentant bien de sortir la tête de l’eau, les Boxers sont pourtant pris à la gorge, et encaissent donc cette ouverture du score en infériorité numérique. S’il y avait eu malgré tout des occasions des deux côtés jusque-là, les locaux auraient sans doute préféré prendre les choses en main au lieu de courir après le score.

Pourtant, Bordeaux connaissait bien l’enjeu du match. Plutôt dominés, même si valeureux à Angers, ils ont décidé de ne pas jouer les victimes expiatoires en donnant le maximum pour essayer de renverser la situation. Quatre minutes plus tard donc, en installant provisoirement un jeu de puissance en zone offensive, la rondelle revient sur Marc-André Levesque qui envoie une belle frappe ras de glace dans la cage de Florian Hardy, battu pour la deuxième fois (seulement) de la série. 1-1, puck au centre, et des Bordelais qui montrent qu’ils ne vont pas abandonner.

Galvanisés par ce but, ils tenteront bien d’inscrire ce deuxième but, mais c’est au contraire Julien Albert, laissé seul dans l’axe, qui ajuste un Clément Fouquerel qui avait réalisé un ou deux miracles dans ce premier tiers. 2-1 pour Angers, et clôture d’une période inaugurale qui voit les Bordelais tenter plus de tirs (20-19 au corsi) mais être beaucoup moins dangereux au final (1,44 buts anticipés angevins contre 0,46)

Chassé-croisé des vacances

Brièvement revenus, voilà donc les Bordelais de nouveau menés. Entreprenants mais pas assez dangereux, ils y mettent pourtant « du cœur ». Et si les Angevins sont parvenus à débloquer leur jeu en supériorité, Bordeaux mettra du temps, mais y parviendra aussi. Après une première incartade avec Vincent Llorca en prison, Connor Hardowa dégage le palet en tribunes et rejoint son collègue sur le banc des pénalités. Un 5 contre 3 en guise de chance inratable pour les coéquipiers de Jonathan Janil qui vont tourner un peu autour du pot avant de sortir une belle combinaison en sortie d’engagement. Le jeu en triangle Félix Petit – Olivier Labelle – Charles Eric Légaré termine au fond et redonne de la voix à une Patinoire Mériadeck pourtant derrière ses joueurs.

2-2 et l’espoir revient, surtout que Bordeaux appuie sur l’accélérateur, toujours sans assaillir Florian Hardy, mais poussant vraiment les joueurs de Brennan Sonne. Mais ces Ducs sont justement tout en maîtrise, et sur un palet tergiversé par les Boxers à la bleue offensive, puis mal dégagé à la bleue défensive, Clément Masson récupère et sert Robin Gaborit qui bat Clément Fouquerel entre les bottes.

En plein temps fort bordelais, Angers reprend la marque 2-3 et douche les espoirs bordelais à court terme. On en termine là un deuxième tiers très ouvert, sur fond de jeu du chat et de la souris, qui a pourtant des airs statistiques de ce que l’on a vu jusque-là. 39 tirs à 38 pour Angers, et surtout 13 chances de marquer à 5, et 2,2 buts anticipés à 1,4. Bordeaux tire autant, mais sans réel danger pour Florian Hardy.

Et les fois où c’est (presque) cadré, c’est Félix-Antoine Poulin qui trouve un poteau qui sauve un gardien angevin parfois battu, mais souvent bien placé.

« FLOR » Alamo

Tout est donc à refaire pour Bordeaux, mais à l’instar du deuxième tiers, il s’agit autant de revenir que de « mouiller le maillot », et surtout mourir peut-être mais « les armes à la main ». Alors revoilà les locaux en quête d’une troisième égalisation. Plus alertes, et certainement avec l’énergie du désespoir, ils parviennent à mettre les Ducs à la faute. Un 5 contre 4, puis 5 contre 3 permettent de se procurer des occasions, notamment par Loïk Poudrier enfin replacé dans son spot sur la droite du but. Reprenant un palet de volée, il vient donc encore égaliser.

Avec encore du temps en supériorité numérique, Bordeaux compte bien passer devant cette fois-ci, mais Florian Hardy tient la baraque. Plaque, jambière droite dans le soupirail, jambière gauche pour protéger l’arrière de la cage, tout y passe pour ne pas flancher, et même la barre transversale encore une fois mise à contribution.

L’intensité est là, et aux abords des dix dernières minutes, cela devient irrespirable. Bordeaux est clairement de nouveau dans un temps fort, pousse sur le but de Hardy pour marquer enfin ce quatrième but. Mais sur un palet encore une fois mal négocié à la bleue, Olivier Latendresse part seul au but, Clément Fouquerel sort pour couper la trajectoire, y parvient mais relance sur le Canadien qui conclut dans le but vide.

Sorti loin de ses bases pour compenser une perte de puck défensive, « Fouquy » endosse donc le rôle du fautif alors qu’il a sauvé les siens un nombre incalculable de fois. La fin de match voit les Bordelais jeter leurs dernières forces pour revenir, en vain, malgré un troisième et dernier poteau touché.

Angers s’impose 4-3 dans une partie où leur maîtrise des temps faibles a succédé à leur supériorité technique et collective. Meilleurs individuellement, les Ducs ont su faire le dos rond quand il le fallait, et si les Boxers sont loin d’avoir démérité, ils auraient pu l’emporter avec plus de réussite dans les deux sens de la glace.

La « frustration prédomine », et Bordeaux va essayer de gagner le match 4 pour garder un espoir. S’ils n’ont « rien lâché, dans des matchs qui se sont joués d’un but », ils risquent quand même d’avoir pris un « coup sur le casque », même s’ils sont bien déterminés à transformer cette frustration en volonté de gagner à tout prix.

Pas terminé ?

« Hargne, envie et du cœur » seront donc de maîtres mots demain soir pour éviter un coup de balai malvenu dans une série qui aura ressemblé à leur saison. Irréguliers, souvent vaillants, rarement en réussite, et somme toute limités individuellement, malgré tout, si la chance sourit (parfois) aux audacieux, les Boxers de Bordeaux ont encore de quoi y croire.

Si Clément Fouquerel endosse la responsabilité de la défaite, il est largement capable de sortir une belle performance samedi. À cela, ajoutons un peu de vaudou, quelques osselets, une potion magique et mardi soir la série est revenue à 2-3. Vu les performances des Ducs, il n’en faudra pas moins.

Bordeaux – Angers 3-4 (1-2, 1-1, 1-1)
Vendredi 28 février 2020 à 20h15 à la patinoire Mériadeck. 2290 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Jérémie Rauline assistés de G.Barthe et N.Constantineau.
Pénalités : Bordeaux 4′ (2′, 2′, 0′), Angers 14’ (0′, 6′, 8′).
Tirs : Bordeaux 39 (13, 12, 14), Amiens 31 (13, 16, 2).

Évolution du score :
0-1 à 08’36 : Bouchard assisté de Campbell et Gaborit (sup. num.)
1-1 à 12’39 : Levesque assisté de Petit et Poudrier
1-2 à 19’25 : Albert assisté de Farnier et Serer
2-2 à 32’50 : Légaré assisté de Labelle et Petit (sup. num.)
2-3 à 34’33 : Gaborit assisté de Masson et Lacroix
3-3 à 43’41 : Poudrier assisté de Poulin et Labelle (double sup. num.)
3-4 à 52’20 : Latendresse assisté de Coulombe

Bordeaux

Attaquants :
Loïk Poudrier – Félix Petit – Olivier Labelle
Victor Barbero – Jonathan Lessard – Alexandre Ranger
Jules Gallet – Robin Colomban – Alexandre Mulle
Matthias Arnaud – Julien Guillaume – Charles-Éric Légaré

Défenseurs :
Maxime Moisand – Félix-Antoine Poulin
François Paquin – Marc-André Levesque
Aina Rambelo – Jonathan Janil

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçants : Julian Junca (G). Blessé : Mitch Ferguson. Absent : Jules Lefebvre.

Angers

Attaquants :
Robin Gaborit – Maxime Lacroix – Cody Campbell
Olivier Latendresse – Cédric Di Dio Balsamo – Calder Brooks
Julien Albert – Loic Farnier – Marius Serer
Clément Masson – Danick Bouchard – Alexander Botten

Défenseurs :
Vincent Llorca – Neil Manning
Patrick Coulombe – Riley Sweeney
Gary Leveque – Connor Hardowa

Gardien :
Florian Hardy

Remplaçant : Isaac Charpentier (G).

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