Une ligue internationale face au coronavirus

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La ligue autrichienne est un peu plus exposée que les autres à la problématique du Covid-2019 par son caractère international. On avait pu s’en rendre compte à la fin de la saison écoulée avec les interdictions tchèques d’entrée puis de sortie vers le territoire italien (voir lien en bas d’article). Mais ces péripéties n’avaient précédé que de quelques jours un confinement général dans toute l’Europe qui avait réglé le problème.

C’est peut-être la seule ligue au monde à avoir annoncé une bonne nouvelle économique pendant le confinement : la signature d’un nouveau de contrat de partenariat avec le site de paris sportifs Bet-at-home, qui remplacera Erste Bank comme sponsor général et lèvera les inquiétudes suscitées l’an dernier.

L’autre annonce récente est l’admission d’un douzième club, le HC Bratislava : il s’agira du premier représentant slovaque dans la ligue. C’est un jeune club de seulement cinq ans d’existence, qui a été créé au moment où le Slovan Bratislava avait rejoint la KHL. Son objectif était clair : tailler des croupières au traditionnel Slovan et récupérer une partie du public de la capitale, dont il deviendrait le représentant majeur dans le championnat national. Depuis que le Slovan est « rentré à la maison » l’an passé, le HC Bratislava a dû adapter sa stratégie. Il s’est renommé « Bratislava Capitals » et vise a contrario un championnat étranger pour se différencier. L’autre raison est que son actionnaire majeur (iClinic) est actif sur le marché autrichien.

Malgré ces deux nouvelles positives, on ne peut pas parler de climat d’euphorie quand le directeur de la ligue Christian Feichtinger a présenté son programme de retour au jeu cette semaine. Celui-ci prévoit 3 scénarios. Le plan A est une participation normale, le plan B est le cas où un des pays ne peut pas prendre part (et il y en a maintenant 5 puisque l’Italie, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont un club chacun), et le plan C un championnat uniquement national. Feichtinger a ensuite décliné cinq calendriers : le scénario envisagé est une reprise le 18 septembre, mais des décalages d’un mois jusqu’en janvier sont possibles.

Si l’hypothèse de l’absence d’un pays est si ouvertement évoquée, c’est que le président tchèque Milos Zeman souhaite fermer les frontières de son pays pendant un an. Le club de Znojmo risque donc de retourner dans son championnat national (il a déjà récupéré une licence de troisième division) sachant qu’il s’agit d’une ville qui tire l’essentiel de ses revenus du « tourisme de jeu », c’est-à-dire des casinos qui attirent la population autrichienne voisine. Autant dire que les ressources de l’économie locale reposent sur un secteur aujourd’hui plus fragile que jamais…

La reprise de la Bundesliga de football – très puissant lobby – est érigée en modèle par les partisans du « retour à la normale » dans les pays germanophones, mais les sports en intérieur sont toujours interdits. C’est là où Feichtinger emploie des arguments parfois médicalement aléatoires : « Nos salles sont des réfrigérateurs. Je ne sais pas ce que ça signifie, mais on n’a pas eu vent qu’il y ait eu des contaminations par le hockey. Les joueurs sont protégés de haut en bas. Nous pourrions jouer avec une visière complète, nous avons des gants et nous ne touchons pas l’accessoire de jeu [le palet]. »

À vrai dire, le problème de fond est moins le risque sur la glace que dans les vestiaires. Et bien sûr, le sujet-clé est le public. Sur ce point, la position de la ligue autrichienne détone un peu, car même si jouer à huis clos enlèverait « entre un tiers et 40% des recettes », Feichtinger « ne signe pas un non catégorique à des matches sans spectateurs. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour jouer. » Espérer le mieux, mais anticiper toutes les hypothèses, même le pire, cela semble le nouveau mot d’ordre…

La saison autrichienne 2019/20

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