Première tournée soviétique en NHL (suite et fin)

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Le CSKA Moscou n’était pas seul dans cette première tournée soviétique en NHL. Les Krylia Sovietov l’ont accompagné, mais après une première victoire à Pittsburgh, ils sont tombés sur un os : les Sabres de Buffalo. Endormis par la piètre qualité du match de cette équipe auquel ils avaient assisté, ils ne s’attendaient pas à trouver face à eux un adversaire transformé décidé à adopté la même tactique que Montréal, un forechecking très rapide et très intense en utilisant quatre lignes.

Ce Buffalo Sabres – Krylia Sovietov Moscou est ainsi rentré dans la légende par son score, un incroyable festival offensif.

Le CSKA Moscou, lui, ne voulait pas tomber. Mais il devait se rendre chez un adversaire disposant à la fois d’un grand talent et d’une très forte agressivité physique, les « Big Bad Bruins » entraînés par Don Cherry.

Ce match Boston Bruins – CSKA Moscou a ouvert les yeux de Harry Sinden, qui avait entraîné le Canada à la série du siècle mais qui eut soudain une révélation en voyant les hockeyeurs soviétiques sous un autre angle.

Suite et fin de la série

Par la suite un nouveau défi se dresse devant le CSKA pour compléter cette série et la conclure. Les Soviétiques doivent affronter les tenants du titre de la Coupe Stanley, les Flyers de Philadelphie. Les terribles « Broad Street Bullies » incarnent le hockey le plus violent et sèment la terreur dans la ligue durant les années 70.

Le CSKA en fait les frais avec une multitude d’agressions. Le coup de coude au visage de Van Impe sur Kharlamov est celui de trop. Loktev fait sortir son équipe de la glace avant la fin de la première période.  Il faut une vingtaine de minutes de négociation pour faire repartir le match. Mais les Soviétiques laissent filer la partie pour ne pas rentrer sur une civière au pays et acceptent de perdre (1-4).

Cette série remportée par les équipes soviétiques par cinq victoires contre un nul et deux défaites va bien au-delà du résultat, même si les Krylia Sovietov concluent par une victoire chez les New York Islanders (1-2). Encore une fois ces confrontations ont démontré qu’un autre hockey est possible. Certains l’ont déjà compris et en visionnaires cherchent à faire avancer leur sport comme Scotty Bowman et Serge Savard par exemple à Montréal.

Konstantin Loktev a reconnu et exprimé à Scotty Bowman que les Canadiens de Montréal étaient bien la meilleure équipe du monde et qu’il souhaitait pouvoir de nouveau jouer cette équipe légendaire.

Bowman lui a répondu « J’adorerais faire ce que vous avez fait à Philly» , en référence au fait que Loktev a retiré son équipe de la patinoire. « J’en ai ressenti de nombreuses fois l’envie, mais les dirigeants de la ligue me suspendraient à vie si je le faisais ».

Pour le moment, les dirigeants de la ligue maintiennent leur point de vue comme Clarence Campbell qui tient à mettre les points sur les i : « Nous nous attendions certainement à ce que les Russes battent nos équipes médiocres. En ce qui me concerne, le résultat précis de la série est qu’ils n’ont battu aucune de nos trois meilleures équipes – Philadelphie, Montréal ou Buffalo. Qui diable ont-ils battu ? À midi hier, Montréal était premier de notre ligue. Les Canadiens n’ont pas gagné, mais tous ceux qui ont vu ce match – y compris les Soviétiques – ont convenu que les Canadiens leur avaient donné une sacrée raclée.

Philadelphie est deuxième de notre ligue. Ils ont battu les Russes. Buffalo est troisième de notre ligue. Ils ont battu les Russes. Boston est quatrième, Islanders cinquième, Chicago septième, New York Rangers est 11 e et Pittsburgh 12 e . Qui diable ont-ils battu ?

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