Bordeaux – Mulhouse (Ligue Magnus, 14e journée)

Un Papillon guide les Scorpions

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La période est compliquée au niveau sanitaire je crois qu’on l’a tous bien compris. Mais pour les Boxers elle l’est aussi au classement, avec des matchs en plus, et une série de défaites en cours à la suite des deux rencontres télévisées en décembre qui n’ont pas porté bonheur aux Bordelais. La réception des Scorpions de Mulhouse était l’occasion de remettre tout ce beau monde dans le bon sens. Occasion ratée…

Le sentiment d’urgence commence à se faire sentir à Bordeaux. Cela a donné lieu à un coup de gueule du président Thierry Parenty il y a quelques jours dans les colonnes du quotidien régional Sud-Ouest. Il a annoncé quelques petits changements en interne, censés remettre de l’ordre dans les têtes, puisque pour Olivier Dimet, c’est bien mentalement qu’il faut agir, en donnant cette fameuse « culture de la gagne » au groupe, victime d’un certain laisser-aller et du non moins célèbre « bien-être bordelais ». Objectif victoire, avec un vestiaire remonté comme une pendule.

Indiscipline fatale

Difficile d’imaginer donc une entame mollassonne des troupes d’Olivier Dimet, plutôt contents de jouer après de longues semaines sans pouvoir « exercer leur métier ». L’entame est bien bonne, mais uniquement celle des Mulhousiens, qui semblent avoir plus de jus, et être plus rapides.

C’est peut-être Bordeaux qui est plus lent au démarrage. N’empêche que dès les premières secondes, les bordelais laissent les visiteurs faire le jeu et surtout alerter un Clément Fouquerel surpris d’entrée. Les Scorpions ouvrent la marque par Julien Msumbu surprenant tout le monde. Les Boxers sont en retard à l’allumage et se retrouvent en infériorité numérique après une charge à la tête de Vince Tartari. S’ensuit le deuxième but par Louick Marcotte qui sanctionne froidement un début de match cauchemardesque des noirs.

Les Boxers pensent bien réduire la marque à 1-2 sur une action conjuguée de Gabriel Desjardins et Andrew Johnston mais les officiels le refusent sans faire appel à la vidéo, qui ne fonctionne visiblement pas. Cela a le don de rendre furieux les deux Canadiens, également bien placés, et certains que le palet est bien rentré. Cela rappelle aux supporters bordelais de mauvais souvenirs de playoffs contre Amiens, même si à l’époque la vidéo n’existait pas.

Mulhouse ne se démonte pas, et après un retard de jeu de Simon Bourque, Jonathan Lessard, de retour à Bordeaux qu’il a quitté il y a seulement quelques mois, rajoute le troisième but et met ses anciens coéquipiers dans de sales draps, un grand classique.

Pourtant, cela a le mérite de réveiller les locaux. Johan Skinnars réduit la marque, redonnant un peu d’élan aux siens. C’est à partir de ce moment-là que débute la performance de la soirée, par Quentin Papillon. Reboostés les Bordelais commencent à alerter la cage adverse et le gardien mulhousien sort le grand jeu, à 5 vs 5, puis en infériorité numérique, frustrant des Bordelais qui ratent des cages vides, des angles ouverts et bien d’autres occasions franches.

Vient alors le premier coup du sort de la partie. Une crosse cassée traîne sur la glace, mais lors de l’arrêt de jeu suivant, les arbitres l’oublient, et n’entendent pas Clément Fouquerel qui leur demande un nettoyage. Le portier bordelais s’occupe lui-même de se débarrasser de la crosse en la lançant en tribunes, chose interdite même si les gradins sont vides pour cause sanitaire. Les arbitres hésitent mais, supervisés, finissent par sanctionner le méfait d’une pénalité de match, envoyant le Normand aux vestiaires.

Incompréhension totale et entrée de Gaëtan Richard, et une fin de tiers sur le score de 3-1 pour Mulhouse. Les Boxers ont fini par reprendre le jeu à leur compte après un début de match plus que raté, mais courent derrière le score et butent inexorablement sur Quentin Papillon, excellent dans cette première période.

Boxers

Le show Papillon

À son retour sur la glace, Bordeaux reprend tambour battant, mais bute encore en toujours sur le même dernier rempart. Rien n’y fait pour déstabiliser le portier visiteur, malgré du trafic devant la cage, consigne explicitement demandée par le staff à ses joueurs. Le gardien mulhousien entre dans les têtes de ses adversaires, avec comme effet pervers que Bordeaux tente moins de tirs, voulant visiblement trouver les positions parfaites. Résultat des courses, si occasions il y a, les Bordelais oublient parfois de tirer au but.

Le poteau vient sauver Quentin Papillon, avant que Louis Bélisle ne parvienne enfin à envoyer le palet au fond des filets quelques minutes plus tard, pour ramener les Boxers à un but.

Mais comme ce n’est pas leur soirée, dans les secondes suivantes, les Boxers laissent filer Teemu Loizeau en contre, et l’ex-Bordelais convertit sa chance. Les Scorpions reprennent deux buts d’avance. Tout est à refaire, surtout que Quentin Papillon continue son œuvre.

Le break vient encore d’une erreur bordelaise. Gaëtan Richard intercepte derrière son but un palet envoyé au fond et joue vite avec son défenseur Simon Bourque qui tente de relancer rapidement, mais sans le contrôle du puck, qui sautille de surcroît au-dessus de sa crosse. Samuel Rousseau, en patrouille, vient faire preuve d’opportunisme, et marque dans la cage vide pour porter le score à 2-5.

Les Boxers paient cash toutes leurs boulettes, et naviguent à vue, entre une entame catastrophique et la performance majuscule du portier adverse. Néanmoins un renversement de situation semble difficile.

Frustration et Méthode Coué

Un peu étourdis, les Bordelais entrent sur la glace au troisième tiers en continuant d’attaquer mais sans trop se découvrir, même si le concours de lancers sur Quentin Papillon continue. Après plusieurs supériorités numériques bordelaises sans succès, dont deux doubles supériorités, rien n’y fait. Le temps passe en faveur de Mulhouse qui s’achemine vers une victoire.

Dominer n’est pas gagné, et les Boxers en font les frais. Prenant clairement le dessus sur leurs adversaires, tout au moins physiquement, ils ne passent pas la muraille alsacienne qui se dresse devant eux. Sur un nouveau jeu de puissance à 6 minutes du terme, Loïk Poudrier marque le troisième but, alors que le bilan des tirs est à ce moment-là de 45 à 16 pour Bordeaux, témoin de la domination locale manifeste.

À 3 minutes de la fin, Bordeaux sort Gaëtan Richard et tente le tout pour le tout, jusqu’au dernier but mulhousien par Colin Campbell en cage vide.

L’entame bordelaise aura été irréversible, et les Boxers doutent de nouveau avant d’aller à Amiens samedi prochain. Pour Olivier Dimet, qui avait bien préparé ses troupes pour livrer un combat mais s’est retrouvé à tirer de l’arrière, ses joueurs ont « tout tenté, mais sur 50 minutes ». Avec entre 50 et 60 tirs (Selon les chiffres de la police ou des manifestants), les Boxers n’ont pas pu battre cet « excellent gardien, qui a fait une très grosse partie« . Incapables « d’être efficaces à des moments clés« , les Aquitains a essayé « d’aller de l’avant, mettant  de la pression et beaucoup d’intensité » sans pouvoir revenir.

Et si « on ne peut pas dire que les joueurs n’ont pas attaqué la cage, dans le slot, ce qui change de précédemment où l’on shootait en périphérie », Quentin Papillon sort un grand match et a « entamé la confiance » des Bordelais, également « en powerplay où Bordeaux a été moins efficace ».

Les petits changements en interne (changement de capitaine et assistants) opérés ont été faits pour « amener une nouvelle dynamique » et non pour cibler quelqu’un, mais le scénario de la partie n’a pas permis aux locaux d’engranger de précieux points. Le constat au classement commence à inquiéter, mais l’investissement des joueurs donne de l’espoir au staff, car en réitérant ce genre de performances, sans démarrer le match avec 3 buts de retard amènerait d’autres résultats plus conformes.

De plus, les Boxers ont montré qu’ils savaient redresser la barre lorsqu’ils avaient la possibilité d’enchaîner (la série de 4 victoires de suite en novembre) et espèrent donc (comme tout le monde) de meilleurs lendemains. En attendant, leur prochain match à Amiens n’apparaît pas comme l’endroit le plus amical pour se refaire. Mais bon, comme on dit, c’est au pied du mur…

Bordeaux – Mulhouse 3-6 (1-3, 1-2, 1-1)
Vendredi 8 janvier à 20h15 à la patinoire Mériadeck. Huis clos.
Arbitrage de Laurent Garbay et Damien Bliek assistés de Johan Fauvel et Guillaume Barthe.
Pénalités : Bordeaux 40′ (14’+20′, 2′, 4′), Mulhouse 16′ (6′, 6′, 4′).
Tirs : Bordeaux 51 (21, 16, 14), Mulhouse 20 (8, 6, 6).

Évolution du score :
0-1 à 01’28 : Msumbu assisté de Ten Braak et Robichaud
0-2 à 04’27 : Marcotte assisté de Lessard et Campbell (sup. num.)
0-3 à 13’46 : Lessard assisté de Crete et Marcotte (sup. num.)
1-3 à 14’01 : Skinnars
2-3 à 36’15 : Bélisle assisté de Labelle et Johnston (sup. num.)
2-4 à 36’35 : Loizeau assisté de Downey et Jurik
2-5 à 39’05 : Rousseau (inf. num.)
3-5 à 54’11 : Poudrier assisté de Skinnars et Labelle (sup. num.)
3-6 à 58’57 : Campbell assisté de Crete

Bordeaux

Attaquants :
Johan Skinnars – Andrew Johnston – Gabriel Desjardins
Alexandre Mulle – Loïk Poudrier – Olivier Labelle
Aina Rambelo – Julien Guillaume – Matthias Arnaud
Jules Gallet – Robin Lamboley – Alexandre Bauvais / Vince Tartari

Défenseurs :
Louis Bélisle – François Paquin
Maxime Moisand – Marc-André Levesque
Jules Lefebvre – Simon Bourque

Gardien :
Clément Fouquerel

Remplaçant : Gaëtan Richard (G). Absent : Mark Hurtubise (suspendu).

Mulhouse

Attaquants :
Julien Msumbu – Bryan Ten Braak – Erik Robichaud
Jonathan Lessard – Colin Campbell – Louick Marcotte
Teemu Loizeau – Colin Downey – Milan Jurik
Samuel Rousseau – Jordan Mugnier – Antonin Germond

Défenseurs :
Yoann Salve – Vincent Melin
Danick Crête – Jerry Laakso
Ivan Esipov – Andrey Esipov

Gardien :
Quentin Papillon

Remplaçant : Isaac Charpentier (G).

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