Auteurs d’un hold-up parfait lors du match III disputé aux Vernets, les Biennois abordent l’acte IV en position de force et pourraient par la même confirmer le break réalisé dans cette série finale. En effet, malgré une nouvelle très nette domination genevoise mardi soir (48 tirs à 28 et même 11 à 3 en prolongation), c’est Bienne qui, sur deux contres létaux, est reparti avec la victoire.
Habitués à subir le jeu dans les séries précédentes, les hommes d’Antti Törmanen sont des modèles d’efficacité et de réalisme : 6 buts marqués en 68 tirs depuis le début de la finale (soit 8,8% de réussite) là où Genève-Servette n’a marqué que 5 buts en 113 tirs (soit le double de Bienne !). Le tout pour une réussite famélique de 4,4%. Ne cherchez pas plus loin les difficultés des Grenats dans cette finale. Titularisé dans la cage seelandaise mardi, Joren Van Pottelberghe a littéralement écœuré les Servettiens (47 arrêts, 97,9% d’efficacité). Il reste néanmoins des motifs d’espoir pour Genève-Servette : les joueurs du bout du Lac ont réussi à convertir 2 de leurs 10 tentatives en powerplay et à ne pas encaisser de but en infériorité numérique.

Comme lors de l’acte II, Genève-Servette joue sur les talons en début de match. Après à peine une vingtaine de secondes de jeu, Rajala récupère le palet derrière le but trouve Kessler mais Mayer pare de la botte en grand écart facial. Quelques minutes plus tard, Vatanen manque sa relance, Rajala intercepte et passe une nouvelle fois à Kessler. Le numéro 89 peut s’avance mais ne parvient pas tromper Mayer du revers, pas plus que Rajala sur le rebond alors que le cerbère des Aigles est sur le dos. Bienne débute décidément fort, Genève-Servette court après le puck et fini par se faire pénaliser lorsque Richards retient Hofer, mais le powerplay biennois est une nouvelle fois inefficace.
À force de pousser, la connexion Rajala-Kessler trouve la faille à sa troisième tentative. Schneeberger intercepte une sortie de zone, relaie à Rajala dans le coin. Le top-scorer centre pour Kessler esseulé devant Mayer. Le portier fait le premier arrêt mais doit céder sur le rebond (1-0, 6’37’’).
Déboussolés, les Genevois égarent un puck (la crosse de Hartikainen se coince dans la bande à l’arrière du but de Säteri) alors qu’ils sont en supériorité numérique. Rajala et Salinnen en profitent pour partir en contre. Le premier nommé efface Tömmernes et délivre une passe à Sallinen qui a le filet ouvert mais Mayer réalise un exploit en extension et en déplacement latéral pour empêcher le 2-0.
Après la mi-tiers, Genève-Servette parvient à retrouver du rythme et assiège la cage adverse, mais ses tirs trouvent toujours une crosse biennoise ou Säteri sur leur trajectoire. Le gardien Finlandais s’illustre du bout de la botte face à Omark puis sur deux essais d’Hartikainen. La tension sur la glace est élevée. Rathgeb et Maurer s’expliquent après un coup de sifflet et le défenseur Genevois est renvoyé aux vestiaires pour incorrection envers les officiels ! Les Aigles repartent à l’attaque. Karrer relance depuis l’arrière du filet à Bertaggia qui fait parler sa vitesse le long de la bande. Le Tessinois trouve Pouliot qui s’est fait oublier d’Hofer sur le back-check et trompe Säteri (1-1, 18’08’’) pour une égalisation méritée. Ce score reflète la physionomie du jeu sur la période.

Coupable d’un contact volontaire avec Mayer, Fabio Hofer est chassé pour deux minutes. Comme c’est le cas depuis le début du match, l’équipe en infériorité numérique est la plus dangereuse en powerplay. Dans la dernière seconde de la supériorité, Vatenen tire et manque la cible. Le palet roule contre la bande et profite à Hofer qui vient de quitter le banc des pénalités. L’Autrichien à licence suisse part en contre, contourne la cage et remet en retrait à Froidevaux qui patiente pour coucher Mayer et inscrire le but. La joie biennoise sera de courte durée puisque la réalisation du futur retraité (il mettra fin à sa carrière à l’issue de cette finale) est annulée par une obstruction de Künzle sur le gardien.
À l’image des matchs précédents, le contrôle du jeu est Genevois mais Säteri ne s’en laisse pas compter en détournant la déviation de Miranda sur un tir de Winnik. L’égalisation est proche lorsque Yakovenko lance Froidevaux dans en échappée, mais Mayer mais ne se compromet pas et détourne du bouclier. La ligne Bertaggia – Pouliot – Smirnovs est bien dans son match. L’ancien Luganois intercepte un palet et donne à Pouliot qui dribble la défense et découche un tir que dévie Säteri du casque puis de la plaque sur le rebond de Smirnovs. Genève-Servette regagne les vestiaires avec un but d’avance mais Bienne a été tout proche d’égaliser.

Genève ne doutera pas longtemps. Karrer relance depuis son territoire et met Bertaggia sur une rampe de lancement. L’ailier déborde Schläpfer le long de la bande et centre pour Pouliot qui dévie victorieusement pour une action « copier-coller » du deuxième but des visiteurs (2-3, 50’32’’). À l’origine de la pénalité ayant mené à l’égalisation, Pouliot se rattrape de la meilleure des manières. Les visiteurs réussiront à contenir les Seelandais loin de leur but lors des dix dernières minutes – aucun tir cadré pour Bienne après le 3e but genevois) y compris lorsque Säteri désertera sa cage – pour assurer leur victoire.

Commentaires d’après-match :
Marco Miranda (attaquant, Genève-Servette) : « On a pris le premier but mais après on s’est bien remis et on a pu gagner le match. Les deux derniers matchs on était presque là, à la fin ça ne se joue à rien. Aujourd’hui on a réussi à trouver un chemin pour décrocher cette victoire. La différence se fait sur de petits détails. Parfois, même nous on ne sait pas exactement ce que c’est. On a de nouveau la chance de jouer à la maison. La dernière fois on a bien joué, il faut juste qu’on trouve un moyen de marquer des buts. Je suis très confiant pour ce match. »
Noah Delémont (défenseur, Bienne) : « On a des chances, on fait un bon début de match, on aurait pu en mettre plusieurs, mais ce n’est pas là où on perd le match. On a eu une trop grosse baisse de régime au deuxième tiers qu’on a réussi à corriger au troisième tiers. Dommage que cela n’ait pas suffit. Le powerplay a plus ou moins bien marché. C’est dommage d’avoir encaissé un but en infériorité numérique. Ils avaient à cœur de se racheter et ils l’ont très bien fait. (Samedi) il faudra jouer comme au début du match. On a vu que lorsqu’on patinait beaucoup ils avaient de la peine à nous contenir. »
Illustrations de Pierre Maillard
Bienne – Genève-Servette 2-3 (1-1, 0-1, 1-1)
Jeudi 20 avril à la Tissot Aréna. 6 562 spectateurs (guichets fermés)
Arbitrage de Marc Wiegand et Michael Tscherrig assistés de David Obwegeser et Dominik Altmann
Pénalités : Bienne 2’ (2’, 2’, 2’) ; Genève-Servette 28’ (2’+20’, 2’, 4’)
Tirs : Bienne 21 (8, 6, 7) ; Genève-Servette 32 (11, 12, 9)
Évolution du score :
1-0 à 06’37 » : Kessler assisté de Rajala et Schneeberger
1-1 à 18’08’’ : Pouliot assisté de Bertaggia et Karrer
1-2 à 23’07’’ : Winnik assisté de Richard (inf. num.)
2-2 à 49’33’’ : Rajala assisté de Sallinen et Brunner (sup. num.)
2-3 à 50’32″ : Pouliot assisté de Bertaggia et Karrer
EHC Biel-Bienne
Attaquants :
Toni Rajala – Jere Sallinen – Tino Kessler
Jesper Olofsson – Gaëtan Haas (C) – Fabio Hofer
Mike Künzle – Luca Cunti – Damien Brunner
Elvis Schläpfer – Etienne Froidevaux – Luca Hischier,
Yanick Stampfli
Défenseurs :
Viktor Lööv – Yannick Rathgeb
Robin Grossmann – Alexander Yakovenko
Beat Forster – Noah Schneeberger
Noah Delémont
Gardien :
Harri Säteri
Remplaçant : Joren van Pottelberghe (G). Absents : Ramon Tanner, Jérémie Bärtschi, Simon Ritz, Luca Christen et Riley Sheehan (surnuméraires)
Genève-Servette HC
Attaquants :
Daniel Winnik – Valtteri Filppula – Marco Miranda
Noah Rod (C) – Tanner Richard – Vincent Praplan
Linus Omark – Josh Jooris – Teemu Hartikainen
Deniss Smirnovs – Marc-Antoine Pouliot – Alessio Bertaggia
Benjamin Antonietti
Défenseurs :
Henrik Tömmernes – Roger Karrer
Marco Maurer – Sami Vatanen
Simon Le Coultre – Arnaud Jacquemet
Michael Völlmin
Gardien :
Robert Mayer
Remplaçant : Gauthier Descloux (G). Absents : Yohann Auvitu, Christophe Cavalleri. Giancarlo Chanton, Daniel Eigenmann, Sandis Smons (surnuméraires), Eliot Berthon (blessé)











































