Vainqueurs de Bordeaux (4-2) hier lors du match 3, les Brûleurs de Loups se sont fait quelques frayeurs en étant menés 0-2 mais ont réussi s’imposer dans un match de tous les dangers. Ils ne sont plus menés que 2-1 dans la série et jouent ce soir pour égaliser. Timothée Quattrone a remplacé Julien Munoz dans la rotation de l’alignement grenoblois alors que, côté bordelais, Alexei Polodyan remplace Julius Valtonen. À ces deux exceptions près, les deux équipes sont sensiblement les mêmes qu’hier.

Les Grenoblois continuent leur domination en ayant la possession du palet en zone offensive, sans pour autant se créer beaucoup d’occasions si ce n’est sur un tour de cage tenté par Quattrone. À la fin d’une grosse séquence grenobloise ponctuée par un tir de Hardy, une pénalité est appelée contre Legault pour un cinglage sur Treille. Grenoble commence mal avec la perte du palet à la ligne bleue par Sacha Treille au profit de Rudolfs Polcs qui n’arrive pas à aller jusqu’au bout de l’action. Les Brûleurs de Loups sont fébriles sur ce power-play et concèdent une nouvelle occasion à Bordeaux sur un palet ressorti précipitamment par Rouhiainen.

Un cinglage de Brent Aubin est sifflé en zone offensive. Le power-play bordelais est vite installé avec un lancer de Spinozzi bloqué par Garnier. Grenoblois arrive à se dégager… mais alors que la pénalité allait toucher à sa fin, Rudy Matima grille la politesse à trois joueurs qui le laissent passer et s’en va battre Garnier de près (0-1, 17’01). Coup de froid dans Pôle Sud car Grenoble concède l’ouverture du score sur une carence défensive après avoir dominé de manière stérile la première partie du tiers. Les dernières tentatives d’Aubin et Lyubimov sont vaines et les Boxers rentrent au vestiaire avec l’avantage au score.

L’égalisation donne des ailes aux Grenoblois qui repartent à l’offensive avec Deschamps, tout près de marquer le deuxième but. Les offensives se succèdent sur la cage bordelaise. Et sur une nouvelle attaque plein axe rapidement exécutée par Latal, ce dernier laisse le palet à Onno qui prend un lancer en pleine lucarne, Papillon étant masqué par Lyubimov (2-1, 25’35). Ce but permet à Grenoble de prendre les devants et débloque les défenses avec un palet qui va d’une cage à l’autre. Pierre Crinon prend un gros lancer sur la cage, Papillon repousse le palet mais une pénalité est sifflée contre Pompéi pour un faire trébucher sur l’action. Grenoble s’installe rapidement. Papillon repousse un gros lancer d’Aubin et Papillon multiplie les arrêts décisifs sur les lancers grenoblois.

Deschamps voit son tir bloqué entre les jambes par Papillon. Et sur une belle accélération de Sacha Treille vers la cage, il laisse le palet en retrait pour Fleury qui pousse le palet derrière la ligne. Les Grenoblois célèbrent ce but libérateur mais Papillon reste allongé sur la glace et le banc bordelais réclame un contact. L’action est revue à la vidéo par les arbitres pendant plusieurs minutes et le but grenoblois est finalement refusé par le corps arbitral à cause du contact entre Treille et Papillon. Sur l’engagement qui suit, les Boxers plongent vers l’offensive avec un 2 contre 1 parfaitement joué entre Matima et Bruche qui trompe Garnier alors que la défense grenobloise n’était pas en place (2-3, 36’13). D’un 3-2 pour Grenoble, le score passe à 3-2 pour Bordeaux. Gros coup dur pour les locaux qui se sont laissé déconcentrer sur cette action. Visiblement touchés mentalement, les Brûleurs de Loups laissent venir les Boxers avec une reprise de Bruche à bout portant mais Garnier bloque le palet. Alors que Grenoble avait réussi à reprendre l’avantage, c’est finalement toujours Bordeaux qui mène au score à la fin de la deuxième période.

Au cours des minutes suivantes, la défense des Boxers se contente de contrôler le palet en zone défensive. Farnier essaie de réveiller l’attaque grenobloise mais il bute sur Papillon. Deschamps et la première ligne essaient de trouver une solution en zone offensive avec une belle possession de palet mais sans trouver d’angle de tir. Les Boxers sont tout près de tuer le suspense sur un palet mal dégagé par la défense grenobloise qui revient dans la crosse de Legault. Le tir du revers de l’attaquant bordelais finit sur le poteau. Les Brûleurs de Loups ont une grosse occasion de se relancer sur un 2 contre 1 entre Dair et Farnier mais Papillon parvient à détourner le palet.

Il reste cinq minutes à Grenoble pour égaliser et aller chercher une hypothétique prolongation. Deschamps lance en bonne position, Papillon laisse le rebond sans conséquence car Fleury est un peu trop loin pour le reprendre. Les esprits s’échauffent entre Fleury et Prissaint qui se retrouvent en prison. Puis c’est au tour de Hardy et de Kauppila de se chauffer et d’aller sur le banc des pénalités. Les Grenoblois occupent la zone offensive, dans la dernière minute, Garnier laisse sa cage pour faire entre un attaquant supplémentaire. Les coachs grenoblois demandent un temps mort mais Grenoble n’arrive pas à trouver de faille à six contre cinq malgré une dernière tentative de Lamarche.

Il n’a fallu que 18 tirs cadrés à Bordeaux pour marquer 4 buts là où les Grenoblois ont eu besoin de plus de 40 tirs pour en marquer trois. Un différentiel d’efficacité des deux côtés de la patinoire dû à une équipe bordelaise au collectif bien en place et à la défense très bien organisée qui a mieux su contrôler les temps faibles alors que l’attaque a su marquer sur des contre-attaques redoutables. Désormais en avance 3-1 dans la série, les Boxers ne sont plus qu’à un match de la finale alors que les Brûleurs de Loups doivent remporter trois matchs consécutivement pour ne pas connaître une fin de saison prématurée. Le match 5 aura lieu samedi, toujours à Pôle Sud.
Désignés meilleurs joueurs du match : Lucien Onno (Grenoble) et Rudy Matima (Bordeaux)
(Photos de Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (co-entraîneur de Grenoble) : « Si on regarde la résultat 3-1, oui c’est compliqué, mais la façon dont on joue non. On a 43 chances de marquer contre 6, on donne quatre buts… On joue bien défensivement, les gars sont engagés dans tout, on travaille fort. Oui, leur gardien est très bon, mais avec trois buts ce devrait être suffisant. Il y a beaucoup de bonnes choses, c’est très positif. En séries, il faut gagner quatre matchs. On est encore à la maison, on va y aller un match à la fois, il faut qu’on garde cet état d’esprit. C’est frustrant, c’est pour ça qu’on le dit aux joueurs… Parfois quand ça ne va pas bien, on devient négatif, on se cherche ses excuses, il ne faut pas aller de ce côté-là. Il faut rester soudés, ensemble. On sait qu’on est capable de retourner cette série en notre faveur. Ce n’est pas comme si Bordeaux était plus fort que nous… Non ce n’est pas le cas, on joue bien. Oui, c’est une équipe disciplinée, ça travaille fort, ils prennent beaucoup de shoots et les gars se sacrifient énormément mais nos gars sont disciplinés dans ce qu’on leur demande de faire. C’est juste qu’aujourd’hui les choses ne vont pas pour nous… À chaque occasion, ils marquent, c’est ça qui est frustrant. Mais on a vu que même à 4-2 on a eu une bonne réaction derrière. C’est à nous de garder la tête haute et de préparer samedi comme il faut. Les gens ici, à Grenoble, ils pensent toujours qu’on va gagner par 7 ou 8 buts, ça ne marche plus ça en play-offs. Avec trois buts, tu devrais gagner. Les unités spéciales, c’est une chose qui va moins bien, on essaie de trouver des solutions, il faut qu’on reste disciplinés, on voit qu’à cinq contre cinq on est la meilleure équipe. Samedi il faut rester soudé, l’un pour l’autre, il faut voir ça comme un match 7, si on ne passe pas c’est fini. Il faut arriver avec l’état d’esprit qu’il faut tout donner et ne pas avoir de regrets à la fin. »
Olivier Dimet (entraîneur de Bordeaux) : « Il reste une victoire à aller chercher. C’est souvent la plus dure. On sait qu’on doit revenir ici, encore deux fois… Ce n’est jamais facile de venir gagner à Grenoble. Ce soir c’est vrai qu’on fait un gros match. On voulait rebondir après le match d’hier. Hier on a vu ce que c’étaient des play-offs de très haut niveau, jouer une demi-finale. On a beaucoup de joueurs dans le vestiaire qui n’ont pas cette expérience-là. Je leur avais dit qu’il fallait apprendre vite si on voulait continuer à exister dans cette série-là. Ce soir on a vu une équipe valeureuse, qui a mis du cœur, qui a mis beaucoup de tripes pour aller chercher la victoire. À ce niveau-là, on n’a pas le choix, si on veut faire espérer quelque chose au plus haut niveau, il faut un gardien de très haut niveau. C’est vrai que Paps nous tient plus qu’il ne faut dans le match, il fait des arrêts clés à des moments décisifs, notamment quand Grenoble a ses moments forts. Mais il y a aussi un travail devant, les défenseurs ont fait le job, les avants ont payé le prix, ils ont bloqué beaucoup de shoots et se sont sacrifiés. Donc c’est une victoire d’équipe ce soir. C’était clair que le but devait être annulé. On marque sur l’engagement suivant, c’est vrai que c’est le tournant du match… Il y a des moments clés dans un match, il faut savoir ne pas les louper. Autant hier on n’a pas su gérer nos moments forts et faibles, autant ce soir on l’a mieux fait donc chapeau aux gars. Depuis le début de la saison, on a dit qu’on avait un beau groupe, qu’on voulait avoir de l’ambition et moi j’ai confiance en mon équipe. On a traversé des moments difficiles mais c’est aussi ce qui construit une saison. Quand on a un groupe solidaire, qui a envie d’aller de l’avant, il ne faut pas se donner de limite. Effectivement on joue face à l’ogre grenoblois mais comme je l’ai dit lors du match n°2, on a joué les yeux dans les yeux, et ce soir encore on a pu challenger cette très belle équipe de Grenoble mais rien n’est fait, rien n’est fini. On rentre à la maison, on va faire les soins nécessaires et on reviendra samedi pour le match. »
Maxime Legault (capitaine de Bordeaux) : « On voulait avoir une réaction après la défaite d’hier et puis on s’était dit qu’on voulait rejouer à Meriadeck au moins un autre match. Donc ce sera soit un match 7 soit la finale. Et on est très satisfait d’avoir fait le job. La différence, c’est vraiment l’avantage numérique, nos gardiens font le job. Victor [Bodin] a joué le premier match à Meriadeck et a fait un gros match à 56 arrêts. On se fie à tout le monde et c’est bien. On est un groupe en confiance, je ne pense pas qu’on soit arrivés en demi-finales par hasard, on croit en nous. On a de l’ambition. Et je crois que ça se voit sur la glace. On va aller jusqu’où on doit aller, on est prêt physiquement. On fait les entraînements, on fait la récupération nécessaire, bain de glace, toutes ces choses-là. C’est sûr que plus on joue, plus le corps en prend un coup mais on a confiance en nos moyens. Après le but refusé à Grenoble, la séquence d’après on est allé marquer et c’est la meilleure réaction qu’on peut avoir. Il peut y avoir un tournant du match sur ça. Présentement, on ne pense pas à la qualification, on y va un match à la fois. Pour nous, on n’a rien gagné encore, on est toujours en demi-finale, on a toujours à jouer Grenoble. Même si on échappe le prochain, on regarde devant. »
Sacha Treille (attaquant de Grenoble) : « Le sentiment c’est qu’on n’est pas mort, on est 25 gars à y croire. Le plus important c’est d’arriver avec le bon mindset samedi pour aller chercher cette victoire. On travaille fort, on marque des buts avec beaucoup de travail et on fait quelques cadeaux qui nous coûtent très cher à la fin, donc c’est là-dessus qu’il va falloir bosser. Et le plus important c’est que le groupe garde de la confiance. C’est sûr que ça a joué, quand tu passes de 3-2 et que d’un coup ça s’inverse à 3-2 de l’autre côté, ça fait un peu bizarre dans la tête. Après ça, je pense qu’on n’a quand même rien lâché. Il y a beaucoup de positif mais il va falloir corriger les peu de choses négatives qu’on fait. On a la motivation, une grande profondeur de banc, on est capable d’ajouter des nouveaux joueurs. On va voir ce que les coachs vont faire mais comme je le disais on est prêt à arriver samedi avec les crocs encore plus longs. Bien sûr qu’on préfèrerait trouver la solution plus facilement mais on tombe sur un gardien qui joue bien son jeu. Encore une fois c’est à nous d’amener du trafic pour essayer de le déjouer. On a hâte d’être samedi soir. Le calendrier, je ne veux pas rentrer là-dedans. On ne voit pas plus loin, on veut juste se concentrer sur samedi. Ils sont très opportunistes en supériorité, donc à nous d’être davantage disciplinés samedi soir si on veut éviter ce genre de situation. »
Grenoble – Bordeaux 3-4 (0-1, 2-2, 1-1)
Mercredi 27 mars 2024 à 20h15 à Pôle Sud. 4208 spectateurs.
Arbitrage de Adrien Ernecq et Pierre Dehaen assistés de Quentin Ugolini et Thomas Simon
Pénalités : Grenoble 8’ (2’, 0’, 6’), Bordeaux 10’ (2’, 2’, 6’)
Tirs : Grenoble 44 (13, 17, 14), Bordeaux 18 (7, 8, 3)
Engagements : Grenoble 33 (10, 11, 12), Bordeaux 31 (11, 10, 10)
Évolution du score :
0-1 à 17’01 : Matima assisté de Legault et Spinozzi (sup. num.)
1-1 à 23’30 : A.Dair assisté de F.Dair et Hardy
2-1 à 25’35 : Onno assisté de Latal et Aubin
2-2 à 31’39 : Salonen assisté de Pompei et Prissaint
2-3 à 36’13 : Bruche assisté de Matima et Polcs
2-4 à 43’23 : Mahieu assisté de Legault
3-4 à 54’24 : Lamarche assisté de Hardy et Lavoie
Grenoble
Attaquants :
Sacha Treille (C) – Nicolas Deschamps (A) – Damien Fleury (A) (2’)
Loïc Farnier – Matias Bachelet – Alexandre Lavoie
Martin Latal – Roman Lyubimov – Brent Aubin (2’)
Flavian Dair – Aurélien Dair – Timothée Quattrone
Défenseurs :
Kyle Hardy (4’) – Maxim Lamarche
Pierre Crinon – Charles Schmitt
Jere Rouhiainen – Nikita Pivtsakin
Lucien Onno
Gardien :
Raphaël Garnier
Remplaçant : Jakub Stepanek (G). Absents : Adel Koudri (épaule), Jonathan Racine (poignet – saison terminée), Julien Munoz, Valentin Grossetête (surnuméraires).
Bordeaux
Attaquants :
Nikita Jevpalovs (2’) – Loïk Poudrier (A) – Alexei Polodyan
Samuel Salonen – Mathieu Pompei (2’) – Enzo Carry
Rudy Matima – Rudolfs Polcs – Baptiste Bruche
Aina Rambelo – Julien Guillaume (A) – Maxime Legault (C) (2’)
Matteo Mahieu
Défenseurs :
Kévin Dusseau – Axel Prissaint (2’)
Kévin Spinozzi – Bastien Lemaître
Antti Kauppila (2’) – Niki Blomberg
Gardien :
Quentin Papillon
Remplaçant : Victor Bodin (G). Absents : Julius Valtonen, Charles-David Beaudoin (commotion).










































