Après deux lourds revers face à Grenoble et Angers (1-6 et 5-0 respectivement), et une défaite à Marseille en prolongation (5-4), les Gothiques devaient impérativement retrouver le chemin de la victoire pour ne pas se laisser distancer dans la course à la quatrième place.
Rappelés à leur rang face au leader et à son dauphin, les hommes de Mario Richer vivaient cependant un mois de novembre compliqué après un excellent début de saison. Avec une fiche de quatre défaites en huit rencontres, dont une contre la lanterne rouge, Briançon, et une victoire étriquée à la maison contre une équipe de Gap diminuée après avoir menée 5-0, les samariens ne pouvaient plus se permettre de laisser échapper des points contre les équipes supposées plus faibles.

L’Hormadi n’est pas en reste au niveau des difficultés. Avec seulement trois victoires et quatre victoires en prolongation, et affichant la deuxième pire défense du championnat derrière Gap, Anglet, à l’image de Gap et Briançon, n’arrivait pas à enchaîner les victoires et trouver la confiance dans cette Ligue Magnus. C’étaient donc deux équipes en plein doute qui s’affrontaient ce vendredi, devant, une fois encore, une Coliséum plein à craquer.
Un premier tiers équilibré
Arborant un maillot spécial pour le Téléthon, les Gothiques entraient de la meilleure des façons dans cette rencontre en provoquant une pénalité après seulement vingt sept secondes (Rousseau, retenir). Mais dans un manque de concentration incompréhensible, les hommes de Stéphane Barin portaient le premier coup. Alors que les Gothiques opéraient un changement d’unité d’avantage numérique très hasardeux, Baron était lancé en break par Esipov qui avait bien anticipé. L’attaquant angloy se présentait face à Fouquerel et le trompait d’un lancer à mi-hauteur qui paraissait pourtant anodin (0-1, 1’20).

Piqués à froid, les Gothiques tentaient de réagir sur la fin de la supériorité, sans succès. Néanmoins, les locaux ne tardaient pas à retrouver l’égalité. Matima jouait de sa vitesse et allait au duel contre la balustrade sur un palet qui semblait perdu. L’international français récupérait la rondelle et lançait, à bout de course, et de souffle. Si le lancer initial ne posait pas de difficulté à Charpentier, le rebond laissé par ce dernier était une offrande pour Bergeron qui avait suivi l’offensive, et qui n’avait plus qu’à marquer dans le but vide (1-1, 5’06).

Une fois de plus, ce statu quo n’était que de courte durée. Manquant de concentration, ou sûrement diminués physiquement (on apprenait après le match que certains joueurs étaient atteint de gastroentérite), les Amiénois étaient encore une fois trop fragiles défensivement. S’ils remportaient la mise au jeu défensive, ils étaient longs à ressortir le palet de leur zone défensive, s’exposant au pressing angloy. Deux Amiénois se gênaient, et Kazarine ne se faisait pas prier pour laisser passer cette opportunité. D’un dribble bien senti, il éliminait le dernier défenseur et inscrivait le deuxième but de son équipe en glissant la rondelle entre les jambes d’un Fouquerel dépassé, à l’image de ses coéquipiers (1-2, 5’56).

Que ce soit physiquement ou mentalement, les Gothiques semblaient avoir toute les peines du monde à maintenir un effort constant. Les passes étaient ratées, les entrées de zone étaient pour la plupart initiées par des palets liftés en fond de glace, mais les attaquants étaient incapables de mettre l’intensité nécessaire pour ressortir la rondelle de la balustrade. C’était d’ailleurs dans cette situation que Plagnat était envoyé tête la première contre la bande par Frémond, qui n’écopait que de deux minutes de pénalité (projection contre la bande, 8’11). La supériorité qui suivait maintenait la défense d’anglet dans sa zone, jusqu’à une perte de palet sur un mauvais contrôle d’un Tessier qui avait toute les peines du monde à retrouver son niveau de l’année passée après son retour de blessure.

Le niveau de jeu assez faible, et surtout le manque criant de variété faisait les affaires d’Anglet, mais rendait ce match assez ennuyeux à suivre. Bien que les deux équipes semblaient mettre à profit les gardiens adverses (12 tirs pour Amiens, 11 pour Anglet), les « chances de compter » se faisaient rares. Fouquerel, une fois de plus abandonné par sa défense, devait se déployer pour empêcher Deslauriers, servi seul dans le slot, d’enfoncer le clou. Cet arrêt s’avérait décisif, car quelques minutes plus tard, Cepon remettait les deux équipes à égalité d’un lancer laser en pleine lucarne (2-2, 19’07).

Quand réalisme ne rime pas avec rythme
Dans la continuité du premier acte, le tiers médian, du moins sur les premières sept minutes, n’était pas exaltant. Les Gothiques persistaient avec leur manie d’envoyer en fond de glace, ce qui ne faisait que trop bien les affaires de l’Hormadi. Il fallait attendre une inspiration géniale de Roussel, qui, d’une passe magnifique, envoyait Phelan, Tessier et Djemel en 3 contre 2. Phelan jouait superbement le coup en emmenant la défense et Charpentier à ne s’occupait que de lui, et trouvait Tessier dans l’autre cercle. Celui-ci lançait instantanément à mi-hauteur, dans le petit filet opposé. Charpentier, en déplacement vers son poteau gauche, ne pouvait pas stopper son mouvement pour revenir vers son poteau droit (3-1, 27’00).

De l’autre côté de la glace, alors que Munoz était trouvé dans le dos de la défense, et qu’il s’échappait en break, Fouquerel ne tremblait pas et réalisait un arrêt solide de la botte. Sollicité par douze fois, il ne craquait pas et frustrait les hommes de Stéphane Barin. D’autant qu’étant la deuxième pire défense de la Ligue Magnus, il était évident que d’autres opportunités allaient se présenter aux Amiénois.

Sans surprise, les Samariens se procuraient une nouvelle grosse occasion. Matima et Plagnat combinaient, et trouvaient Gibert, casque d’or du soir. Ce dernier faisait parler sa vitesse et sa technique mais Charpentier faisait l’arrêt. Il n’était cependant pas aussi chanceux, quelques minutes plus tard. Brittain, arrivé récemment pour combler les absences, se retrouvait seul devant le gardien, mais tergiversait et se faisait reprendre par la défense angloy. Phelan, qui avait bien suivi, reprenait possession de la rondelle, et attendait le tout dernier moment, forçant Charpentier à agir le premier, pour propulser le palet au fond des filets et donner deux buts d’avance aux siens (4-2, 32’19).

Amiens peut souffler
Si le score avait évolué, le niveau affiché sur la glace et l’intensité étaient toujours bas. Heureusement, à l’inverse du deuxième tiers, il ne fallait attendre que quatre minutes pour que la monotonie soit rompue. Bergeron ne contrôlait pas sa crosse et écopait d’une double mineure pour crosse haute et saignement (44’40). Le jeu de supériorité de l’Hormadi montait sur la glace, mais ce sont les Gothiques qui s’illustraient. Lavigne et Maïa se retrouvaient en 2 contre 1, mais la passe du capitaine pour son ailier était trop en retrait. L’ancien Rouennais n’arrivait pas à contrôler et devait se contenter d’un lancer sans puissance, trop facile pour Charpentier.

Les affaires des locaux se compliquaient quand, semblant se plier aux contestations du banc angloy, les arbitres du soir sifflaient une nouvelle pénalité contre Amiens, pour retard de jeu (46’35). Cela laissait un peu plus de deux minutes de double supériorité à l’Hormadi pour a minima réduire l’écart. On assistait cependant à une gaffe des intendants de la prison : à la fin de la première pénalité de Bergeron, ces derniers le laissaient reprendre la glace alors qu’il lui restait encore deux minutes à servir. Fort heureusement pour lui, il n’était pas pénalisé et le jeu reprenait une fois qu’il était retourné s’asseoir en prison.

Pendant ce temps en infériorité, Fouquerel, pourtant peu rassurant ce soir, se mettait bien en évidence. Sortant plusieurs arrêts déterminant, il permettait à son équipe de garder deux longueurs d’avance pendant la première moitié de l’acte final. Il devait cependant s’incliner devant Polodyan, entré en zone sur la droite, qui lançait à mi-hauteur, à l’image du but de Baron pendant le premier tiers. (4-3, 50’45).

Comme à leur habitude ces derniers temps, les Gothiques se rendaient la fin de match compliquée, et Anglet comptait bien en profiter. Avec quatre minutes à jouer, Stéphane Barin prenait son temps mort et faisait sortir son gardien pour tenter le tout pour le tout et arracher à minima la prolongation, et donc un point pouvant faire la différence dans la potentielle poule de maintien. Malheureusement pour son équipe, après seulement trente secondes, le palet était récupéré et Maïa scellait le destin de la rencontre en cage vide (5-3, 57’02).

Une fois de plus, les Gothiques l’emportaient au forceps. Une fois de plus, ils se faisaient peur en fin de match. Mais, au terme de cette rencontre terne, ce sont bien les trois points qui étaient importants pour reprendre la marche en avant, et entamer décembre d’une meilleure façon. D’autant que les deux équipes se retrouveront dans quelque jours à La Barre pour un rematch, avant de recevoir Angers pour un nouveau match compliqué. Il faudra donc assurer les trois points, si possible, cette fois, avec la manière.

Amiens – Anglet 5-3 (2-2, 2-0, 1-1)
Vendredi 29 novembre 2024 à 20h15 au Coliséum. 3220 spectateurs.
Arbitres : Nicolas Crégut et Jérémy Rauline assistés de Thomas Simon et Pierre Landry-Mercier
Pénalités : Amiens 10’ (0′, 2’, 8′) ; Anglet 4′ (4′, 0’, 0′).
Tirs : Amiens 37 (12, 15, 10) ; Anglet 30 (11, 12, 7).
Évolution du score :
0-1 à 01’20” : Baron assisté de Esipov (inf. num.)
1-1 à 05’06” : Bergeron assisté de Matima
1-2 à 05’56” : Kazarine
2-2 à 19’07” : Cepon assisté de Magovac et Phelan
3-2 à 27’00” : Tessier assisté de Phelan et Roussel
4-2 à 32’19” : Phelan assisté de Brittain et Djemel
4-3 à 50’45” : Polodyan assisté de Kazarine et Deslauriers
5-3 à 57’02” : Maïa assisté de Magovac et Fouquerel (cage vide)
Amiens
Attaquants :
Zachary Lavigne (C, 2’) – Julien Tessier (A) – Bastien Maïa (A, +1)
Rudy Matima (+1) – Antonin Plagnat (-1) – Gauthier Gibert (+1)
Ilies Djemel (+1) – Josh Brittain – James Phelan (+1)
Enzo Benoit – Noa Besson – Rafael Duvallon
Défenseurs :
Aleksandar Magovac (+1) – Kristjan Cepon (+1)
Justin Bergeron (-1) – Jordan Lepage
Guillaume Roussel (+2) – Mathieu Mony (+2)
Gardien :
Clément Fouquerel
Remplaçant : Taran Kozun (G). Absents : Janis Svanenbergs (main), Jesper Larinmaa (malade).
Anglet
Attaquants :
Nick Master – Alexey Polodyan – Vincent Deslauriers (+1)
Victor Ranger (-1) – Fabien Kazarine (A) – Julien Munoz (-1)
Brent Beaudoin (-1) – Timothé Quattrone – Andrei Rychagov (-2)
Raphaël Cacheux (-2) – Samuel Rousseau (-1) – Hugo Baron
Défenseurs :
Samuel Dunn (A) – Connor Blake
Ivan Esipov (-1) – Arnaud Faure (C, -3)
Théo Fremond (+1) – Baptiste Manciot (-2)
Gardien
Isaac Charpentier:
Remplaçant : Dylan St Cyr (G). Absent : Craig Puffer (raison familiale)









































