L’entraîneur de la Norvège, Tobias Johansson, avait déclaré vouloir jouer les quarts de finale, même si les gens le trouveraient « naïf ». Confiant dans la stabilité de son équipe dans le jeu sans palet, positif après une préparation qu’il a trouvé meilleure que les deux années précédente, il juge ce premier match très important pour être plus détendu par la suite.
Battu 3-2 par la Slovénie à Stockholm à son dernier match de préparation, le Kazakhstan aborde ce championnat du monde sans vraiment de certitude sur son jeu. Et cela se voit… Il n’arrive pas à déployer ses longues passes sur la grande glace de Herning, avec des dégagements interdits sifflés à tout va, et est incapable d’entrer proprement en zone.
L’autre problème, c’est le gardien aux faibles références Maksim Pavlenko, en l’absence des deux titulaires. Sa première impression est très défavorable. Petter Vesterheim fait déjà retentir le poteau sur un lancer excentré de la droite. Une minute plus tard, Håvard Salsten tente une action symétrique sur l’aile gauche : débordement rapide et lancer en angle. Cette fois, Pavlenko laisse un très mauvais rebond dans le slot et le palet traînant est finalement exploité par le tout jeune papa – arrivé hier à Herning – Johannes Johannesen (1-0).
Après douze minutes, le Kazakhstan se procure enfin sa première bonne séquence de circulation de palet en zone offensive, mais Alikhan Omirbekov, bien servi dans le slot par Samat Daniyar, rate la cible. Il faut attendre treize minutes pour le premier tir cadré (!), un revers en angle fermé d’Akil Betekayev. Le réveil ne dure guère. Les blancs perdent toujours beaucoup de palets, dominés dans les duels et en manque de maîtrise avec le palet. Ils finissent à cinq tirs… dont trois dans les trente dernières secondes avec deux occasions d’Arkadi Shestakov et un lancer de Tamirlan Gaitamirov qui frappe le masque du gardien !
Ce qui relance le Kazakhstan, c’est la première pénalité du match, quand Håvard Salsten retient Assetov. En infériorité numérique, la boîte norvégienne est très serrée et le défenseur Max Krogdahl bloque deux tirs… mais pas le troisième, envoyé en pleine lucarne par l’éternel Roman Starchenko, son 18e but en championnat du monde (1-1).
La Norvège reprend le contrôle du jeu et tourne bien. Jacob Berglund, servi entre les cercles par une passe de Martin Rønnild, voit son tir contré par la crosse de Metalnikov. Une passe transversale de Krogdahl est reprise par Andreas Martinsen mais Maksim Pavlenko, peut-être remis de sa fébrilité initiale, capte bien le palet dans son gant. De l’autre côté, Tobias Normann – qui débute lui aussi au Mondial – sort également sa plus belle mitaine devant Kirill Savitsky (photo ci-dessous) et arrête aussi un revers à bout portant de Starchenko après une interception d’une passe de Stian Solberg par Nikita Mikhailis derrière la cage norvégienne.
Alors qu’elle maîtrise le palet au début du troisième tiers, la Norvège reprend une pénalité stupide, en zone offensive qui plus est : Eskild Bakke Olsen fait trébucher Starchenko. Le boxplay rouge est bien plus agressif que la première fois, il n’arrête pas de charger dans les bandes les joueurs d’Asie centrale, moins en confort.
Les joueurs norvégiens, qui tombent moins facilement que leurs adversaires, n’ont toujours pas eu d’avantage numérique. Les arbitres n’ont rien vu mais arrêtent le jeu à la demande de ses coéquipiers quand Max Krogdahl est resté au sol. La vidéo montre que Kirill Savitsky a levé le coude vers la tête du Norvégien… mais c’est son coup de genou simultané qui est sanctionné. Maksim Pavlenko est décisif pendant ces deux minutes, il multiplie les arrêts des jambières puis gobe dans sa mitaine le revers en pivot de Thomas Berg-Paulsen. Tandis que la pénalité a pris fin, la redirection en une touche de palet de Markus Vikingstad trouve Simen Andre Edvardsen – le treizième attaquant entré en jeu uniquement dans ce troisième tiers – dans le slot : son tir du revers contré lobe Pavlenko qui réagit pour attraper le palet dans son dos (photo ci-dessous).
La Norvège insiste au point que le défenseur de Tampa, Emil Lilleberg, travaille derrière la cage adverse… avec pour résultat un 2 contre 1 pour le Kazakhstan. Le valeureux Krogdahl bloque héroïquement, mais le palet parti dans le coin est ensuite redonné en retrait à Vladimir Volkov – ce coup-ci le treizième attaquant du Kazakhstan entré en cours du match. Son tir est dévié par Lilleberg au contre… au-dessus de l’épaule droite de Normann (1-2).
Le Kazakhstan protège cette avance à l’exemple de Metalnikov qui fait barrage aux tirs, mais Adil Beketayev charge à la hanche Solberg sans palet et se fait bêtement envoyer en prison pour obstruction, avec trois minutes à jouer. ToJo fait sortir son gardien et son équipe joue à 6 contre 4, étonnamment sans Andreas Martinsen pour mettre de la présence de la glace. Eskild Bakke Olsen bénéficie à gauche du but d’un palet qui a rebondi dans la balustrade, mais son tir en angle est repoussé par la botte de Pavlenko. Petter Vesterheim manque de précision en bonne position et le buteur Jacob Berglund échoue encore sur Pavlenko.
La température ne sera pas la même en cas de défaite à ce match-clé, avait prédit Tobias Johansson. Son équipe a largement eu la possession du palet mais a encore été en manque de réussite devant la cage. Le buteur naturalisé suédois Jacob Berglund n’a pas réglé ce problème d’inefficacité, il a souvent rodé dans le slot mais sans jamais trouver la faille. Une fois de plus, le Kazakhstan étonne en ouverture du Mondial avec comme héros masqué un jeune inconnu : Maksim Pavlenko est troisième gardien dans son équipe de division russe…
Désignés joueurs du match : Johannes Johannesen pour la Norvège et Maksim Pavlenko pour le Kazakhstan.

Norvège – Kazakhstan 1-2 (1-0, 0-1, 0-1)
Samedi 10 mai 2025 à 12h20 à la Jyske Bank Boxen de Herning. 3588 spectateurs.
Arbitres : Peter Stano (SVK) et Kristian Vikman (FIN) assistés de Danny Beresford (GBR) et Patrick Lazugov (ALL).
Pénalités : Norvège 8’ (0’, 4’, 4’) ; Kazakhstan 8’ (0’, 2’, 6’).
Tirs : Norvège 31 (6, 10, 15) ; Kazakhstan 21 (5, 11, 5).
Évolution du score :
1-0 à 05’33” : Johanessen assisté d’Elvsveen et H. Salsten
1-1 à 25’08” : Starchenko assisté de Mikhailis et Orekhov (sup. num.)
1-2 à 52’08” : Volkov assisté d’Assetov et Kaiyrzhan
Norvège
Attaquants :
Jacob Berglund – Eirik Østrem Salsten – Eskild Bakke Olsen (2’)
Thomas Berg-Paulsen (C) – Markus Vikingstad – Andreas Martinsen
Noah Steen (A) – Petter Vesterheim – Thomas Olsen (2’)
Patrick Elvsveen – Håvard Østrem Salsten (2’) – Martin Rønnild
puis à 40’00” Simen Andre Edvardsen
Défenseurs :
Emil Lilleberg (A, -1, 2’) – Stian Solberg
Johannes Johannesen (+1) – Sander Vold Engebråten (+1)
Jonas Myhre – Max Krogdahl (-1)
Gardien :
Tobias Normann [sorti de 57’14” à 60’00”]
Remplaçants : Jonas Arntzen (G), Isak Hansen (D). En réserve : Adrian Saxrud Danielsen (D).
Kazakhstan
Attaquants :
Nikita Mikhailis (A) – Alikhan Omirberkov – Roman Starchenko (C)
Kirill Panyukov (-1) – Artyom Likhotnikov (-1) puis à 20’00” Vladimir Volkov (+1) – Alikhan Asetov (A)
Kirill Savitskiy (2’) – Alikhan Omirberkov – Vyacheslav Kolesnikov (2’)
Dinmukhamed Kaiyrzhan (+1) – Maksim Mukhametov – Batyrlan Muratov
Défenseurs :
Valeriy Orekhov – Samat Daniyar
Adil Beketayev (2’) – Tamirlan Gaitamirov
Leonid Metalnikov – Artyom Korolyov (-1, 2’)
Eduard Mikhaïlov (+1) [4 présences]
Gardien :
Maksim Pavlenko
Remplaçant : Jelal-ad-din Amirbekov (G). Réservistes : Sergei Kudryavtsev (G), Dmitry Breus (D), Yevgeny Rymarev (A).












































