Ragaillardis par trois victoires consécutives – dont un quart de finale renversant face à Briançon en Coupe de France – les Lyonnais (8e) espéraient confirmer leur montée en puissance à Charlemagne dans un match en retard de la 7e journée. Mais face aux Drakkars de Caen (4e), en pleine série de cinq succès – en comptant la victoire de prestige face à Amiens en Coupe de France – et redevenus une véritable citadelle défensive (seulement 2 buts encaissés à leurs 3 dernières sorties), le test s’annonce relevé, d’autant plus que Lyon souffre depuis le début du championnat face aux équipes de haut de tableau (défaites contre Cholet x2, Neuilly-sur-Marne et Strasbourg). On scrute également avec attention le duel de générations aussi devant les filets : la jeunesse de Maxence Barbaret (20 ans), décisif dans la bonne passe des siens, contre l’expérience de Ronan Quemener (38 ans), sacré pour la 3e fois meilleur gardien de D1 la saison passée.
Notons que les deux clubs ne se sont plus croisés depuis dix ans et la série de playout 2014/2015, remportée par Lyon en Ligue Magnus (4–0), qui avait précipité Caen en D1. Hasard du calendrier et du tirage au sort, ils se retrouveront dans quinze jours pour une place en demi-finale de Coupe de France.
Caen ramène Lyon sur terre avant la revanche en Coupe de France
Une première période à sens unique
Le début de match tourne rapidement à l’avantage de Caen. Pressing haut, récupérations agressives, difficultés lyonnaises à sortir proprement : le décor est planté. Après une minute acculée dans leur zone défensive, les Lions parviennent à s’extraire en solo par Peter Valier qui parvient jusqu’à Quemener mais manque le palet au moment de conclure son dernier dribble. La troisième ligne lyonnaise subit, et c’est logiquement que Samy Paré décale Emmanuel Alvarez, seul dans l’axe, le Saint-Pierrais expédie le palet sous la barre (0–1, 05’36”).
Lyon tente d’inverser la tendance sur un premier powerplay, mais Quemener s’interpose du bouclier face à Leroux. Dans la foulée, Charlemagne retient son souffle lorsque Fabien Fondadouze provoque un revirement, poursuit son effort, lance à la cage… et fait vibrer l’extérieur du filet.
Les Drakkars, eux, ne tremblent pas. Après un premier jeu de puissance écarté sans encombre par les Lyonnais, ceux-ci vont succomber à l’indiscipline. Sur une nouvelle supériorité caennaise, Alexandre Mulle exploite un rebond laissé devant Barbaret après un lancer de Yevgeni Nikiforov (0–2, 17’17”). Lyon craque encore sur une mauvaise relance : Ranel Vafin se présente seul face au portier caennais, qui sort la botte… et sur le contre qui s’ensuit, un tir plein axe de Matias Pognant surprend Barbaret (0–3, 18’10”). À quelques centimètres de revenir à 1 but, les Lions se retrouvent menés de 3 longueurs quelques secondes plus tard. La soirée commence à tourner au cauchemar.
Quemener ferme la porte
Le deuxième tiers est plus fermé. Lyon pousse en entrée de période, profitant d’un jeu de puissance débuté en fin de tiers précédent. Lucas Chautant efface son adversaire mais trouve Quemener sur sa route. Le portier des Drakkars est impérial et frustre les attaquants lyonnais. Caen, bien en place, contrôle l’enclave, bloque les tirs et laisse venir sans jamais se découvrir.
Le match manque d’émotion… jusqu’à une grosse charge de Pognant sur Valier qui reste au sol. Nathan Cal vient à la défense de son coéquipier et provoque un début d’échauffourée qui redonne un peu de feu à la rencontre et au public, mais pas assez pour inverser le momentum.
Caen contrôle et gèle la fin de rencontre
Au retour des vestiaires, Lyon tente encore de se relancer, mais la mécanique caennaise reste parfaitement huilée. Les Normands tuent les pénalités et profitent de leurs jeux de puissance pour frapper : un tir d’Artem Hrebenyk trompe Barbaret dans un silence glacial (0–4, 45’01”).
Les Lions s’accrochent, mais chaque accélération trouve une canne caennais pour annihiler les offensives. En fin de rencontre, Lyon durcit le jeu et provoque encore une pénalité. Vafin échoue d’abord en pivot, puis un lancer lointain de Jack Tucker crée un rebond que Leroux bonifie enfin (1–4, 53’42”). Mais l’espoir est de courte durée : deux minutes plus tard, un centre-tir (contré ?) de Yevgeni Nikiforov termine sa course au fond des filets (1–5, 55’47”). Malheureux sur le 5e but, Barbaret évite l’aggravation du score grâce à un arrêt salvateur face à Mulle (59e).
Un message clair envoyé à quinze jours d’un duel en Coupe
Après une première période de très haut niveau puis quarante minutes de contrôle, Caen a nettement dominé un Lyon retombé dans ses travers face aux équipes du haut de tableau. Portés par la force tranquille de Quemener au sommet de son art (34 arrêts), les Drakkars prennent un ascendant psychologique avant la revanche en Coupe de France dans 15 jours.
Illustrations de Marky Holdefehr (instagram/site internet)
Lyon – Caen 1-5 (0-3, 0-0, 1-2)
Mardi 2 décembre 2025 à 20h30 à la patinoire Charlemagne. 1 328 spectateurs.
Arbitrage de Mikaël Rommevaux et Vincent Zede, assisté de Alexandre Donnat-Magnin et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Lyon 12’ (4’, 4’, 4’) ; Caen 12’ (4’, 4’, 4’)
Tirs : Lyon 36 (12, 12, 12) ; Caen 21 (10, 3, 8)
Évolution du score:
0-1 à 05’36” : Alvarez assisté de Paré et Nikiforov
0-2 à 17’47” : Mulle assisté de Nikiforov et Pépin (sup. num.)
0-3 à 18’10” : Pognant assisté de Tassery et Berthon
0-4 à 45’01” : Hrebenyk assisté de Lehman et Altybarmakyan (sup. num.)
1-4 à 35’09” : Leroux assisté de Tucker et Tomko (sup. num.)
1-5 à 54’59” : Nikiforov assisté de Paré et Lehmann
Lyon
Attaquants :
Lucas Chautant (A, -1) – Enzo Baravaglio (2’) – Peter Valier (A, 2’)
Dmitrii Dudkin (-1) – Maxence Leroux (-2) – Ranel Vafin (-2)
Erwan Plantrou (-1, 2’) – Flavien Fondadouze (-1, 4’) – Rocco Andreacchi (-1)
Rémi Mouret – Benjamin Robert
Défenseurs :
Deni Elabiyev (-2, 2’) – Slavomir Tomko (C, -2)
Nathan Cal (2’) – Jack Tucker
Evan Andraud (-1) – Joris Rama (-1)
Marcell Szélig
Gardien :
Maxence Barbaret
Remplaçant : Clément Ginier (G). Absents : Damian Raczka, Xavier Carrichon.
Caen
Attaquants :
Titouan Lanes (2’) – Alexandre Mulle – Ilya Altybarmakyan
Yevgeni Nikiforov (+2, 2’) – Radek Veselý (2’) – Samy Paré (+2)
Kévin Tassery (+2) – Quentin Berthon (+1) – Mathias Pognant (+2, 2′)
Paul Montean – Timéo Catherine – Thibault Claireaux
Défenseurs :
Gabriel Lehmann (+1, 2’) – Marc-Antoine Pépin (+1)
Artem Hrebenyk (+1, 2’) – Romain Bermond-Gonnet (+1)
Ville Rautiala (+1) – Emmanuel Alvarez (+2)
Gardien :
Ronan Quemener
Remplaçant : Eliot Regnier (G). Absents : Yoan Colomban (avec Briançon en Ligue Magnus), Maxime Bertrand, Mattéo Clardart-Ake, Hugo Cal, Mathéo Demarcy, Alban Chabanet.


















































