Malheur au perdant ! Tous deux piteusement éliminés en coupe de France mardi soir chez des formations de l’échelon inférieur, respectivement à Caen (1-2) et Lyon (3-5), Amiens et Briançon sont en obligation de se rattraper. Défaits pour la septième fois de rang, les Gothiques n’arrivent même plus vraiment à marquer, eux qui n’ont trouvé le fond des filets qu’à six reprises sur les quatre dernières sorties et s’enfoncent dans une crise durable. Les Diables Rouges, quant à eux, se pensaient sortis de la crise après trois succès de rang mais ont rechuté de manière vertigineuse. Simple coup d’arrêt ou signe avant-coureur d’une maladie non réellement soignée ? Réponse au Coliseum dans un véritable duel de la peur.
Amiens domine sans marquer…
Plus que jamais revanchards devant leur public après l’humiliation subie en Normandie, les Gothiques prenaient les commandes du palet et du jeu pour tenter de faire la différence. Sous l’impulsion de leur meilleur compteur, Kieran Craig, ils parvenaient à porter le danger sur un bon tir dans l’axe avant de prendre un rebond qui finissait juste au-dessus du but d’Outhouse (2’30). Un temps décisif, le gardien briançonnais commettait ensuite une grosse erreur de lecture du jeu sur un palet anodin récupéré par Plagnat qui réalisait un tour de cage, mettait devant le but mais Richards ne parvenait pas à mettre au fond (3’15). En maîtrise mais toujours inefficace, les Gothiques s’exposaient à de grossières erreur, comme celle de Cepon qui permettait à Cal d’obtenir un face-à-face avec Kozun qui se montrait impérial (6’).

Quelque peu inexistant dans le jeu et souvent cantonnés à leur zone défensive, les Briançonnais essayaient de procéder sur des rapides mais n’inquiétaient jamais vraiment Kozun, à l’image d’une belle opportunité pour Dubois sur un « one timer » qui ne trouvait même pas le cadre (8’30). Quelque peu retombés dans le rythme, les Gothiques se concentraient surtout à ne pas commettre de grossières erreurs, échaudés par la seule occasion briançonnaise, offerte sur un plateau par les locaux. Le jeu offensif en pâtissait, et seule une superbe situation pour Izacky, trouvé par Gibert, était à se mettre sous la dent, mais le Tchèque, relégué en quatrième trio, manquait le cadre assez largement (17’).
… puis fait la différence
Toujours aussi dominateurs dans le tiers médian, les Amiénois souffraient encore et toujours à apporter du danger. Jusqu’à la deuxième supériorité numérique du soir qui voyait Richards rentrer en zone offensive sur la gauche, mettre le palet dans l’axe pour un Maïa étrangement seul et qui avait tout le temps d’ajuster Outhouse (1-0, 24’37). Enfin, les protégés de Kevin Bergin pouvaient goûter à un avantage au score, eux qui n’avaient plus connu ça depuis l’avance de trois buts gâchée contre Chamonix (5-6). Désormais en avance, les Picards se devaient de conserver leur avantage mais se faisaient rapidement peur sur un lancer frappé de la bleue de Fine forçant un gros arrêt de Kozun (26’). Un coup de chaud temporaire qui n’altérait pas les envies offensives picardes. Richards, l’ancien diable, réalisait un très gros travail derrière le but adverse, parvenait à trouver Plagnat qui pensait doubler la mise mais les officiels refusaient la réalisation, visiblement pour une cage déplacée (27’).

Un simple temps d’arrêt puisque, dans les minutes qui suivaient, ce même Plagnat s’échappait le long des bancs et trouvait Lemay, autre ancien diable, esseulé au deuxième poteau et ce dernier ne manquait pas la cible. Après un temps de vérification vidéo, la réalisation était validée (2-0, 29’41). Visiblement libérés d’un poids, les Gothiques se montraient même les plus dangereux à un de moins. Maïa en prison, Lemay ne se privait pour autant pas d’aller à l’attaque, défier son ancien gardien… et manquer la lucarne de très peu (32’). De l’autre côté, Kozun n’était plus vraiment mis en danger, malgré quelques incursions briançonnaises qui manquaient d’inspiration.
Briançon se rebelle trop tard
Cependant, le denier rempart se montrait solide en réalisant un double arrêt de classe d’entrée de troisième période, frustrant Dubois (44’). Un sauvetage crucial qui s’avérait décisif dans les secondes suivantes après des fautes de Dorfman et Bisson, offrant aux Samariens une double supériorité. A deux de plus, Bergeron prenait un gros lancer de la bleue, le palet glissait sous Outhouse et allait au fond, propulsé par Craig. De quoi provoquer une grosse tension, et forçant Pierre Bergeron a prendre son challenge, estimant une faute sur son gardien. La révision vidéo faite, le but était validé (3-0, 46’29) et les locaux bénéficiaient d’une nouvelle double supériorité, cette fois non concluante.

En tête largement et sans vraiment trembler, les Picards étaient confrontés au test de l’infériorité… et s’en sortaient sans danger face à l’inefficacité technique et tactique des Diables Rouges. Et alors que Mony réalisait un incroyable numéro en solitaire avant de manquer le cadre de peu (55’), le succès semblait tendre les bras à ses partenaires. Jusqu’à la sortie d’Outhouse pour provoquer le six contre cinq. Cinq secondes plus tard, Dubois trompait Kozun et un frisson passait dans le Coliseum (3-1, 58’03). Un temps-mort plus tard, les Haut-Alpins repartaient à six contre cinq, mettaient une pression folle et – sur une passe laser de Persson – Dubois frappait à nouveau, de près (3-2, 58’37).
Les Gothiques tiennent bon
Les vieux démons semblaient rattraper les Picards qui n’arrivaient plus à sortir de leur zone et subissaient la pression. Quand Craig parvenait à faire glisser la rondelle en territoire neutre avant d’être accroché par Bérard, un soulagement s’emparait temporairement du banc picard, qui espérait un but de pénalité ou une supériorité numérique. Cependant, le « top scorer » amiénois n’était pas en possession du palet, et les officiels lui accordaient un tir de pénalité sur lequel il manquait le cadre (59’). Malgré une minute entière de souffrance, les protégés de Kevin Bergin tenaient le choc et mettaient enfin un terme à leur spirale infernale.

Entre choix forts du coach (Izacky relégué en quatrième trio, Matima envoyé en tribunes), un réalisme quelque peu retrouvé et une abnégation de tous les instants dans la difficulté, les Gothiques retrouvent le goût de la victoire un mois après le succès contre Gap (5-2). Entre les deux succès haut-alpins, sept défaites s’étaient immiscées, laissant planer un doute sur l’avenir de leur entraîneur. Désormais, l’heure est à la confirmation dans une série de matches à la portée des Picards contre Nice et Cergy, par deux fois. Pour les Diables Rouges, la semaine empire pour une formation qui étaient sur trois succès de rang mais qui est tombée de haut, notamment en coupe. Une réaction est plus qu’attendue dans une autre rencontre importante dans la course aux playoffs contre Chamonix avant une double-confrontation compliquée contre Angers.
Élus meilleurs joueurs du match : Taran Kozun (Amiens) et Chase Dubois (Briançon)

Amiens – Briançon : 3-2 (0-0, 2-0, 1-2)
Vendredi 28 novembre 2025 à 20h15 au Coliséum. 3220 spectateurs.
Arbitres : MM. Maxime Laboulais et Julien Peyre assistés de Timothée Maudet et Hugo Maillard
Pénalités : Amiens 8’ (2’, 2′, 4’) ; Briançon 12′ (2′, 2’, 8’).
Tirs : Amiens 32 (12, 8, 12) ; Briançon 37 (14, 8, 15).
Évolution du score :
1-0 à 24’37’’ : Maïa assisté de Richards et Craig (sup. num.)
2-0 à 29’41’’ : Lemay assisté de Plagnat et Richards
3-0 à 46’29’’ : Craig assisté de Bergeron et Maïa (double sup. num.)
3-1 à 58’03’’ : Dubois assisté de Stromgren et Bisson
3-2 à 58’37’’ : Dubois assisté de Persson et Pouncy
Amiens
Attaquants :
Bastien Maïa (A, -1, 2’) – Kieran Craig (-1) – Ilies Djemel (-1)
Antonin Plagnat – William Lemay – Sean Richards
Gauthier Gibert – Virgile Gauffriau – Matéo Bussat
Anatole de Mali – Thomas Boisson (2’) – Jakub Izacky
Défenseurs :
Kristjan Cepon (-1) – Aleksandar Magovac (C, -1, 2’)
Justin Bergeron (A, +1) – Félix Larose (-1)
Mathieu Mony (2’) – Guillaume Roussel
Gardien :
Taran Kozun
Remplaçant : Clément Fouquerel (G). Absents : Gaspard Vanwormhoudt (choix), Janis Svanenbergs (blessure), Rudy Matima (choix)
Briançon (2’)
Attaquants :
Benjamin Bérard (+1, 2’) – Fredrik Strömgren (+1) – Hugo Cal
William Persson (+1) – Braiden Dorfman (2’) – Chase Dubois (+1)
Lucas Bonnardel (2’) – Joran Reynaud – Norbert Abramov
Valère Vrielynck – Antonin Fine – Yanis Penet
Défenseurs :
Adrien Bisson (+2, 2’) – Kyle Pouncy (+2)
Léo Faure (2’) – Sacha Djigaouri
Olivier Dame-Malka (-1) – Mathis Despatie (-1)
Gardien :
Griffen Outhouse
Remplaçant : Mathis Thirion (G). Absents : Aurélien Chausserie-Laprée, Matthew Barnaby (suspendu), Chrystopher Collin









































