Battue en ouverture 4-1 par la Suède, l’Allemagne est déjà en danger en vue des quarts de finale, objectif réaliste de l’équipe au vu du ranking IIHF. Il lui faut donc réagir et prendre des points face à cette solide formation japonaise, qui a fini par arracher la victoire 3-2 contre une équipe de France accrocheuse.
L’Allemagne pied au plancher
Et cela ne pouvait pas mieux commencer pour les joueuses de Jeff McLeod. Une vive montée de palet de Laura Kluge sur l’aile gauche repousse la défense. Elle laisse en retrait pour Luisa Welcke, qui repique au centre en feintant sa vis-à-vis. Le tir plein axe profite du trafic pour déstabiliser la gardienne, et la capitaine Daria Gleissner, au duel avec Rui Ukita, saute sur le rebond (1-0). On jouait depuis 44 secondes !
En confiance, l’Allemagne crée du jeu. Emily Nix lance au but, et la déviation au second poteau frôle le cadre. Pourtant, une énorme erreur de Katarina Jobst-Smith offre un boulevard à Riri Noro : seule devant Sandra Abstreiter, elle échoue à égaliser !
Le Japon réagit en prenant le contrôle du palet. Ayaka Hitosato tente de loin, puis l’échec-avant se met en place. Le travail des arrières est important, avec plusieurs tirs de la bleue à travers la foule. Mais ces efforts sont réduits à néant après 9 minutes. Emily Nix dépose Riri Noro en la contournant vers le cercle, repique au centre et profite de la présence de Gleissner pour marquer du revers dans un but bien ouvert (2-0).
Nana Akimoto, pris de vitesse, doit concéder deux minutes dans un duel dans le coin. La pression monte, mais la défense tient le choc… jusqu’au retour à cinq. Nix, encore elle, perturbe la relance japonaise. Le palet traîne dans les patins de deux joueuses entre les cercles. Nicola Hadraschek est la plus rapide à le repérer et ajuste Masuhara entre les jambières (3-0).
Les joueuses de Yuji Iizuka n’abandonnent pas et s’installent pour de longues séquences de possession, assez stériles car la plupart des tirs, lointains, menacent peu Abstreiter. Toutefois, l’élan est encore brisé par l’indiscipline : Kohane Sato est punie à son tour. Le jeu de puissance s’installe et obtient deux occasions avant la sirène. 3-0, et il restera 14 secondes de supériorité.
Sursaut japonais trop tardif
La seconde gardienne japonaise Riko Kawaguchi entre au deuxième tiers. On joue depuis à peine trente secondes et Abstreiter doit doucher les espoirs adverses. Une belle montée de palet aboutit sur la crosse de Rui Ukita, qui envoie vers la cage. Rio Noro reprend, la gardienne sauve et la deuxième chance de Rui Ukita sur le rebond ne passe pas non plus.
L’Allemagne enfonce le clou lorsque Hadraschek expédie une mine de la bleue en hauteur à l’issue d’une longue présence en zone offensive. Perturbée par ce lancer, Kawaguchi repousse du bouclier et le palet s’élève dans les airs… et retombe sur son dos, puis dans le but (4-0).
Rien ne va pour les Asiatiques. Même lorsque Gleissner cafouille un palet, Kohane Sato, en échappée, ne parvient pas à piéger Abstreiter. À la mi-match, une récupération en entrée de zone renvoie Celina Haider vers l’avant. Son patinage rageur devance le changement de ligne japonais et crée un 2-contre-1. Haider fixe défenseur et gardienne, pour une offrande vers Laure Kluge. Le tir, avec l’aide de la barre, est gagnant (5-0).
La domination de la Frauen Mannschaft ne faiblit pas, avec de multiples séquences de possession en zone offensive. Celina Haider concède cependant deux minutes et offre un peu d’air à la troupe des sœurs Shiga. Une situation payante avec un gros patinage de Akane Shiga : elle contourne toute la patinoire, passe derrière le but et revient jusqu’à la bleue. Son tir lointain est dévié par Mei Miura devant Abstreiter (5-1).
Sur l’engagement, un duel gagné le long de la bande libère Kanami Seki qui envoie vers le but. Il y a du monde devant le but, et Yumeka Wajima trouve le rebond (5-2). Deux buts en quelques secondes, et voila le Japon qui reprend des couleurs !
Le match s’anime encore un peu plus. À une minute de la pause, Luisa Welcke fait parler sa technique dans une percée spectaculaire, qui se heurte à la portière. Une interception de Mei Miura coûte toutefois deux minutes à Carina Strobel
Une bonne gestion pour finir
Cette supériorité numérique ne va rien donner, la faute à quelques imprécisions de passe qui retardent trop l’installation. Pour autant, cela lance une phase offensive intéressante et quelques tirs déviés. Seule Rio Noro trouve la plaque de Sandra Abstreiter.
Les minutes défilent ensuite sans occasion franche. Le Japon prend le contrôle du palet, mais, trop souvent bloqué en entrée de zone, peine à développer du jeu offensif. L’Allemagne se contente de gérer et de faire tourner ses lignes, sans vraiment essayer d’aggraver le score.
La meilleure chance revient à Riri Noro, lancée dans l’intervalle par une montée de palet signée Wajima et Maeda. Son tir du revers est trop croisé et file hors cadre. Une minute plus tard, suite à un dégagement interdit, Rio Noro récupère un palet qui traine sur la mise au jeu. La botte d’Abstreiter s’interpose et le disque est bloqué entre ses jambes ! La gardienne sauve ensuite un essai en pivot de Haruka Toko consécutif à un nouveau revirement.
Akane Hosoyamada remonte le palet à 3’44 de la fin du match, mise au sol par Daria Gleissner. Mais les portes de la zone sont bien étanches et le Japon s’englue dans la toile ou les bandes, perdant bien trop d’un temps précieux. Hosoyamada douche les espoirs de son camp à 1’50 de la fin, un faire trébucher sur Jobst-Smith mettant fin à la supériorité numérique. Plus rien ne sera marqué : l’Allemagne s’impose donc, 5-2.
Ce succès relance les joueuses de Jeff MacLeod dans la course aux quarts de finale, grâce à une prestation de très bonne qualité. Rapides et physiques, les Allemandes ont bousculé leur adversaire dès le début du match et se sont envolées au score. Il leur a suffi de gérer la deuxième moitié de rencontre avec une rigueur défensive de bonne facture. Pour le Japon, le calendrier ne sera pas simple, et le match face à l’Italie semble déjà avoir des allures de « huitième de finale ».
Commentaires d’après-match :
Ronja Hark (défenseure de l’Allemagne) : « Nous sommes parfaitement rentrées dans le match. C’était un match important pour notre équipe. La France ? Ce sera un match physique et difficile. Nous devrons surmonter cela. Laure Kluge est très importante dans notre équipe. Elle apporte beaucoup de vitesse et de physique, et la performance de l’équipe passe par elle. »
Akane Hosoyamada (défenseure du Japon) : « Elles nous ont pris rapidement à la gorge. Nous avons mieux lutté au deuxième et au troisième tiers, avec un meilleur travail. Nous devons vraiment mieux rentrer dans le match, et nous avions à cœur de lutter pour notre gardienne que nous avons livrée à elle-même. C’est un jeu d’équipe et nous sommes toutes responsables. Je ne pense pas que d’avoir joué hier était un facteur. Nous avons juste eu un mauvais départ. Nous savions que le calendrier serait difficile et nous nous sommes préparées pour cela. Il y a beaucoup de détails à corriger. Le match était plus physique qu’hier et il faudra être prêtes à cela pour les prochains matchs. Je pense que nous l’avons mieux géré au fil des minutes, nous avons fait preuve de plus de patience avec le palet. Il faut maintenant se montrer plus solidaires pour la suite. »
Allemagne – Japon 5-2 (3-0, 2-2, 0-0)
Samedi 7 février 2026 à 12h10 à Milano Rho. 3777 spectateurs.
Arbitres : Zuzana Svobodova (TCH) et Amanda Tassoni (USA) assistées de Laura Gutauskas (CAN) et Jessica Lundgren (SUE)
Pénalités : Allemagne 6′ (0′, 4′, 2′), Japon 6′ (4′, 0′, 2′)
Évolution du score :
1-0 à 00’44” : Gleissner assistée de Luisa Welcke et Kluge
2-0 à 08’44” : Nix assistée de Hark et Hadraschek
3-0 à 13’03” : Hadraschek assistée de Nix et Kluge
4-0 à 25’24” : Hadraschek assistée de Kluge et Gleissner
5-0 à 30’30” : Kluge assistée de Haider et Hark
5-1 à 36’45” : Miura assistée de Akane Shiga et Aoi Shiga (sup. num.)
5-2 à 37’07” : Wajima assistée de Seki et Miura
Allemagne
Attaquantes :
Emily Nix (+5) – Nicola Hadraschek (+3) – Laura Kluge (A, +5)
Luisa Welcke – Lilli Welcke (-1) – Svenja Voigt
Jule Schiefer – Franziska Feldmeier – Celina Haider (+1, 2’)
Nina Christof – Anne Bartsch (-1) – Mathilda Heine
Défenseures :
Ronja Hark (A, +3) – Daria Gleissner (C, +4, 2’)
Carina Strobel (2’) – Katarina Jobst-Smith
Charlott Schaffrath – Hanna Hoppe
Gardienne :
Sandra Abstreiter
Remplaçantes : Lisa Hemmerle (G), Tara Schmitz (D). En réserve : Clara Schultes (G), Katharina Hackelsmiller (A).
Japon
Attaquantes :
Rio Noro – Rui Ukita (-1) – Akane Shiga (-1)
Riri Noro (-2) – Suzuka Maeda (-3) – Yumeka Wajima (-2)
Haruka Toko – Makoto Ito (-1) – Mei Miura
Ai Tada – Remi Koyama (-2) – Umeka Odaira
Défenseures :
Kohane Sato (-1, 2’) – Aoi Shiga
Shiori Koike (C, -4) – Akane Hosoyamada (A, -4, 2’)
Ayaka Hitosato (A) (+1) – Kanami Seki
Shiori Yamashita – Nana Akimoto (2’)
Gardienne :
Miyuu Masuhara puis Riko Kawaguchi à 20’00”
En réserve : Rei Halloran (G).










































