Ce match a failli ne pas avoir lieu. Touchée par une épidémie d’un norovirus, la Finlande, avec pas moins de 12 joueuses touchées et les autres en quarantaine, avait déjà dû reporter son match inaugural jeudi contre le Canada. Cette fois, en dépit d’une forme entamée, les Nordiques se présentent, au complet, face à l’ogre américain.
Carpenter lance la machine
Le début de match tourne rapidement à l’avantage des Américaines. Leur patinage leur permet de circuler vite en zone offensive et de multiplier les temps de jeu, grâce à un jeu court et précis. Cette pression territoriale finit par provoquer un faire trébucher de Michelle Karvinen. La capitaine laisse son camp à un de moins et rapidement, les occasions pleuvent. Hannah Bilka tente sa chance au cercle droit et le rebond est dégagé. Puis, c’est un beau jeu de passe initié par Caroline Harvey, qui voit Tessa Janecke reprendre entre les cercles. La gardienne Sanni Ahola a tout lu. Derrière, Ahola se multiplie sur des palets qui trainent, et la Finlande finit par s’en sortir dans la souffrance.
Les joueuses de Tero Lehterä perdent le palet trop vite et sont contraintes de construire une forteresse devant leur but. Chaque duel exige des ressources physiques importantes et une présence de tous les instants devant Ahola, pour nettoyer tout danger. La Finlande plie, mais ne rompt pas encore, même si sortir de sa zone reste un enfer.
Pour autant, l’impact physique des Nordiques limite les chances adverses : seuls 9 tirs cadrés ont passé le rideau en 13 minutes. Il faut juste éviter de dépasser la limite… ce que Susanna Tapani ne parvient pas à mesurer. Elle concède deux minutes derrière son but en mettant au sol Tessa Janecke.
La sanction est immédiate. Alex Carpenter est servie en haut du cercle par une passe du revers de Megan Keller et trompe Ahola en hauteur (1-0). Les ennuis ne s’arrêtent pas, et Ahola intervient de la crosse, puis repousse un essai de Joy Dunne de la jambière. Layla Edwards, première afro-américaine sélectionnée aux Jeux en hockey, travaille ensuite derrière le but et offre une nouvelle chance devant la cage.
Les occasions s’enchaînent : Kirsten Simms s’échappe sur l’aile droite, et son tir voit le cadre se dérober. Puis, Tessa Janecke, intenable, est bloquée dans l’enclave. Enfin, Megan Keller ne cadre un pas un palet qui traine entre les cercles. Il n’y a que 1-0 à la pause, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé (15 tirs à 4).

Knight dans le livre des records
Le rythme ne ralentit pas au retour des vestiaires. Layla Edwards s’offre un premier tir dangereux, et le rebond est dégagé, permettant un contre finlandais. Au bout de cette remontée de palet, un joli lancer de Petra Nieminen, repoussé par Aerin Frankel. Quelques instants plus tard, la contre-attaque s’inverse. Le tir de Emma Nuutinen n’est pas cadré, et trois attaquantes se retrouvent piégées en profondeur. Les Américaines renversent à toute vitesse et s’offrent un trois-contre-un. Britta Curl remonte le disque, écarte pour Abbey Murphy qui fixe tout le monde avant d’offrir une cage ouverte à Taylor Heise (2-0).
Le moral est touché et les États-Unis déroulent. Encore un gros travail au fond, et un palet qui revient sur Megan Keller le long de la bande. Elle lit bien le jeu et efface Jenniina Nylund, attaque la cage sans opposition et glisse le palet entre les jambières d’Ahola (3-0).
La portière nordique sauve immédiatement deux nouvelles occasions alors que la vitesse adverse place sa défense à l’agonie. Il y a le feu dans l’enclave où les joueuses de John Wroblewski n’hésitent pas à se présenter en masse. Ahola repousse encore une série de chances à l’approche de la moitié du match : le palet ne quitte plus le camp finlandais. C’est sans surprise qu’une faute finit par être appelée et Ronja Savolainen s’assoit sur le banc des punies.
Layla Edwards trouve Hilary Knight ligne de fond, et la capitaine profite d’un placement approximatif d’Ahola pour marquer en angle fermé (4-0). Un but historique : il égale le record américain aux Jeux d’hiver, avec son 14e but olympique, à égalité avec Natalie Darwitz et Katie King.
Jenni Hiirikoski étant sanctionnée à son tour pour faire trébucher, l’attaque-défense continue. La pénalité est brillamment tuée, et cela se termine même par une occasion finlandaise. Frankel doit s’employer sur une action d’Ida Kuoppola. Une minute plus tard, la gardienne sauve un rebond bizarre dans le slot, lorsqu’un tir dévié retombe sur une officielle puis dans l’enclave ! Le jeu s’ouvre peu à peu, et Grace Zumwinkle, sur la gauche, échoue sur Ahola à la suite d’un renversement de jeu. Ce sera la dernière grosse occasion avant le retour au vestiaire.

Une Finlande valeureuse
4-0, 36-9 aux tirs : la prestation combative et physique de la Finlande reste tout de même remarquable en dépit de cela, compte tenu du fait que le virus a touché la moitié de l’équipe…
On ne joue que depuis 1’30 lorsque Petra Nieminen est punie pour avoir fait trébucher Taylor Heise. Le jeu de puissance peine à s’installer, bloqué à la ligne bleue. Il faut attendre les derniers instants pour une combinaison Knight-Edwards, et un tir au dessus. Pénalité tuée, mais un accrochage de Noora Tulus replace la Finlande en infériorité. Encore une fois, le travail défensif est propre et limite les opportunités.
Le retour au complet ne change pas le schéma et l’échec-avant continue de gêner la relance. C’est sur un gros travail sur la ligne bleue que Kelly Pannek vole le palet et tente sa chance d’un tir croisé ras glace, cherchant le rebond sur la botte d’Ahola. Mais le palet est dégagé. Chaque incursion finlandaise ouvre un contre rapide. Sur une tentative, le disque est renvoyé à toute vitesse et Knight, servie sur la droite, trouve l’épaule d’Ahola. Puis, un tour de cage de Heise aboutit à un renversement vers Joy Dunne sortie du banc. Ahola a encore suivi et son déplacement rapide stoppe l’action.
La Finlande ne démérite pas, et Sanni Vanhanen, après avoir esquivé une charge de Dunne le long de la bande, menace Frankel d’un joli tir au cercle droit. Il reste quatre minutes lorsqu’Abbey Murphy nettoie un rebond d’un tir de Caroline Harvey (5-0).
Les États-Unis s’imposent sur ce score, sans surprise compte tenu du contexte – et de l’écart de niveau présumé. On peut toutefois saluer la performance globale de la Finlande. Même diminuée par la fatigue de ce maudit virus, elle a réalisé une prestation défensivement solide. Physique et combative, avec une gardienne mobile et des arrières attentives dans l’enclave, la Finlande ne sera pas à prendre à la légère dans la course au podium.

Commentaires d’après-match
Cayla Barnes (défenseure des États-Unis) : « Nous avons de bons automatismes avec les nombreux rassemblements des derniers mois. Tout le monde sait ce qu’il a à faire et le travail à mener. Tout le monde contribue. Carpenter ? C’est une des meilleures joueuses du monde. Elle a marqué hier, là encore le premier but. Elle a l’expérience, et le leadership. »
Alex Carpenter (attaquante des États-Unis) : « Le jeu de puissance a été important, on a su capitaliser dessus. Il était important de prendre un bon départ dans ce match, de se nourrir de cela. C’est toujours aussi spécial de se retrouver ici, tout le monde profite du moment. »
Jenni Hiirikoski (défenseur de la Finlande) : « On était excitées à l’idée d’enfin avoir la chance de jouer. C’est une équipe difficile à jouer, mais on a fait de bonnes choses aujourd’hui et il faudra construire là-dessus. Ce sont mes cinquièmes Jeux, mais j’ai l’impression de vivre mes premiers. Je suis fière de porter ce maillot. On veut se mesurer à une telle équipe, et tout le monde sait ce qu’il a à faire. Le temps mort à la fin ? Juste écouter le coach, c’était surtout pour fixer le standard attendu pour la suite du tournoi. En attendant, je profite de chaque moment, et je prends chaque jour l’un après l’autre. C’est sûr que ce n’est pas le début de tournoi que nous attendions, mais il faut rester positives, calmes et concentrées. »

États-Unis – Finlande 5-0 (1-0, 3-0, 1-0)
Samedi 7 février 2026 à 16h40 à Milano Rho. 3843 spectateurs.
Arbitres : Ida Henriksson (SUE) et Elizabeth Mantha (CAN) assistées de Jennifer Cameron-Ward (USA) et Justine Todd (CAN).
Pénalités : États-Unis 0′ (0′, 0′, 0′) ; Finlande 12′ (4′, 4′, 4′)
Tirs : États-Unis 49 (15, 21, 13) ; Finlande 11 (4, 5, 2)
Évolution du score :
1-0 à 15’19” : Carpenter assistée d’Edwards et Keller (sup. num.)
2-0 à 25’01” : Heise assistée de Murphy et Curl
3-0 à 23’37” : Keller
4-0 à 29’17” : Knight assistée d’Edwards et Keller (sup. num.)
5-0 à 55’56” : Murphy assistée de Curl et Harvey
États-Unis
Attaquantes :
Hannah Bilka – Alex Carpenter (A) – Hilary Knight (C)
Britta Curl (+2) – Taylor Heise (+2) – Abbey Murphy (+2)
Kendall Coyne (+1) – Kelly Pannek (+1) – Kirsten Simms
Joy Dunne – Tessa Janecke – Grace Zumwinkle
Hayley Scamurra (+1)
Défenseures :
Megan Keller (A, +2) – Laila Edwards (+1)
Caroline Harvey (+1) – Haley Winn (+1)
Lee Stecklein – Cayla Barnes (+1)
Rory Guilday
Gardienne :
Aerin Frankel
Remplaçante : Gwyneth Philips (G). En réserve : Ava McNaughton (G).
Finlande
Attaquantes :
Michelle Karvinen (C, 2′) – Susanna Tapani (2′) – Elisa Holopainen
Viivi Vainikka (-1) – Noora Tulus (2′) – Jenniina Nylund (-1)
Ida Kuoppala (-2) – Petra Nieminen (-1, 2′) – Emma Nuutinen (-2)
Julia Schalin – Sanni Vanhanen (-1) – Julia Liikala
Emilia Vesa
Défenseures :
Nelli Laitinen (A, -1) – Ronja Savolainen (A, -2, 2′)
Jenni Hiirikoski (2′) – Elli Suoranta
Sini Karjalainen – Sanni Rantala (-2)
Siiri Yrjölä (-1)
Gardienne :
Sanni Ahola
Remplaçante : Anni Keisala (G). En réserve : Emilia Kyrkkö (G).









































