Après deux défaites pour commencer le tournoi, la France voit ses rêves de quarts de finale s’envoler. Un résultat contre la Suède serait une performance exceptionnelle, tant les Scandinaves progressent à vue d’œil et nourrissent même des ambitions de médaille. Victorieuses de leurs deux matchs, avec une belle marge, les joueuses d’Ulf Lundberg comptent bien officialiser leur qualification dès aujourd’hui.
Un début de match compliqué
Les Bleus débutent dans le bon sens, avec une première action offensive menée par Chloé Aurard-Bushee, et une présence suivie de la ligne Estelle Duvin. Une charge de Mira Hallin sur Sophie Leclerc donne le ton : le match s’annonce physique, et Jenna Raunio en fait les frais à son tour, prise en sandwich entre Lore Baudrit et Anaïs Peyne-Dingival. L’arrière semble en souffrance sur son banc après cette chute spectaculaire.
Malheureusement, un centre fort devant le but perturbe Alice Philbert. La gardienne repousse le palet sur Thea Johansson au duel avec Sophie Leclerc, et le disque rebondit au fond des filets (0-1).
Les Bleues s’accrochent, attentives sur les palets contrés et essaient de dégager proprement. Un slalom de Mira Jungaker crée le danger et Philbert repousse. Puis, Margot Huot-Marchand se rend coupable d’un faire trébucher.
La Suède double la mise sur cette situation. Un tir trouve… la tête de Sara Hjalmarsson. Le palet retombe sur Lina Ljungblom qui lance sans contrôle. Philbert arrête en réflexe… Hjalmarsson saute sur le rebond (0-2).
Des « Allez les Bleues ! » se font entendre ensuite, alors que les Françaises tournent en zone offensive, avec Estelle Duvin à la baguette. Philbert demeure tout de même sous pression constante. Hanna Thuvik est la plus rapide pour trouver un palet qui traîne sur le côté du but (0-3).
La France ne lâche pas et tente des choses, à l’image d’une Clémence Boudin intenable, qui envoie un tir difficile côté plaque, sorti par Emma Söderberg. Les Bleus bataillent, et Huot-Marchand est à nouveau punie pour une charge pleine glace… Philbert tient le fort, aidée par les blocs de Marie-Pierre Pélissou et Gabrielle de Serres. Un ultime tir de Jungåker lancée à droite ne donne rien. La France rentre au vestiaire avec trois buts de retard, largement dominée (19-3 aux tirs). Pendant la pause, on aperçoit Jenna Raunio et une personne du staff suédois se rendre au centre médical : la défenseure ne reviendra pas au jeu.
Les Bleues se libèrent un peu
La France entame ce tiers avec un nouvel arrêt de Philbert, puis obtient une grosse chance. Boudin sert Duvin entre les cercles, et le revers est trop haut. Dans la continuité, la montée de palet prend de vitesse la défense et Lisa Johansson enfonce le clou (0-4).
Les Bleues cherchent quelques remontées de palet, s’exposant dans le même temps à des situations dangereuses, comme ce tir de Svensson capté par Philbert, qui repousse plus tard un tir de cette même joueuse en 2-contre-1.
Lore Baudrit, agacée par l’attitude des Suédoises trop proches de Philbert après le coup de sifflet, vient faire le ménage sur Nicole Hall et sort pour deux minutes. La pénalité est très bien gérée et aucune occasion n’en découle. Cela lance toutefois une série de présences offensives qui contraignent les Bleues à de gros efforts pour suivre le patinage adverse…
Pour autant, les joueuses de Grégory Tarlé n’abdiquent pas. Huot-Marchand harcèle la défense après un tir trop haut de de Serres, et Duvin bataille dans le slot. Söderberg finit par geler l’action. Puis, Aurard-Bushee est trouvée dans l’intervalle par Emma Nonnenmacher pour un arrêt. Nouvelle montée bleue, nouveau tir d’Aurard-Bushee. La Française et Nicole Hall se chauffent après l’action et sont toutes les deux envoyées sur le banc des punis.
Sans complexe, les Tricolores tentent des choses, mettent de l’énergie vers l’avant. Clémence Boudin essaie par exemple un tir de l’aile et le bruit du métal résonne. La France a bien mieux joué sur cette seconde moitié de tiers, et termine à 0-4, avec 10 tirs à 33.
Un bon tiers pour finir
La France reprend le jeu comme elle a joué au deuxième tiers. Des récupérations et une projection vers l’avant, qui offrent un tir croisé à Jade Barbirati, capté de la mitaine. Ce patinage vers l’avant peut jouer des tours… la Suède intercepte et un 3-contre-1 est bien défendu par Léa Berger, sans aucun tir concédé.
Puis, c’est une occasion d’Anaïs Peyne-Dingival en tour de cage, les Bleues tapant à la porte sans réussite, et un lancer de loin de Huot-Marchand – cela se chauffe encore devant la cage suédoise sur l’arrêt de Söderberg. Anna Kjellbin est finalement la seule punie pour un mauvais geste sur Estelle Duvin.
La deuxième unité de jeu de puissance s’installe et combine, offrant un bon tir à Lore Baudrit, bien dégagé par Söderberg. De bonnes choses encore, mais toujours cette petite imprécision de dernier geste… à l’image de cette chance de la ligne Barbirati à sept minutes de la fin, Huot-Marchand ne parvenant pas à saisir le rebond.
Un faire trébucher de Clara Rozier à cinq minutes de la fin place la Suède en position de creuser l’écart. Philbert, vigilante, repousse encore les assauts adverses, notamment un tir de Maya Nylen-Persson. Les Bleues s’en sortent et partent en 2-contre-1 : Rozier tente sa chance, hors cadre, avant d’être violemment mise au sol par Mira Jungåker. Pénalité évidente, et l’attaquante des Bleues met un peu de temps à se relever. Le jeu de puissance tente de s’installer et créer du jeu, avec les manœuvres d’Estelle Duvin et l’appui de Gabrielle de Serres et Clara Rozier, sans réussite.
C’est donc une troisième défaite dans ces Jeux olympiques, sans doute la moins surprenante. Après un premier tiers compliqué, on peut saluer la réaction des Françaises, combatives et qui ont répondu au défi physique sans reculer, et auront toujours cherché à créer du jeu, face à une formation plus rapide et supérieure techniquement. L’apprentissage à la dure continue : il reste un match, lundi face à l’Allemagne, pour rêver d’une première victoire historique.

Commentaires d’après-match
Elina Zilliox (défenseure de la France) : « On s’est battues jusqu’au bout. Face à la Suède c’est toujours compliqué, c’est une équipe physique, des joueuses qui jouent avec les charges dans leur championnat. On s’y attendait. Collectivement, on a beaucoup à apprendre de ce genre de match et du tournoi. Ce n’est pas fini, on va tout donner demain. C’est une expérience incroyable ici. »
Manon le Scodan (attaquante de la France) : « La Suède c’est le top-6 mondial, on savait que ce serait difficile. Mais nous avons répondu physiquement, on leur a fait mal. Au début du match, je ne dirai pas qu’on a été surprises ou choquées… On s’y attendait quand même. Il y a des buts rapides au premier, mais je suis contente des deuxième et troisième tiers. On veut cette première victoire aux Jeux, donc que ce soit l’Allemagne ou n’importe qui, on viendra avec toute notre hargne. »
Estelle Duvin (attaquante de la France) : « L’arbitrage a été un peu frustrant mais ce n’est pas là dessus que le match s’est joué, ça a un peu tilté à la fin. L’entame a été compliquée, mais on s’est battues jusqu’à la fin, on a prouvé qu’on pouvait rivaliser. Reste à jouer comme ça sur soixante minutes. Je me suis sentie mieux, plus libérée et plus habituée à l’ambiance. Hier il y a eu la journée de repos, la famille, ça a fait du bien. Sur le début de match, par rapport au Japon, c’est dur de savoir, ce sont deux équipes complètement différentes. Est-ce qu’on a eu besoin d’un temps d’ajustement ? Il y a plus de gabarit et de physique c’est sûr, il faudra analyser à la vidéo. Il y a eu de la réussite devant la cage, des détails. Ces deux buts rapides nous ont mis un coup sur la tête, mais on peut être fières de ce qu’on a montré ensuite. La Suède est une équipe physique, elles ont l’habitude de ça, mais elles n’aiment pas quand on leur répond, du coup il y a eu de la frustration et ça s’est un peu battu à la fin. On a montré notre caractère. L’Allemagne, on compte bien tout faire pour la battre et gagner notre premier match. »
Grégory Tarlé (entraineur de la France) : « On est sur la lignée du Japon, avec deux bonnes périodes. Au premier, je ne sais pas si on peut dire qu’il y a deux buts malchanceux. Mais on sort mieux après, l’état d’esprit et la manière étaient là. La suède a plus de banc, c’est dur de maintenir leur tempo, mais il y a de bonnes choses à retenir, notamment en défense. L’Allemagne aime aussi ce genre de défi physique, mais la Suède c’est encore au-dessus des deux équipes que l’on avait joué avant, surtout physiquement et avec des qualités techniques individuelles supérieures. Il nous a fallu quelques minutes d’adaptation. À la pause, on a insisté sur le fait de maintenir le jeu sur l’extérieur, travailler sur la récupération et les rebonds, et on l’a très bien fait, il faudra garder ça pour demain. On a encore une chance, ça peut se jouer sur une égalité multiple et un goal-average. Il fallait rester dedans, autant nous avons été arbitré comme les autres depuis le début, autant ce soir j’ai un peu l’impression d’avoir été arbitré comme un petit, même si ça ne se joue évidemment pas là-dessus. Cela nous a peut-être enlevé quelques munitions. Après le premier tiers, on est revenus sur les points importants, être agressifs avec les ailières pour récupérer le palet. C’est un point de progression et le deuxième tiers a été intéressant sur ce plan. Physiquement, on a répondu au défi. Il fallait se faire respecter, sur les deux cages, la nôtre comme la leur pour créer du doute. Il nous a manqué un but. L’Allemagne, ce sera proche en défi physique, un peu moins fort techniquement mais avec quelques joueuses redoutables que l’on connaît bien. On va utiliser le temps restant ce soir pour préparer ce match. »

France – Suède 0-4 (0-3, 0-1, 0-0)
Dimanche 8 février 2026 à 16h40 à Milano Rho. 3868 spectateurs.
Arbitres : Anniina Nurmi (FIN) et Zuzana Svobodova (TCH) assistées de Jennifer Cameron-Ward (USA) et Jessica Lundgren (SUE).
Pénalités : France 10′ (4′, 4′, 2′) ; Suède 6′ (0′, 2′, 4′)
Tirs : France 14 (3, 7, 4) ; Suède 49 (19, 14, 16)
Récapitulatif du score :
0-1 à 03’39” : T. Johansson assistée de Svensson et Olsson
0-2 à 07’08” : Hjalmarsson assistée d’Olsson et Svensson (sup. num.)
0-3 à 13’14” : Thuvik assistée de L. Johansson
0-4 à 20’56” : L. Johansson assistée de Thuvik et Hjalmarsson
France
Attaquantes :
Margot Huot-Marchand (4′) – Estelle Duvin (A, -1) – Clara Rozier (A, 2′, -1)
Manon le Scodan – Jade Barbirati – Chloé Aurard-Bushee (2′)
Anaïs Peyne-Dingival – Lore Baudrit (C, 2′) – Clémence Boudin (-1)
Sehanna Galbrun (-2) – Julia Mesplède (-2) – Emma Nonnenmacher (-2)
Anaé Simon [1 présence]
Défenseures :
Léa Villiot (-2) – Sophie Leclerc (-3)
Elina Zilliox – Lucie Quarto
Gabrielle de Serres – Marie-Pierre Pélissou
Léa Berger [1 présence]
Gardienne :
Alice Philbert
Remplaçante : Margaux Mameri (G). Réserviste : Violette Pianel-Couriaut (G).
Suède
Attaquantes :
Hilda Svensson (+1) – Hanna Olsson (A, +1) – Thea Johansson (+1)
Lisa Johansson (+2) – Sara Hjalmarsson (A, +1) – Hanna Thuvik (+2)
Mira Hallin – Sofie Lundin – Josefin Bouveng
Ebba Hedqvist – Lina Ljungblom (+1) – Nicole Hall (2′)
Felizia Wikner Zienkiewicz
Défenseures :
Mira Jungåker (2′, +1) – Maja Nylén Persson (+1)
Jenna Raunio [blessée après 2 présences] – Anna Kjellbin (C, 2′, +2)
Jessica Adolfsson (+2) – Ida Karlsson
Linnéa Andersson
Gardienne :
Emma Söderberg
Remplaçante : Tindra Holm (G). Réserviste : Ebba Svensson Traff (G).









































