Amiens plie, Angers rompt
Devant 1800 spectateurs, les locaux doivent pallier les absences des trois défenseurs Kevin Hecquefeuille, Teddy Trabichet et Thomas Roussel, tout trois partis en Pologne avec l’Équipe de France. Également absents pour les mêmes raisons, Julien Albert et Brian Henderson ne pouvaient être du déplacement pour Angers, quand Brice Chauvel et Pavol Mihalik sont encore convalescents. Pour autant, les différents remaniements effectués par Antoine Richer et le nouveau venu sur le banc des Ducs Kevin Constantine n’empêcheront pas les joueurs d’offrir un beau match.
Douze secondes de jeu sont suffisantes aux arbitres pour repérer une première faute, angevine, d’Éric Fortier. Les Amiénois paraissent cependant encore froids, à l’image de Vincent Bachet qui tire sans pouvoir mettre la puissance voulu ou de Pavel Kowalczyk qui lance hors-cadre.

De nouveau à quatre contre cinq suite à une pénalité de Per Braxenholm (5’35), les blancs et bleus tiennent bon et poussent les Amiénois à la faute, notamment une passe ratée de Bachet. Romain Bault parachève le powerplay avec un tir que Mortas détourne sans succès dans les jambières du gardien adverse. À peine cette troisième pénalité achevée que Miroslav Pazak est envoyé au cachot. Thompson fait le boulot et, une nouvelle fois au complet, Amiens poursuit son pressing dans la zone des Ducs. À deux contre un, les visiteurs opèrent un joli raid mais Billy Thompson veille et ne se laisse pas surprendre. Cependant, un flottement de la ligne amiénoise sur l’action suivante sera fatale. Placés haut, les défenseurs se font dépasser : Marc Bélanger parvient à s’extirper et envoie le palet dans la lucarne droite amiénoise (13’37, 0-1).
Il s’ensuit une longue domination des blancs qui prennent le temps de préparer leurs actions. Par deux fois, Maxime Belov et Yannick Offret montrent de belles choses en annihilant chacun une vague d’attaque. Cela ne suffit pas et l’on aperçoit Fortier partir face à Thompson. Allongé sur le ventre avec son patin droit sur son poteau, l’ancien gardien de AHL nous étale tout son talent en levant la botte pour empêcher un deuxième but angevin. Successivement, Grégory Béron s’échappe en break, lance sur Aubry et manque le rebond laissé par le Canadien. La fin du premier tiers est amiénoise avec un tir à la bleue de Romain Bault, sans danger.
La première période est à mettre à l’actif des Angevins. Dominateurs, solides défensivement, les Ducs ont montré une belle cohésion d’équipe et obligé le portier picard à faire plusieurs arrêts.

Les deux équipes se retrouvent au complet et le jeu se muscle quelques peu. Une palette se casse, des crosses volent, et Valentin Claireaux trouve le petit filet extérieur d’Aubry. Quelques échauffourées éclatent alors devant le but des Ducs, puis Laprise sollicite encore Thompson. La demi-heure de jeu passée, le président amiénois Thomas Henno refait son apparition en tribune pour assister à l’égalisation de son équipe. À la faveur d’une phase d’attaque, les avants amiénois font tourner le palet et Béron finit par s’infiltrer pour trouver les filets visiteurs à mi-distance (31’36, 1-1).
Amiens poursuit ses initiatives et Kevin Bergin, aligné ce soir en défense, fait une belle remontée de palet. Le pressing de Pazak puis Belov permet de récupérer d’autres pucks. Sur un engagement offensif, on voit même Florent Neyens prendre un tir qu’Aubry détourne. Tomas Baluch répond pour Angers. En fin de tiers, Belov se retrouve sur le banc des pénalités et Angers peut se reprendre. Cependant, les blancs ne se trouvent pas et Laprise fait une passe dans le vide. Plus tard, Bélanger se glisse dans la zone amiénoise avant de se faire repousser. Le jeune Maxime Belov sort à peine de prison que Lahesalu rejoint celle des visiteurs, offrant une minute et trente-neuf secondes de supériorité numérique aux Amiénois pour le dernier tiers.
Amiens en profite immédiatement et s’installe dans la zone adverse. Les Angevins souffrent contre les bandes et se dégagent comme ils peuvent à l’image d’un défenseur qui envoie le palet par dessus la bande, sur son banc de touche. Le caoutchouc frôle le président des Ducs, Mickaël Juret, qui se fait des frayeurs aux côtés de ses joueurs. Mis à part l’anecdote, les visiteurs tiennent bon et repartent de l’avant.
Les actions dangereuses se succèdent et illustrent parfaitement un match ouvert, serré. Thompson relâche un palet (chose assez rare sur le match pour être soulignée) que le malheureux Thiery Poudrier ne peut reprendre. Deux autres minutes sifflées contre Anthony Mortas laissent les Angevins reprendre le dessus. La stratégie consiste alors à faire le pressing devant la cage et le puck finit par trainer longtemps dans la zone du gardien. Cinq arrêts de Thompson plus tard, sa défense parvient enfin à sortir le caoutchouc de sa zone. Angers peut s’acharner, le gardien amiénois ne lâche rien non plus. À cinq, les lignes amiénoises remettent la main – ou plutôt les palettes – sur le puck, sauf Vincent Bachet qui oublie la rondelle lors d’une relance derrière la cage sans conséquence. Puis Kowalczyk, dans sa zone, faite une ouverture parfaite jusqu’à Tomasek qui part à la bleue dans la zone adverse entre deux défenseurs pour butter sur le gardien des blancs.
À croire que cette action n’était qu’une répétition générale, Belov fait une autre belle ouverture depuis la zone picarde. La passe arrive cette fois sur Béron qui s’en va battre Aubry (52’33, 2-1).
Un but qui fait mal à des Angevins moins bien, à l’image d’un Michael Irani qui, promené avec ses équipiers contre les bandes, finit par accrocher un adversaire (55′). Le powerplay est bien négocié par les Amiénois. Béron, visiblement pas assez rassasié par son doublé, est tout proche de marquer à nouveau. Les Angevins se reprennent et forcent Amiens à jouer vite par leurs placements, jusqu’à une faute de Daniel Carlsson qui laisse les siens à trois contre cinq pendant trente-cinq secondes (56’52). Offret tente alors de dévier un tir de Bachet, puis Kowalczyk shoote de la bleue alors qu’Angers évolue à quatre sur la glace. À deux minutes de la fin du match, les visiteurs se dégagent enfin et le lancer de Laprise s’échoue sur le bouclier du cerbère amiénois. À cinq contre cinq, Poudrier s’élance dans la zone amiénoise et lance sans succès.
Mais à une minute du buzzer, Julian Marcos – jusque là plutôt bon – commet une faute qui promet une fin de match difficile à ses équipiers, permettant au coach Constantine de prendre un temps mort et de faire sortir Peter Aubry (59’09). À six contre quatre, les Angevins peinent tout de même à s’installer dans la zone adverse. La faute à une ligne bleue bien tenue par les Amiénois et à l’expérience d’un Anthony Mortas qui gratte un premier palet sur un visiteur sans toutefois réussir à l’exploiter. Ce n’est que partie remise pour l’Ancien qui rôde encore dans le rond central et finit par intercepter une passe adverse. Le 22 local file au but et libère les spectateurs du Coliseum (59’38, 3-1). Aubry fait son retour, et son homologue Thompson les derniers arrêts du match.
D’un point de vue général, Constantine a effectué une revue d’effectif en changeant plusieurs fois ses lignes, sans chercher à garder les meilleurs changements pour donner du temps de jeu à chacun.
Quand à la question des unités spéciales, le bilan est mitigé de chaque côté. Des supériorités qui, au premier tiers, semblent malvenus pour des équipes à froid, et qui se révèlent plus efficaces par la suite. Aucune des deux équipes n’a vraiment gagné grâce à ces différences numériques, mais Amiens a davantage fatigué son adversaire que l’inverse. On sent qu’il y a du travail chez les Picards là dessus, et que Tomasek ou Bergin apportent un plus sur ces unités quand Angers a eu bien du mal à s’installer durablement chez les Amiénois.
Les jeunes pousses amiénoises se sont montrés bons. En l’absence des trois Suédois repartis chez eux et au-delà d’un Florent Neyens présent, d’un Aïna Rambelo intenable, d’un très bon Maxime Bélov, les Beron, Bault et Claireaux ont tenu leur rang.
Enfin, mentions spéciales à Aubry et Thompson. Les deux gardiens canadiens se sont montrés réguliers, bons dans l’ensemble et toujours présents, même lorsque leurs défenses les ont lâchés. Si le bon niveau de Peter Aubry n’est pas une découverte en Magnus, Billy Thompson a prouvé qu’il avait bien des cartouches dans son chargeur, et des belles. Celles que l’on appellent notamment « arrêts de grande classe ». Prochain rendez-vous sur la grande glace du Coliseum le samedi 11 septembre prochain pour recevoir l’équipe de Caen et profiter d’un dernier match amical avant la reprise.
Adrien Lhermitte / Photos : Thomas Lhermitte
Amiens – Angers 3-1 (0-1, 1-0, 2-0)
Mardi 31 août 2010 à 19h30 au Coliseum d’Amiens. 1800 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli.
Évolution du score :
0-1 à 13’37 : Belanger assisté de Jokinen et Frecon
1-1 à 31’36 : Béron assisté de Tomasek et Pazak
2-1 à 53’33 : Béron assisté de Belov et Pazak
3-1 à 59’38 : Mortas (cage vide)
Amiens
Gardien : Billy Thompson.
Défenseurs : Pawel Kowalczyk – Vincent Bachet [puis Belov à 20′] ; Romain Bault – Maxim Belov [puis Bachet à 20′] ; Kevin Bergin, Julian Marcos.
Attaquants : Miroslav Pazak – Martin Tomasek – Grégory Beron ; Simon Petit – Anthony Mortas – Yannick Offret ; Valentin Claireaux – Aina Rambelo – Florent Neyens.
Remplaçant : Léo Bertein (G). Absents : Paul Deniset (licence non validée pour le match), Teddy Trabichet, Kévin Hecquefeuille, Thomas Roussel (retenus en Équipe de France).
Angers
Gardien : Peter Aubry.
Défenseurs : Lauri Lahesalu – Michael Irani ; Per Braxenholm – Charlie Doyle ; Daniel Carlsson – Simon Lacroix.
Attaquants : Pierre-Luc Laprise – Jonathan Bellemare – Éric Fortier ; Juho Jokinen – Marc Bélanger – Mathieu Frecon ; Tomas Baluch – Thiery Poudrier – Nicolas Primout.
Remplaçant : Lucas Normandon (G). Absents : Brice Chauvel, Pavol Mihalik (convalescents), Brian Henderson, Julien Albert (retenus en Équipe de France).








































