Villard en voulait plus

Pour ce match important en vue de la qualification, Jean-François Dufour doit se passer de François Ouimet, blessé aux adducteurs. Mais il peut compter sur la dynamique d’une équipe qui a emporté un large succès à Mulhouse samedi (6-2). Sébastien Raibon est titulaire dans la cage grenobloise et fera face au nouveau portier villardien Jeff Lerg, qui effectue ses débuts sur la glace de Pôle Sud. Pour le reste, Rich Metro peut compter sur un alignement au complet, revanchard après la courte défaite face à Strasbourg samedi en Ligue Magnus (4-5).

Il faut attendre la deuxième partie du tiers pour voir enfin du jeu à cinq contre cinq mais les poteaux de Raibon vont encore tinter à deux reprises, notamment sur un tir de Sangiorgio. Les situations chaudes se multiplient devant la cage de Raibon, souvent obligé de se contorsionner pour éviter que le palet ne rentre, parfois avec un brin de chance. Du côté grenoblois, peu de tirs vraiment dangereux, si ce n’est sur très belle passe de Vaskivuo derrière les buts pour Tartari idéalement placé devant la cage, mais ce dernier rate sa reprise et voit le palet facilement capté par Lerg. Une nouvelle fois mis en danger par une pénalité de Le Blond à une minute de la fin du tiers, les Grenoblois rentrent au vestiaire en pouvant s’estimer heureux de ne pas être menés au score tant les Villardiens ont manqué de réussite.

M. Velay ne va d’ailleurs pas se faire aimer ce soir à Pôle Sud puisque quelque minutes plus tard, il envoie McGrane en prison pour un geste à peine appuyé suite à un brassage après le coup de sifflet. Encore sauvé par son poteau sur un nouveau tir de Kralj, Raibon peut enfin souffler lorsque Scarlato part en prison. Pour les Grenoblois, il s’agit d’une belle occasion à ne pas laisser passer : Desrosiers derrière la cage centre parfaitement pour Antonoff qui s’est avancé, la reprise sans contrôle à bout portant du défenseur grenoblois force cette fois Lerg à s’incliner pour la première fois de la soirée (1-1, 31’30 »).
À ce moment du match, les Grenoblois ne sont pas malheureux d’être à égalité au score et ils semblent en mesure de passer devant à la faveur de deux pénalités reçues coup sur coup par Scarlato et Kralj. Mais ces quatre minutes, incluant dix-sept secondes à 5 contre 3, montrent surtout les insuffisances grenobloises en power-play : transmission du palet trop lente, peu de mouvements de joueurs pour se démarquer, peu de solutions de tirs. Les Grenoblois semblent empruntés ce soir et manquent de dynamisme.

Villard n’a dès lors qu’à assurer le résultat comme Briançon l’a fait une semaine plus tôt dans des circonstances similaires. Une répétition qui a le don d’agacer le public de Pôle Sud qui a du mal à comprendre les tergiversations de son équipe, même dans les dernières minutes du match. Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, Vaskivuo est même contraint de regagner prématurément le vestiaire suite à une blessure au dos. Sans leur attaquant américano-finlandais, les Brûleurs de Loups tentent le tout pour le tour en sortant leur gardien. Une cause vaine malgré une ultime occasion de McGrane qui passait de peu à côté.

Les Brûleurs de Loups avaient-ils envie de jouer ce match ? On peut franchement en douter à la vue de la décontraction affichée sur la glace tout au long de la rencontre. Sans intensité physique dans les duels le long des bandes et devant la cage, les Grenoblois ont paru empruntés, à la limite de la suffisance, notamment lors des phases de supériorité numérique où la circulation du palet était particulièrement lente. Peut-être ont-ils pensé que ce match face à une équipe quasi éliminée allait être (trop ?) facile. Ils ont subi en tout cas un gros rappel à l’ordre, démontrant que leur style de jeu basé essentiellement sur la pression physique sur l’adversaire ne peut pas se contenter d’à peu près et des joueurs qui jouent avec le frein à main. Si tomber dans la facilité au début du match peut se comprendre, quid de l’absence de réaction par la suite ? Le public de Pôle Sud attendait certainement une révolte qui n’a jamais eu lieu, alors qu’elle aurait dû être initiée par l’entraîneur, le capitaine, voire les cadres de l’équipe. Finalement, seul Raibon, en maintenant le navire à flot, a surnagé dans cette rencontre.
Toujours est-il qu’en s’inclinant ce soir, les Grenoblois se sont sérieusement compliqué la tâche en vue de la qualification pour les quarts-de-finale de cette coupe de la ligue. Il faudra désormais s’imposer à Villard dans une semaine pour ne pas dépendre du résultat du match de Gap. Compliqué certes, mais une deuxième élimination consécutive dès les poules serait du plus mauvais effet. En attendant, l’opération rachat passe par une autre attitude dès samedi face à Amiens… car une troisième défaite d’affilée à Pôle Sud ferait désordre dans ce début de saison plutôt réussi et passerait difficilement auprès du public grenoblois. En espérant que Ouimet et surtout Vaskivuo soient de la partie…
Désignés meilleurs joueurs du match : Sébastien Raibon (Grenoble) et Matic Kralj (Villard-de-Lans)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Julien Baylacq (capitaine de Grenoble) : « Villard en voulait plus que nous. On n’a pas été là dans l’envie. On n’a pas le talent nécessaire pour prendre ce match à la légère. «
Nicolas Antonoff (défenseur de Grenoble) : « On n’était pas du tout dans le match. Ce n’est pas normal sur un match comme ça qui pouvait nous assurer la qualification. »
Francis Desrosiers (attaquant de Grenoble) : « On a pris le rythme de Villard alors qu’on aurait dû imposer le nôtre. Il a manqué une petite étincelle. »
Pierre-Antoine Simonneau (capitaine de Villard-de-Lans) : « On a bien commencé le match et surtout, on a tenu ce rythme 60 minutes. Il n’y a pas eu de flottement. C’est un match référence. S’il y en avait qu’un à gagner, c’est bien celui-là. »
Grenoble – Villard-de-Lans 1-2 (0-0, 1-1, 0-1)
Mardi 9 octobre 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3250 spectateurs.
Arbitrage de Damien Velay assisté de Matthieu Pretat et Adrian Popa
Pénalités : Grenoble 12′ (6′, 2′, 4′), Villard-de-Lans 24′ (4′, 6’+10′, 4′)
Tirs cadrés : Grenoble 34 (12, 15, 7), Villard-de-Lans 25 (9, 8, 8)
Évolution du score :
0-1 à 21’33 » : Eriksson assisté de Hartung
1-1 à 31’30 » : Antonoff assisté de Desrosiers et Tartari (sup. num.)
1-2 à 54’25 » : Kralj assisté de Hartung et Eriksson (double sup. num)
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon (sorti de 58’49 » à 60’00 »).
Défenseurs : Baptiste Amar (A) – Sylvain Dufresne ; Nicolas Antonoff – Kévin Dusseau ; Jason Crossman (A) – Maxime Suzzarini.
Attaquants : Luc Tardif Jr – Ed McGrane – Mike Vaskivuo ; Francis Desrosiers – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond ; Joris Bedin – Mathieu Briand – Nicolas Arrossamena ; Julien Baylacq (C) – Jordan Perret – César Joffre.
Remplaçants : Antoine Bonvalot (G), Mathieu Pons. Absent : François Ouimet (adducteurs).
Villard-de-Lans
Gardien : Jeff Lerg.
Défenseurs : Nick Canzanello – Nicolas Favarin (A) ; Pierre-Antoine Simonneau (C) – Tim Hartung ; Stanislas Aubert – Armando Scarlato.
Attaquants : Vincent Couture – Nick Pitsikoulis – Viktor Ringberg ; Matic Kralj – Derek Roehl – Jens Eriksson ; Kenny Martin – Quentin Jacquier – Bastien Sangiorgio ; Cédric Guillot-Diat.
Remplaçants : Pascal Favarin (G), Stéphane Guillot-Diat, Robin Drogue. Absent : Kevyn Richard.







































