Les Brûleurs retrouvent la flamme

Mais si cette pause internationale peut avoir fait du bien dans les têtes grenobloises, elle a laissé des traces dans les organismes : Joris Bedin s’est blessé avec l’équipe de France U20 et n’a pas pu participer aux championnats du monde U20 à Amiens. Luc Tardif s’est pour sa part blessé en arrivant au regroupement de l’équipe de France en préparation pour le tournoi EIHC de Lyon. Tous deux sont encore absents ce soir, tout comme Francis Desrosiers, blessé à l’entraînement. Soit une ligne d’attaque au complet.
Les Amiénois n’ont pas le même problème mais ont d’autre soucis avec des joueurs très sollicités pendant la trêve : Bachet, Claireaux, Roussel et Basic reviennent du tournoi EIHC tandis que Serer, Leclerc, Bouvet et Carpentier disputaient les championnats du monde U20. Une compétition qui a empêché les Gothiques de disputer leur match de championnat face à Strasbourg sur leur glace. Compte tenu de leur élimination en quart de finale de la coupe de la ligue, leur dernier match remonte au 30 novembre à Briançon. Une éternité qui peut entraîner un certain manque de repères…

Les Gothiques relèvent la tête sous l’impulsion de Julien Corriveau, d’abord en bonne position sur la gauche puis en partant seul dans le dos de la défense grenobloise suite à une attaque d’Amar. Mais à chaque fois le buteur canadien d’Amiens se heurte à Sébastien Raibon, bien entré dans son match. Les Amiénois semblent mieux poser le jeu mais David Bastien commet une faute sur Julien Baylacq. La supériorité numérique n’est pas forcément un gage de réussite cette saison pour les Brûleurs de Loups, mais cette fois cela fonctionne rapidement : Ed McGrane lance de la ligne bleue, César Joffre dévie au passage et Santanen est battu pour la deuxième fois (2-0, 08’24 »). Une belle récompense pour le jeune Joffre aligné en supériorité numérique en l’absence de Tardif, Desrosiers et Bedin.
L’affaire semble mal engagé pour les Gothiques mais leur réaction ne se fait pas attendre : Dusseau accroche Corriveau et part à son tour en prison. Comme leurs adversaires, les Amiénois ne vont pas tarder à profiter de cet avantage : David Bastien récupère le palet devant la cage grenobloise, il tente de le glisser derrière la ligne de but, ce qui se produit après que Raibon a détourné le palet de son patin sous la pression de l’attaquant amiénois. M. Hauchart valide le but malgré les fortes protestations de Sébastien Raibon qui estimait que Bastien était trop proche de lui (2-1, 09’13 »). Mais le portier grenoblois n’aura pas à regretter ce but trop longtemps. Quatorze secondes exactement, le temps pour Mike Vaskivuo de servir François Ouimet devant le but : le one timer de l’attaquant québécois est parfait et Grenoble reprend tout de suite deux buts d’avance (3-1, 09’27 »).

Dès le début de la deuxième période, les deux équipes ouvrent le jeu et se procurent quelques occasions intéressantes, mais Baptiste Amar se fait pénaliser. Les Amiénois jouent à merveille leur power-play avec une bonne circulation de palet et près d’1’30 » passée dans la zone grenobloise. La récompense est au bout pour les Amiénois : sur un décalage de Corriveau, la reprise de Claireaux sans contrôle est parfaite et permet à Amiens de revenir à un but de Grenoble (3-2, 23’37 »). Les Grenoblois réagissent rapidement et obtiennent une pénalité d’Alexis Besson qui a fait trébucher Arrossamena. Le power-play grenoblois s’installe avec Amar à la ligne bleue : le défenseur grenoblois rate son lancer mais le palet parvient quand même jusqu’à Baylacq devant le slot qui surprend Santanen, mal placé à cause de la tentative de tir ratée d’Amar (4-2, 25’29 »).

Jean-François Dufour profite de son avantage de quatre buts pour faire entrer sa quatrième ligne avec notamment Lou Bogdanoff et Sébastien Delemps qui effectuent leurs premiers pas sur la glace. Mais sur un changement de ligne un peu tardif, le repli défensif est mal assuré. Le palet rebondit sur la balustrade et revient devant le but, ce qui permet à Romain Bault de s’en saisir et de marquer quasiment sans opposition (6-3, 34’11 »).
Petite piqûre de rappel pour les Grenoblois qui s’étaient relâchés devant l’ampleur du score. Amiens revient à trois buts et peut de nouveau entrevoir une lueur d’espoir, d’autant que Crossman est envoyé en prison. Mais alors qu’Amiens s’installe, Baazzi s’emmêle les pinceaux à la ligne bleue, McGrane en profite pour ressortir le palet et lancer sur orbite Vaskivuo dont le coup de patin fait la différence : il se présente seul face à Bertein et remporte son duel en deux temps, s’offrant ainsi un coup du chapeau (7-3, 37’43 ») ! Ce tiers encore plus fou que le premier s’achève sur une pénalité de Dufresne qui ne donne rien jusqu’à la pause.

Le score tourne à la correction pour une équipe amiénoise qui semble complètement dépassée sur toutes les attaques tranchantes des Brûleurs de Loups. Les quatrième lignes se font souvent face, ce qui donne l’impression d’assister à un match U22 sur certaines phases de jeu. Le reste du match ressemble donc à un entraînement avec opposition même si les deux équipes continuent de jouer et de se procurer des occasions. Mais la réussite fuit les Amiénois comme sur une occasion combinée de Béron et Corriveau. En revanche, la réussite est totale côté grenoblois, et suite à un bon travail de Baylacq en zone offensive, Le Blond marque de près le dixième but (10-3, 57’08 »). Dans la dernière minute, Amiens parvient tout de même à réduire le score sur une passe en retrait de Gascon pour Bergin qui arrivait seul devant le slot, oublié par la défense grenobloise un peu moins concentrée (10-4, 59’19 »).

C’est en revanche la soupe à la grimace du côté des Gothiques qui ne s’attendaient certainement pas à une telle déroute en venant à Grenoble. Après leur élimination en coupe de la ligue, les voilà éliminés sans gloire de la coupe de France. Ce n’est donc pas encore cette année qu’Amiens disputera une finale de coupe. Mais plus que l’élimination en elle-même, c’est surtout la manière qui est inquiétante pour Amiens. Car les joueurs d’Heikki Leime sont passés complètement à côté de leur match en montrant certaines faiblesses criantes. À commencer par les gardiens, très moyens avec cinq buts encaissés chacun. Puis une défense « gruyère » avec des largesses incroyables laissées aux attaquants grenoblois. Seule l’attaque s’en tire avec les honneurs avec une bonne présence de la ligne Corriveau-Claireaux-Béron plus en vue que la première ligne Bergin-Bastien-Gascon. Mais cela est loin d’être suffisant et il faudra rapidement resserrer les boulons derrière dès samedi à Rouen au risque de vivre une fin de saison particulièrement compliquée.
Désignés meilleurs joueurs du match : Mike Vaskivuo (Grenoble) et Valentin Claireaux (Amiens)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaire d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré ) :
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « On a su être opportuniste. La tournure du match m’a permis d’utiliser mes jeunes. Mais il ne faut pas s’enflammer. Il reste beaucoup de travail. »
Grenoble – Amiens 10-4 (3-1, 4-2, 3-1)
Mercredi 19 décembre 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2400 spectateurs.
Arbitrage de Alexandre Hauchart assisté de Adrian Popa et Guillaume Gielly
Pénalités : Grenoble 14′ (6′, 6′, 2′), Amiens 12′ (6′, 4′, 2′)
Tirs cadrés : Grenoble XX (11, 14, XX), Amiens XX (8, 11, XX)
Évolution du score :
1-0 à 00’09 » : Baylacq assisté de Tartari et Dufresne
2-0 à 08’24 » : Joffre assisté de McGrane et Vaskivuo (sup. num.)
2-1 à 09’13 » : Bastien assisté de Bergin (sup. num.)
3-1 à 09’27 » : Ouimet assisté de Vaskivuo et Amar
3-2 à 23’37 » : Claireaux assisté Corriveau et Béron (sup. num.)
4-2 à 25’29 » : Baylacq assisté de Amar et Dusseau (sup. num.)
5-2 à 27’32 » : Vaskivuo assisté de McGrane et Dufresne (sup. num.)
6-2 à 31’42 » : Vaskivuo assisté de Ouimet et McGrane
6-3 à 34’11 » : Bault
7-3 à 37’43 » : Vaskivuo assisté de McGrane (inf. num.)
8-3 à 44’20 » : Arrossamena assisté de Dufresne
9-3 à 50’52 » : Antonoff assisté de Baylacq
10-3 à 57’08 » : Le Blond assisté de Baylacq et Tartari
10-4 à 59’19 » : Bergin assisté de Gascon et Bastien
Grenoble
Gardien : Sébastien Raibon (2′)
Défenseurs : Nicolas Antonoff (2′) – Sylvain Dufresne (2′) ; Baptiste Amar (A) (2′) – Kévin Dusseau (4′) ; Jason Crossman (A) (2′) – Maxime Suzzarini ; Quentin Scolari ; Mathieu Pons.
Attaquants : Julien Baylacq (C) – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond ; Mike Vaskivuo – Ed McGrane – François Ouimet ; César Joffre – Mathieu Briand – Nicolas Arrossamena ; Sébastien Delemps – Jordan Perret – Lou Bodganoff.
Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Francis Desrosiers (entorse de la cheville), Joris Bedin (disjonction acromio-claviculaire), Luc Tardif Jr (ischio-jambiers).
Amiens
Gardien : Juho Santanen puis Léo Bertein (de 29’05 » à 60’00 »).
Défenseurs : Jimi Santala – Aziz Baazzi ; Thomas Roussel – Nicolas Leclerc (4′) ; Vincent Bachet (C) – Alexis Besson (2′).
Attaquants : Kévin Bergin (A) – David Bastien (4′) – Martin Gascon (A) ; Julien Corriveau – Valentin Claireaux – Grégory Béron ; Romain Bault (2′) – Marius Serer – Luka Basic ; Aina Rambelo – Maurin Bouvet – Romain Carpentier.







































