Grenoble doucement mais sûrement

Strasbourg de son côté a réalisé une belle performance mardi en écartant Amiens (5-4) en phase de poules de la coupe de la ligue et en accédant aux quarts de finale contre Angers. Une victoire qui vient à point nommé pour des Alsaciens en perte de vitesse en Ligue Magnus après avoir concédé deux défaites à domicile face à Morzine (2-4) puis Dijon (3-4). La seule (petite) surprise au coup d’envoi est la titularisation de Bonvalot devant la cage grenobloise. Après avoir fait jouer Raibon mardi à Briançon, Jean-François Dufour joue à fond la carte de la concurrence entre ses deux gardiens.

La défense strasbourgeoise montre une première faille lorsqu’elle laisse partir Jordann Perret dans son dos, mais le jeune attaquant grenoblois s’enflamme un peu trop et tire nettement au-dessus de la cage de Hiadlovsky. Crossman tire astucieusement en direction de la cage strasbourgeoise désertée par Hiadlovsky mais le portier de l’Étoile noire revenait in extremis.
Offensivement, les Grenoblois manquent de réalisme, et défensivement, ils se montrent parfois imprécis en laissant traîner des palets dangereux en zone défensive. Bonvalot est obligé d’intervenir de manière décisive d’abord face à Trudeau puis Pardavy. En manque de concentration, les hommes de Jean-François Dufour se font surprendre en surnombre. Une première infériorité numérique gérée tranquillement par la défense grenobloise. Les débats se font plus musclés à la fin du premier tiers : Yan Turcotte est envoyé en prison pour une grosse charge contre la bande sur Félix Petit mais les locaux ne sont pas plus efficaces en power-play que leurs adversaires. Strasbourg a considérablement gêné Grenoble dans cette première période et s’est même procuré les meilleures occasions… Une petite surprise pour l’instant.

Alors que Sivic parvient enfin à cadrer un tir, les Grenoblois commettent encore une faute d’inattention avec un nouveau surnombre. Mais les Grenoblois ne sont guère plus inquiétés par cette deuxième supériorité numérique. Pardavy fait passer un frisson dans Pôle Sud avec une reprise qui flirte avec le poteau de Bonvalot. Les gardiens continuent de s’illustrer dans cette deuxième période : Bonvalot en sortant une splendide mitaine face à Trudeau pourtant tout seul devant le slot puis Hiadlovsky qui réalise un arrêt spectaculaire en bloquant un one-timer de Charland.

Sanctionnés pour leur indiscipline, les Brûleurs de Loups se trouvent désormais dos au mur. Obligés d’emballer la rencontre, ils s’exposent aux contres adverses et manquent de peu d’encaisser un second but par Correia tout seul devant Bonvalot mais ce dernier réalise un nouvel arrêt clé de la jambière. Sur le contre, Petit temporise en attendant que Lessard revienne sur la glace, ce dernier s’échappe alors sur l’aile droite et centre pour Yorick Treille dont la reprise fait mouche (1-1, 37’16 »). Cette réaction rapide des Grenoblois leur fait du bien au moral à l’issue d’une deuxième période compliquée marquée par quatre infériorités numériques et une grosse présence de Bonvalot devant le filet.

Parfaitement au niveau pendant deux tiers, les hommes de Daniel Bourdages vont reculer et laisser plus d’espaces derrière. Trudeau se fait pénaliser après un bon travail de la quatrième ligne grenobloise. Mais Strasbourg joue à fond le moindre contre et Bonvalot doit encore sortir le grand jeu face à Elie Marcos, seul en échappée. Les Brûleurs de Loups accélèrent clairement dans ce troisième tiers et David Striz est sanctionné pour une charge contre la bande sur Lessard. Le show Sivic peut alors commencer : l’attaquant slovène rentre en zone offensive, feinte le défenseur strasbourgeois face à lui, se présente seul face à Hiadlovsky et passe au tout dernier moment à Petit qui n’a plus qu’à marquer dans le but grand ouvert (3-1, 47’50 »). Le plus beau but du match assurément.
Les Grenoblois sont libérés dans ce troisième tiers et les offensives se multiplient à l’image d’un contre de Petit, non abouti à cause de l’altruisme du Québécois. Les espaces sont plus nombreux et la défense strasbourgeoise commet quelques erreurs comme sur cette relance plein axe qui arrive dans la crosse de Maks Selan : le défenseur slovène n’a plus qu’à s’avancer mais au lieu de tirer, il adresse une petite passe à Le Blond qui dévie le palet au fond (4-1, 55’18 »). Le match semble définitivement plié après ce quatrième but grenoblois mais à force de trop vouloir attaquer, les Isérois se font surprendre en « oubliant » Jan Cibula tout seul à côté du slot et qui n’a plus qu’à ajuster Bonvalot d’un tir croisé (4-2, 56’10 »).
Les quatre dernières minutes du match sont donc plus mouvementées que prévu car ce deuxième but relance les Strasbourgeois. Daniel Bourdages ne s’y trompe pas et demande un temps mort. Suchanek se trouve encore oublié par la défense grenobloise mais le défenseur strasbourgeois s’illustre quelques secondes plus tard en neutralisant Bedin parti en échappée. Un tir de pénalité est accordé à l’attaquant grenoblois qui s’exécute mais ne prend pas suffisamment de vitesse pour tromper Hiadlovsky. Bourdages peut donc jouer le coup jusqu’au bout en sortant son gardien dans la dernière minute mais le succès grenoblois n’est pas remis en cause, Charland manquant même la cage vide à deux reprises.

Les Brûleurs de Loups assurent une sixième victoire en six matchs mais celle-ci fut très longue à se dessiner. Et comme lors des précédentes rencontres à domicile face à Épinal, puis Caen, il a fallu attendre les ultimes secondes du match pour confirmer la victoire grenobloise. Les équipes adverses montrent bien plus d’abnégation en Ligue Magnus qu’en coupe de la ligue et dès lors il n’est plus aussi facile pour l’attaque grenobloise de perforer les défenses. Encore une fois, les attaquants grenoblois se sont longtemps cassé les dents sur une défense bien organisée et un gardien irréprochable… Même si cette équipe grenobloise dégage une sérénité à toute épreuve, elle a dû puiser dans ses réserves, notamment après avoir concédé l’ouverture du score. Mais encore une fois, les Petit, Sivic et autre Treille ont trouvé les clés. Tout ceci a été rendu possible grâce à un excellent Antoine Bonvalot devant la cage qui a réalisé de nombreux arrêts clés alors que le score était toujours nul et vierge. Ce soir, il a réellement donné une chance à ses coéquipiers de remporter ce match et a assurément marqué les esprits pour sa première titularisation en Ligue Magnus. Une bonne nouvelle pour les Brûleurs de Loups dont le prochain challenge sera mardi avec leur entrée en lice en coupe de France face à Gap.
Désignés meilleurs joueurs du match : Antoine Bonvalot (Grenoble) et Sébastien Trudeau (Strasbourg)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Antoine Bonvalot (gardien de Grenoble) : « C’était une super soirée même si cela a été un match difficile. Il a fallu rester concentré. J’ai pris confiance assez vite et j’ai été bien appuyé par mes coéquipiers. »
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « Cela fait deux-trois ans que Strasbourg fait des bonnes saisons. On savait donc que cela allait être difficile. On ne le répètera jamais assez, il n’y a pas de petite équipe. On n’a pas pris ce match à la légère. »
Félix Petit (attaquant de Grenoble) : « On n’a pas connu notre meilleur début de match. Il y avait peu d’espaces et ce n’était pas facile. Mais on savait que si on jouait notre jeu à la perfection, ils ne tiendraient pas le rythme. »
Matthieu Le Blond (attaquant de Grenoble) : « On est tombé face à une superbe équipe, solide et agressive. »
Grenoble – Strasbourg 4-2 (0-0, 1-1, 3-1)
Samedi 19 octobre 2013 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3150 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Matthieu Barbez et Frédéric Peurière
Pénalités : Grenoble 10′ (2′, 8′, 0′), Strasbourg 8′ (4′, 0′, 4′)
Tirs cadrés : Grenoble 25 (6, 8, 11), Strasbourg 27 (7, 13, 7)
Évolution du score :
0-1 à 35’38 » : Carlson assisté de Pardavy et Cesnek (double sup. num.)
1-1 à 37’16 » : Treille assisté de Lessard et Petit
2-1 à 42’05 » : Gervais assisté de Charland
3-1 à 47’50 » : Petit assisté de Sivic et Tartari (sup. num.)
4-1 à 55’18 » : Le Blond assisté de Selan et Tardif
4-2 à 56’10 » : Cibula assisté de Trudeau
Grenoble
Gardien : Antoine Bonvalot
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard (2′) – Stéphane Gervais ; Baptiste Amar (C) – Jason Crossman (2′) ; Nicolas Antonoff – Maks Selan (2′).
Attaquants : Mitja Sivic – Felix Petit – Francis Charland ; Joris Bedin – Toby Lafrance (A) – Yorick Treille (A) ; Luc Tardif Jr – Christophe Tartari – Mathieu Le Blond ; Romain Chapuis – Jordann Perret – Sébastien Delemps.
Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Quentin Scolari, Mathieu Pons. Absents : César Joffre (côte cassée), Julien Baylacq (déchirure intercostale), Kévin Martenon (rechute).
Strasbourg
Gardien : Vladimir Hiadlovsky (sorti de 58’41 » à 60’00 »)
Défenseurs : Yan Turcotte (2′) – David Striz (2′) ; Michal Cesnek – Jakub Suchanek ; Hugues Cruchandeau (A) – Cody Carlson (2′).
Attaquants : Jan Cibula (A) – Matt Lyall – Julien Correia ; Jan Pardavy – Edouard Dufournet – Sébastien Trudeau (2′) ; Peter Bourgaut – Elie Marcos (C) – Valentin Michel.
Remplaçants : Gilles Beck (G), Damien Bourguignon, Julien Burgert, Pierrick Hoehe.








































