Grenoble en convalescence

Après l’échec (sportif) du Winter Game, les Grenoblois ont fini par relever la tête avec deux victoires à Caen et Strasbourg. Deux succès acquis dans la douleur, qui ont eu le mérite d’arrêter la spirale des défaites (dix en douze matchs depuis ce 22 octobre !) et de redonner un peu de confiance aux Brûleurs de Loups. Il reste maintenant à confirmer à domicile, loin des lumières du stade des Alpes, devant un public sevré de victoires. Mais Gap, toujours dans la « charrette » des play-downs, a également cruellement besoin de retrouver la confiance et de marquer des points. L’enjeu est donc de taille pour ce match en retard entre deux équipes à la recherche d’une dynamique positive.

Le début de rencontre est équilibré entre deux équipes qui s’engagent à fond à l’image d’une charge de Joris Bedin sur Roman Vondracek. Même si les Grenoblois ont un léger ascendant, une pénalité de Petit en zone offensive donne l’opportunité à Gap de s’installer. Une opportunité saisie en quelques secondes : Bonvalot repousse un premier rebond repris par Valchar, mais il ne peut rien sur un deuxième rebond repris sous la barre par Hirvonen (0-1, 05’30 »).
Ce but déstabilise les Grenoblois qui perdent leurs repères à cinq contre cinq : Arrossamena profite du marquage élastique d’Antonoff et se retrouve tout seul devant Bonvalot à la réception d’un centre de Valchar Il prend son temps pour dribbler le gardien grenoblois et loger tranquillement le palet en lucarne (0-2, 06’34 »).

Relancés par ce but, les Brûleurs de Loups se remettent à y croire et vont faire leur possible pour égaliser avant la fin du tiers. Mais leur jeu a encore trop de déchets dans le contrôle ou la transmission du palet, et Garman parvient à bloquer les tentatives grenobloises. Il s’en faut pourtant d’un rien sur un lancer d’Amar qui vient heurter le poteau de la cage gapençaise… Le palet semble même rentrer puis ressortir, mais sans reprise vidéo, M.Bliek n’accorde pas le but. Le tiers s’achève sur une belle percée de Sivic et un dernier arrêt important de Bonvalot face à Colin Moore.
Grenoble n’a pas réussi à revenir à hauteur, mais ce n’est que partie remise dans le second tiers. Le travail de la première ligne grenobloise paie : un tir de Charland est repoussé par Garman plein axe sur Toby Lafrance dont la reprise au ras du poteau fait mouche (2-2, 21’03 »). Cette égalisation permet aux Brûleurs de Loups d’effacer leur début de match raté.
Toujours très en vue à Pôle Sud depuis qu’il s’assoit sur le banc visiteur, Nicolas Arrossamena se fait remarquer avec une charge irrégulière sur Bonvalot. Grenoble ne profite pas pour autant de la supériorité numérique et une mésentente entre Selan et Bonvalot est même bien près de profiter à Virpiö. Les Rapaces se régalent sur les contre-attaques et sont encore tout près de trouver l’ouverture suite à une mauvaise passe de Perret dans une crosse gapençaise en zone offensive. Bonvalot limite les dégâts, mais cela ne respire pas la sérénité côté grenoblois. D’ailleurs, la nervosité est palpable sur un coup donné par Baylacq après un palet gelé difficilement par Bonvalot. S’ensuit un échange d’amabilités entre Joffre et Valchar, alors qu’Arrossamena vient « chauffer » Amar. Tout ce petit monde part se calmer en prison et le jeu reprend avec une supériorité numérique gapençaise au cours de laquelle Circelli bute de nouveau sur Bonvalot.

Cette belle occasion passée, Grenoble se trouve à la merci des contres gapençais, toujours joués à fond. Syväsalmi fait trébucher Baylacq : Grenoble est décidément à la peine avec un joueur de plus sur la glace, la faute à trop de lenteur dans les déplacements et un réel manque d’inspiration. Et alors que les Grenoblois semblaient avoir laissé passer toutes les opportunités de prendre l’avantage dans ce tiers, un gros travail d’Amar derrière la cage gapençaise permet au capitaine grenoblois de ressortir le palet pour Antonoff qui arrive tout seul dans l’axe et fusille Garman d’un puissant lancer qui heurte la barre avant de rentrer (3-2, 39’33 »).
Ce but marqué au meilleur moment permet à Grenoble d’aborder sereinement la troisième période. Sur une belle passe en retrait de Charland, Yorick Treille dévie le palet qui atterrit dans la mitaine de Garman. Une pénalité de Perret vient contrarier le plan de jeu grenoblois. Circelli sollicte Bonvalot, mais la pénalité est tuée sans trop de difficulté. Les minutes passent et les Grenoblois semblent pouvoir conserver cet avantage d’un but. Bedin puis Lafrance essaient tout de même de mettre leur équipe définitivement à l’abri, mais ils butent à chaque fois sur Garman.
Le but du break ne vient pas alors que Tekel goûte modérément au jeu physique de Tardif et met du temps à se relever. Sivic et Amar jouent bien le coup en deux contre un, mais Garman frustre une nouvelle fois l’attaquant slovène. De l’autre côté de la glace, Bonvalot réalise des arrêts propres qui permettent à Grenoble de voir venir. Mais en l’espace d’une minute, tout se complique pour les locaux qui voient Selan se faire pénaliser pour un coup de genou sur Circelli. Et comme Antonoff a la mauvaise idée de faire trébucher (légèrement) Arrossamena, Grenoble se retrouve en double infériorité numérique. La sanction est immédiate : après un premier arrêt face à Circelli, le palet n’est que freiné par Bonvalot en direction de Vondracek qui n’a plus qu’à le pousser au fond (3-3, 48’01 »).

Le match semble cette fois basculer définitivement ce que confirme un Felix Petit retrouvé qui contourne la cage avant de mettre le palet sous la barre (5-3, 54’48 »). Une passe « magique » du centre grenoblois aurait même pu connaitre un meilleur sort quelques instants plus tard. Cette fois les Gapençais ne rééditeront pas leur « coup » du 22 octobre. Le temps mort pris par Ari Salo et la sortie de Garman ne changeront rien à l’affaire. Charland aurait même pu rajouter un but en cage vide en privilégiant la précision à la puissance, son lancer venant s’écraser sur le plexiglas. Qu’importe pour les Brûleurs de Loups qui tiennent leur troisième victoire consécutive !

La manière n’y était pas vraiment mais les Brûleurs de Loups ne retiendront qu’une chose ce soir : le troisième succès d’affilée. De quoi faire du bien dans les têtes et ramener un peu de cette confiance qui fait tant défaut. Car sur la glace, que de déchets dans les passes, les contrôles ou de mauvais placements défensifs. L’entame de match catastrophique, avec une défense encore une fois pointée du doigt, symbolise cette équipe grenobloise qui doute et ne parvient pas à dérouler son jeu avec des choses simples, à l’image de ces passes longues systématiquement choisies malgré les risques d’interception. Les sorties de zone sont souvent cafouillées et le jeu de puissance est d’une totale inefficacité malgré un talent individuel certain sur la glace.
Heureusement, la combativité était présente ce soir pour aller gratter les palets dans les bandes et s’imposer physiquement même si un Treille par exemple pourrait apporter plus dans ce domaine. Offensivement, Toby Lafrance a tiré toute l’équipe vers la victoire avec un doublé et un jeu percutant en attaque. Dans son sillage, Charland continue de trouver le chemin des filets et Petit semble enfin tenter de nouveau les gestes qui avaient ébloui Pôle Sud en début de saison. Grenoble a tout d’une équipe convalescente qui construit ses succès dans la douleur. Mais qui gagne enfin et voit le top 4 se rapprocher. Il reste à éviter la rechute samedi face à Dijon, un test d’importance face à une équipe de la première moitié du tableau.
Désignés meilleurs joueurs du match : Toby Lafrance (Grenoble) et Nicolas Arrossamena (Gap)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album)
Commentaires d’après-match (d’après Le Dauphiné Libéré) :
Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : « On voulait peut-être trop bien faire face à notre public. Il faut que l’on soit capable de prendre nos responsabilités. Parfois, on cherche à en faire trop, la petite passe supplémentaire. Pourtant, on le travaille à l’entraînement. On sait qu’on revient de loin mais si on joue comme ce troisième tiers, on sera peut-être difficiles à battre. »
Toby Lafrance (attaquant de Grenoble) : « Nous sommes revenus à des choses plus simples et cela a marché. »
Nicolas Arrossamena (attaquant de Gap) : « On a réalisé un bon premier tiers puis on a commencé à faire des fautes. Beaucoup trop. Et puis, on n’a pas été aidé par les décisions de l’arbitre. On se savait attendu. Nous devons vite retrouver la victoire. »
Grenoble – Gap 5-3 (1-2, 2-0, 2-1)
Mardi 7 janvier 2014 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2400 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assistés de Gabriel Pointel et Adrian Popa
Pénalités : Grenoble 16′ (4′, 6′, 6′), Gap 32′ (0′, 12′, 10’+10′)
Tirs cadrés : Grenoble 31 (13, 8, 10), Gap 26 (9, 5, 12)
Évolution du score :
0-1 à 05’30 » : Hirvonen assisté de Valchar et Arrossamena (sup. num.)
0-2 à 06’34 » : Arrossamena assisté de Valchar
1-2 à 10’03 » : Lafrance assisté de Selan et Charland
2-2 à 21’03 » : Lafrance assisté de Charland et Petit
3-2 à 39’33 » : Antonoff assisté de Amar et Lafrance
3-3 à 48’01 » : Vondracek assisté de Circelli et Syvasalmi (double sup. num.)
4-3 à 50’38 » : Charland assisté de Selan et Lafrance
5-3 à 54’48 » : Petit assisté de Sivic et Treille
Grenoble
Gardien : Antoine Bonvalot
Défenseurs : Pierre-Luc Lessard – Stéphane Gervais ; Baptiste Amar (C) (2′) – Maks Selan (2′) ; Jason Crossman – Nicolas Antonoff (2′).
Attaquants : Francis Charland – Felix Petit (2′) – Toby Lafrance (A) ; Mitja Sivic – Mathieu Le Blond – Yorick Treille (A) ; Luc Tardif Jr – Jordann Perret (2′) – Joris Bedin ; César Joffre (2′) – Julien Baylacq (4′) – Sébastien Delemps.
Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Kévin Martenon (rechute), Christophe Tartari (clavicule).
Gap
Gardien : Mike Garman (sorti de 57’35 » à 59’36 »)
Défenseurs : Kai Syväsalmi (2’+10′) – Pasi Hirvonen (2′) ; Brice Mansouri – Milan Tekel (A) ; Alexandre Cornaire (C) – Etienne Chiappino ; Jérémy Baridon.
Attaquants : Jouni Virpiö (10′) – Collin Circelli (A) – Colin Moore (2′) ; Radim Valchar (2′) – Roman Vondracek – Nicolas Arrossamena (4′) ; Niklas Nilsson – Hugo Casini –Yoanne Lacheny.
Remplaçants : Guillaume Duquenne (G), Guillaume Michelon, Charly Brugière, Maxime Pilote-Griet. Absents : Mickaël Perez, Niko Mäntylä, Lucas Savoye (blessé), Mathieu André (rupture du ligament croisé antéro-externe).







































