On n’arrête plus les Brûleurs de Loups…
Nouveau choc à Pôle Sud : après la réception d’Amiens puis d’Angers, les Brûleurs de Loups reçoivent les Dragons de Rouen pour un grand classique de la Ligue Magnus. Cette semaine, les deux équipes se sont assurées tranquillement de leur qualification pour les huitièmes de finale de la coupe de France. Face à des équipes de division inférieure (Vanoise pour Grenoble et Dunkerque pour Rouen), les Brûleurs de Loups et les Dragons n’ont pas brillé (« petites » victoires 4-1 et 5-1) mais l’essentiel est acquis. Place donc à la Ligue Magnus où Rouen, mal en point (dixième) a absolument besoin de points pour remonter au classement. La victoire face à Amiens la semaine dernière a d’ailleurs permis de relancer les Rouennais sur une dynamique positive même s’ils connaissent des difficultés récurrentes à l’extérieur depuis le début de saison.


Il faut une pénalité de Maxime Lacroix pour permettre aux Brûleurs de Loups de relâcher l’étreinte. En supériorité numérique, Chouinard teste Lhenry, mais c’est insuffisant pour déstabiliser l’expérimenté portier rouennais. De retour à égalité numérique, Rouen reprend sa domination sous l’impulsion de Lacroix qui lance sur Zajkowski puis Thinel qui ne cadre pas son tir alors que Charland met le feu dans la défense grenobloise.

Alors que les Brûleurs de Loups pensent avoir fait le plus dur, un lancer de Guénette est repoussé par Zajkowski… sur Coulombe qui reprend instantanément (0-1, 18’48 »). Zajkowski dévie un dernier palet du casque, permettant à son équipe de rentrer au vestiaire avec seulement un but de retard, un minimum compte tenu de la domination rouennaise.

Une charge contre la bande de Desrosiers sur Gervais en zone offensive permet à Grenoble d’être à son tour en supériorité numérique. Perret toujours en mode « hyperactif » oblige Lhenry à un arrêt compliqué puis provoque une pénalité de Cunningham qui le fait trébucher. Les Brûleurs de Loups se retrouvent à cinq contre trois pendant cinquante secondes et tiennent une belle opportunité d’égaliser. C’est finalement à cinq contre quatre qu’ils y parviennent sur un 2 contre 1 emmené par Gustafsson et Chouinar : après un échange de passe entre les deux joueurs, Gustafsson pousse le palet au fond (1-1, 26’32 »).

En power-play, Charland essaie de surprendre Zajkowski d’un tir entre les jambes mais le portier suédois ferme ses jambières au bon moment. Encore une fois, les locaux s’en sortent bien en infériorité numérique. Et sur une contre-attaque emmenée par Sivic, Petit récupère le palet et sert Chouinard sur l’aile droite lequel trompe Lhenry d’un beau one-timer que le portier rouennais ne peut que dévier avec sa crosse dans sa cage (2-1, 34’34 »).

Et c’est encore au moment où Rouen est installé dans la zone grenobloise que les Brûleurs de Loups ressortent rapidement le palet avec un contre fulgurant de Sivic lequel se sert de Petit en relai pour Chouinard qui bat Lhenry d’un splendide tir croisé en lucarne sans contrôle pour un copier-coller du but précédent (3-1, 38’22 »). Il s’en faut de peu pour que Bouchard n’assomme définitivement les Rouennais mais son tir trouve le poteau et le palet revient in extremis sur Lhenry.
Contrairement à leurs adversaires, les Brûleurs de Loups ont connu une réussite quasi maximale dans ce tiers avec trois buts inscrits en contre, ce qui leur permet de compter deux buts d’avance à la deuxième pause.

Mais ça ne veut décidément pas sourire pour le jeu de puissance rouennais dans l’impossibilité de s’installer durablement en zone offensive. Les minutes défilent à l’avantage des coéquipiers de Chouinard qui se mettent malgré tout dans une position inconfortable à force d’enchaîner les pénalités. La pression rouennaise est toujours vive à l’image d’une belle action individuelle de Guénette ou d’un contre de Desrosiers pour Lacroix qui se heurtent tour à tour à un excellent Zajkowski.

Comme face à Briançon en coupe de la ligue, les Brûleurs de Loups se retrouvent sous pression avec un seul but d’avance pour finir le match. Une obstruction de Faure sur Lafrance arrive donc comme une bouffée d’oxygène, surtout que les hommes de Martel font bien circuler le palet en power-play. Mais les Dragons ne cèdent pas à l’image de Lhenry qui sort une belle mitaine sur un lancer de Gervais. Dans les dernières minutes, Garnier demande un temps mort pour sortir son gardien et forcer l’égalisation à six contre cinq. Mais Zajkowski et la défense grenobloise tiennent le choc et Perret finit par marquer en cage vide sur le buzzer (4-2, 59’59 »).

Décidément, Rouen a bien du mal à l’extérieur cette saison. Après avoir chuté à Gap, Briançon et Epinal, les Dragons s’inclinent à Grenoble au terme d’un match qu’ils ont pourtant copieusement dominé. Mais ils ont manqué de réalisme en première période alors qu’ils auraient pu prendre une avance plus conséquente. Puis ils n’ont pas su assurer leurs arrières au deuxième tiers en laissant les Grenoblois partir en surnombre sur plusieurs contre-attaques. Chouinard a sanctionné ces replis défensifs hasardeux qui ont coûté trois buts aux Rouennais en deuxième période. Après, le mal était fait, d’autant que les Rouennais ont souffert d’une inefficacité chronique en supériorité numérique pendant quasiment tout le match. Un power-play inefficace d’autant plus surprenant quand on voit le talent offensif présent sur la glace. Mais Charland a rarement été mis en bonne position de tir, alors que Lacroix, Guénette, Thinel et Desrosiers ont manqué de réussite face à un Zajkowski en état de grâce. Si le résultat n’est pas au rendez-vous, le niveau de jeu a en revanche été rassurant pour les Dragons qui devraient connaître de meilleures soirées, avec un brin de réussite supplémentaire.
Désignés meilleurs joueurs du match : Eric Chouinard (Grenoble) et Julien Desrosiers (Rouen)
(Photos Philippe Crouzet – www.ipernity.com/doc/182273/album et Emmanuel Giraudeaux)
Commentaires d’après-match :
Richard Martel (entraîneur de Grenoble) : « La série continue, c’est intéressant. En première période, on a été dominé sur tous les aspects. On leur a donné beaucoup de lancers, beaucoup de munitions. On ne patinait pas, on attendait. On leur a donné beaucoup trop de respect. En deuxième période, les joueurs se sont ressaisis, ils se sont parlé dans le vestiaire. Ils sont sortis en force en deuxième période, à partir de là, on était sur la rondelle, on patinait avec eux. On a alors vraiment joué notre style de jeu et on est sorti avec une avance de deux buts. La performance de Michal nous a permis de brûler les punitions. Il a fait de très gros arrêts. Rouen a une très bonne équipe offensivement, c’est très compliqué de les neutraliser. »
Rodolphe Garnier (entraîneur de Rouen) : « On a bien joué en première et en troisième période, mais un match de hockey, c’est soixante minutes. En deuxième période, on commet des erreurs défensives et on prend trois buts. Il y en a au moins un de trop, même deux. On se retrouve à chaque fois dans des situations à trois contre deux parce qu’on est trop gourmand en zone offensive. Ce soir, on n’a pas été capable de jouer soixante minutes sur la même page. Rater des cages vides, ce n’est pas une question d’automatisme. Max Lacroix se fait voler un but par le gardien de Grenoble qui fait son match aussi. Malgré tout, au niveau du contenu, on est sur la bonne voie car il y a une grosse différence avec les matchs de Briançon et Gap où on ne s’était pas présenté. Ce soir, on s’est créé beaucoup de chances de marquer. Le jeu était là. On a provoqué des fautes. Il faut continuer dans ce sens-là. Mais il faut rester discipliné et respecter un plan de match pendant soixante minutes. »
Grenoble – Rouen 4-2 (0-1, 3-0, 1-1)
Vendredi 24 octobre 2014 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3400 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Guillaume Gielly et Frédéric Peurière.
Pénalités : Grenoble 16′ (4′, 6′, 6′), Rouen 8′ (2′, 4′, 2′)
Tirs cadrés : Grenoble 24 (5, 12, 7), Rouen 44 (17, 16, 11)
Évolution du score :
0-1 à 18’48 » : Coulombe assisté de Guénette et Thinel
1-1 à 26’32 » : Gustafsson assisté de Chouinard et Jalbert (sup. num.)
2-1 à 34’34 » : Chouinard assisté de Petit et Sivic
3-1 à 38’22 » : Chouinard assisté de Petit et Sivic
3-2 à 51’47 » : Lacroix assisté de Desrosiers et Charland (sup. num.)
4-2 à 59’59 » : Perret (cage vide)
Grenoble
Gardien : Michal Zajkowski
Défenseurs : Sam Roberts – Dominic Jalbert ; Pierre-Luc Lessard – Stéphane Gervais (4′) ; Pierre-Antoine Simonneau (4′) – Nicolas Favarin (6′).
Attaquants : Mitja Sivic – Felix Petit – Eric Chouinard (C) (2′) ; Danick Bouchard – Toby Lafrance – Jordann Perret ; Hampus Gustafsson – Christophe Tartari (A) – Julien Baylacq (A) ; Arnaud Faure – Romain Chapuis – Aubin Lamirault.
Remplaçants : Jimmy Darier (G), Victor Orset, Quentin Scolari. Absent : Yorick Treille (genou)
Rouen
Gardien : Fabrice Lhenry (sorti de 58’07 » à 60’00 »)
Défenseurs : Patrick Coulombe (A) – Antonin Manavian ; Léo Guillemain – Wesley Cunningham (2′) ; Raphaël Faure (2′) – Jonathan Janil.
Attaquants : Dan Koudys – François-Pierre Guénette (A) – Marc-André Thinel (C) ; Francis Charland – Maxime Lacroix (2′) – Fabien Colotti ; Julien Desrosiers (2′) – Loïc Lampérier – Daultan Léveillé ; Loup Benoit – Johan Saint-André.
Remplaçants : Nicola Riopel (G), Théo Lanvers, Jeremy Delbaere.






































