Ils ne lâcheront rien !
Un succès suffirait à qualifier les Ducs d’Angers, qui ont fait un grand pas vers la finale du championnat en imposant une nouvelle fois leur loi au Haras (5-1). Mais le plus dur reste à faire pour les coéquipiers de l’infortuné Tim Crowder (qu’un poignet meurtri par un lancer subi samedi dernier met dans l’incapacité de jouer), qui défient à nouveau les Gamyo à Poissompré… dans une patinoire évidemment pleine à craquer (où s’entassent plus de 2 500 spectateurs prêts à s’enflammer) !
C’es
La tenue d’une « belle » ce dimanche est donc conditionnée par le résultat immédiat des Gamyo, sortis vainqueurs des deux précédentes manches disputées à Poissompré (9-1 et 3-2), sur une grande glace optimisant véritablement leurs possibilités. Ce qui est loin d’être le cas au Haras, sur une petite surface se prêtant beaucoup mieux au jeu défensif (et plutôt rugueux) des hommes du président Juret (comme toujours présent au plus près de son banc). Des Ducs très à l’aise sur leurs terres, apparus aussi solides à domicile que prenables à Poissompré, où la vitesse de patinage et la rapidité d’exécution des boys du Boz’ auront toujours fini par les mettre en difficulté.
Si l’on se fie à la physionomie de cette série, l’équipe qui reçoit marque en premier… et finit toujours par s’imposer ! Aussi les Spinaliens partent-ils favoris, soutenus comme il se doit par un public ayant accueilli les joueurs visiteurs dans un silence assourdissant rappelant immanquablement l’entrée réservée aux Français Volants vingt-et-un ans auparavant. Ce soir-là, les Marciano, Pivron, Reindl et autres Bouhadouf avaient réalisé l’exploit de terrasser les Parisiens (8-6) à Poissompré. Mais l’histoire allait-elle se répéter contre Angers, non seulement privé de Tim Crowder, mais aussi de Brian Henderson (commotionné) ?

Défendre c’est bien…
Appliquant (comme toujours) un pressing très haut pour gêner les relances adverses, les Spinaliens récupèrent un nombre important de palets. Plus entreprenants, ils font ainsi le plus clair du jeu, mais subissent la tactique ultra-défensive des hommes de Réal Paiement. La trappe angevine, bien en place, s’apparente à une toile tissée en zone neutre. À un piège finissant immanquablement par se refermer sur le porteur du palet qui, s’il ne parvient pas à se faufiler par les côtés, ne peut souvent s’en dépêtrer qu’au prix d’un petit exploit individuel.

Excessivement prudents, les Ducs soignent avant tout leurs placements. S’évertuant à contenir les assauts des Gamyo, ils laissent venir pour mieux contre-attaquer, sans pour autant bénéficier de réelles opportunités. Un 2-contre-1 mené par Julien Albert manque toutefois de profiter à Robin Gaborit, qui rate la cible à bout portant (09’41 »). Assurément la meilleure occasion angevine durant ce premier tiers temps, plutôt bien géré par des visiteurs très peu entreprenants, mais non moins solides défensivement.
Les Michael Busto, Andrej Mrena, Gary Lévèque et autres Sébastien Bisaillon œuvrent devant leur gardien, Jean-Sébastien Aubin, pour rendre inopérant un powerplay spinalien activé par une obstruction de Guillaume Lefebvre sur Maxime Ouimet (12’09 »). Le capitaine Julien Albert se substitue notamment à ses défenseurs en se jetant parfaitement au-devant d’Aziz Baazzi, qui voyait un très bon palet venir à lui (12’30 »).

Une belle occasion que les Vosgiens n’auront pas à regretter. Angers, après avoir tant « bétonné », finit par se faire contrer sur un long renvoi de Valier à destination de Le Blond, qui remet directement dans la course d’un Kara filant marquer… en s’y reprenant à deux fois ! L’ancien Chamois bute d’abord sur Aubin avant que le palet ne lui revienne… pour terminer au fond des filets (1-0 à 17’36 ») !
Les Spinaliens ont donc fini par forcer le verrou angevin. Mais si beaucoup y voient un heureux présage pour les joueurs de la Cité des Images (sachant que l’équipe ayant marqué en premier, dans cette série, l’a toujours emporté), certains restent méfiants. À commencer par Andrej Hočevar, parvenu à garder la porter fermée devant Braden Walls, idéalement servi par un Yannick Tifu très inspiré (19’09 »). Un avertissement sans frais pour les Gamyo, toujours aussi pressants dans leur échec-avant. Ce travail de sape n’empêche pas les Ducs de se montrer menaçants, à l’image de cette incursion d’un Tifu mettant la défense sans dessus-dessous. Le centre québécois échoue une première fois sur Hočevar avant de prendre son rebond, parvenant à glisser la rondelle sous la jambière… sans parvenir à la mettre au fond (22’06 »).
La rondelle était-elle rentrée comme le réclamaient les joueurs d’Angers ? Cette question ne semble en tout cas pas tarauder Pierre-Charles Hordelalay, qui effectue son grand retour à Poissompré après avoir manqué les quatre premières manches de la série suite à une blessure à la mâchoire contractée au tour précédent.

Inoffensifs en supériorité numérique, les « orange et noir » laissent de plus en plus de libertés aux joueurs du Maine-et-Loire, qui ne manquent pas d’en profiter. Une longue, très longue relance de Bisaillon heurte la bande pour revenir dans la palette de Walls, qui prend de vitesse la défense. Le Canadien voit toutefois son avancée brutalement stoppée. Alain Goulet le pousse dans le dos… sans que cela ne débouche sur une quelconque pénalité (26’34 »). De quoi susciter l’indignation du banc d’Angers… et les gesticulations de Michael Juret !
… marquer c’est mieux !
Loin de tout ça, Hordelalay fait lui parler sa vivacité. Mais alors qu’il s’était ouvert le chemin d’Aubin, l’ex-Amiénois perd le contrôle du palet. S’ensuit un revirement profitable à Julien Albert. Le capitaine angevin file côté gauche pour s’en aller défier Hočevar du revers, qui ferme parfaitement son angle droit (28’06 »).

Un vrai coup dur pour les Angevins, dont le forcing sera finalement resté vain. Et pour ne pas arranger une situation déjà bien compliquée, Yannick Tifu se fait sanctionner. Le top-scoreur des Ducs, vexé de s’être fait bloquer contre la bande par Beron, s’est rebiffé en cinglant l’ancien Pingouin (31’55 »). Une pénalité finalement tuée par ses coéquipiers, qui subissent cette fois l’oppression d’un jeu de puissance vosgien faisant parfaitement circuler le palet, sans que Vincent Kara, ni même Alain Goulet ne parviennent à cadrer leurs lancers (35e)…
Mais c’est bien connu. Les Gamyo sont dangereux dans le jeu en mouvement que sur jeu placé. Une vérité confirmée en infériorité, quand une pénalité (Baazzi, 34’32 ») permet à Leonelli d’intercepter une « passe abandon » pour le moins hasardeuse de Campbell en entrée de zone. L’ailier suisse file sans se faire prier, seulement rattrapé par un Bisaillon parvenant à l’empêcher de tirer… mais pas de trouver Le Blond, qui ne saura en profiter (34’54 »).

Certains y verront un petit coup de pouce du destin, comme sur cette remontée de Michael Busto servant de rampe de lancement à Cody Campbell, qui va crocheter à l’intérieur avant de se faire poke-checker (par le solide Kloz). Une action se déroulant sans Peter Valier, qui reprend difficilement ses esprits (suite à un choc subi quelques instants auparavant). Mais en se relevant, l’ex-Dijonnais voit ce palet contré lui revenir directement. Un boulevard s’ouvre alors à ce rapide ailier, qui s’en ira glisser la rondelle, du revers, dans un petit trou de souris. Et plus précisément entre les jambières de l’ex-NHLer… pour la plus grande joie de spectateurs ivres de bonheur (3-0 à 39’43 ») !
En pleine réussite, les Gamyo ont fait preuve d’un réalisme étonnant durant ce tiers médian. Mais s’ils sont bien engagés sur les rails du succès, les Spinaliens restent vigilants, s’appuyant sur le métier des Kloz, Ouimet, Baazzi et autres Moisand. Autant de valeurs sûres qui assurent une solide couverture, imités par un Goulet jaillissant pour couper un bon centre de Skinnars destiné à Campbell. Cette interception lui permet de lancer Leonelli, qui parvient à trouver Plch. Le tir du vétéran, stoppé par Aubin (40’32 »), prépare le terrain au contre suivant.

Pas en reste, Andrej Hočevar sort, pour sa part, un bien bel arrêt en bloquant proprement un tir du poignet de Cody Campbell (que Skinnars a failli dévier, 41’41 »). L’international slovène garde donc sa cage inviolée, contrairement à Jean-Sébastien Aubin, qui ne peut rattraper toutes les erreurs de ses coéquipiers. Ján Plch, au point de chute d’un dégagement axial de Sébastien Bisaillon, transmet à Nicolas Leonelli (juste avant de se faire « cartonner » par Albert), laissant l’Helvète s’enfiler dans la défense sur le côté droit. Leonelli, sur son revers, repique vers la cage, non sans se faire déséquilibrer par Lévèque… qui ne pourra l’empêcher de marquer (4-0 à 42’32 ») !
Réal Paiement prend alors un temps mort pour recadrer ses troupes. Des paroles aussitôt suivies de faits. Michael Busto, à la pointe droite, bloque la sortie de zone avant d’envoyer à la cage. Un tir peu appuyé, dévié par Vojtěch Kloz au profit de Johan Skinnars, bien placé… qui reprendra sous le nez du portier (4-1 à 43’03 »).

Gary Lévèque cherche lui, seulement, à limiter les dégâts en plongeant dans les patins d’un Peter Valier parvenu à s’échapper (46’59 »). Ken Ograjenšek goûte, pour sa part, à la médecine d’un Julien Albert le « cross-checkant » sans ménagement… et en toute impunité (48’55 ») !
Aucune sanction n’est donc prise sur cette action, aussitôt suivie d’une mise au jeu en zone offensive angevine. Un face-off que Le Blond remporte aux dépens de Tifu, qui se précipite pour essayer de récupérer le palet. En vain puisqu’Alain Goulet, sitôt servi, prend un lancer. Un tir freiné devant le gardien par Leonelli qui, en se retournant, parvient à glisser la rondelle entre la botte et le montant droit d’Aubin (5-1 à 48’59 »).
Le coup de hanche d’Offret dans l’abdomen de Mrena, passé totalement inaperçu, rappelle qu’Angers n’a pas le monopole des coups bas (49’22 »). Mais les Ducs, tous rugueux qu’ils soient, enchaînent les pénalités qu’ils n’estiment pas toujours très justifiées. Gary Lévèque, au duel avec Vincent Kara dans l’arrondi, se fait sanctionner pour avoir déséquilibré l’ancien Chamois (50’19 »), au grand dam d’un Johan Skinnars écopant, lui, d’une méconduite pour avoir expliqué aux référés sa façon de penser.
L’occasion d’une nouvelle supériorité pour les Gamyo, désormais confrontés au back-up Alexis Neau, rapidement sollicité par Pierre-Charles Hordelalay (50’48 »). Un arrêt en deux temps, suivi d’une incursion de Yannick Tifu, qui élimine un à un les Spinaliens… avant de tomber sur un mur nommé Alain Goulet (51’25 ») ! Un bien mauvais moment à passer pour le meilleur compteur angevin, qui brisera ensuite sa crosse en voulant simplement se dégager (51’39 »)…
Oui, rien ne va plus chez les Ducs d’Angers, très indisciplinés, qui ont depuis longtemps perdu pied dans cette partie réduite à une succession de pénalités. Totalement dépassés, ils sont sans cesse poussés à la faute. Pris de vitesse, Lefebvre fait ainsi trébucher Kara (52’18 »). Mais cette supériorité, comme les autres, ne donne rien. Ce sont même les visiteurs qui portent le danger devant la cage d’un Hočevar percuté par un Walls laissant traîner son coude gauche (53’41 »). Étalé de tout son long, le Slovène met quelques secondes avant de se relever, à l’issue d’une action lui valant également deux minutes de pénalités !

Puni d’une crosse haute dans son intervention sur Paul Bahain (55’47 »), Aziz Baazzi ne porte pas le moindre préjudice à ses coéquipiers, toujours aussi sérieux et appliqués devant leur solide gardien. Andrej Hočevar, inquiété par une frappe de Michael Busto contrée dans le slot par Guillaume Lefebvre (56’24 »). L’ultime frayeur d’une partie bien négociée par des Spinaliens apparaissant plus souverains que jamais à Poissompré, sur une grande glace ne réussissant décidément pas aux Ducs d’Angers.
Tout se jouera donc dimanche au Haras, où le hockey spinalien, en cas de victoire, pourrait écrire la plus belle page de son histoire. L’exploit est à portée de main…
Réactions d’après match (dans Vosges Matin)
Philippe Bozon (entraîneur d’Épinal) : « J’ai confiance en cette équipe. Depuis le match de mardi, j’étais sûr que l’on allait répondre encore une fois. On sent qu’il y a de l’envie dans ce groupe et que personne ne veut abandonner, ni lâcher. C’est vraiment super d’être à la tête de ce groupe où tout le monde va dans la même direction. Après avoir marqué, c’était important de rester dans le match et de garder la tête froide pour bien finir le match. Quand on joue au hockey, il y a rien de mieux et de plus excitant que de jouer un match 7. On a travaillé toute l’année pour ça. »
Réal Paiement (entraîneur d’Angers) : « Épinal a démarré très fort en première période et on a eu du mal à contenir leur vitesse. On s’en était pas trop mal sorti. Au deuxième tiers, on avait repris le dessus avec cinq très bonnes minutes avant qu’Épinal marque. A 3-0, le match était joué. Les gars sont frustrés et on a une équipe avec beaucoup d’expérience pour jouer un septième match. »
Épinal – Angers 5-1 (1-0, 2-0, 2-1)
Vendredi 20 mars à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 800 spectateurs (officiellement dénombrés).
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Damien Bliek, assistés de Pierre Dehaen et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 6′ (0′, 2′, 4′) ; Angers 30′ (4′, 4′, 12′ + 10′)
Tirs : Épinal 30 (8, 9, 13) ; Angers 25 (5, 9, 11)
Évolution du score :
1-0 à 17’36 » : Kara assisté de Le Blond et Valier
2-0 à 30’04 » : Valier assisté de Le Blond et Kara
3-0 à 39’42 » : Valier assisté de Moisand et Kloz
4-0 à 42’32 » : Leonelli assisté de Plch
4-1 à 43’03 » : Skinnars assisté de Walls
5-1 à 48’59 » : Leonelli assisté de Goulet et Le Blond
Épinal
Attaquants :
Nicolas Leonelli – Michal Petrák – Ján Plch (A)
Vincent Kara – Matthieu Le Blond – Peter Valier
Anže Kuralt – Grégory Beron – Ken Ograjenšek
Pierre-Charles Hordelalay – Yannick Offret (A) – Anthony Rapenne [puis Martin Charpentier]
Défenseurs :
Vojtěch Kloz – Maxime Moisand
Maxime Ouimet (C) – Alain Goulet
Gašper Sušanj – Aziz Baazzi
Gardien :
Andrej Hočevar
Remplaçants : Pierre Mauffrey (G), Peter Slovák . Absents : Maxime Martin, Nathan Ganz (choix de l’entraîneur).
Angers
Attaquants :
Johan Skinnars – Cody Campbell – Braden Walls
Guillaume Lefebvre – Yannick Tifu – Paul Bahain
Robin Gaborit – Julien Albert (C) – Dimitri Thillet
Maxime Griet – Alexis Crosnier
Défenseurs :
Gary Lévèque (A) – Michael Busto (A)
Lauri Lahesalu – Sébastien Bisaillon
Andrej Mrena
Florent Aubé
Gardien :
Jean-Sébastien Aubin (puis Alexis Neau à 49’31 »).
Remplaçants : Lucas Latreuille, Gautier Alvau, Damien Sanchez. Absents : Tim Crowder (poignet), Brian Henderson (commotion).







































