Sur un air de revanche
S’il est un duel qui a marqué les esprits, c’est bien celui-ci. Un duel si mémorable qu’on en reparle encore aujourd’hui, quitte à raviver le souvenir encore douloureux d’une finale perdue de peu. La simple venue du champion de France gapençais suffit, en effet, à nous rappeler à quel point les Spinaliens avaient touché du doigt l’exploit en avril dernier. Les Gamyo, après avoir successivement sorti Strasbourg, Rouen et Angers, avaient remporté trois des quatre premières manches de la finale… avant de voir la Coupe Magnus leur filer sous le nez !
Mai
Cet exploit retentissant, réalisé aux dépens d’un des tout meilleurs clubs allemands, en dit long sur les possibilités d’un contingent bénéficiant toujours d’une grande profondeur de banc. En quelque sorte la marque de fabrique d’un Luciano Basile qui vient non seulement de mettre la main sur un nouveau gardien (le Canadien Evan Mosher), mais aussi d’engager Vincent Kara. Le « sorcier » des Hautes-Alpes, appréciant la polyvalence de cet ailier combatif à souhait, a sauté sur l’occasion d’enrôler l’ancien spinalien, revenu déçu de ses essais finlandais. Un renfort d’autant plus bienvenu que les Rapaces se présentent offensivement diminués à Poissompré, sans ces buteurs patentés que sont Matt Carter et Marc-André Bernier.

Mais s’ils éprouvent les pires difficultés à contenir les assauts répétés d’un trio Rech-Miettinen-Doherty se trouvant très facilement, les Spinaliens s’évertuent à rivaliser d’intensité avec des visiteurs ne lésinant ni sur le patinage, ni sur l’échec-avant. Un engagement à double tranchant pour les Rapaces, pénalisés pour un faire trébucher de Karel Richter (03’05 ») en zone offensive. L’ailier tchèque, en laissant ainsi sa crosse traîner, permet indirectement aux Gamyo d’effectuer le premier tir cadré de la soirée. Une tentative de Ján Plch, démarqué au cercle gauche, captée sans coup férir par Aurélien Bertrand (03’52 »).

Face à de coriaces Rapaces, qui font mieux circuler le palet, les Gamyo subissent plus qu’ils n’agissent, laissant McEachen faire parler son gros lancer (07’22 ») sans négliger aucune possibilité de contre-attaquer, forts d’individualités capables de profiter de la moindre brèche pour s’y engouffrer. C’est d’ailleurs l’une des grandes spécialités d’un Pierre-Charles Hordelalay parvenant à s’échapper côté droit, puis à déclencher un lancer destinée à filer par-dessus la mitaine du portier. Mais pour quelques centimètres, son tir frappera la barre… pour échouer dans les filets de sécurité (08’56 ») !
Domin
Le problème est bien différent chez les Gamyo, qui se procurent de meilleures occasions sans parvenir à les mettre au fond. Králík, visiblement surpris de se retrouver se bien placé devant Bertrand, voit ainsi sa tentative repoussée (11’30 »). Le gardien haut-alpin parant ensuite, du bouclier, le tir frappé court d’un Ján Plch bien servi à bout portant (13’38 »). Autant d’interventions décisives préservant la maigre avance de Rapaces se montrant désespérément incapables d’enfoncer le clou. Ce diable d’Anthony Rech a pourtant failli s’ouvrir le chemin des filets, dribblant un à un les défenseurs spinaliens pour finalement échouer, du revers, sur un Andrej Hočevar bien inspiré de ne pas laisser échapper le palet au profit de Patrick Doherty (qui avait bien suivi, 12’23 »). Le défenseur canadien Patrick McEachen (qui semble avoir la gâchette aussi facile que Chad Langlais) adresse, lui, deux gros slaps (14’53 » et 14’58 ») parfaitement repoussés par un portier répondant présent sur tous les lancers.

Puni d’une obstruction sur cette action, Rech laisse ses partenaires affronter un powerplay manquant désespérément de spontanéité. Un jeu de puissance pourtant en d’excellentes mains (celles d’Ograjenšek et Kuralt, qui sont autant de fins techniciens), mais oubliant trop souvent de tirer. Bertrand n’est donc pas spécialement inquiété, contrairement à Hočevar, menacé par un Doherty parvenu à s’échapper (24’06 »), puis parfaitement secondé par Kloz, très solide devant Kara (24’42 »). Une seconde pénalité, infligée dans la foulée à Kevin Da Costa (25’04 »), est elle- ussi tuée malgré les tentatives de Sušanj (25’42 ») et Kloz (26’05 »), toutes deux repoussées par un portier manquant d’être ensuite surpris par une déviation involontaire de Baridon, qui était sur la trajectoire d’un tir déclenché par Farina. Hočevar a, pour sa part, bénéficié du parfait repli de Sušanj sur une accélération de Miettinen (27’36 »).
Résolument spectaculaire, ce deuxième tiers voit non seulement les occasions foisonner, mais aussi l’étrein
Pour gagner, il faut marquer !
C’est à se demander si les Rapaces ne vont pas finir par regretter toutes ces occasions manquées. Dominer, on le sait, n’étant pas forcément gagner, comme va se plaire à le prouver Hugo Vinatier. L’ex-attaquant nocéen, profitant d’un palet subtilisé à Chad Langlais, s’en allant marquer d’un tir à mi-distance nettoyant la lucarne d’Aurélien Bertrand, côté bouclier (1-1 à 33’53 »).

Frustrés par un Hočevar des grands soirs, les champions de France terminent l’acte médian en infériorité. Dominik Kramár, pris de vitesse, s’est en effet rendu coupable d’une obstruction (38’31 »). Mais il suffira d’un dribble raté pour qu’Ograjenšek perde le palet au profit d’un Goličič s’appuyant sur Maher pour expédier un tir croisé terminant dans la mitaine d’un gardien s’érigeant en muraille infranchissable devant le filet (39’21 »). Un état de grâce fatal aux Gapençais, qui n’auront pu tuer le match lorsque les occasions se sont présentées. Tout bascule sur un enchaînement de passes rondement mené, initié par un Ograjenšek combinant avec Kuralt pour mieux trouver Fujerik à l’opposé. Le Slovaque reprend victorieusement au second poteau p
Sentant le match leur échapper, les Rapaces tentent de réagir, mais sans y parvenir. Les Gamyo, en plus d’avoir pris les devants, ont également repris l’ascendant, à l’image de ce duel Rohat-Hordelalay tournant à l’avantage du dernier nommé, qui s’est montré le plus rapide pour récupérer le palet. Une action valant une pénalité mineure à l’ancien Briançonnais (43’50 »), pour une charge contre la bande assénée en fin d’accélération. Mais loin d’en profiter, les hommes de Stéphane Barin se feront contrer, sans que Boštjan Goličič ne vienne à bout d’un gardien ne laissant décidément rien passer (44’48 »).
N’attendant qu’un troisième but spinalien pour exploser, Poissompré verra Kuralt rater la rondelle au moment d’ajuster Bertrand (46’28 »), puis Králík échouer dans la finalisation d’une belle action initiée par Hordelalay et Le Blond (48e). Mais au lieu de mettre les Rapaces au tapis, les Gamyo vont leur accorder un petit sursis. Anthony Rech, lancé dans le dos de la défense, ne se faisant pas prier (en grand spécialiste du break-away qu’il est) pour s’en aller glisser la rondelle entre les bottes du portier (2-2 à 51’46 »).
De quoi calmer les ardeurs de Poissompré. Mais pas pour longtemps : Anže Kuralt parvient à s’arracher (malgré l’opposition de défenseurs bien repliés) pour dévier, du bout de la crosse, le palet dans le haut du filet (3-2 à 52’16 »). Hors de portée d’un Bertrand à nouveau déjoué sur une contre-attaque rondement menée. Králík trouve Le Blond, qui temporise suffisamment pour lancer Hordelalay vers le quatrième but spinalien (4-2 à 55’20 »). Celui du K-O pour les Rapaces, qui ont depuis longtemps laissé passer leur chance de l’emporter…

Réactions d’après-match (dans Vosges Matin)
Stéphane Barin (entraîneur d’Épinal) : « Sur le troisième tiers-temps, on a montré une très grosse volonté d’aller chercher ce match. Notre gardien a fait aussi les arrêts qu’il fallait. On n’a jamais été mis en difficulté car on n’a pas été pris en surnombre. Cela fait du bien de prendre ces trois points même si j’aurais aimé les prendre aussi à Lyon. Tous les points vont valoir cher cette année. »
Luciano Basile (entraîneur de Gap) : « Sur les trois tiers-temps, on a plus de tirs et d’occasions qu’Épinal. Il fallait mettre les occasions au fond. On ne s’est pas mis à l’abri et dans un match serré comme celui-là, on a manqué de réalisme. À 1-0 pour nous et avec les supériorités que nous avons eues, on aurait dû tuer un match qui s’est joué à peu de choses. »
Épinal – Gap 5-2 (0-1, 1-1, 4-1)
Samedi 26 septembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 742 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre, assisté de David Courgeon et Yann Furet.
Pénalités : Épinal 8’ (0’, 8’, 0’) ; Gap 10’ (2’, 6’, 2’)
Tirs : Épinal 20 (6, 4, 10) ; Gap 38 (9, 17, 12)
Évolution du score :
0-1 à 06’33 » : Doherty
1-1 à 33’53 » : Vinatier assisté d’Offret et Klimiček
2-1 à 42’55 » : Fujerik assisté d’Ograjenšek et Kuralt
2-2 à 51’46 » : Rech assisté de Trabichet
3-2 à 52’16 » : Kuralt assisté d’Ograjenšek et Kloz
4-2 à 55’20 » : Hordelalay assisté de Le Blond et Králík
5-2 à 59’59 » : Plch assisté de Cacciotti (cage vide)
Épinal
Attaquants :
Anže Kuralt – Dominik Fujerik – Ken Ograjenšek
Steven Cacciotti – Florian Sabatier – Ján Plch (A)
Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Le Blond – Lukáš Králík.
Yannick Offret (A) – Hugo Vinatier – Anthony Rapenne
Défenseurs :
Vojtěch Kloz – Maxime Moisand (C)
Jiří Klimíček – Gašper Sušanj
Thibaut Farina
Gardien :
Andrej Hočevar.
Remplaçants : Lucas Savoye (G), Maxime Martin, Thomas Léonard. Absents : Martin Charpentier (convalescent), Tomáš Klouček (suspendu).
Gap
Attaquants :
Samuel Takáč – Boštjan Goličič (A) – Karel Richter
Anthony Rech – Camilo Miettinen [puis Doherty] – Patrick Doherty [puis Miettinen]
Vincent Kara – Maurin Bouvet – Kevin Da Costa
Loïc Chapelier – Sébastien Rohat (A) – Paul Schmitt
Défenseurs :
Dominik Kramár – Chad Langlais
Teddy Trabichet (C) – Matt Maher
Jérémy Baridon – Patrick McEachen
Gardien :
Aurélien Bertrand (sorti de sa cage à 59’19 »).
Remplaçants : Quentin Dubos (G), Louis Seignez. Absents : Matt Carter, Marc-André Bernier, Mickaël Perez (cheville), Pierre Crinon (épaule), Clément Fouquerel (épaule), Evan Mosher (en attente de qualification).










































