Grenoble retrouve Bercy !
Sept ans après leur dernière victoire en coupe de France (face à Dijon !), les Brûleurs de Loups ont l’opportunité de retrouver Bercy. Il leur reste à franchir l’obstacle dijonnais pour obtenir leur ticket pour la finale de la coupe de France. Un obstacle qui ne semble pas insurmontable quand on voit la position des Ducs au classement de la ligue Magnus (avant-dernier) et si l’on se réfère au seul affrontement entre les deux équipes cette saison (victoire de Grenoble 6-1 en Bourgogne). Mais la méfiance est tout de même de mise car les Dijonnais valent mieux que leur classement comme en atteste leur parcours dans les deux coupes (ils viennent d’être éliminés en demi-finale de la coupe de la ligue par Rouen).

Les Ducs ont depuis réussi l’exploit de s’imposer 6-1 à l’Ile Lacroix face aux Dragons qui semblaient jusque-là intouchables. Voilà les Grenoblois prévenus. Ces derniers restent sur une bonne dynamique (trois victoires consécutives en Ligue Magnus) et retrouvent Jonathan Harty, de retour de blessure, ce qui conduit Stéphane Gervais à rester dans les tribunes pour se conformer au quota de JFL.

Les Ducs, eux, sont très discrets en début de rencontre et se contentent de procéder par contre-attaque. Mais ils sont étouffés par des Grenoblois qui ont la mainmise sur le palet. Il ne manque que quelques centimètres à Jordann Perret pour ouvrir le score et Pintaric ne fait que retarder l’échéance.
Une pénalité évitable de Harty pour un excès d’engagement donne de l’air à Dijon qui ne propose pas grand-chose en power-play. Labrecque en profite même pour s’avancer dans la zone dijonnaise en slalomant au milieu de la défense, mais Pintaric fait l’arrêt. C’est au tour de Chabert de rejoindre la prison. Et le pressing grenoblois sur la cage dijonnaise finit par payer : Chouinard déborde côté droit et son centre parfait du revers trouve Labrecque idéalement placé au second poteau et libre de tout marquage. Cette fois Pintaric est battu (1-0, 17’04 »). L’ouverture du score de Grenoble est on ne peut plus logique et Dijon peut même s’estimer bien heureux de n’être mené que d’un but à la fin de la première période.

Grenoble revient à cinq à contre cinq et Dijon a laissé passer une énorme occasion de se relancer. Les Ducs vont même accuser le coup dans les minutes suivantes, subissant la déferlante de Grenoblois ragaillardis, bien décidés à enfoncer le clou. Tartari oblige Pintaric à un gros arrêt mais le portier slovène doit finalement s’incliner face à un rebond de Lamirault consécutif à un lancer de Bisaillon (2-0, 30’11 »).

L’indiscipline continue du côté des défenseurs grenoblois avec une deuxième pénalité de Barlock, mais Riendeau se fait pénaliser dans la foulée pour un cinglage. Le tiers se termine donc à quatre contre quatre. Chouinard aurait pu encore accroître l’avance grenobloise sans le brio de Pintaric. Les Brûleurs de Loups se retrouvent même à quatre contre trois après une pénalité de Dallas Ehrhardt. Bisaillon essaie de forcer la décision sur le power-play, mais une fois encore Pintaric s’y oppose en réalisant son 26e (!) arrêt du tiers.

Les Ducs, très timorés jusqu’alors, finissent par réagir et jouent leur va-tout. Conscient qu’un but marqué pourrait tout changer, ils tentent de fissurer la muraille grenobloise. Muštukovs bloque une tentative de Quessandier mais une pénalité de Bisaillon offre une chance à Dijon de revenir. Les Ducs se montrent plus pressants mais n’ont pas d’occasion franche pendant la supériorité numérique. Ils laissent même Bouchard lancer sur la cage de Pintaric, mais le tir n’est pas cadré. Les pénalités s’enchaînent pour Grenoble avec cette fois Kalus. Les Ducs arrivent enfin à s’installer dans la zone grenobloise, mais une pénalité de Marek Maslonka écourte la supériorité numérique dijonnaise.

Cette fois, la qualification semble dans la poche des Grenoblois mais le relâchement est tel qu’Edo Terglav se voit obligé de demander un temps mort pour éviter à ses joueurs de trop subir la pression en fin de match. Une piqûre de rappel salutaire puisque le succès grenoblois est définitivement assuré par Chouinard, très bien servi par Perret pour le quatrième but (4-0, 55’31 »). Dès lors, il ne reste plus qu’à assurer le blanchissage de Muštukovs, le deuxième en deux rencontres après Epinal vendredi.
Sept ans après, Grenoble va donc retrouver Bercy pour une finale de coupe de France. Une qualification complètement méritée pour des Brûleurs de Loups concentrés de la première à la dernière minute malgré quelques pénalités inutiles qui auraient pu être coûteuses. Très pressants sur le porteur du palet, les Grenoblois ont étouffé leurs adversaires tel un rouleau compresseur qui avance inexorablement vers le succès escompté. Rien ne semblait pouvoir leur arriver ce soir : très solides défensivement, en particulier lors des infériorités numériques, ils ont parfaitement neutralisé le power-play dijonnais tout en concédant un minimum d’occasions dangereuses.
Offensivement, le forecheck permanent a fini par payer, notamment sous l’impulsion d’un duo Chouinard-Labrecque irrésistible ce soir avec Perret en parfait complément pour former une première ligne vraiment explosive. Et comme dans les cages, Muštukovs continue d’impressionner avec un nouveau blanchissage, toutes les conditions étaient réunies pour que Grenoble se retrouve en finale !

D’une manière générale, les Ducs se montrés en dedans tout au long du match, comme incapables de sortir de l’emprise physique imposée par les Grenoblois. Très discrets offensivement à l’image de Brown, Riendeau ou Wallén, ils n’ont jamais donné vraiment l’impression de pouvoir renverser le cours du match. Seul Pintaric réussissait tant bien que mal à retarder l’échéance. Désormais éliminé des deux coupes, Dijon va pouvoir désormais se concentrer exclusivement sur l’opération maintien en Ligue Magnus.
Désignés meilleurs joueurs du match : Dave Labrecque (Grenoble) et Matija Pintaric (Dijon)
(Photos Philippe Crouzet : http://www.ipernity.com/doc/182273/album/850528)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On a gagné, c’est la chose la plus importante. Rien à dire pendant deux périodes, on est sorti, on a été agressif, on a réussi à faire ce qu’on voulait. En troisième période, il y a eu un peu de peur de bien faire mais le gardien a fait le boulot pour nous laisser dans le match. Et puis à la fin, 4-0… Je suis content pour les gars et pour le club qu’on aille en finale. On savait qu’ils avaient un gardien qui bouge bien. Quand il voit le palet, il est dangereux, il a battu deux, trois équipes à lui tout seul cette année. Il fallait le tester de tous les coins de la glace pour avoir du succès. On s’attendait à une équipe un peu plus agressive au début, ce n’était pas le cas. En troisième, ils patinaient plus, ils étaient plus agressifs sur le palet. On a fait le job offensivement en mettant la pression sur leurs défenseurs et leur gardien et ça a payé. »
Jonathan Paredes (entraîneur de Dijon) : « C’est toujours difficile de perdre une demi-finale de coupe de France. Beaucoup de déception, on n’a pas pu manipuler le match comme on aurait voulu le faire. On prend ce premier but en fin de premier tiers qui nous barre un peu le chemin. Au deuxième tiers, on subit. Au troisième tiers, on essaie de pousser, pousser, on a commencé à les faire reculer. Mais le score est logique, Grenoble a mieux joué que nous, a été plus offensif que nous, a mieux maîtrisé le palet que nous sur leurs temps forts. Ce qui nous a manqué, c’est plus de lancers à la cage sur nos momentums. On n’a pas été capable de l’aborder. »
Eric Chouinard (capitaine de Grenoble) : « C’était une belle rencontre. On a très bien joué face à Dijon, on a suivi notre plan de match à la lettre. C’est une belle victoire d’équipe. On était en confiance, on était prêt. Quand on débute le match de la bonne façon, on peut mettre les équipes adverses sur les talons. On voulait mettre beaucoup de pression sur leurs défenseurs. C’est ce qui est arrivé ce soir, on est sorti avec beaucoup de hargne et on connait le résultat final. Je suis très excité d’aller à Bercy disputer cette finale, j’ai hâte de jouer ce match. »
Julien Baylacq (attaquant de Grenoble) : « On a fait un gros match. On a bien commencé. On ne voulait pas prendre la rencontre à la légère, même si le classement en championnat nous rendait favoris. Cela avait tout l’air d’un match piège. On a su mettre de l’intensité et jouer dans leur zone. Notre gardien a aussi fait un gros boulot pour nous laisser dans le match. Le deuxième but, marqué par les jeunes, était très important. C’est à souligner, tous les joueurs se sont impliqués. J’étais en finale en 2009 déjà. La Ligue Magnus est quelque chose d’énorme à gagner mais la coupe de France reste aussi très particulière pour nous. On sait qu’il y a la finale à Bercy, c’est un jour très important pour le hockey français. C’est beau d’y aller, je suis très heureux. »
Grenoble – Dijon 4-0 (1-0, 1-0, 2-0).
Mardi 8 décembre 2015 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2900 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Laurent Garbay assistés de Guillaume Gielly et Frédéric Peuriere
Pénalités : Grenoble 16′ (2’, 6’, 8’), Dijon 10′ (4’, 4’, 2’)
Tirs cadrés : Grenoble 55 (16, 27, 12), Dijon 35 (10, 7, 18)
Évolution du score :
1-0 à 17’04 » : Labrecque assisté de Chouinard et Gauthier (sup. num.)
2-0 à 30’11 » : Lamirault assisté de Bisaillon et Lamboley
3-0 à 53’33 » : Labrecque assisté de Chouinard et Favarin (inf. num.)
4-0 à 55’31 » : Chouinard assisté de Perret et Labrecque
Grenoble
Attaquants :
Eric Chouinard (C) – Dave Labrecque – Jordann Perret
Sébastien Thinel – Christophe Tartari (A) – Julien Baylacq
Petr Kalus (4’) – Sébastien Gauthier – Danick Bouchard (2’)
Robin Lamboley – Romain Chapuis – Aubin Lamirault
Défenseurs :
Jonathan Harty (4’) – Sébastien Bisaillon (A) (2’)
Ryan Barlock (4’) – Quentin Scolari
Jakob Milovanovic – Nicolas Favarin
Gardien :
Ervīns Muštukovs
Remplaçants : Victor Goy (G), Hugo Blum, Arnaud Faure. Absents : Stéphane Gervais (surnuméraire), Julien Guillaume (équipe de France U20), Arthur Montenoise (équipe de France U20)
Dijon
Attaquants :
Romain Gutierrez (A) – Jared Brown – Yanick Riendeau (A) (2’)
William Wallén – Mathieu Briand – Marek Maslonka (2’)
Alexandre Mulle – Brian McMillin – Loïc Charbert (2’)
Benoît Valier – Aram Kevorkian – Bastien Lardière
Défenseurs :
Dallas Ehrhardt (2’) – Benoît Quessandier (C) (2’)
Arnaud Lazzaroni – Marek Kolba
Thomas Roussel – Filip Björk
Gardien :
Matija Pintaric
Remplaçants : Pierre Pawelek (G), Maxime Ritz. Absent : Quentin Mahier








































