En pensant à demain
La saison régulière s’achève comme elle avait débuté : par un duel spinalo-lyonnais. Un rendez-vous particulier pour Benjamin Breault et Maxime Ouimet, de retour à Poissompré sous des couleurs qu’ils ne défendaient pas le 19 septembre dernier. Les deux Québécois n’étaient en effet pas lyonnais lors du match aller, remporté (5-4) par les coéquipiers d’un Mitja Šivic sorti lourdement blessé.

Le LHC devait en effet compenser plusieurs pertes, dont celle de Mitja Šivic qui a vu sa saison se terminer dès la première journée. Victime d’une fracture ouverte du bras gauche (qu’il dit avoir été brisé dès le cross-check de Klouček), le Slovène a tout de même remis le pied à l’étrier en acceptant d’assurer l’après-Dusseau (en attendant peut-être Philippe Bozon, fortement pressenti pour devenir le prochain entraîneur des Lions).
Mais si le Boz’ veut reprendre en main les Rhodaniens, ceux-ci devront assurer leur maintien. Une mission compliquée, bien éloignée de ce qui attend les Spinaliens, dont l’incroyable saison peut se résumer à une irrésistible ascension. On était pourtant loin d’imaginer, en fin d’été, que ces Gamyo se hisseraient aussi haut. Qu’ils feraient preuve d’une telle régularité dans le sillage d’un Andrej Hočevar n’ayant jamais cessé d’évoluer à son meilleur niveau…
Rien n’a donc pu entraver la bonne marche des Vosgiens. Pas même les rares absences de leur gardien numéro un, toujours relativisées par un Lucas Savoye répondant systématiquement présent. Comme ce fut le cas cette semaine à Gap et Briançon, où l’intéressé profita de la mise au repos d’Hočevar (qui traînait un gros mal de dos depuis le match de Bordeaux) pour démontrer l’étendue de sa fiabilité. Le Gapençais a aidé ses coéquipiers à ramener les points suffisants pour reprendre une deuxième place momentanément laissée aux Ducs d’Angers.

Le pressing exercé d’entrée par les Lions est donc resté sans effet. Les Spinaliens, sérieux et appliqués, déploient un jeu qu’ils ne manquent jamais d’accélérer, forts d’attaquants arrivant le plus souvent lancés. Se trouvant très facilement, les Gamyo n’ont donc aucun mal à se montrer menaçants. Ken Ograjenšek trouve ainsi Matthieu Le Blond en très bonne position, sans que ce dernier ne parvienne à finaliser son action (02’32 »). L’attaquant-défensif bute sur Macrez, qui voit le danger tardivement s’éloigner. Une menace longtemps étrangère à Andrej Hočevar, pas inquiété jusqu’à ce palet envoyé derrière sa cage, qu’il ne pourra contrôler. Vikhaël Tô-Landry, venu forechecker, gratte alors la rondelle, qu’il remet sur Conor O’Donnell. Une passe finalement coupée par un Maxime Moisand s’étant parfaitement replacé au premier poteau (05’18 »).

Si l’ICE contrôle les opérations, Lyon monte tout de même certaines capacités de réaction. Un puck ressorti par Breault contre la bande permet d’ailleurs à Lebey de s’échapper sur le côté, créant un surnombre lui permettant de décaler Breault au second poteau. L’ancien spinalien décoche une reprise qu’Hočevar dévie du bouclier (08’27 »). Un nouvel avertissement sans frais pour les Gamyo, qui repartent aussitôt à l’assaut. Et après dix minutes de jeu sans temps morts, une première pénalité est appelée sur un coup dispensé par Jules Breton à l’encontre d’un Anže Kuralt s’étant approché un peu trop près du portier (10’00 »).

Un relâchement coupable
Les Lions, s’ils n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent, n’en restent pas moins appliqués dans leur échec-avant, ce qui n’est pas sans causer quelques revirements. Un palet perdu en sortie de zone profite ainsi à Tô-Landry, parti en deux-contre-un mais contraint, devant la ligne de passe coupée, de tenter sa chance dans un angle trop fermé (12’55 »). Mais presser très haut ne suffit pas toujours à mettre le défenseur en difficulté. Surtout lorsqu’il s’agit de Vojtěch Kloz, passé maître dans l’art de conserver le palet. Il sera d’ailleurs impossible à Julien Lebey de lui subtiliser, ce qui va permettre au Tchèque de très proprement relancer. Une première passe aux allures de rampe de lancement pour Hordelalay, qui va accélérer sur le côté avant d’enrhumer Styf et d’adresser un tir trop croisé (14’01 »).

Se rattrapant in-extremis d’une relance ratée récupérée par Tô-Landry (17’44 »), Moisand tente alors de redonner un second souffle à ses coéquipiers. Un exemple suivi par Sabatier, qui arrive lancé pour mieux dribbler Tomko, sans pour autant réussir à viser autre chose que le plastron de Macrez (17’08 »). Anthony Rapenne, servi dans la profondeur, poussant lui un peu trop son palet, ce qui force Landry Macrez à dégager en catastrophe par-dessus son banc (18’51 »).
À trop jouer avec le feu, les Gamyo ont donc fini par se brûler. En laissant aux Lions autant d’occasion d’espérer, ils se sont mis en difficulté. Mais on pouvait compter sur Stéphane Barin pour les remettre dans le droit chemin.

Une accélération décisive
Les Gamyo tiennent leur proie. Et ils ne vont plus la lâcher. Tomko voit sa relance interceptée en zone neutre par Hordelalay, qui avait suffisamment anticipé pour damer le pion à Tô-Landry. Une récupération suivie d’une deux-contre-un rondement mené par cette « fusée sur patins », qui décale parfaitement un Ograjenšek n’ayant plus qu’à s’en aller glisser la rondelle sous la jambière du portier (3-1 à 23’47 »).
Touchés, les Lions sont quasiment coulés. On en vient même à penser que la faute de Jules Breton (qui a fait trébucher Fujerik, 24’04 ») va définitivement les envoyer par le fond. Mais c’était sans compter sur la faculté qu’à le LHC à faire bloc devant son portier en infériorité. Le jeu de puissance vosgien, organisé en « parapluie » (avec Plch, Sušanj et Ograjenšek déployés devant la bleue), ne trouve aucune solution dans une enclave bien verrouillée.
S’ils n’y arrivent pas sur jeu placé, les « orange » sont en revanche beaucoup dangereux quand leur est donnée la possibilité de contre-attaquer. C’est d’autant plus vrai qu’Hočevar répond présent sur les rares lancers lyonnais.

Profitant d’une défense passablement démobilisée, Ján Plch va ensuite faire parler ses poignets, non sans s’être habilement joué de Jules Breton. Le vétéran slovaque, arrivé lancé, parachève son action d’un superbe tir croisé à mi-hauteur… pour le plus grand bonheur de Poissompré (5-1 à 28’11 ») !
Il n’y a dès lors plus qu’une équipe sur la glace. Les Lyonnais, dépassés quand le jeu tend à s’accélérer, ont totalement perdu pied, à l’instar d’un Landry Macrez totalement dépité. Mais s’il n’est visiblement pas question pour les Lions de changer leur portier, Stéphane Barin ne va lui pas manquer de faire partager la garde du filet. Lucas Savoye remplace comme prévu Andrej Hočevar au beau milieu (29’38 ») d’un match devenu sans enjeu, mais pas totalement dénué d’intérêt. Les Gamyo, loin de se reposer sur leurs lauriers, continuent à se montrer menaçants en enchaînant les bons mouvements. Comme cette accélération d’Hordelalay libérant Ograjenšek sur le côté, qui va temporiser avant d’expédier un tir un peu trop écrasé sur la base du montant (31’42 »).

Une simple formalité
Menant largement, les locaux peuvent envisager sereinement la suite des événements. Au retour des vestiaires, une longue de relance de Custosse destinée à Langelier-Parent est interceptée par Vinatier, qui déclenche un gros lancer (40’16 »). Ce slap termine dans la mitaine de Macrez, presque autant sollicité que son homologue spinalien en ces tous premiers instants du troisième tiers-temps. O’Donnell trouve la botte de Savoye (41’34 ») avant de voir Klimíček lui couper, sous le nez, une bonne passe de Metais (42’05 »).

Tendant bien sa botte sur un palet remisé par Galbraith sur Metais (oublié dans le slot, 48’46 »), Savoye veille au grain, ce qui accentue la confiance de ses coéquipiers. Lesquels ont toujours autant d’espaces à exploiter. Lancé par Sušanj, Peca en vient même à s’échapper, sans que sa tentative du revers ne trompe la vigilance d’Ouimet, bien placé (49’02 »). Une action durant laquelle O’Donnell s’est rendu coupable d’un cinglage, ce qui lui vaut d’être pénalisé. Une faute permettant aux Spinaliens de capitalise. Fujerik, ligne de fond, remise en direction d’Ograjenšek, excentré sur le côté droit, qui reprend sans contrôler. Le Slovène complète son triplé, d’un one timer à mi-hauteur, côté fermé (6-1 à 49’38 »).

Pas de quoi gâcher la fête à Poissompré, où l’on savoure pleinement les derniers instants d’une extraordinaire saison régulière. Un tir sur la barre de Matthieu Le Blond (parfaitement décalé par ce diable d’Hordelalay, 57’46 »), une ultime pénalité (Galbraith pour dureté, 58’03 ») avant que les traditionnelles poignées de main ne soient échangées.
Un moment fort en émotion pour Maxime Ouimet, admiratif (et aussi quelque peu envieux) de l’exceptionnel parcours réalisé par ses anciens coéquipiers. Des Spinaliens qui auraient tout simplement terminé premiers sans ce retrait de trois points prononcé par les instances fédérales le 10 octobre dernier…
Véritable machine à gagner, intraitable à domicile (avec douze succès en treize matchs) et solide à l’extérieur (avec neuf victoires, dont quatre en prolongation), la meilleure défense du championnat a fait forte impression durant les six premiers mois de compétition. Mais avec les play-offs commence une nouvelle saison…
Épinal – Lyon 6-2 (1-1, 4-0, 1-1)
Samedi 6 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1688 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté d’Anne-Sophie Boniface et Joris Barcelo.
Pénalités : Épinal 0’ (0’, 0’, 0’) ; Lyon 10’ (2’, 4’, 4’).
Tirs : Épinal 30 (11,9, 10) ; Lyon 24 (9, 9, 6).
Évolution du score :
1-0 à 01’58 » : Kuralt assisté de Cacciotti et Sabatier
1-1 à 16’44 » : Galbraith assisté de Benoît
2-1 à 22’46 » : Kuralt assisté de Klimíček et Cacciotti
3-1 à 23’47 » : Ograjenšek assisté d’Hordelalay et Sušanj
4-1 à 27’53 » : Ograjenšek assisté d’Hordelalay et Le Blond
5-1 à 28’11 » : Plch assisté de Rapenne et Hočevar
6-1 à 49’38 » : Ograjenšek assisté de Fujerik et Plch (sup. num.)
6-2 à 53’55 » : Tô-Landry assisté de O’Donnell et Ouimet
Épinal
Attaquants :
Dorian Peca – Hugo Vinatier – Yannick Offret (A)
Anthony Rapenne – Dominik Fujerik – Ján Plch (A)
Anže Kuralt – Florian Sabatier – Steven Cacciotti (C)
Pierre-Charles Hordelalay – Matthieu Le Blond – Ken Ograjenšek
Maxime Martin [à partir de 48’]
Défenseurs :
Maxime Moisand – Tomáš Klouček
Jiří Klimíček – Vojtěch Kloz
Gašper Sušanj – Thibaut Farina
Martin Charpentier
Gardiens :
Andrej Hočevar, puis Lucas Savoye à 29’38 »
Lyon
Attaquants :
Julien Lebey – Jonathan Laberge (C) – Benjamin Breault
Conor O’Donnell – Maxime Langelier-Parent (A) – Vikhaël Tô-Landry
Julien Correia – Loup Benoît – Eric Galbraith
Damien Bourguignon – Victor Vitton-Méa – Fabien Metais
Défenseurs :
Oliver Styf – Slavomír Tomko
Maxime Ouimet – Cédric Custosse
Jules Breton (A) – Johan Burlin
Nicolas Lehericey
Gardien :
Landry Macrez
Remplaçants : Tommi Virtanen (G), Thomas Lapointe.








































