Du dessert en entrée !
Soir de première à Poissompré, où s’ouvre une saison s’annonçant riche en émotions. Six mois de compétition acharnée, déclinés en quarante-quatre journées menées à un rythme effréné. L’élite du hockey français, décidée à réformer son calendrier, a repris cette formule en double aller-retour usitée, depuis de longues années, dans de nombreux championnats étrangers.

Les Vosgiens savent donc à quoi s’attendre des Alpins. Mais n’allez pas imaginer que ce résultat (obtenu lors du tournoi niçois) soit une garantie de succès. Les Pionniers, fruits de la fusion du HCMAG et du CHC, se veulent forcément revanchards ; eux qui portent fièrement l’étendard haut-savoyard.
Des couleurs qu’ils aimeraient hisser dans le haut du tableau, forts d’une ossature chamonio-morzinoise préservée (autour du capitaine Clément Masson et des frères Besson) et du renfort d’étrangers solidement référencés. Du buteur américain Luke Moffatt (si prolifique ces deux dernières années sur les glaces norvégiennes et italiennes) au « revenant » Carl Hudson, qui avait fait apprécier ses qualités de « cannonier » lors de son premier passage dans le Chablais (en 2013/14).

Purgeant le premier de ses quatre matchs de suspension (suite à son expulsion contre Angers en mars dernier), Tomáš Klouček doit lui aussi ronger son frein.
Le handicap paraît donc moins lourd côté alpin, où seuls le défenseur Vladimir Lukacik et l’ailier Johan Saint-André font défaut à Stéphane Gros. Mais jamais les Gamyo n’auront renvoyé l’image d’une formation diminuée. Les Pionniers, fébriles et pas toujours très inspirés, se sont montrés tout bonnement incapables de les bousculer.
Une logique respectée
Solides derrière et présents devant, les Spinaliens ont donc réussi leur entrée en montrant beaucoup d’envie et d’engagement (ce qui n’a pas toujours été le cas ces derniers temps). Marquer n’aura pourtant pas été chose aisée durant ce premier tiers très rythmé, animé par deux équipes patinant d’arrache-pied. La suprématie des Gamyo s’est pourtant rapidement établie, sans que cette domination n’accouche d’énormes occasions. Un palet perdu par Pierre Schmitt au profit de Steven Cacciotti aurait pourtant pu lancer la partie. Mais c’était sans compter sur la mitaine de Missiaen, bien sur ses appuis (02’20 »).

Une obstruction de Théo Lanvers à l’encontre de Pierre-Charles Hordelalay (10’12 ») n’apporte rien de concret en dépit des efforts déployés par un Danick Bouchard aussi virevoltant qu’à l’accoutumée. Dominik Fujerik signe la seule frappe cadrée (11e) d’un jeu de puissance ayant passé la dernière minute de cette supériorité à vainement tenter de se ré-installer…
Sur cette lancée, les Gamyo vont pourtant persévérer. Le danger se précisant jusqu’à cette récupération de Bouchard, qui tentersa chance en angle fermé. Une tentative revenant sous forme de rebond dans la palette d’un Romain Chapuis n’ayant plus qu’à la mettre au fond. Mais c’est sans compter sur la réactivité d’un Missiaen parvenant, on ne sait comment, à capter cette reprise dans sa mitaine (14’28 »). Un arrêt venu d’ailleurs, suivi d’une autre intervention décisive réussie aux dépens d’un Florian Sabatier s’étant présenté à lui (14’59 »).

Une longue passe transversale tentée par Florian Sabatier se voit interceptée par Peter Holečko. Le grand attaquant poursuit son effort avant d’armer son lancer. Une frappe non cadrée (car légèrement déviée) récupérée par Peter Hrehorčák, qui se remet face à la cage pour déclencher un tir appuyé s’écrasant sur la barre d’un Andrej Hočevar totalement impuissant (19’16 »).
Les Gamyo auraient donc pu rentrer aux vestiaires en étant menés. Mais ce sont eux qui prendront finalement les devants. Tout partant d’un revirement profitant à Homjakovs, qui aura vainement tenté de passer Sušanj en un-contre-un. Le solide arrière slovène remporte son duel, pour mieux lancer un Pierre-Charles Hordelalay s’échappant sur le côté. Cet ailier explosif à souhait nous gratifie, ensuite, d’un de ces revers dont il a le secret en repiquant vers la cage pour habilement lever son palet par-dessus le bouclier (1-0 à 19’35 »).

Florian Sabatier va lui aussi se signaler d’un rapide déboulé très intelligemment mené. L’ex-Rémois laisse Jalbert glisser au premier poteau pour mieux servir Arrossamena à l’opposé. Seulement voilà, la passe en retrait de Sabatier n’est pas suffisamment bien ajustée, empêchant le nouveau capitaine spinalien d’en profiter (22’05 »). Fujerik se charge ensuite de transpercer la défense, d’une entrée en zone parachevée d’un tir puissant, mais non cadré (24’02 »).
Dépassés quand le jeu tend à s’accélérer, les Pionniers – qui perdent un nombre incalculable de palets – se retrouvent bientôt en infériorité (sur un cross-check d’Homjakovs, 24’15 »). Une situation plutôt bien gérée. Le powerplay vosgien ne donne rien de bon… jusqu’à ce qu’il trouve subitement l’illumination ! Fujerik, sur jeu placé, sert Bouchard en retrait, qui reprend sans contrôler. Un one-timer surpuissant, mais non cadré, qui frappe la balustrade pour mieux revenir sur un Dominik Fujerik ayant parfaitement suivi le mouvement (2-0 à 25’31 »).

Touchés, les Pionniers semblent alors à deux doigts de couler. K-O debout, ils en perdent leur hockey. Clément Colombin envoie même le palet directement sur Florian Sabatier, alors qu’un changement de ligne était en train de s’opérer sur son banc. Une offrande aussitôt mise à profit, sans qu’Arrossamena, pourtant bien servi en retrait, ne puisse cadrer (29’01 »).
Vu la tournure des événements (et constatant qu’aucun sentiment de révolte n’anime ses troupes), Stéphane Gros entreprend de les remobiliser au moyen d’un temps-mort faisant rapidement son effet. Un nouvel allant anime subitement les « rouge et blanc », sous l’impulsion d’un Ville Ahlgren voyant sa frappe croisée échapper à la mitaine d’Andrej Hočevar… pour s’échouer sur le montant opposé (30’32 ») !

Cette faute sera pourtant bien utile à ses coéquipiers. La pénalité s’annule rapidement après une passe en retrait mal contrôlée par Kloz, contraint de faire obstruction sur un Homjakovs menaçant de contre-attaquer (34’08 »). Les deux formations se neutralisent jusqu’à ce que Chamonix-Morzine revienne au complet, pour une supériorité rapidement abrégée. Un slap non cadré d’Aleksandrs Galkins est récupéré par Luke Moffatt, qui temporise sur le côté. L’Américain, voyant Jalbert arriver dans le dos de la défense, choisit alors de renverser le jeu. Son centre précis trouve bien le Canadien mais celui-ci rate son contrôle, ce qui surprend Hočevar. La rondelle glisse au ras de son montant droit (3-1 à 35’52 »)…
Ce n’est alors plus tout à fait le même match. Les visiteurs, ragaillardis, entretiennent l’espoir d’une possible remontée. Mais un terrible coup de massue va leur être asséné. Une énième récupération de Gašper Sušanj derrière sa cage sert de rampe de lancement à Steven Cacciotti, qui s’échappe sur le côté droit. L’Italo-canadien, sitôt l’entrée en zone effectuée, sert Arrossamena à l’intérieur, qui voit sa tentative repoussée. Jiří Klimíček s’empresse d’exploiter ce rebond… pour enfin débloquer son compteur (4-1 à 38’33 ») !

Mais force est de constater qu’avant cette intervention, ses nouveaux coéquipiers ont eu plus d’une occasion de corser l’addition. Romain Gutierrez a notamment profité d’une belle remise d’Anthony Rapenne pour faire parler ses poignets. Une tentative terminant dans la mitaine de Missiaen (43’05 »), qui remet ça devant un Arrossamena parvenu à s’engouffrer dans la brèche ouverte par Sabatier (45’27 »). Autant d’opportunités que les Pionniers, très poussifs, n’auront su se créer. Seul Peter Hrehorčák a paru en mesure de marquer. Un but se refusant décidément au jeune ailier slovaque (parfait homonyme de son père, ancien défenseur de Nantes, Tours, Chamonix et du Mont-Blanc)… qui verra encore sa frappe croisée faire poteau sortant (50’37 ») !

Ce dernier baroud d’honneur des Pionniers ne change pas l’issue de cette soirée, bien maîtrisée par des Gamyo ayant laissé entrevoir de belles possibilités (tout en étant diminués par les absences de Soudek, Scalzo et Klouček). Forcément encourageant pour la suite des événements…
Épinal – Chamonix-Morzine 6-1 (1-0, 3-1, 2-0)
Mardi 13 septembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart, assisté de David Courgeon et Joris Barcelo.
Pénalités : Épinal 2’ (0’, 2’, 0’) ; Chamonix-Morzine 18’ (4’ + 10’, 4’, 0’).
Tirs : Épinal 29 (11, 9, 9) ; Chamonix-Morzine 24 (10, 6, 8)
Évolution du score :
1-0 à 19’35 » : Hordelalay assisté de Le Blond et Klimíček
2-0 à 25’31 » : Fujerik assisté de Bouchard (sup. num.)
3-0 à 27’53 » : Bouchard assisté de Chapuis
3-1 à 35’52 » : Jalbert assisté de Moffatt et Galkins (sup. num.)
4-1 à 38’33 » : Klimíček assisté d’Arrossamena et Cacciotti
5-1 à 54’34 » : Fujerik assisté de Martin
6-1 à 56’46 » : Vinatier assisté de Sušanj et Hordelalay
Épinal
Attaquants :
Anthony Rapenne – Dominik Fujerik – Romain Gutierrez
Romain Chapuis – Alexandre Mulle – Danick Bouchard
Steven Cacciotti (A) – Florian Sabatier – Nicolas Arrossamena (C)
Matthieu Le Blond (A) – Hugo Vinatier – Pierre-Charles Hordelalay
Maxime Martin
Défenseurs :
Martin Charpentier – Vojtěch Kloz
Jiří Klimíček – Gašper Sušanj
Arnaud Faure
Gardien :
Andrej Hočevar.
Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absents : Tomáš Klouček (suspendu), Mario Scalzo et Robin Soudek (en attente de licence).
Chamonix-Morzine
Attaquants :
Josselin Besson – Clément Masson (C) – Pierre-Antoine Devin
Luke Moffatt – Iivo Hokkanen – Ville Ahlgren
Pierre Schmitt – Edgars Homjakovs – Arnaud Hascoët
Peter Hrehorčák Jr – Peter Holečko – Lou Bogdanoff
Défenseurs :
Numa Besson – Carl Hudson
Kyle Haines – Clément Colombin
Dominic Jalbert – Aleksandrs Galkins
Théo Lanvers
Gardien :
Jason Missiaen
Remplaçant : Jimmy Darier (G). Absents : Vladimir Lukacik (retour de blessure), Johan Saint-André (retour de blessure).







































