Dunkerque – Anglet (Division 1, 20e journée)

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Surprise du week-end dernier avec sa seule victoire de la saison à l’extérieur, Dunkerque a redonné un peu de baume au cœur de ses supporters, venus en nombre en Touraine malgré un contexte sportif morose. Les play-offs ne sont qu’un lointain objectif de début de saison, et si mathématiquement rien n’est fini, la qualification relèverait d’un concours de circonstances improbable. D’autant qu’en Touraine le HGD a laissé des plumes, perdant son portier Marc-André Martel, touché aux adducteurs et suppléé ce soir par le fidèle Pierrick Boudot.

 
La situation est évidemment toute autre du côté de l’Hormadi, à l’affût du trio de tête et tout juste auréolé d’un large succès sur les autres Corsaires, ceux de Nantes. L’effectif basque est au complet et ne tarde pas à compliquer l’entrée en matière du préposé à la cage nordiste. Budínský en prison pour accrocher, l’ancien de la maison Mathieu Cyr n’a aucune peine à trouver devant lui Thomas Decock, déconcertant de facilité pour ouvrir le score du revers sur le premier lancer de la soirée (01’27″) et porter à cinq sa série de matchs agrémentés d’un but. L’ancien Dijonnais occasionne une nouvelle frayeur dans les secondes suivantes, décochant un lancer en angle repoussé avec tracas.
 
L’Hormadi, très à l’aise dans la relance, ne courbe l’échine que par intermittences, dues le plus souvent à des pertes de palet évitables. Un surnombre place les locaux en supériorité, séquence au cours de laquelle des transmissions défaillantes freinent tout début de rébellion, Vit  Budínský étant contraint de lancer dès l’entrée de zone pour réchauffer Puurula, un peu plus en danger sur la passe trnasversale soudaine de Marek Mikusovic vers Ballet, déjoué du bâton par le Finlandais. Le capitaine maritime est moins inspiré lorsqu’il oublie le palet à sa ligne bleue, voyant Mathieu André partir en échappée buter sur Boudot. Celui-ci, auteur d’une parade du bouclier devant Brenton, infiltré, remporte un autre duel, face à Decock, au pressing sur Lafrance.
 
Courroucé par ce qu’il estime être une faute de Mikusovic, Olivier Dimet, réprimandé, place involontairement les siens en position inconfortable. Jakub Barton, auteur auparavant d’une belle série de dribbles derrière le but adverse, en profite pour armer un lancer frôlant le cadre. L’infériorité ne dure pas, car Brenton lancé par Ladonne subit la faute de Ballet. Le jeu à quatre ne profite pas aux virtuoses angloys, une passe ratée de Lévesque étant récupérée par Rudi Matima, auteur d’un boulet de canon intercepté du gant, puis Brendan Martial renverse Styf dans le coin pour s’ouvrir une brèche à son tour.
 
Au complet, Anglet confirme cependant les pronostics initiaux. Un lancer à la ligne bleue de Prokop est repoussé en catastrophe par Boudot, au sol et non soulagé par ses arrières, Matthieu Vissio rôdant opportunément (0-2 à 16’58″), puis une contre-attaque menée à gauche par Lévesque est parfaitement conclue devant le but par Benoît Ladonne (0-3 à 18’41″).
 
Un tir dévié de Mikusovic heurtant le poteau juste avant un raté de Moretti, les Corsaires regagnent le vestiaire dans la torpeur et leur situation ne semble pas s’améliorer au deuxième acte. Deux relances manquées et la nervosité grandissante de Mikusovic, d’ordinaire si précieux à l’attaque, sont à peine contrebalancées par une feinte du Biélorusse Dalidovich aux dépens de Puurula, secouru par une faute de Neyens. La supériorité, hormis un essai de Young à travers l’écran du grand centre slovaque, ne donne rien de probant. La pénalité tuée, et malgré un Baubriau au sol, c’est même Anglet qui monopolise le palet et semble en avantage… Oliver Styf profite de la maîtrise basque pour s’immiscer dans la défense, et contourner une cage déplacée, par Boudot selon le corps arbitral. Le gardien dunkerquois répare cet accroc avec brio : Baubriau de volée, le patient Lévesque d’un lancer balayé puis d’un tir en force détourné au-dessus de la cage butent tour à tour. La punition à l’encontre de Marek Mikusovic, très remonté envers Matthieu Vissio, est de trop ; Xavier Daramy voit sa reprise déviée et filer à ras glace au fond des filets (0-4 à 28’55″).
 
La suite du tiers est très avare d’envolées, entre des visiteurs attachés à gérer leur large avance et un HGD à la recherche de solutions, jusqu’à un rare tir dangereux, vers la lucarne, de Dalidovich. Les hommes d’Antoine Richer reprendront même le jeu à quatre, car Marek Mikusovic est à nouveau sanctionné, cette fois d’un retard de jeu dans le rond-point d’engagement. Une reprise d’autant plus difficile qu’un lancer d’Oliver Styf heurte le casque de Pierrick Boudot, un temps sonné et à la recherche de la rondelle suite à une accélération de la paire Daramy-Decock. Masqué, le gardien cède une cinquième fois, sur un tir de Gabriel Lévesque de la bleue (0-5 à 43’44″).
 
On dit qu’Dunkerque est mort…
 
Dès lors, le moral est au plus bas dans des travées réduites à la sinistrose, hormis le groupe localisé à l’extrémité des tribunes, avide de poursuivre les encouragements. Olivier Dimet estime la situation idéale pour offrir du temps de jeu à Olivier Richard, jusqu’ici utilisé à quatre reprises, dans une fin de rencontre en roue libre. A priori…
 
La dangereuse paire Budínský – Mikusovic, peu en réussite depuis quarante minutes, souhaite la bienvenue au nouvel entrant, sur deux actions comparables, une passe de l’arrière de la cage reprise sans contrôle au cœur d’une défense prise de vitesse, d’abord par le Slovaque (1-5 à 48’05″), ensuite par le Tchèque (2-5 à 49’35″). Et les travées d’entonner l’un des chants du Carnaval naissant en ce début d’année : « On dit qu’Dunkerque est mort… est mort et enterré… C’est pas vrai ! » au moment où Olivier Dimet profite d’un temps-mort pour remobiliser des troupes moins sereines.
 
Message entendu par Alexandre Labonté, auteur d’une salve déviée au-dessus du plexi par Boudot, par ailleurs impeccable face à Mathieu André, parti en contre avec Cyr. Entre-temps, Raffoux a eu l’occasion de conspuer le trio arbitral sur une action pour le moins confuse, ponctuée d’un but refusé à Loïc Destoop : à l’origine de l’action, le gardien nordiste, touché à la tête, en perd son casque et le replace sous le regard de l’arbitre, qui tarde à siffler, alors que le numéro 22 local pénètre dans la zone. Les protestations de Brendan Martial et Francis Ballet n’y changent rien. À peine ralenti, le navire corsaire poursuit sa marche en avant. Janik plus vif que Neyens le long de la balustrade repique vers le centre et tente de faire passer le caoutchouc sous Richard, étendu au sol et nullement surpris par un tir sur mise au jeu de Dubé.
 
Désormais aligné aux côtés des deux têtes d’affiche Budínský et Mikusovic, Rudy Matima perturbe par sa mobilité et sa vitesse d’exécution une arrière-garde moins en verve. Isolé par une longue passe de Ballet, l’Amiénois patiente sur la droite et centre avec précision vers Vit Budínský, tranquille à la conclusion pour renvoyer Richard au banc (3-5 à 55’21″). Et lorsque le Tchèque rend la pareille au jeune Gothique trente secondes plus tard, l’ambiance devient surréaliste (4-5 à 55’51″).
 
Avec quatre minutes à faire, tous les espoirs sont désormais permis. Avant d’envisager sa sortie prématurée, Pierrick Boudot doit capter un essai de Mathieu Pons. Une prise de risque qui aurait même pu être évitée car Maxime Brachet slalome dans la défense, feinte Puurula mais ne parvient pas à trouver le cadre. Une relance de Ballet se terminant en dégagement interdit, Antoine Richer doit patienter jusqu’aux cinquante dernières secondes pour jouer son va-tout.
 
Laps de temps finalement trop court, Anglet se recroqueville et épargne son portier finlandais Puurula au cours d’une fin de match intense. Avides de jouer avec leurs nerfs et très fair-play au coup de sifflet final envers le public local, les joueurs de l’Hormadi signent leur troisième court succès de suite à l’extérieur, leur permettant de préserver leurs espoirs de podium. Quant aux Corsaires, à défaut de points, ils ont su offrir à leurs partisans une troisième période débridée et spectaculaire, à quelques jours d’un déplacement périlleux à Briançon.
 
Commentaires d’après-match
 
Antoine Richer (entraîneur de Dunkerque) : « Il fallait être solide défensivement, on a eu deux-trois moments de panique devant notre cage, avant de réussir à être en place et plus serein. Pierrick a réussi plusieurs arrêts au premier tiers, mais sur un moment de panique on joue la crosse et non le physique alors qu’il a le palet sous sa jambière. Les joueurs ont toutefois continué à travailler par la suite et cela a souri. À 5-0 Anglet est solide, mais on a été capable de s’engager physiquement, de marquer de bons buts. L’équipe vient de faire trois bons matchs et de réussir offensivement. Plus globalement il faut être plus solide derrière car en prenant 5 buts il est difficile d’espérer. Pour la fin de saison, il faut continuer à travailler pour gagner et se montrer solide. Ce soir on perd peut-être un point, qui aurait pu nous permettre d’espérer quelque chose. Il faut travailler en équipe jusqu’au bout. »
 
 
Dunkerque – Anglet 4-5 (0-3, 0-1, 4-1).
Samedi 21 janvier 2017 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 542 spectateurs.
Arbitrage de Pierre Dehaen assisté d’Aurélien Smeeckaert et de Samuel Fessier.
Pénalités : Dunkerque 10′ (4’, 6′, 0′), Anglet 16′ (4′, 2’+10′, 0′).
Tirs : Dunkerque 28 (10, 5, 13), Anglet 35 (13, 10, 12).
 
Évolution du score :
0-1 à 01’27″ : Decock assisté de Cyr et Baubriau (sup. num.)
0-2 à 16’58″ : Vissio assisté de Brenton et Prokop
0-3 à 18’41″ : Ladonne assisté de Lévesque et Labonté
0-4 à 28’55″ : Daramy assisté de Grenier (sup. num.)
0-5 à 43’44″ : Lévesque assisté de Poudrier et Baubriau
1-5 à 48’05″ : Mikusovic assisté de Budínský et Ballet
2-5 à 49’35″ : Budínský assisté de Mikusovic
3-5 à 55’21″ : Budínský assisté de Mikusovic et Ballet
4-5 à 55’51″ : Matima assisté de Budínský et Lafrance
 
 
Dunkerque
 
Attaquants :
Brendan Martial- Loïc Destoop – Antoine Houque
François Moretti [Matima au troisième tiers-temps] – Marek Mikusovic (A) – Vit Budínský
Denis Dalidovich – Joé Dubé –  Maxime Brachet
Younes Baazzi – Will Laking – Victor Théry
Rudy Matima
 
Défenseurs :
Jonathan Lafrance (A) – Antoine Houque
Adam Young – Francis Ballet (C)
Jakub Barton – Ondrej Janik
Axel Prissaint
 
Gardien : Pierrick Boudot (sorti à 59’15″)
 
Remplaçant : Marc-André Martel (G). Absents : Clément Thomas (blessé, saison terminée), Benjamin Bataille (arrêt), Matteo Toneatto.
 
Anglet
 
Attaquants :
Alexander Olsson (A) – Mathieu Cyr – Mathieu André
Florent Neyens – Xavier Daramy (C) – Thomas Decock (A)
Alexandre Labonté – Gabriel Levesque – Loïk Poudrier
Nicolas Thos – Matthieu Vissio – Matthew Brenton
Benoît Ladonne
 
Défenseurs :
Kevin Maso – Dave Grenier
 Thomas Baubriau – Oliver Styf
Mathieu Pons – Patrik Prokop
 
Gardien : Joni Puurula (Olivier Richard de 47’59 » à 55’21″).

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