Suède : l’heure du renouveau ?

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Le championnat suédois connaît un petit bouleversement dans sa hiérarchie alors que les demi-finales de SHL ont débuté.

thumb 640Samedi 1er avril 2017, Jönköping : début de la demi-finale HV71 – Malmö. À cette annonce, il y a encore plusieurs mois, les Suédois auraient pu croire à un poisson d’avril. Ces six dernières années, le HV71 a chuté systématiquement en quart de finale. Mais le club de Jönköping a réussi une belle fin de saison régulière 2016-2017 avant d’enchaîner sur un balayage en quart face à Färjestad. Et que dire de Malmö, qui a croupi en Allsvenskan jusqu’en 2015. Vainqueur de Luleå en barrage, Malmö est ensuite parvenu à réaliser l’exploit d’évincer le vainqueur de la saison régulière, Växjö. 

Outre ces deux surprenants demi-finalistes, il faut préciser également la présence de Brynäs dans le dernier carré, stade de la compétition que n’avait plus atteint le club de Gävle depuis 2012, l’année de son dernier sacre. C’est Linköping qui s’est cassé les dents face au BIF et son gardien David Rautio, auteur de trois blanchissages dans cette série. Brynäs affronte en demi-finale Frölunda, champion en titre et bel et bien rescapé. Mais le club de Göteborg, en perte de vitesse avant les playoffs, a frôlé l’élimination en quart de finale, mené 1-3 dans la série face à Skellefteå. Les hommes de Roger Rönnberg ont finalement pu renverser la tendance et ainsi exclure Skellefteå, absent des demies pour la première fois ces neuf dernières années. Les temps changent.

Une carrière foudroyée, une autre révélée 

Une page se tourne incontestablement en SHL. La porte vers un nouveau souverain ? En tout cas, la ligue élite suédoise 2017-2018 hébergera un revenant : le Mora IK. Le MIK était parvenu à remporter la saison régulière puis la finale de l’Allsvenskan, s’offrant ainsi le droit de défier Leksand, la grand rival dalécarlien, pour un ticket en SHL. Et Mora a tenu le choc en battant Leksand en six manches, retrouvant l’élite après neuf ans d’absence.

Jeremy CollitonLa promotion en SHL était un objectif du club, objectif affiché par son président Åke Nordström d’ici 2019. Elle est finalement intervenue avec deux ans d’avance, en partie grâce à une belle histoire. Repêché au deuxième tour du repêchage NHL en 2003 par les Islanders de New York, le prometteur Jeremy Colliton avait une belle carrière toute tracée devant lui, avant qu’une vilaine blessure ne contrarie ses plans. En 2013, pour relancer sa carrière, le Canadien s’engage en Suède, à Mora, avec son compatriote Jonathan Harty, alors ex-Angevin et futur Grenoblois.

Mais sensible aux effets d’une commotion cérébrale, Jeremy Colliton, d’office désigné capitaine, ne disputera que trois matchs avec le MIK. Il doit mettre un terme à sa carrière de joueur à seulement 28 ans. Toutefois, un concours de circonstance va le faire rester en Dalécarlie. Lorsque le club se sépare de son entraîneur Patric Wener le 15 janvier 2014, les qualités de leader de Colliton deviennent une évidence pour le président de l’organisation, Peter Hermodsson. Le joueur est alors promu entraîneur en l’espace de quelques mois. 

C’est à ce moment que le Mora IK, pensionnaire du second échelon qui n’allait nulle part, allait entamer son ascension. Dès lors, les qualités de coaching de Colliton sont reconnues et le MIK devient un prétendant de plus en plus sérieux à la montée en élite. Trois ans et demi suffiront à l’ancien joueur des Islanders pour guider Mora vers une performance majeure. La douleur forçant une retraite prématurée de joueur a finalement fait naître un tacticien hors pair. Un dirigeant de 32 ans désormais très courtisé, pour le moment évasif quant à l’éventualité de rester en Dalécarlie.

MODOMODO de nouveau maître de la formation 

L’élite suédoise, MODO y était encore il y a un an avant de sombrer. Le club d’Örnsköldsvik s’était perdu dans une politique privilégiant des recrues nord-américaines dont peu avaient donné satisfaction, fragilisant sportivement et économiquement les fondations de l’organisation qui a entamé une chute vertigineuse. Le temps où MODO enfantait des diamants bruts comme Peter Forsberg, Markus Näslund, les frères Sedin ou Victor Hedman semblait si lointain. 

Pour entamer un nouveau cycle devant mener vers un retour en élite, la direction de l’équipe a alors décidé de se focaliser sur les fondamentaux : la formation. Et le travail paye puisque le week-end dernier, le MODO Hockey est devenu champion de Suède U18 samedi, puis champion U20 dimanche à l’issue d’une séance de fusillade épique face à Växjö puisque la décision s’est faite après les huitièmes essais. Un tel doublé U18 / U20 est historique dans l’histoire du club et semble annonciateur de jours meilleurs.

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