Brest – Dunkerque (Division 1, 15e journée)

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Les Albatros terminent l’année en leaders

La trêve de Noël est intervenue après un sixième succès consécutif pour les Albatros (5-1 face à Caen). Il est donc intéressant de se demander si elle coupe leur élan ou au contraire donne un repos bienvenu aux organismes. Toujours est-il que les mouvements se sont poursuivis jusqu’à la date limite des transactions pour les Bretons. La défense s’est retrouvée subitement décimée par la blessure pour la saison de Gaëtan Cannizzo (rupture du talon d’Achille) et les départs des cadres défensifs Christian Weidauer et Kyle Shapiro.

Pour pallier ces départs, le club a fait revenir Alan Dana et Aleksi Laine, déjà présents dans l’effectif l’an passé. Laine est accompagné d’un autre Finlandais, Niko Suoraniemi, qui connaît la Division 1 puisqu’il évoluait à Caen en 2016-2017. Il est néanmoins absent pour le match de ce soir. En attaque deux Canadiens ont été recrutés : Cullen Bradshaw (déjà présent lors du dernier match) et surtout Mike Vaskivuo qui avait été dominant en Ligue Magnus il y a cinq ans sous les couleurs de Grenoble. L’effectif devrait être enfin stabilisé après des mouvements pléthoriques malgré de bons résultats. Il permet surtout à Sylvain Codère d’aligner quatre blocs offensifs de haut niveau pour la Division 1.

Brest retrouve un adversaire lui aussi côtier avec la venue des Corsaires de Dunkerque. Les Nordistes ont connu une bonne séquence de quatre victoires entre fin octobre et début de novembre. Ils se sont installés dans le haut de tableau mais après des résultats plus difficiles en championnat avant la trêve (une victoire en quatre matchs) ils ont vu les poursuivants les rattraper. La zone hors play-offs n’est désormais qu’à deux points derrière. Mais les Dunkerquois ont montré qu’ils étaient toujours capables de belles prouesses avec une sortie la tête haute en Coupe de France (2-4) face à Bordeaux durant la trêve.

C’est sous une belle affluence de 1104 spectateurs que Jonathan Avenel se voit remettre un souvenir avant le coup d’envoi après être devenu le joueur ayant disputé le plus de matchs sous le maillot brestois. Le détenteur du précédent record, Jaroslav Prosvic, le félicite par message vidéo projeté dans la patinoire. Il faut néanmoins être méfiant avec les statistiques fournies par Eliteprospects qui sont loin d’être complètes. On pense notamment à l’emblématique numéro 9 Krzysztof Niedziolka crédité de 48 matchs de saison régulière en moins que Jonathan Avenel mais avec quatre saisons non-renseignées ! Le geste du club envers son capitaine est néanmoins mérité et salue une belle fidélité dont l’équipe a besoin.

Le premier tiers-temps peut se résumer à un nom : Lino Chimienti. Le portier nordiste offre un véritable show et repousse les vingt-et-une tentatives bretonnes dans les premières vingt minutes. Ses Corsaires font preuve d’un plus grand réalisme en menant d’un but suite à la réalisation de Nicolas Siegfriedt avec presque deux fois moins de tirs que leurs adversaires (0-1 à 7’58’’).

Malgré pléthores d’occasions les Albatros ont montré un visage plutôt approximatif sans doute dû à un manque de repères avec les récents changements. Antoine Richer n’hésite pas à contrer les quatre blocs offensifs adverses en utilisant lui aussi autant de combinaisons. La quatrième ligne emmenée par le prometteur Thomas Suire s’est d’ailleurs distinguée par plusieurs tirs sur Jordan Ruby.

Le scénario se répète sur la première moitié du tiers médian avec un gros pressing brestois et un Chimienti imperturbable. Il vole notamment à bout portant Bryan Kolodziejczyk de la mitaine (22’27’’). Le Canado-Belge n’en revient pas. Les Bretons cherche désespérément une solution car plus le temps passe et plus le doute s’immisce.

Après une friction entre Clément Colombin et Jonathan Lafrance (6’27’’), Brest se retrouve en infériorité mais gère parfaitement la situation. Cela semble les redynamiser et sur un des nombreux numéros solitaires de Mike Vaskivuo, Ondrej Rusnak parvient à reprendre de volée la passe de son coéquipier et trouer enfin le cerbère visiteur (1-1 à 30’53’’). Dunkerque perd alors pied et c’est justement Chimienti qui est pénalisé pour avoir retenu un Brestois (32’13 »). Cela se paie cash par Lagarde au premier poteau bien servi par Kolodziejczyk posté derrière le but (2-1 à 33’09’’).

Malgré ce retournement de situation le déclic n’est pas encore véritable pour Brest qui retombe dans ses travers de début de match. Commettant beaucoup de pertes de palets, les Albatros sont victimes de revirements auxquels Dunkerque est proche d’en profiter si Ruby n’était pas aussi vigilant. Les Jaroslav Kristek, Mike Vaskivuo sont certes au-dessus techniquement mais leurs choix ne sont pas toujours judicieux ce soir à vouloir trop en faire.

Les choses se mettent néanmoins en place peu à peu. Un but est tout d’abord refusé pour Brest pour une cage déplacée (37’25’’). Les Albatros profitent finalement de l’indiscipline adverse pour inscrire un deuxième but en supériorité numérique. Cullen Bradshaw ouvre son compteur but sous ses nouvelles couleurs en reprenant mi-hauteur le palet repoussé par Chimienti sur un tir de Kristek (3-1 à 38’55’’).

Un coup dur pour les Corsaires avant la pause. Leur capitaine Clément Thomas est tout proche de les relancer mais Ruby le vole d’un arrêt glissé latéral juste avant la sirène (39’52’’). Alan Dana est pénalisé sur l’action mais le jeu de puissance visiteur qui en découle ne donne rien.

Tout l’inverse pour les Albatros qui bénéficient d’une supériorité après un cinglage de Marek Mikusovic sur Alan Dana (45’48’’). La mise en jeu en zone offensive est remportée par les Bretons et Aurélien Gréverend trompe d’un tir lointain Chimienti (4-1 à 45’53’’). Le gardien dunkerquois n’a pas vu partir le tir à cause du trafic devant lui. C’est un troisième but en supériorité numérique consécutif pour les locaux.

Le trou au score est fait mais Dunkerque tente de réagir. Antoine Richer réduit sa rotation à trois blocs en réduisant le temps de jeu de Blinka et Siegfriedt au bénéfice de Thomas Suire notamment qui monte d’un cran. Ce dernier loupe d’ailleurs un but vide tout comme Parisot sur un beau cafouillage dans l’enclave (46’40’’). Ruby s’en tire à bon compte sur cette action.

Mais le physique visiteur semble peu à peu s’étioler face aux quatre blocs offensifs brestois qui attaquent sans discontinuer par vague. Cela en est trop pour les Nordistes qui finissent par encaisser deux buts coup sur coup en toute fin de match. L’un par Vaskivuo totalement oublié au marquage devant Chimienti (5-1 à 58’18’’). L’autre peu après par Stuart qui déborde facilement une défense fatiguée et trompe le portier d’un tir croisé (6-1 à 58’56’’).

Exaspéré, Chimienti sort de son match et laisse sa place à Boudot (58’56’’). Pour l’anecdote Adam Young inscrit le dernier but du match après une belle remontée (6-2 à 59’15’’). Brest pense avoir le dernier mot en marquant une septième réalisation mais les arbitres refusent leur deuxième but du match en indiquant qu’il a été inscrit du patin (59’45’’).

Le succès est là pour les Brestois mais il a mis du temps à se dessiner. La première moitié de match est très mitigée. Certes il y avait un gardien en état de grâce en face mais on a pu déceler une certaine nonchalance dans le collectif brestois un peu trop sûr parfois de leur supériorité technique. Il y a eu des exploits techniques individuels spectaculaires mais qui se sont avérés au final peu efficaces. La gestion des supériorités numériques est néanmoins satisfaisante avec trois buts consécutifs qui ont retourné la situation en leur faveur et assommé un adversaire qui s’est bien défendu.

Dunkerque a finalement craqué après avoir cru une bonne partie du match pouvoir jouer un bien vilain tour à leurs adversaires en s’appuyant sur un excellent gardien. Le premier but encaissé a en fin de compte ouvert les vannes défensives et l’indiscipline a été chèrement payée. Les Corsaires voguent dangereusement vers la zone hors play-off. Tout l’inverse de Brest qui passe même leader pour terminer 2017 puisque Anglet n’a pris que deux points face à Annecy.

 

Brest – Dunkerque 6-2 (0-1, 3-0, 3-1)
Samedi 30 décembre 2017 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1104 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté de Samuel Fessier et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Brest 6′ (0’, 6’, 0’), Dunkerque 14′ (2’, 8’, 4‘).
Tirs : Brest 49 (21, 17, 11), Dunkerque 28 (11, 9, 8)

Évolution du score :
0-1 à 07’58’’ : Siegfriedt assisté de Direr et Martial
1-1 à 30’53’’ : Rusnak assisté de Vaskivuo et Lardière
2-1 à 33’09’’ : Lagarde assisté de Kolodziejczyk et Stuart (sup. num)
3-1 à 38’05’’ : Bradshaw assisté de Kristek et Dobron (sup. num)
4-1 à 45’53’’ : Greverend assisté de Kolodziejczyk et Stuart (sup. num)
5-1 à 58’18’’ : Vaskivuo assisté de Bradshaw et Kristek
6-1 à 58’56’’ : Stuart assisté de Lagarde et Colombin
6-2 à 59’15’’ : Young assisté de Mikusovic et Thomas

Brest

Attaquants :
Alexandre Lubin – Graham Avenel – Jonathan Avenel (C)
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Adam Stuart
Mike Vaskivuo – Cullen Bradshaw – Erwan Pain (A)
Jaroslav Kristek – Ondrej Rusnák – Bastien Lardière

Défenseurs :
Antonin Marcelle – Michal Dobron
Aurélien Gréverend (A) – Alan Dana
Aleksi Laine – Clément Colombin

Gardien :
Jordan Ruby

Remplaçants : Quentin Dubos (G), Maxime Foulon, Jérémy Cormier. Absents : Gaëtan Cannizzo (rupture du tendon d’Achille), Niko Suoraniemi.

Dunkerque

Attaquants :
Clément Thomas – Marek Mikušovic (A) – Vit Budínský
Brendan Martial – Matej Direr – Lukáš Zeliska
Matej Blinka – Geoffrey Parisot – Nicolas Siegfriedt
Martin Poirier – Thomas Suire – Antoine Houque

Défenseurs :
Adam Young – Francis Ballet (C)
Martin Pavlicek – David Gaborcik
Jonathan Lafrance (A) – Alexis Geoffroy-Lemoine

Gardiens :
Lino Chimienti puis Pierrick Boudot à 58’56’’

Remplaçant : Nathan Thomm. Absents : Clément Garrido, Remy Houque, Jordan Delat, Gregory Beron, Geffrey Lemoine, Victor Vanwormhoudt, Loïc Coulaud, Théo Kalisa.

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