Colmar – Caen 2 (carré final de Division 3, match 1)

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Nous y voici, à ce tournoi final ! Les Titans sont parvenus, pour la première fois de leur histoire, à participer à cette compétition ultime. L’objectif déclaré en septembre dernier est donc atteint. Mieux, ils ont réussi à en décocher l’organisation.

Cependant, ne nous leurrons pas, les résultats compilés, et les moyens humains pour y parvenir, montrent que le club s’est pris au jeu et souhaite désormais jouer l’accession au niveau supérieur. Les récents propos de la présidente à ce sujet sont d’ailleurs explicites : le budget 2018-2019 est déjà prêt, au cas où…

Mais avant, il va falloir (con)vaincre les 3 autres concurrents, tout aussi déterminés. À commencer ce soir par la réserve des Drakkars caennais, sans doute l’équipe-surprise de ce tournoi, après une saison passée en milieu de tableau, avant d’éliminer sans trop de suspense les réserves nantaises et tourangelles.

Parmi la vingtaine de Normands sur la glace, on retrouve des anciens d’Elite (Soghomonian, O.Vandecandelaere, Chevalier) voire même champions de Magnus (Bigot avec Mulhouse), ou des anciens / actuels de D1 (Miquelot, Mazie, Dubourg, Ferey, Labanowicz, Davenel) complétés par les jeunes formés localement.

L’affluence correcte de ce match ne s’est pas laissée démonter par les imposants travaux d’aménagement de l’accès à la patinoire. Le plus important est en effet de tester la compétitivité des Alsaciens.

À vrai dire, tout Alsacien sur, ou autour de, la glace a dû bien souffrir durant ce premier tiers. Comme dans tout play-off, ça patine vite et fort dès le coup d’envoi, mais essentiellement dans un seul sens… celui de l’attaque caennaise. Les Normands pressent très haut, jouent rapide, technique et physique. C’est sans aucun doute très agréable à regarder (on a l’impression de revivre l’époque où David Dostal coachait l’équipe caennaise) mais on sent que les Titans sont considérablement gênés par cette débauche d’énergie, aussi on les voit beaucoup plier l’échine, malgré deux alertes de Lukas Prokop, qui profite d’imprécisions dans les relances caennaises (5’30 puis 10’14).

Les Drakkars ne semblent pas retenir les avertissements puisque sur le premier vrai raid colmarien, Maxime Mathieu démarque lumineusement à mi-distance Jonathan Boehrer (1-0 à 11’23). Ce premier coup de semonce ne désarçonne pas Caen qui continue son travail de haute voltige devant la cage de Jérémy Boehrer. Pourtant, lorsque le même Mathieu, à l’oeuvre derrière la cage caennaise, ressert un caviar pour son compère Boehrer esseulé face à Thibault Gelmi (2-0 à 16’19), l’édifice viking commence à être ébranlé. Quand en plus, Boehrer (le gardien, cette fois-ci !) sort une mitaine impériale alors que sa cage assiégée est grande ouverte (18’18), on se dit qu’une fois de plus, l’adage « dominer n’est pas gagner » est de mise. Certes, Colmar rejoint les vestiaires sur un avantage inespéré au vu de sa prestation, mais le club alsacien va maintenant pouvoir gérer la partie, quand Caen risque de passer son temps à s’épuiser pour revenir au score.

Et ce n’est pas cette entame de second tiers qui va les aider. Benoît Salvin profite de la mollesse défensive caennaise pour pousser un palet dans une forêt de cannes (3-0 à 21’25). Dès lors, la partie commence à se resserrer, les deux protagonistes cherchant avant tout à bloquer toute entrée adverse. Caen éprouve du mal à retrouver sa lucidité, en témoignent ces nombreuses pénalités dues à des gestes en retard, ou ce poke-check désespéré de Gelmi devant sa cage afin de donner un peu d’air aux siens (27’46). Même si Chevalier, en rush lors d’une infériorité, manque de peu son essai (28’47), force est de constater que les Normands ne sont plus aussi conquérants et subissent un peu plus la partie, comme cet arrêt improbable sur sa ligne de Mathis Gente face à Ruslan Bashirov (39’30).

Il leur reste donc 20 minutes pour remonter à la surface, ou couler. À vrai dire, lorsque Jérémy Boehrer, suite à un mauvais ricochet, voit le palet figé sur sa ligne sous ses jambières (40’59), puis lorsque Théophile Miquelot conclue une excellente combinaison avec Alexandre Ferey (3-1 à 44’50), l’assistance devient progressivement moins confiante. Caen a retrouvé un peu de jambes et de réserves pour remonter plus fermement vers le portier colmarien. Le minot Paul Fuchs, d’un tir culotté à mi-distance alors que Gente est masqué (4-1 à 48’22), puis William Kern, en conclusion d’une combinaison en ligne (5-1 à 55’25), se chargent alors de leur couper définitivement les jambes.

Colmar termine donc cette première journée premier de la poule, Morzine ayant laissé un point aux Castors asniérois. Les choses sérieuses ont donc commencé pour les Haut-Rhinois, avec une première victoire encourageante, avant d’affronter les deux autres leaders invaincus de leur poule de saison régulière.

On peut avant tout souhaiter d’assister à autant de parties engagées et plaisantes à regarder, tant le niveau de ce match a fait honneur à une compétition finale.

Le résultat est par contre frustrant pour les Caennais, dont la prestation volontaire et l’engagement n’ont pas été suffisants face à la patience et le réalisme colmarien, et l’ampleur du score ne restitue pas toute la physionomie du match.

 

Colmar – Caen II 5-1 (2-0,1-0,2-1)
Patinoire de Colmar, le vendredi 13 Avril 2018 à 18h, environ 700 spectateurs
Arbitrage de M. Geoffroy assisté de MM . Chouleur et Moncozet
Tirs : Colmar 30 (9, 12, 9) Caen II 26 (10, 9, 7)
Pénalités : Colmar 6′ (2′, 4′, 0′) Caen II 16′ (2′, 10′, 4′)

Evolution du score :
1-0 à 11’23 : Jo Boehrer assisté de Mathieu
2-0 à 16’19 : Jo Boehrer assisté de Mathieu
3-0 à 21’35 : Salvin (sup. num.)
3-1 à 44’50 : Miquelot assisté de Ferey
4-1 à 48’22 : Fuchs
5-1 à 53’25 : Kern assisté de Bashirov et Prokop

Colmar

Attaquants :
Joan Koenig – Maxime Mathieu – Jonathan Boehrer (A)
Lukas Prokop – William Kern – Ruslan Bashirov
Corentin Cruchandeau – Benjamin Leconte – Loick Engelvin (ou Paul Fuchs)

Défenseurs :
Ilja Urusev – Mickael Tin (C)
Eloi Lenner (A) – Benoit Salvin
Lucas Maurer – Vincent Besserer

Gardien :
Jérémy Boehrer puis Maksim Kuteinikov à 53’25

Remplaçant : Nathan Dutat

Caen 2

Attaquants :
Jérémy Bigot – Raphaël Mazie – Adrien Baraduc
Théophile Miquelot – Alexandre Ferey – Aurélien Grandmougin
Quentin Labanowicz – Olivier Vandecandelaere (C) – Roman Jazinski
Pierre Chauvel

Défenseurs :
Jean-Marc Soghomonian – Dominique Vandecandelaere
Roch Chevalier – Maxence Grollier
Joshua Davenel – Thomas Dubourg
Adrien Lehoux

Gardien :
Thibaut Gelmi puis Mathis Gente à 32’06

Remplaçant : Florent Gomont

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