France – République Tchèque (à Cergy)

314

Français et Tchèques se retrouvent à Cergy au lendemain d’une première confrontation à Amiens. Le déroulement de la rencontre a été frustrant pour les Bleus, défaits 2-5 après avoir été menés 2-0, et interrogés sur leur capacité à tenir la même intensité. De son côté, la République tchèque n’avait pas été satisfaite de sa première période.

Les Tchèques paraissent donc animés d’autres intentions et appliquent un pressing très fort en début de match. Ils y ajoutent l’impact physique, avec une grosse charge sur Jordann Perret, comme par hasard le joueur de Pardubice en Extraliga tchèque. Malgré cette domination des visiteurs, la France ouvre le score sur un exploit individuel : un magnifique mouvement d’Anthony Rech qui dribble à travers l’enclave avec le palet et provoque une pénalité différée. Son tir est détourné par la botte du gardien, mais il récupère le rebond et le sert en cage ouverte au jeune Guillaume Leclerc. Dans la foulée, Jordann Perret déborde sur l’aile droite avec sa vitesse et surprend Bartosak côté mitaine. Comme hier, la France mène 2-0.

Cette première période est malheureusement marquée par un geste dangereux, une charge d’Adam Musil à la tête de Nicolas Besch en zone neutre. Manavian défend son partenaire de toujours en allant envoyer deux droites au fautif. Il prend 2′, de même que Sacha Treille, tandis que Musil est directement expulsé aux vestiaires. Resté KO, Nicolas Besch doit être soutenu par deux personnes à la sortie de la glace, visiblement commotionné. On joue deux minutes à 4 contre 4, avant une supériorité numérique de trois minutes pour la France, non concrétisée malgré une longue séquence dans l’enclave.

Les Tchèques repassent ensuite à l’assaut avec un tir de Klok, repoussé du bras droit par Quemener, et même un revers de Repik en infériorité alors que Kousal est en prison pour crosse haute. Les Français perdent un peu leurs nerfs. Les arbitres pénalisent en même temps Fleury pour un cinglage et Treille pour une prise de bec avec Birner : les Tchèques finissent à 4 contre 3. Conséquence immédiate : Matej Stránský donne une cage ouverte à David Kaše à cinq secondes de la pause (2-1).

L’équipe de France n’avait que douze attaquants et six défenseurs habillés, avant de perdre Besch. En deuxième période, Damien Raux revient à sa position d’arrière et les trois autres ailiers droits alternent sur le troisième bloc. Le jeu de puissance reste défaillant pour les Bleus et n’arrive pas à s’installer pendant près de quatre minutes : les premiers palets envoyés en zone offensive ne sont pas récupérés, puis les Tchèques viennent presser avec beaucoup d’activité en zone neutre et au-delà. Un accrochage de Manavian renverse l’avantage, et Janil perd même sa crosse : l’arrêt sans rebond de Ronan Quemener est capital à ce moment important.

Peu après la mi-match, Loïc Lampérier a une énorme occasion d’inscrire le 3-1 après une mésentente entre la défense tchèque et le gardien Patrik Bartošák, mais rate la cage grande ouverte ! La France est ensuite sanctionnée pour un retard de jeu, et le tir masqué de la ligne bleue de Tomáš Pavelka égalise à une seconde de la fin de la pénalité. Les Bleus accusent de plus en plus le coup physiquement, et les Tchèques dominent. David Tomášek signe un dribble splendide puis passe à Pyrochta, pour un très bon arrêt de Quemener. Mais cela ne fait que retarder l’échéance. Matej Stránský repique à la cage et tire sur le poteau, Robin Hanzl est plus vif que Texier dans le slot pour convertir le rebond du revers (2-3).

Le troisième tiers-temps se résume à une évidence : l’équipe de France subit et n’est pas (encore ?) prête pour soixante minutes à ce niveau. Face à des adversaires émoussés, les Tchèques se baladent et marquent deux buts sur deux actions consécutives. D’abord, David Štastný fait carrément le tour de la défense en gardant le palet sur son revers. Ensuise, le jeune Martin Kaut presse Chakiachvili pour lui prendre le palet, qu’il donne en retrait à Robert Kousal pour un tir entre les bottes de Quemener. En fin de match, Michal Repík boucle le score à 2-6.

Les Tchèques ont un bilan parfait avec quatre victoires sur la Suisse et la France. Ils vont recevoir leur premier joueur de NHL avec Dmitry Jaškin lundi. Martin Frk (après avoir géré le déménagement de son appartement) et Radek Faksa arriveront un peu plus tard. Deux jeunes débutants en NHL, Filip Chytil et Filip Chlapík, seront aussi testés pour ouvrir la chance à la nouvelle génération, sans garantie d’avoir une place pour les championnats du monde.

L’équipe de France devra s’améliorer sans renfort immédiat. Charles Bertrand, en finale de Liiga finlandaise, n’arrivera pas de sitôt, et Pierre-Édouard Bellemare risque de ne jamais être libre puisque Vegas est bien parti pour accéder au deuxième tour des play-offs NHL. Quant à Antoine Roussel, entre sa fin de contrat et de petits bobos, l’incertitude demeure.

Désignés joueurs du match : Guillaume Leclerc pour la France et Tomáš Pavelka pour la République Tchèque.

Commentaires d’après-match

Josef Jandač (entraîneur de la République Tchèque) : « Je pense que les deux rencontres en France étaient similaires. Nous étions un un peu endormis au début, nous perdions 0-2, puis nous avons commencé à jouer. Nous avons gagné grâce à nos unités spéciales de supériorité et d’infériorité numérique. J’ai revu la vidéo et il est difficile de dire si c’était une faute et si la charge était à la tête. Les Français se sont dispersés, et à cause de leur manque de discipline, ils nous ont donné des buts. C’est bien de savoir que nous savons gérer les situations défavorables sans panique. Cela aide de pouvoir retourner un match, mais cela ne doit pas être la règle. On peut s’en passer. Je ne peux pas dire que je suis très heureux, il y a de quoi s’améliorer, mais c’est bien de mettre autant de buts. »

Dave Henderson (entraîneur de la France) : « Quand on est fatigué, quand on n’est plus lucides, on commence à prendre plus de punitions. Le rythme de quatre blocs qui doit tourner rapidement 1-2-3-4 est brisé. Les joueurs qui jouent en infériorité numérique s’usent, et quand c’est leur tour à 5 contre 5, ils n’ont plus la même énergie. On le sait, c’est toujours comme ça quand on prend beaucoup de punitions. Les Tchèques sont très habiles, très rapides, on était en difficulté pour les arrêter donc on prend des punitions. »

 

France – République Tchèque 2-6 (2-1, 0-2, 0-3)
Samedi 14 avril 2018 à 20h45 à l’Aren’Ice de Cergy-Pontoise. 2986 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek (FRA) et Anders Nyqvist (SUE) assistés de Thomas Caillot et Yann Furet (FRA).
Pénalités : France 16′ (8′, 4′, 4′), République Tchèque 33 (4’+5’+20′, 4′, 0′).
Tirs : France 23 (12, 5, 6), République Tchèque 38 (9, 15, 14).

Évolution du score :
1-0 à 06’23 : Leclerc assisté de Rech
2-0 à 10’19 : Perret assisté de Ritz et Gutierrez
2-1 à 19’53 : Kaše assisté de Stránský (sup. num.)
2-2 à 33’57 : Pavelka assisté de Kousal (sup. num.)
2-3 à 37’52 : Pavelka assisté de Štastný
2-4 à 45’26 : Štastný
2-5 à 45’44 : Kousal assisté de Kaut
2-6 à 58’22 : Repík assisté de Kaut

France

Attaquants :
Sacha Treille (-1) – Alexandre Texier (-1) – Damien Fleury (A, -2)
Anthony Rech (+1) – Maurin Bouvet (+1) – Guillaume Leclerc (+1)
Loïc Lampérier (-2) – Eliot Berthon (-2) – Damien Raux
Romain Gutierrez – Nicolas Ritz – Jordann Perret (-1)

Défenseurs :
Nicolas Besch [puis Raux à 20′] – Antonin Manavian (-3, 4′)
Florian Chakiachvili (-1) – Kévin Hecquefeuille (C, -1)
Hugo Gallet (-1) – Jonathan Janil (+2)

Gardien :
Ronan Quemener

Remplaçant : Sebastian Ylönen (G). En réserve : Florian Hardy (G), Yohann Auvitu (ménagé), Teddy Da Costa (adducteurs), Stéphane Da Costa (raisons personnelles), Valentin Claireaux, Floran Douay.

République Tchèque

Attaquants :
Matej Stránský (-1) – Robin Hanzl (+1) – David Kaše (-1)
Michal Birner (C, +1) – Robert Kousal (+2, 2′) – Michal Repík (+1, 2′)
David Štastný (+1) – Adam Musil (-1, 5’+20′) – Jakub Orsava (+1)
Jan Ordoš – David Tomášek (+1, 2′) – Martin Kaut (+2)

Défenseurs :
Michal Jordan (-1) – Filip Pyrochta
Marek Hrbas (+1, 2′) – Tomáš Pavelka
Jakub Galvas (+1) – David Sklenicka (+1)
Lukáš Klok – Michal Moravcík (+1)

Gardien :
Patrik Bartošák

Remplaçant : Dominik Furch (G). En réserve : Andrej Nestrašil. N’ont pas fait le voyage : Ondrej Vitásek (hanche), Adam Polášek (main), Vojtech Mozík (genou), Roman Cervenka, Roman Horák, Dominik Kubalík.

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :