Les Bleues marquent l’histoire du hockey français

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Le Championnat du monde Division 1A féminin a donc rendu son verdict. Après une semaine riche en rebondissements, l’équipe de France féminine s’est qualifiée pour la première fois de son histoire pour le Mondial élite. Retour sur une dernière journée festive.

Elles y sont arrivées. Et ce avant même la dernière rencontre contre la Slovaquie. On savait la victoire de vendredi contre les redoutables Hongroises (2-1) extrêmement précieuse puisqu’elle permettait aux Bleues de passer en tête du classement, avec 3 points d’avance, à une journée de la fin. Une avance qui plaçait la France en ballottage très favorable puisque, sur les cinq scénarios possibles, quatre voyaient la France obtenir l’or.

Merci l’Autriche

Parmi ces scénarios possibles, une victoire de l’Autriche sur la Norvège pouvait définitivement assurer le titre à la France. Totalement dominatrices, les Autrichiennes n’ont finalement laissé aucun suspens sur le couronnement de Vaujany. Si la jeune Ena Nystrøm a longtemps permis de garder le 0-0 en dépit du fait que ses coéquipières norvégiennes soient surmenées, l’Autriche a finalement trouvé la faille à la mi-match, lorsque Tamara Grascher et Anna Hanser ont marqué… à 20 secondes d’intervalle ! Sophia Volgger inscrira un dernier but autrichien pour une victoire logique, 3-0.

L’Autriche termine à 9 points, le même total que la France avant son match contre la Slovaquie, mais la règle de la confrontation directe – les Bleues avaient battu l’Autriche 3-2 – ne laissait plus aucun doute possible. La France terminera en or. Et pour la troisième fois ces quatre dernières années, l’Autriche termine en argent aux Mondiaux D1A. Le podium est complété par la Hongrie. Frustrées la veille par le mur bleu Caroline Baldin, les Hongroises ont mis K.O. le Danemark 3-0. Buteuses face aux Danoises, Fanni Gasparics et Alexandra Huszak ont inscrit 6 réalisations, le meilleur total de Vaujany qu’elles partagent avec la Danoise Silke Glud. La Hongrie termine avec la médaille de bronze, le meilleur résultat de son histoire, qui confirme les progrès du hockey hongrois ces dernières années.

Place à la fête

Il restait un match, face à la Slovaquie. Un match qui n’avait certes plus d’incidence sur la compétition, mais un dernier match de gala pour prendre du plaisir et savourer. Et les Bleues étaient à la fête. Chloé Aurard a inscrit son troisième but de la compétition et Clara Rozier a doublé la mise. Margot Desvignes a même chassé du match la gardienne slave Romana Kiapesova, qui a laissé rentrer un palet flottant de la jeune attaquante bleue de 17 ans, son premier but en équipe de France. Ces réalisations et une grosse minute en double infériorité tuée ont permis une avance de 3-0 à la France à l’issue du premier tiers-temps.

Et les Bleues n’ont pas levé le pied en seconde période. Chloé Aurard, servi à l’opposé par une passe lumineuse de Lara Escudero, a inscrit un quatrième but pour la France. Caroline Lambert, qui a pris place devant la cage tricolore après les cinq matchs précédents disputés par la titulaire Caroline Baldin, ne s’inclinera qu’une seule fois, devant une reprise dans le slot de Nikola Rumanova. On pense alors que la Slovaquie retrouve des couleurs, surtout que Léa Villiot est sanctionnée d’un 5’+20′ pour une charge trop appuyée. Et pourtant, la France va inscrire trois buts en infériorité numérique à 1’32 » d’intervalle (!), trois contres dévastateurs conclus par Amandine Cuasnet et par deux fois par Lore Baudrit : 7-1 !

L’addition devient corsée pour la Slovaquie et son entraîneure, Jenny Potter, décide alors de sortir Adriana Stofankova pour remettre sur la glace la gardienne qui avait débuté, Romana Kiapesova. Cette dernière aura au moins le mérite de connaître une période blanche puisque les Bleues, malgré deux jeux de puissance et des occasions signées Baudrit, Rozier, Desvignes, Escudero et Aurard, ne pourront alourdir davantage le tableau d’affichage. La capitaine exemplaire Marion Allemoz peut alors enfin mettre la main sur ce titre et le partager avec tout le groupe, devant le fidèle public de Vaujany bouillant.

La victoire d’un groupe

Il y a un an, l’équipe de France terminait dernière du Mondial D1A en Autriche. Son salut n’est venu que de l’élargissement de l’élite mondiale, qui a eu pour conséquence de geler les relégations de toutes les divisions. Cette année, les Bleues ont montré du caractère. Elles ont prouvé que le Mondial catastrophique de Graz l’année dernière n’était qu’un incident de parcours. Elles ont montré que le hockey féminin français progresse dans la bonne direction. Elles ont gagné chacun de leurs matchs avec détermination, leurs victoires et leur seule défaite contre la Norvège lors de leurs cinq premiers matchs ne se finissant que par un but d’écart. Jamais noyées, les Françaises ont toujours été appliquées, mobilisées et déterminées. L’attitude des joueuses est à féliciter, de même que l’ensemble du staff et des encadrants dont le sélectionneur Grégory Tarlé. La performance de tout ce groupe récompense un hockey féminin qui se développe et le hockey français de manière générale.

Cela fait 19 ans que la France participe au programme féminin de la fédération internationale. Et pour la première fois, l’équipe de France féminine, 11e nation mondiale au classement IIHF, 16e en 2014, fait un bond de géant en se qualifiant pour le Mondial élite, prévu en avril 2019. En Finlande, les Bleues rejoindront le pays hôte, le Canada, les États-Unis, la Russie, la Suède, l’Allemagne, le Japon, la Tchéquie et la Suisse. Et avec cette qualification, on peut devenir davantage optimiste pour l’horizon 2022 et les Jeux olympiques d’hiver de Pékin. Comme les Championnats du monde élite, le tournoi olympique s’élargira de huit à dix nations, de quoi rêver d’un défilé olympique. Mais avant cela, il y aura bien d’autres choses à penser, à commencer par savourer ce titre.

Championne, un état d’esprit

Blessée face à l’Autriche, Betty Jouanny n’a pu disputer les deux dernières rencontres de son équipe. Pour autant, l’attaquante des Bleues, exilée depuis plusieurs années en Suède à Gävle, aura été le maillon d’un groupe solidaire et déterminé. En témoignent ces propos qu’elle a confiés à Hockey Archives :

« C’était mon 11e mondial. Ça fait 11 ans que mon rêve est de monter en élite, et aujourd’hui nous le réalisons. En 2009, quand nous sommes descendues (en Division 2, NDLR), c’était dur et nous sommes une bonne partie à avoir connu cet échec. Et là, neuf ans plus tard, nous accédons à l’élite, c’est énorme. Je ne trouve pas les mots. Pour ma part, je me suis cassée le pied à la dernière minute contre l’Autriche pour empêcher un but, je me suis sacrifiée, et je ne le regrette pas, au plus une motivation supplémentaire pour revenir plus vite. Nous avons prouvé que notre équipe ne lâche jamais rient tant que la rencontre n’est pas finie. Nous avons été solidaires. Nous pouvons être fières de notre parcours. Nous ne l’avons pas volé.« 

Classement Mondial D1A 2018 :

1. France 12 pts
2. Autriche 9 pts
3. Hongrie 9 pts
4. Danemark 6 pts
5. Norvège 6 pts
7. Slovaquie 3 pts

Top marqueuses :

1. Fanni Gasparics (Hongrie) 10 pts
2. Josefine Jakobsen (Danemark) 10 pts
3. Silke Glud (Danemark) 9 pts

Top gardiennes :

1.  Ena Nystrøm (Norvège) 96,2%
2. Caroline Baldin (France) 93,2%
3. Theresa Hornich (Autriche) 90,5%

Honneurs individuels

Meilleure gardienne : Ena Nystrøm (Norvège)
Meilleure défenseure : Gwendoline Gendarme (France)
Meilleure attaquante : Fanni Gasparics (Hongrie)

Les 23 joueuses en or

Gardiennes : Caroline Baldin, Caroline Lambert, Margaux Mameri.

Défenseures : Louanne Mermier, Eloïse Juré, Léa Villiot, Athéna Locatelli, Audrey Lager-Lacombe, Léa Parment, Gwendoline Gendarme, Raphaëlle Grenier.

Attaquantes : Margot Desvignes, Jade Vix, Emmanuelle Passard, Lara Escudero, Marion Allemoz, Morgane Rihet, Estelle Duvin, Clara Rozier, Betty Jouanny, Chloé Aurard, Lore Baudrit, Amandine Cuasnet.

Vidéo le Dauphiné par Benoît Lagneux (@lagneux):

Vidéo par Hockey France :

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