République Tchèque – Suisse (Championnats du monde, groupe A)

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Cinq points pour la Suisse, deux pour les Tchèques : dans la course aux quarts de finale, la rencontre du jour vaut de l’or. En cas d’égalité, c’est le résultat de la confrontation directe qui prime. Le vainqueur du jour prendrait un avantage certain.

La Suisse fait confiance à Leonardo Genoni dans les cages et ne change pas son alignement. Timo Meier, éliminé avec San José, est arrivé en cours de journée à Copenhague, mais n’est évidemment pas encore prêt. Il devrait intégrer l’alignement ce week-end. Sven Andrighetto fait lui son retour après un match de suspension.

Côté tchèque, la bonne nouvelle vient du retour au jeu de Martin Nečas, sonné dans un choc contre la balustrade durant la prolongation face à la Slovaquie. Au repos lors du match précédent, perdu contre la Suède, Nečas apporte une solution offensive supplémentaire. Les deux derniers renforts en attaque devraient être Krejci et Pastrnak, s’ils passent leur examen de sortie à Boston demain. Jakub Krejcik a été choisi pour être inscrit à la dernière place libre en défense, les deux autres arrières possibles Musil et Pyrochta ayant été renvoyés à la maison avant-hier.

La Suisse débute bien

La première occasion vient de la crosse de Michal Řepík. Servi d’une petite passe dans le dos de la défense au niveau des cercles, il passe devant le but de Genoni mais ne réussit pas à lever assez son palet. Le gardien était battu, mais il restait sa jambière sur la trajectoire. Ce sera le seul tir cadré avant quinze minutes…

La Suisse attaque à son tour : débordement de Scherwey sorti par Francouz, puis revers de Hofmann. La partie s’équilibre : peu de tirs, mais des duels très disputés.

À la huitième minute, Kousal est sanctionné en zone offensive pour une crosse haute. La Suisse pose son jeu avec une bonne volée à la bleue de Untersander, sortie de la botte, un centre dévié par Haas, puis un dernier essai de Diaz de loin. Le jeu de puissance a plutôt bien fait, sans concrétiser.

Du coup, les joueurs de Patrick Fischer ont pris confiance et mènent le jeu, avec des passes rapides et précises. Niederreiter accélère et est touché au visage. Šulák prend 2’+2′, mais Baltisberger sort également pour faire trébucher, ce qui réduit la durée de l’avantage. Cette fois, la Suisse capitalise. Un palet est envoyé dans le slot, et Niederreiter s’y prend à trois fois et paie le prix pour ouvrir le score à bout portant (0-1). Un but largement mérité.

Les Tchèques sont en retard sur tous les palets. Červenka commet un cinglage moins d’une minute après le but et donne l’occasion aux Suisses de creuser l’écart. Ils attaquent rapidement la cage et, dans la confusion, Francouz s’en sort avec un palet dévié sur son but. Nestrašil et Niederreiter se chauffent sur l’action et sortent à leur tour. La Suisse se fait pourtant piéger en contre, et les Tchèques démarrent un 3 contre 1. La passe en retrait vers Filip Hronek est mal ajustée cependant et aucun tir n’est donné. La pénalité est tuée.

À cinq minutes de la pause, une longue coupure survient, un technicien devant intervenir pour boucher un trou sur l’atroce glace locale… À la reprise, Mirco Müller se rend coupable d’un faire trébucher. Les Tchèques obtiennent une chance de Šulák, avec Řepík au rebond, et insistent. Kubalík reçoit le palet au cercle droit et profite d’un écran pour expédier une volée puissante au ras du poteau (1-1). Un but sur trois tirs – dont deux sur ce jeu de puissance -, c’est ce qu’on appelle le réalisme…

Le tiers se termine sur une longue passe suisse qui force Francouz à dégager… hors des limites. Les Tchèques manquent d’en profiter en infériorité numérique, avec un deux-contre-un et une volée de Faksa, que Genoni repousse de la botte. La Suisse a plutôt dominé ce premier tiers, avec plus de vitesse, de physique et de qualité technique, mais à l’arrivée, il y a 1-1. Un coup de chance pour des Tchèques qui ont passé une bonne partie du tiers à un joueur de moins.

Opération portes ouvertes

Dès le retour au jeu, l’équipe spéciale suisse campe dans la zone tchèque. La circulation de palet est simple et efficace. Hofmann, au cercle droit, reprend de volée et prend de vitesse Francouz (1-2).

La Suisse déroule son hockey rapide, avec du soutien et une bonne qualité technique, décochant encore deux tirs sur Francouz au bout d’une action débutée dans leur propre camp.

L’action suivante est encore une action d’école. Mise au jeu dans la neutre, remontée de palet de Vermin sur la droite, qui déborde et centre dans le slot pour Simon Moser, qui a pris un pas d’avance (1-3). Jakub Krejčík enchaîne avec une crosse haute, mais le jeu de puissance est annulé par une mauvaise charge de Baltisberger.

À quatre-contre-quatre, il y a des espaces. Un Suisse perd sa crosse et dégage dans la neutre du patin, avant de foncer au banc. Mauvaise idée : les Tchèques récupèrent et s’offrent un quatre-contre-trois face à une défense désorganisée. Sklenička sert Moravčík en retrait. Il y a un boulevard pour un bon tir plein axe, que le défenseur ne manque pas (2-3).

Malheureusement, les joueurs de Jandač restent indisciplinés et Jaškin fait trébucher. Untersander, à l’affût, frôle le but sur un rebond, mais la patience finit par payer. Moser tente un tour de cage et Niederreiter bonifie le rebond en hauteur (2-4).

Les Tchèques ne lâchent rien. Moravčík, à la bleue, envoie un tir flottant avec quatre Suisses et Jaškin en déviation devant Genoni, complètement masqué (3-4).

Mais encore une fois, tout espoir de mettre du rythme est cassé côté tchèque. Cette fois, un changement de ligne très mal géré et un surnombre mettent encore la pression sur leur défense. Malgré une domination territoriale et une bonne occasion, le score ne change pas. Les Tchèques s’en sortent et Chytil menace Genoni en contre.

Les contres… l’arme ultime des Tchèques. Řepík déborde à gauche et son tir est contré par un patin. Genoni avait mordu sur cette tentative, et le rebond revient sur Řepík avec une cage ouverte (4-4).

La situation s’envenime : coup de crosse de Jaškin au visage de Müller, et quatre joueurs finissent en prison, suivis de Moser sur la présence suivante pour crosse haute. Les annonceurs, complètement perdus, annoncent deux minutes contre la Slovaquie, puis la Tchécoslovaquie, finissent leur liste par un « ok ? » incongru… La Suisse résiste et revient au complet.

4-4 après deux tiers. Match fou, opération portes ouvertes, des pénalités à tour de bras, des buts superbes, de la tension et de l’animosité, des annonceurs à la ramasse et un public déchaîné. Du hockey, du vrai !

Les Tchèques finissent fort

La reprise se fait à toute vitesse. Les Tchèques envoient Nestrašil en un-contre-un, mais il préfère ne pas lancer alors qu’il a le champ libre, au profit d’une passe-abandon mal gérée. Genoni sort ensuite la jambière sur un lancer du cercle.

Les Tchèques obtiennent donc les meilleures chances – forcément, lorsque l’on prend moins de pénalités, c’est plus facile… Du coup, la Suisse défend, et joue en contre. Andrighetto trouve Haas lancé comme une fusée depuis le banc, et Francouz bloque le tir.

La partie s’équilibre au fil des minutes. Jusqu’à ce que Faksa soit sanctionné de 2’+2′ pour une crosse haute… Une occasion en or. Untersander de volée, mais surtout des mauvaises passes et peu de vitesse. La fin est meilleure : Corvi de loin, et une action de Niederreiter qui met le feu dans le slot. On se demande comment le palet n’est pas rentré au moment où Moser est puni pour crosse haute.

Mais à ce match fou, il ne manquait qu’un tir de pénalité. Il survient sur une échappée en infériorité de Vermin. Accroché, il bénéficie du tir, mais perd son duel contre Francouz. Les Tchèques ne franchissent pas le rideau défensif sur le reste du jeu de puissance…

La fin du match est tchèque, avec beaucoup de temps dans la zone helvète. Les Blancs n’arrivent plus à construire, mais accrochent la prolongation.

Les Tchèques poursuivent leur domination en prolongation. Après avoir écarté une accélération de Niederreiter, ils vont camper dans la zone de Genoni, jusqu’à pousser un Müller épuisé à commettre un accrochage grossier. Nečas de la bleue et Faksa au rebond se heurtent au gardien, de même que Červenka du cercle. Puis, Jaškin attaque la cage, et Genoni résiste. Il repousse enfin un tir de Kubalík et le rebond, et la Suisse survit. Tout se décidera aux tirs de pénalité…

Jaškin tente la feinte mais se heurte au poke check de Genoni.
Rod feinte aussi et semble éliminer le gardien, mais le palet heurte la crosse de Francouz et il ne décoche aucun tir.
Hyka tire à mi-hauteur et Genoni arrête.
Andrighetto efface le gardien mais ne parvient pas à reprendre devant une cage ouverte.
Nečas lance à côté, peut-être avec l’aide du bâton de Genoni.
Niederreiter pose son palet, lance mi-hauteur et le palet termine dans la mitaine du gardien.
Nestrašil se rapproche trop du gardien et perd son palet.
Corvi tente une feinte, mais Francouz suit bien.
Řepík feinte, fixe et lève bien son palet du revers, 1-0 !
Hofmann cherche le tir entre les jambes, mais échoue.

Comme contre l’Autriche, la Suisse a gaspillé deux buts d’avance et perd des points précieux. L’attaque n’a pas exploité sa domination écrasante pendant la moitié du match, ni les très nombreuses pénalités adverses. Un joli gâchis… Les Tchèques ont pour leur part fait preuve de caractère et de tenacité, finissant le match en trombe – comme contre la Slovaquie et la Suède. On sent déjà se profiler deux tendances parmi ces prétendants aux quarts de finale…

Désignés joueurs du match : Dominik Kubalík (République Tchèque) et Nino Niederreiter (Suisse).

 

République Tchèque – Suisse 4-4 (1-1, 3-3, 0-0, 0-0) / 1-0 aux tirs au but
Mardi 8 mai 2018, 20h15. Royal Arena de Copenhague. 6226 spectateurs.
Arbitrage de Roman Gofman (RUS) et Stephen Reneau (USA) assistés de Dmitry Golyak (BLR) et Gleb Lazarev (RUS)
Pénalités : République Tchèque 26′ (12′, 10′, 4′, 0′), Suisse 18′ (6′, 8′, 2′, 2′)
Tirs : République Tchèque 27 (5, 7, 6, 9) Suisse 29 (7, 9, 13, 0)

Récapitulatif du score
0-1 à 11’13 : Niederreiter assisté de Hofmann (sup. num.)
1-1 à 16’21 : Kubalík assisté de Nečas (sup. num.)
1-2 à 20’47 : Hofmann assisté de Andrighetto et Diaz (sup. num.)
1-3 à 22’07 : Moser assisté de Vermin et Müller
2-3 à 24’09 : Moravcik assisté de Sklenicka et Hyka
2-4 à 27’21 : Niederreiter assisté de Moser et Untersander (sup. num.)
3-4 à 27’43 : Jaskin assisté de Moravcik et Nestrasil
4-4 à 34’26 : Repik assisté de Kubalik

Tirs au but :
République Tchèque : Jaškin (arrêt), Hyka (arrêt), Nečas (manqué), Nestrašil (arrêt), Řepík (but)
Suisse : Rod (arrêt), Andrighetto (manqué), Niederreiter (arrêt), Corvi (arrêt), Hofmann (arrêt)

République Tchèque (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Dominik Kubalík – Tomas Plekanec (A, -1) – Michal Řepík
Roman Červenka (C, 2′) – Radek Faksa (4′) – Tomas Hyka (+1)
Dmitrij Jaškin (4′, +1) – Martin Nečas (+3) – Andrej Nestrašil (2′, +1)
Robert Kousal (2′) – Roman Horák – Filip Chytil

Défenseurs :
Michal Moravčík (+2) – Radko Gudas (A, +1)
Filip Hronek (2′) – Libor Šulák (4′)
Michal Jordán (-1) – David Sklenička (+1)
Adam Polášek (+1) – Jakub Krejčík (2′)

Gardien :
Pavel Francouz (2′)

Remplaçant : David Rittich (G).

Suisse

Attaquants :
Sven Andrighetto (-2) – Enzo Corvi (-1) [puis Haas] – Nino Niederreiter (A, 2′, -1)
Gregory Hofmann – Gaëtan Haas [puis Vermin] – Chris Baltisberger (4′)
Simon Moser (A, 4′, +1) – Joël Vermin (+1) [puis Corvi] – Damien Riat (+1)
Tristan Scherwey (-2) – Reto Schäppi (A, -1) – Noah Rod (-1)

Défenseurs :
Raphael Diaz (C, 2′, -1) – Mirco Müller (6′)
Ramon Untersander (-1) – Dean Kukan (-1)
Lukas Frick (-1) – Michael Fora (-1)
Joël Genazzi (+1)

Gardien :
Leonardo Genoni

Remplaçant : Reto Berra (G). Réserviste : Gilles Senn (G)

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