Washington sur le toit du monde

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L’ambiance est électrique dans le Nevada pour ce match crucial : Vegas doit gagner pour survivre quelques jours de plus. Leur fiche de 7-2 à la maison en playoffs peut leur donner confiance. Ryan Carpenter et Ryan Reaves sont écartés au profit de David Perron et William Carrier.

Les Capitals, eux, entendent bien plier l’affaire dès ce soir et ne surtout pas attendre un sixième match dans leur arène.

Un premier tiers fermé

Et Washington entame bien, avec un premier tir d’Ovechkin bloqué par Fleury, puis un essai de Djoos. William Karlsson lance le premier tir de Vegas, mais il aura fallu attendre quasiment cinq minutes de jeu. Si les tirs se font rares, on compte déjà une bonne quinzaine de mises en échec dans un début très physique.

La quatrième ligne des Golden Knights poursuit son bon travail et libère McNabb pour un tir masqué, sans réussite. Les locaux dominent légèrement les débats, jusqu’à une mise en échec illégale de Miller sur Kempny. Servi dans son jardin, Ovechkin trouve le poteau opposé de volée… Puis, Carlson menace Fleury de la bleue. Après cette frayeur, Vegas verrouille bien et revient au complet.

Le temps défile à toute vitesse, sans arrêt du jeu. Le palet vit, avec des duels très disputés. Le jeu de puissance a relancé les Capitals, qui jouent plus vers l’avant. Le premier tiers se termine sur un 0-0 après vingt minutes de patinage intense.

Vingt minutes folles

À la reprise, Theodore glisse sa crosse dans le patin d’Oshie et concède deux minutes. Carlson et Kuznetsov combinent, et Fleury sauve à bout portant devant le Russe. La pression monte mais la défense tient le choc, avec Nosek et Bellemare au bloc. Lorsque Theodore revient, les Capitals insistent et manquent de peu d’ouvrir le score sur une déviation de Smith-Pelly. Vegas repart, et obtient une supériorité pour une crosse haute de Djoos sur Reilly Smith. Aucun tir ne survient, à cause du bon échec-avant d’Eller et Wilson, puis du bon placement de la défense.

Après sept minutes, Engelland est bien décalé mais rate le cadre. Le palet est récupéré à l’opposée et Wilson, d’une longue passe transversale, envoie Vrana en échappée sur l’aile gauche : le tir en hauteur trompe Fleury (0-1).

Fébriles, les locaux repartent : extérieur du poteau de Theodore, rebond ras glace de Haula sorti par Holtby. En face, chaque action met le feu dans la défense, à l’image d’un slalom de Djoos, repoussé de justesse par Fleury.

À mi-période, Vegas égalise enfin. Marchessault, au fond, reçoit l’aide de Reilly Smith, qui remonte le palet vers Nate Schmidt. Le tir ras glace du défenseur touche le patin de Niskanen, au duel avec Marchessault, et s’infiltre entre les jambières du gardien (1-1).

Sur l’engagement, Ovechkin percute et expédie Engelland en prison. Sanction immédiate. Après vingt-trois secondes, Bäckström découpe la défense avec une passe levée au cercle opposée vers Ovechkin en angle fermé. La volée échappe à Fleury (1-2). Un but typique du capitaine, comme il en a tant marqué depuis 2005… Tout le monde connaît ce jeu, et personne n’arrive à l’empêcher !

La résilience de la franchise du désert reste impressionnante. Loin d’être découragés, les Knights attaquent. Miller lance de la cage, Tatar et dévie et bat Holtby, gêné par Perron, mais ce dernier a été poussé par Djoos au duel (2-2). Le Québécois est finalement crédité du but, son premier des playoffs. Washington demande une révision vidéo et échoue dans sa demande. Tout est à refaire…

La première ligne de Vegas se montre à nouveau dangereuse peu après, avec un énorme arrêt de Holtby sur une nouvelle action de Smith en déviation. Sur un engagement, Stephenson trouve le poteau d’un tir en pivot, puis Fleury sauve son camp sur un tir lointain de Carlson dévié. Fleury dégage aussi le rebond. Ovechkin, en puissance, tente ensuite sa chance seul contre deux avec un tir en se retournant qui manque le cadre d’un souffle. Les meilleures occasions appartiennent bel et bien aux visiteurs.

Il reste deux minutes et Vegas décroche une supériorité quand Ovechkin fait trébucher William Karlsson. Le jeu de puissance manque de simplicité au début, mais accélère dans les derniers instants. Marchessault frôle le but, et le palet reste en zone avec un tir de Theodore repoussé, un palet récupéré et servi sur Smith qui profite de tous ces déplacements de droite à gauche du gardien pour exploiter la passe surprise de Tuch dans la cage ouverte (3-2). Les joueurs se chauffent un peu et un quatre-contre-quatre est appelé dans la foulée.

En contre, Perron se procure la dernière occasion du tiers de volée : Vegas a renversé la partie et mène à l’orée de la troisième période. Cinq buts en vingt minutes, un spectacle haletant !

Les Capitals soulèvent les montagnes

Ce petit but ne suffit pas aux Knights, qui tentent de creuser l’écart avec plusieurs occasions au retour du vestiaire, notamment un tir de Nosek dans l’axe. Le palet file d’un but et l’autre et Ovechkin sert Eller pour un lancer dangereux, après un joli geste technique. Burakovsky n’a pas plus de réussite de l’aile.

Le jeu de passe des Capitals leur permet de confisquer le palet et de passer de longues séquences en attaque. Kempny se heurte à Fleury, puis, quelques minutes plus tard, Eller est mis au sol dans l’axe. Tatar laisse son camp à un de moins. Le jeu de puissance s’installe et Fleury bloque une volée d’Ovechkin du cercle. La fin de pénalité ne donne rien, avec un énorme travail de Bellemare qui va contrer, tenter de s’échapper – repris par Ovechkin – puis de garder le palet en attaque. Les toutes dernières secondes obligent Fleury à sauver une déviation de Eller.

Washington campe dans la zone adverse et le compteur de tirs grimpe. Kempny, de loin, Kuznetsov en angle fermé… Fleury résiste.

À mi-période, cette pression paie enfin. Smith-Pelly force à l’échec-avant au fond, et provoque un revirement. Orpik récupère et maintien le palet à la bleue. Le défenseur envoie un lancer dévié par Tuch. Le disque flotte, rebondit juste devant le but… Smith-Pelly surgit, et exploite le rebond dans une cage ouverte (3-3).

Vegas doit reprendre le chemin de l’offensive. Theodore lance Reilly Smith, dont le tir n’échappe pas à Holtby. Mais les occasions restent plutôt en faveur des Capitals, à l’image d’une reprise de Vrana devant la cage sur un service de Kuznetsov. Le jeune Tchèque peine à contrôler le palet et trouve l’épaule de Fleury.

Peu après, Kempny envoie au fond. Sbisa manque le palet, qui revient sur Burakovsky. Il sert Connolly tout seul entre les cercles. Fleury s’avance et fait l’arrêt, mais le palet s’arrête juste derrière lui, où Lars Eller, sorti du fond, parvient à s’en emparer pour marquer dans le but désert (3-4). Washington est à sept minutes de son premier titre…

La défense des visiteurs ne se désunit pas, face à une offensive de Vegas brouillonne. Miller lance deux banderilles de la bleue, avec Tuch au rebond, sans surprendre Holtby. Les minutes défilent, Ovechkin se sacrifie pour bloquer un tir et la défense de Washington ne lâche rien.

Il reste deux minutes : temps mort et sortie de Fleury. Les dégagements interdits s’enchaînent côté Capitals, qui cherchent à gagner du temps – même si l’horloge tombe brièvement en panne, au point que personne ne sait plus combien de temps il reste à jouer !

Alors que Miller brise sa crosse, Bäckström tente la cage vide et la manque. Eller, de loin, ne se montre pas plus précis et crée un nouveau dégagement interdit, à 28 secondes de la fin. Le public est debout, Alex Ovechkin aussi, nerveux et surexcité à la fois… Eller défend bien et bloque un tir avant d’envoyer le palet au fond. Le banc des Capitals célèbre déjà, alors qu’il reste six dixièmes de seconde.

Washington remporte la coupe Stanley 2018, la première de son histoire, en cinq manches. Après deux trophées du Président de suite, les Capitals gagnent donc l’année où on les attendait le moins. Une performance défensive remarquable, de la solidarité et du sacrifice, bref des valeurs que l’on avait rarement vu dans cette équipe depuis des années en playoffs. Alex Ovechkin devient le premier capitaine russe à soulever le trophée, avec une émotion incroyable. Il reçoit le trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs, qu’il a mené avec 15 buts, et ne lâchera même pas le trophée lorsqu’il le donnera à son compère de toujours, Nicklas Bäckström.

Dans l’histoire aussi, Lars Eller, premier Danois à soulever la coupe – et Nathan Walker, premier Australien ! Jay Beagle, premier joueur champion ECHL, AHL et NHL. Barry Trotz soulève lui aussi son premier trophée. Ironie du sort, l’équipe bâtie par George McPhee est enfin gagnante, mais le manager général se trouve du mauvais côté de la barrière… tout comme Nate Schmidt, l’ancien Capital recruté lors de la draft d’expansion, dont chaque poignée de main s’accompagne de beaucoup d’émotions de la part de ses anciens équipiers.

Enfin, après plus de quarante ans d’existence, les Washington Capitals sont au sommet de la NHL.

Désigné meilleur joueur des playoffs (trophée Conn Smythe) : Aleksandr Ovechkin (Washington).

 

Vegas Golden Knights – Washington Capitals 3-4 (0-0, 3-2, 0-2)
Jeudi 7 juin 2018, 17h20. T-Mobile arena, Las Vegas, Nevada. 18529 spectateurs.
Washington remporte la coupe Stanley 4-1.
Arbitrage de Marc Joanette et Wes McCauley assistés de Jonny Murray et Matt McPherson.
Pénalités : Washington Capitals 8′ (0′, 8′, 0′), Vegas Golden Knights 12′ (2′, 8′, 2′)
Tirs : Washington Capitals 33 (9, 11, 13), Vegas Golden Knights 31 (7, 13, 11)

Récapitulatif du score
0-1 à 26’24 : Vrana assisté de Wilson et Kuznetsov
1-1 à 29’40 : Schmidt assisté de Smith et Marchessault
1-2 à 30’14 : Ovechkin assisté de Bäckström et Carlson (sup. num.)
2-2 à 32’56 : Perron assisté de Tatar et Miller
3-2 à 39″31 : Smith assisté de Tuch et Theodore
3-3 à 49’52 : Smith-Pelly assisté de Orpik
3-4 à 52’33 : Eller assisté de Connolly et Burakovsky

Washington Capitals

Attaquants
Alex Ovechkin (C, 2′) – Evgeny Kuznetsov (+1) – Tom Wilson (+1)
Jakub Vrana – Nicklas Bäckström (A, -1) – TJ Oshie (-1)
Andre Burakovsky (+1) – Lars Eller (+1) – Brett Connolly (+1)
Chandler Stephenson – Jay Beagle (2′) – Devante Smith-Pelly

Défenseurs
Michal Kempny – John Carlson (+1)
Dmitri Orlov – Matt Niskanen
Brooks Orpik (A, 2′, +1) – Christian Djoos (2′)

Gardien :
Braden Holtby

Remplaçant : Philipp Grubauer (G). Réservistes : Madison Bowey (D), Jakub Jerabek (D), Alex Chiasson (A), Shane Gersich (A), Brian Pinho (A), Travis Boyd (A), Nathan Walker (A), Pheonix Copley (G)

Vegas Golden Knights

Attaquants
Jonathan Marchessault (+1) – William Karlsson (+1) – Reilly Smith (A, 2′, +1)
James Neal (A) – Erik Haula (-1) – Alex Tuch (2′, -1)
David Perron – Cody Eakin – Tomas Tatar (2′)
William Carrier (-1) – Pierre-Edouard Bellemare (A, -1) – Tomas Nosek (-1)

Défenseurs
Shea Theodore (2′, +1) – Nate Schmidt (+1)
Brayden McNabb (2′, -1) – Deryk Engelland (-1)
Colin Miller (2′, -1) – Luca Sbisa (A, -1)

Gardien :
Marc-André Fleury

Remplaçant : Maxime Lagacé (G). Réservistes : Malcolm Subban, Dylan Ferguson, Oscar Dansk (G), Erik Brannström, Nicolas Hague, Jason Garrison, Griffin Reinhart, Jon Merrill, Jake Bischoff, Brad Hunt (D), Cody Glass, Nick Suzuki, Oscar Lindberg, Stefan Matteau, Ryan Reaves, Tomas Hyka, Keegan Kolesar, TJ Tynan, Brandon Pirri, Ryan Carpenter (A)

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