Nouvelles patinoires : ça repart !

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On le sait, le renouvellement du parc vieillissant de patinoires est un élément essentiel pour le hockey sur glace en France. Ce fut longtemps le calme plat, mais les dernières nouvelles du front sont plutôt bonnes.

Le cas « jamais désespéré » : Avignon

On a bien cru en début d’année que la patinoire du Vaucluse fermerait définitivement ses portes, mais les pratiquants des clubs ont été entendus par les élus de la ville. Ce cas n’est pas le plus simple car il s’agit d’une patinoire privée, que le propriétaire voulait céder à un promoteur pour qu’il bâtisse à la place un projet immobilier. La municipalité a cependant fait savoir qu’elle n’autoriserait aucun permis de construire pour de nouveaux logements sur ce terrain. Le nouvel acquéreur devra donc poursuivre l’exploitation d’une patinoire. Avignon foule donc toujours la glace et reste engagé cette saison en D3. Il aurait été dommage que le hockey français perde Avignon juste au moment où il a récupéré Nîmes, la dernière patinoire à ouvrir, en décembre dernier, un projet que la FFHG veut exemplaire de ses projets de développement avec ses coûts maîtrisés à moins de 5 millions d’euros).

Le cas « en construction » : Louviers

Dans les projets d’équipement, c’est quand un chantier avance qu’on peut totalement se convaincre qu’il verra le jour. À cet égard, Louviers peut donner le sourire. Le bâtiment conçu par Chabanne + Partenaires (les architectes de l’Aren’Ice et des nouvelles patinoires à deux pistes en construction à Dunkerque et à Angers) est en travaux, le chantier avance bien et la patinoire ouvrira en septembre 2019. Elle comprendra 700 places en tribune, une piste principale de 58 mètres sur 28, et une seconde glace de 22 mètres sur 18 qui permettra de continuer à patiner pendant l’organisation d’évènements sportifs.

Ci-dessous : le projet de patinoire de Louviers, illustration du cabinet d’architectes « Chabanne + Partenaires »

Le cas « toujours d’actualité » : Béthune

Nous avions évoqué en décembre dernier la reconstruction de la patinoire de Béthune. Si dans cette ville les annonces de projets d’équipement sont toujours écoutées avec une certaine circonspection car les habitants sont échaudés par le passé, le projet suit toujours son cours. Il a même été officialisé au dernier conseil municipal de juillet.

Jusqu’ici, nous n’avons parlé que de reconstructions de patinoire. Aucune nouvelle implantation, aucun terrain vierge à conquérir pour le hockey hexagonal… Et bien, le voici !

Le cas « rangé puis ressorti des cartons » : Dreux

L’Usine à Loisirs est un projet prévu sur une friche industrielle à Dreux le long de la Nationale 12, qui abritait d’anciens hangars de l’entreprise de transport Delisle. Le, promoteur du projet, André Desrosiers (un Parisien malgré ce patronyme si québécois aux oreilles des amateurs de hockey), est le même que celui de la Cartonnerie à Dammarie-les-Lys, ville voisine de Melun qui est célèbre pour être la patrie des frères Da Costa. Si eux avaient commencé le hockey dans l’ancienne patinoire, la Cartonnerie est un nouveau complexe qui réunit cinéma, karting indoor, patinoire et bowling sur le site d’une ancienne usine à cartons, d’où son nom.

En décembre dernier, les élus de Dreux ont visité la Cartonnerie, qui servait d’inspiration à leur propre projet. Mais à leur retour, ils avaient fait le tri dans les équipements et choisi uniquement des cinémas et une salle de spectacles. Cette annonce dans le journal local L’Écho Républicain avait provoqué un tollé sur les réseaux sociaux : le renoncement au projet de patinoire faisait l’unanimité contre lui, puisque seuls des équipements faisant concurrence aux salles déjà existantes dans la ville seraient édifiés, rien de nouveau et d’attractif.

Le débat a donc été relancé au sein de la majorité municipale. En avril, le Maire Gérard Hamel a tranché en expliquant : « J’ai entendu la déception des Drouais quand ils ont appris que la patinoire n’était plus d’actualité et que l’Usine à Loisirs ne verrait pas le jour. Je ne veux plus entendre les jeunes Drouais dire qu’il n’y a rien pour eux dans cette ville ». Cette fois, les réactions ont été très positives. Point rassurant, le financement du projet était déjà attesté, tant du point de vue de l’investissement (8 à 9 millions), que la Ville peut réaliser sans recouris à l’emprunt, que du déficit d’exploitation (300 000 à 400 000 euros annuels), largement couverts par l’excédent budgétaire.

Si la décision a été longue à venir avant l’arbitrage, la concrétisation du projet a alors été remarquablement rapide : trois mois jour pour jour entre l’annonce et le lancement de l’avis d’appel à concurrence du marché de maîtrise d’œuvre pour la construction de la patinoire. Il faut dire que l’ouverture de l’Usine à Loisirs est programmée dès la fin 2019. Ce serait la première fois que le hockey sur glace s’implanterait dans le département de l’Eure-et-Loir. L’Odyssée, l’immense complexe aquatique de Chartres (ouvert en 2009 et géré par Vert Marine), comprend certes une patinoire, mais de surface non homologuée (1300 m²). Il y a juste du mini-hockey à l’école de glace.

C’est une résurrection pour la zone située à l’ouest de Paris, et comprenant trois départements de trois régions différentes. Dans les Yvelines qui avaient perdu Le Vésinet et Conflans, la dernière patinoire restante, celle de Mantes-la-Jolie, avait fermé en 2011 à cause de malfaçons dans les travaux, mais a rouvert en 2015. Il aura fallu rénover les 24 kilomètres de tuyauteries et couler une nouvelle dalle de béton. L’Eure et l’Eure-et-Loir vont donc suivre avec Louviers et Dreux.

Le cas « spongieux » : Beauvais

Ce tableau était trop beau, il fallait bien une épine. Il semble que ce soit Beauvais, ville dotée d’une patinoire  en plein air et ouverte en hiver jusqu’en 2002 dans le parc Marcel Dassault, au nord de la ville. Le projet de reconstruction au même endroit avait été reportée pour le second mandat de l’actuelle Maire Caroline Cayeux, puis figurait au programme électoral du troisième mandat avant d’être un temps annulée au motif de la baisse des dotations de l’État. Il est reparti, mais avec une douche froide : l’annonce que la surface de glace ne « permettrait pas d’accueillir de compétitions de hockey sur glace », alors même qu’elle avait été annoncée à 56 mètres sur 26. Peu clair…

Tout aussi inquiétant : le projet fait l’objet d’une concession de service public, et dans l’avis d’appel à candidatures publié en juillet 2017 figurait un montant estimé de… 3,2 millions d’euros. La somme, censée couvrir l’investissement et l’exploitation pendant 15 ans, est ridiculement sous-évaluée. Celaimplique un risque juridique : si un contrat est signé à l’issue de cette procédure, n’importe quelle entreprise pourrait tout faire annuler (procédure et contrat) devant un juge…

Situé entre deux références du hockey français (Rouen et Amiens) et le Centre Fédéral de Cergy, ce lieu idéal qu’est Beauvais semble mal embarqué.

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