Marseille – Mont-Blanc (division 1, 2e journée)

Mont-Blanc à l'expérience

Niklas Westerlund au duel avec Thibauld Masson (c) Nicolas Leborgne
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Pour leur premier match de Division 1 au Palais Omnisport Marseille Grand-Est, les Spartiates n’ont rien pu faire face aux Yétis du Mont-Blanc, mieux organisés et plus constants dans une partie interrompue par un incident technique.

Marseille craque en fin de tiers

Devant plus de 2000 spectateurs, connaisseurs ou curieux, les Spartiates de Marseille inauguraient leur saison à domicile. La montée en Division 1 s’est faite tardivement en juillet, ce qui a compliqué le recrutement et donc la préparation. Mais le soutien des partenaires fut réel. Le coup d’envoi fictif l’illustre, donné par Luc Tardif, président de la FFHG, Richard Miron, adjoint au sport de la ville de Marseille, et Thierry Santelli, vice-président du Conseil départemental.

Coup d’envoi officiel avec Luc Tardif, Richard Miron, Thierry Santelli (c) Nicolas Leborgne

Le scénario du match débutait plutôt bien pour les locaux, qui décrochaient une supériorité pour une charge de Clément Colombin en zone offensive. Le jeu de puissance marseillais tentait quelques tirs lointains avec écrans et déviations, notamment par Niklas Westerlund, sans réussite face à un Victor Goy attentif aussi sur les rebonds.

Victor Goy (Mont-Blanc) sauve devant Thibaut Geffroy (Marseille) (c) Nicolas Leborgne

Mont-Blanc revenait au complet et lançait une période de domination croissante. Mikulas Bicha lançait une première banderille, mais son équipe ne profitait pas d’une pénalité pour charge tardive de Nicolas Deshaies. La défense locale coupait bien les lignes de passe.

Néanmoins, le jeu de possession des Yétis gênait les Phocéens, contraints de répliquer en augmentant l’impact physique. Une bonne charge libérait Deniss Baskatovs, à la réception d’un centre dangereux. Malgré tout, les visiteurs mettaient peu à peu la crosse sur le palet et s’installaient, avec un jeu derrière la cage difficile à maîtriser par la défense. Bicha, de plus en plus actif, perçait sur la gauche et son tir croisé percutait la barre (11’56 »).

Un faire trébucher de Jérémy Arès en zone offensive, piégé par un bon retour défensif adverse, donnait de l’air aux Spartiates, qui ne marquaient pas sur cet avantage. Le schéma se confirmait : une équipe de Marseille explosive en contre, une équipe de Mont-Blanc en possession, dominante physiquement, qui gênait la relance adverse grâce à un échec-avant agressif. À force de subir, les locaux concédaient une pénalité de Rene Jarolin, qui offrait à Yoann Chauvière une nouvelle chance.

Mikulas Bicha (Mont-Blanc) (c) Nicolas Leborgne

Jimmy Jensen lançait cependant un deux-contre-un sauvé par Goy, qui recevait de plein fouet Damien Bourguignon à la lutte avec un défenseur. Le Marseillais sortait pour obstruction, laissant son camp à trois-contre-cinq. Luc Tardif avait beau poser son temps mort, son équipe pliait à quelques secondes de la sirène. Richard Aimonetto travaillait au fond avec Léo Dutruel, et le jeune ailier trouvait Bicha au cercle. Le tir du Tchèque perçait les jambières de Tom Charton (0-1, 19’18).

Mont-Blanc taille patron

La défense marseillaise résistait à la reprise et tentait de revenir, avec un lancer de l’aile de Vaclav Cestr. Mais le Mont-Blanc déboulait en contre-attaque. L’expérimenté Aimonetto récoltait sa deuxième passe du soir en trouvant Kévin Tassery (0-2, 21’36).

Un coup dur pour les Marseillais, pris de vitesse, battus dans les duels et maladroits techniquement. Aimonetto grattait encore un palet dans le coin, Tassery et Jan Jenista combinaient, ce qui libérait parfaitement Bicha. Le Tchèque, impérial dans ce match, traversait le slot et ajustait Charton (0-3, 25’50).

Richard Aimonetto (Mont-Blanc) attaque la cage de Tom Charton (Marseille) (c) Nicolas Leborgne

Ce troisième but avait le mérite de réveiller les Spartiates. Une bonne action de Cestr poussait Pierre Vissio à la faute. Le jeu de puissance local tentait de réduire le score : volée de Deshaies au cercle gauche, essai d’Eetu Vento à la bleue, Cestr dans l’axe… Victor Goy, très agressif dans son placement, repoussait. Puis, Baskatovs et Jarolin réussissaient une très bonne combinaison, mais le Tchèque ratait la cible devant la cage.

C’est alors que la porte de la surfaceuse derrière la cage du Mont-Blanc cédait. Les officiels interrompaient la partie, renvoyaient les deux équipes aux vestiaires et décidaient de reporter la suite. Une fois la réparation effectuée, la surfaceuse refaisait la glace avant une « dernière période » de trente minutes…

Réaction d’orgueil

Deniss Bastakovs (Marseille) (c) Nicolas Leborgne

Dès le retour au jeu, les Spartiates appuyaient sur l’accélérateur. Jensen, Jarolin, Baskatovs s’échangeaient le palet à une touche dans un jeu en triangle magnifique. Goy suivait la passe à travers l’enclave et sortait l’arrêt du match en grand écart. Marseille ne convertissait pas ce temps fort et manquait même d’encaisser un quatrième but sur un tir de Aimonetto en hauteur, servi par Bicha.

Un retard de jeu de Bourguignon brisait cet élan offensif. Charton restait solide devant Colombin puis un slalom de Bicha. De retour au complet, Marseille cherchait la volée de Vento, qui ne perturbait pas Goy.

La dernière minute du deuxième tiers semblait fatale aux Marseillais. Thibaut Geffroy chargeait pleine glace sans palet. La sanction, logique, était de cinq minutes et méconduite de match, laissant les Spartiates dans une situation délicate pendant qu’un médecin était appelé dans le vestiaire des Yétis. L’orgueil des locaux les tenait à flot. Westerlund initiait un deux-contre-un et Jensen battait enfin Goy entre les jambières, en infériorité numérique à une poignée de secondes de la pause (1-3, 39’57).

Les deux formations changeaient simplement de camp pour le troisième tiers, avec encore quatre minutes de jeu de puissance pour le Mont-Blanc. La défense marseillaise, tenace, ne concédait pas grand chose. Arnaud Lazzaroni accrochait Jaako Heiskanen qui plongeait : deux minutes chacun. Puis, Deshaies et Bicha se frictionnaient et sortaient tous les deux.

Le retour à cinq-contre-cinq profitait à Marseille, intense vers l’avant, pour une domination territoriale globalement stérile. Goy réalisait plusieurs arrêts difficiles, devant Bastakovs et Roman Novotny notamment. Mont-Blanc, attentif en défense, ne concédait pas grand chose et cherchait la contre-attaque. Jérémy Arès chauffait la mitaine de Tom Charton, puis interceptait une passe téléphonée vers Deshaies à la bleue. L’échappée d’Arès échouait sur Charton, mais le palet était repris par un coéquipier… but refusé, car marqué du patin.

Une pénalité contre Chauvière à deux minutes du terme offrait aux Spartiates une ultime pression, assez maladroite. Des tirs de Deshaies et Westerlund ne perturbaient aucunement Goy.

Mont-Blanc s’impose donc 3-1 avec beaucoup de maîtrise. Le jeu défensif, solide, donnait beaucoup de visibilité à Goy, rapide dans ses déplacements. Plus précis techniquement, les Yétis ont montré beaucoup d’alchimie dans leurs lignes. En face, Marseille est en rodage, mais peut s’appuyer sur la bonne deuxième moitié de match, où sa combativité a paru un instant pouvoir renverser la hiérarchie.

Jaako Heiskanen (Marseille) et Jan Jesnista (Mont-Blanc) (c) Nicolas Leborgne

Commentaires d’après-match

Luc Tardif Jr (entraîneur de Marseille) : « Il y a eu deux matchs dans le match. Avant l’interruption, nous avons été inexistants. Nous ne patinions pas, nous ne faisions pas les efforts. Pendant la coupure, nous nous sommes dit les choses, et nous avons offert un visage différent à la reprise. Nous avons mis plus de patinage, plus d’effort défensif, plus le palet à la cage et nous avons eu beaucoup d’occasions. C’est une montée difficile, nous avons beaucoup de changements dans l’effectif mais il faudra construire sur cette deuxième partie de match. L’équipe a changé à 70% et les connexions sont à faire. La préparation a été courte, puisque la montée s’est faite fin juillet. C’est important de garder cette mentalité de la deuxième partie de match, qui montre que nous sommes capables de faire de bonnes choses dans cette division. Le talent ne fait pas tout, sinon il se passe ce qu’on a vécu dans le début de match. Nous nous sommes bien parlé et je ne vais retenir que cette hargne, même si la défaite n’est pas agréable. »

Nicolas Deshaies (capitaine de Marseille) : « Nous ne sommes pas rentrés dans la premier tiers. Nous avions du mal à tenir le rythme, nous étions en retard sur le palet. À 3-0, cela a commencé à tourner, puis l’interruption nous a remis les bons ingrédients : du patin, des shoots, du pressing. Nous n’allons retenir que la deuxième partie de match et travailler cette semaine sur ces aspects positifs. Leur gardien a fait un bon match, on ne peut pas lui enlever cela. Mais nous avons manqué de réalisme, notamment en supériorité. Cela fait deux matchs officiels que notre jeu de puissance ne se trouve pas, pourtant nous le travaillons beaucoup à l’entrainement. Il y a des manques d’automatismes logiques. Mont-Blanc est une équipe expérimentée avec beaucoup de joueurs français, mais on ne sait pas trop à quoi s’attendre de La Roche-sur-Yon. Nous verrons, nous savons que chaque match sera difficile mais nous allons tout faire pour nous maintenir. »

Mascotte des Spartiates (c) Nicolas Leborgne

Marseille – Mont-Blanc 1-3 (0-1, 1-2, 0-0)
Samedi 22 septembre 2018, 19h. Palais Omnisport Marseille Grand-Est, 2002 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo assisté de Alexandre Donat-Magnin et Éric Briolat.
Pénalités : Marseille 35′ (6′, 25′, 4′), Mont-Blanc 14′ (4′, 2′, 8′)
Tirs : Marseille 26 (9, 10, 7), Mont-Blanc 49 (18, 20, 11)

Évolution du score
0-1 à 19’18 : Bicha assisté de Dutruel et Aimonetto (double sup. num.)
0-2 à 21’36 : Tassery assisté de Aimonetto et Jenista
0-3 à 25’50 : Bicha assisté de Jenista et Tassery
1-3 à 39’57 : Westerlund assisté de Jensen (inf. num.)

Marseille

Attaquants
Jimmy Jensen – Rene Jarolin – Deniss Bastakovs
Niklas Westerlund – Roman Novotny (A) – Damien Bouguignon
Reed Seckel – Jaako Heiskanen – Giordano Saputo
Hugo Sigüenza – Thibaut Geffroy (A) – Romain Finé
Ugo Boccassini

Défenseurs
Nicolas Deshaies (C) – Eric Springer
Eetu Vento – Vaclav Cestr
Florent Aubé – Germain Guirado
Lucas Morel

Gardien :
Tom Charton [sorti de sa cage à 59’05]

Remplaçant : Benoît Niclot (G)

Mont-Blanc

Attaquants
Kevin Tassery – Richard Aimonetto – Mikulas Bicha
Julien Lebey – Léo Dutruel – Jérémy Arès
Raphael Ranzoni (C) – Yoann Chauvière – Clément Colombin
Thibauld Masson – Pierre Vissio – Samuel Guer
Arthur Coulon

Défenseurs
Arnaud Lazzaroni – Austin Frank
Jan Jenista – Joris Rama
Arthur Cocar – Victor Cocar (A)
Valentin Coffy

Gardien :
Victor Goy

Remplaçant : Raphaël Sanyas (G)

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