Amiens – Nice (Ligue Magnus, 3e journée)

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Moins de trois jours après la première défaite à domicile, les Gothiques recevaient les Aigles de Nice pour le compte de la troisième journée de Synerglace Ligue Magnus. L’occasion de rebondir à domicile après un début de saison poussif des Amiénois. Mais les Aigles, deuxièmes avec six points, restaient sur une large victoire face à Strasbourg, et pourraient bien être une belle surprise de cette édition 2018-2019.

Les débuts compliqués mais encourageants des hommes de Mario Richer ne sont cependant pas sans rappeler ceux de l’année dernière, où les premiers matchs n’étaient pas aussi maîtrisés que lors de la fin de l’exercice. Cependant, comme le confiait Anthony Mortas après la défaite face à Rouen, il est essentiel de gagner contre des concurrents dits « directs », c’est-à-dire des candidats aux play-offs, comme Nice semble l’être cette année.

Mario Richer avait annoncé du changement, l’alignement a effectivement été remanié. Spencer Edwards passait avec Philippe Halley et Tommy Giroux sur le premier trio, tandis que Jérémie Romand descendait à sa place sur le second trio.

Les Gothiques étaient les premiers à se montrer dangereux. Ondrej Smach récupérait un palet en zone neutre et lançait Da Costa en échappée mais celui n’avait pas de réussite. Sur la contre-attaque, Bergeron se frayait un chemin dans la défense amiénoise un peu trop laxiste mais Buysse se montrait très solide entre ses poteaux. Si Amiens s’était montré dangereux d’entrée, les Aigles étaient les plus avenants, mais surtout les plus en jambes. Cependant, les Picards réagissaient en contre, notamment par l’intermédiaire du deuxième bloc.

Giffen Nyren, déjà coupable lors du match contre Rouen, était une nouvelle fois fautif et offrait une occasion en or aux Niçois. Le Canadien attendait trop à la ligne bleue et se faisait reprendre par Bergeron qui s’échappait tout seul. Sa tentative était repoussée mais pas captée par Buysse, mais il n’arrivait pas à pousser son propre rebond au fond des filets. À l’image du match de mardi, les Samariens avaient encore trop d’imprécisions techniques et le payaient : après une belle possession en zone offensive, Florian Sabatier envoyait une passe forte à Aurélien Dorey qui mettait sa crosse en opposition et ouvrait le score pour les visiteurs (0-1, 8’23). Cela avait pour conséquence de réveiller les Gothiques. Les offensives samariennes poussaient les Niçois à la faute. Ils se retrouvaient même en double infériorité, et malgré une grosse pression et de nombreux lancers, les Amiénois ne parvenaient pas à revenir, commettant même une faute. En toute fin de période, Peter Hrehorcak forçait le portier amiénois à réaliser un superbe arrêt du gant, son lancer semblait se diriger dans la lucarne, mais le palet ne passait pas la ligne de but.

Les Amiénois revenaient très fort dans le deuxième tiers, et montraient un meilleur visage, notamment avec une très grosse présence de la première ligne. Le bloc de Halley, Giroux et Edwards faisait bien tourner en zone offensive et terminait cette présence par un très bon lancer de l’ancien Bordelais. Les Gothiques lançaient dès que l’opportunité se présentait, et après deux présences percutantes d’affilée, cela finissait par payer. Le capitaine Jonathan Narbonne voyait que Jérémie Romand faisait écran à Mustukovs, et lançait à la cage. L’ancien Niçois déviait le palet et trompait le Letton pour égaliser (1-1, 25’38). Cependant, l’euphorie ne durait pas. Spencer Edwards se faisait contrer dans sa zone défensive après un bon pressing, et Sabatier récupérait le contrôle de la rondelle. Celui-ci changeait complètement le jeu sur Quentin Mahier étonnamment seul. Le solide défenseur avait tout son temps d’armer un très gros lancer frappé qui filait à toute vitesse dans la lunette de Buysse (1-2, 27’35).

Les erreurs individuelles picardes ne s’arrêtaient pas là. Dimitri Thillet ratait sa louche pour envoyer en fond de glace, et rendait le palet aux Niçois. Dorey débordait et servait Hrehorcak dans l’axe, qui trompait le gardien samarien d’un revers entre les bottes et offrait à son équipe une avance de deux buts (3-1, 33’11). Une avance de courte durée, car les locaux revenaient moins de trente secondes plus tard par l’inévitable Joey West. Les Gothiques effectuaient une sortie de zone très propre, où Romain Bault servait Rudy Matima d’une passe latérale. Celui-ci entrait en zone et servait le Canadien dans l’axe, qui trompait Mustukovs, avec l’aide du poteau, d’un tir croisé à mi-hauteur (2-3, 33’43).

Les Aigles commençaient la troisième période en supériorité numérique suite à une faute de Matima, mais ils n’arrivaient pas à déplacer le très solide bloc d’infériorité des Amiénois. Alors que ces derniers reprenaient le dessus et dominaient la rencontre, Romain Bault chargeait très solidement Roman Vondracek contre la bande. Ce dernier restait de longues secondes sur allongé sur la glace, et l’arbitre décidait d’exclure le défenseur amiénois. Nice bénéficiait donc de trois minutes de supériorité, car Quentin Mahier écopait lui aussi de deux minutes de pénalité après s’être jeté à toute vitesse sur le numéro 7 picard.

Si cet épisode aurait du redonner le « momentum » aux visiteurs, c’est tout le contraire que l’on observait. Les Aigles étaient nerveux et enchaînaient les fautes, offrant même une double supériorité aux Gothiques après un surnombre et une pénalité de banc mineure. Mario Richer envoyait cinq attaquants pour tenter d’égaliser, mais le jeu de supériorité ne réussissait pas à percer la défense niçoise. Cette incapacité à marquer aura finalement raison des Picards, alors qu’ils n’avaient subi que quatre tirs niçois dans cette période. Perttilä scellait le sort des Gothiques en cage vide (4-2, 59’26).

Une deuxième défaite en autant de match à domicile, seulement cinq buts inscrits pour neuf encaissés en trois rencontres, le bilan après ce match n’est pas à la hauteur des espérances pour les Amiénois. Cependant, Mario Richer et Anthony Mortas ne s’affolent pas, car le début de saison est similaire à celui de l’année dernière. Mario Richer aime découper la saison en quatre blocs de onze matches, et faire un bilan au terme de chacun de ses blocs. S’il s’attend à ce que le bilan du premier bloc ne soit pas très bon, il estime qu’il reste beaucoup de temps à son équipe pour s’améliorer et arriver au niveau qu’on l’attend. Place maintenant à un déplacement en Alsace, à Mulhouse, avant de recevoir vendredi prochain les Brûleurs de Loups de Grenoble.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On a fait quelques changements au niveau de l’avantage numérique, mais ça n’a pas porté ses fruits.

Au niveau des trios, si on regarde le résultat, ça n’a pas porté ses fruits parce qu’on n’a pas gagné, mais contrairement au dernier match et à celui de Strasbourg, on peut presque dire qu’on a été intenses pendant soixante minutes. On a travaillé, on a fait des erreurs bêtes qui ont coûté, mais on a travaillé. C’est la chose positive. Il faut éviter les erreurs bêtes qui permettent à l’adversaire de compter un but plus facilement.

On a essayé des choses. Si je me fie juste à un trio pour gagner, on ne va pas gagner ! On a fait des essais. Notre meilleur compteur, c’est Joey West !

Le désavantage numérique est composé de plusieurs joueurs qui étaient là l’an dernier et qui étaient très fort en désavantage numérique. On est encore très fort. Il y a Félix Plouffe qui fait un excellent travail en infériorité et en quatrième trio, il fait son travail. Je ne peux pas lui en demander plus. Le désavantage fait un excellent travail.

Il reste quarante-et-un matches ! L’an dernier, notre pire quart de la saison, c’était le premier, et ça va être la même chose cette saison. On peut juste s’améliorer pour les autres segments. Il faut que le gâteau prenne et pour l’instant, il ne monte pas.

La mise en échec était belle (ndlr : celle de Romain Bault qui lui a valu une pénalité de match), la rondelle était dans ses patins, à ce niveau, ce n’est pas une charge à retardement (ndlr : erreur de la table de marque qui a annoncé une charge à retardement alors que la pénalité officielle était « charge incorrecte »). Ensuite, le joueur d’en face arrive avec les deux gants dans la face de Romain… Nous on prend cinq, ils en prennent deux. »

 

Amiens – Nice 2-4 (0-1, 2-2, 0-1)
Vendredi 21 septembre 2018 à 20h00 au Coliséum. 2328 spectateurs
Arbitrage de M. Alexandre Hauchard assisté de Mme Anne-Sophie Boniface et M. Jérémy Douchy
Pénalités : Amiens 33′ (2′, 2′, 4’+25′) – Nice 12′ (4′, 0′, 8′)
Tirs : Amiens 32 (14, 9, 9) – Nice 29 (13, 12, 4)

Évolution du score :
0-1 à 08’23 : Dorey assisté de Sabatier et Hrehorcak
1-1 à 25’38 : Romand assisté de Narbonne et Trabucco
1-2 à 27’35 : Mahier assisté de Sabatier et Palocko
1-3 à 33’11 : Hrehorcak assisté de Dorey et Palocko
2-3 à 33’43 : West assisté de Matima et Bault
2-4 à 59’26 : Perttilä assisté de Rajamäki et Tarkkanen [cage vide]

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux (-1)  – Philippe Halley (-2) – Spencer Edwards (-1)
Jérémie Romand (-2, 2′) – Mario-Valery Trabucco (-2) – Dimitri Thillet (-1)
Pierre-Maxime Poudrier (+1) – Joey West (A) – Rudy Matima (+1, 4′)
Thomas Suire – Félix Plouffe – Kévin Da Costa

Défenseurs :
Jonathan Narbonne (C) (-3) – Ondrej Smach (-2)
Giffen Nyren (-1, 2′) – Holden Anderson
Romain Bault (+1, 25′) – Léo Guillemain

Gardien :
Henry-Corentin Buysse

Remplaçants : Lucas Savoye (G), Axel Prissaint, Antonin Plagnat.

Nice

Attaquants :
Rémi Thomas (-1) – Frédéric Bergeron – Valère Vrielynck
Peter Hrehorcak jr (+3) – Florian Sabatier (+3) – Matej Palocko (+3)
Romain Carpentier (-1) – Juuso Perttilä – Tuukka Rajamäki
Zbynek Hampl – Roman Vondracek – Louis Petit

Défenseurs :
Marek Drtina (2′) – Quentin Mahier (-1, 2′)
Roni Viirlas (+1) – Juha Tarkkanen
Quentin Scolari (+1) – Aurélien Dorey (+2, 4′)

Gardien :
Ervins Mustukovs

Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Alexis Sutor. Absents : Miroslav Macejko (genou), Matus Matis (?), Yoanne Lacheny (?).

 

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