Rouen – Lyon (Ligue Magnus, 3e journée)

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Plus réaliste

Juha Koivisto est toujours aligné au centre du duo Lampérier-Thinel malgré la rentrée de Joël Caron, posté pour sa part au centre de la quatrième ligne rouennaise après un protocole – pour avoir subi une commotion – long de trois semaines. Dans le camp lyonnais, Jaka Ankerst fait aussi son retour de blessure sur la quatrième ligne.

Avant la rencontre, on ne savait pas à quoi s’attendre après les résultats et les manières affichés par les Rouennais et les Lyonnais lors des deux premières journées. On constatait que le premier acte était au final très enlevé et très serré, du bon hockey, rapide et sérieux avec deux énormes défenses qui contraient chacune des chances de l’adversaire (2’21, 12’30), sortaient à chaque fois vainqueur du trafic créé devant le territoire de son gardien (4’31, 10’56, 11’47) ou bien qui contrariaient et pressaient le tireur d’en face de manière à ce qu’il manque la cage (8’04, 8’44, 9’07, 10’19, 16’01). Si bien qu’on ne s’ennuyait pas au contraire malgré l’absence de but. Tout juste peut-on regretter l’inefficacité dans la création offensive lors des attaques à cinq (une pour chaque équipe).

Le tiers du milieu sera moins homogène. Après, une occasion pour Juha Koivisto (déjà) bien repoussée par Rok Stojanovic (20’43), les Dragons auront un peu de mal à recouvrer leur schéma de jeu offensif pendant cinq bonnes minutes, à cause de la combativité et la vitesse des hommes de Mijta Sivic. Néanmoins, le RHE sera toujours aussi efficace derrière, interdisant le plus souvent le slot aux Lions.

Patients jusqu’à la mi-match, les joueurs de Fabrice Lhenry prennent, pour la première fois de la partie, un léger ascendant et cela se traduit au tableau d’affichage. Le LHC a-t-il baissé le pied ? Juha Koivisto, lucide, soulève le palet, au retour du tir surpuissant d’Atte Makinen à la pointe (1-0 à 32’06). C’est le second but en deux matches de la recrue finlandaise.

Les coéquipiers de Thomas Roussel ne semblent pas en mesure de riposter. Mais ils luttent défensivement et parviennent à maintenir les lancers locaux (Koivisto à 35’53 et Deschamps à 36’45) hors cadre. Il leur faut aussi s’en remettre à leur gardien, Rok Stojanovic qui détournera une déviation de Guttig (36’58). Les blancs auront pourtant une triple occasion sur rebonds libres devant le territoire du gardien. Mais ni Tomas Andres, ni Martins Lavrovs, ni Cédric Di Dio Balsamo, ne parviennent à glisser la rondelle derrière Matija Pintaric (37’31). Pour terminer les vingt minutes, les visiteurs obtiennent tout de même une supériorité sur cette action, mais, peu inspirés, les Lyonnais ne créaient encore rien de bon. Aucun tir, comme lors de leur power-play de la première période !

Rouen attaque le dernier tiers (beaucoup moins fluide) en avantage numérique. Les noirs procèdent à quatre tirs mais ils ne mettent pas à profit leur attaque spéciale bien annihilée par la boite lyonnaise. Ensuite, les partenaires de Mathieu Roy n’arrivent pas à se débarrasser d’adversaires très collants et semblent se concentrer en défense sans que leur zone ne soit un camp retranché. Pourtant, Atte Mäkinen doit intervenir sur Kyle Essery (42’01). On entend le bruit d’un palet frappant un montant sur le tir de Jaka Ankerst (44’54). Sous pression, les Seino-Marins déjouent, se mettent à la faute. Ils se retrouvent en infériorité. Cette fois les joueurs de Lyon tirent mais sabordent leur supériorité. Ce jeu est encore haché par des prisons et devient presque âpre, dans tous les cas tendu. Matija Pintaric voit beaucoup (trop) de palets passer dans le décor mais le Slovène doit intervenir avec brio sur un nouveau lancer de Jaka Ankerst (53’26).

Les défensives reprennent leur ouvrage. Celle de Lyon contre (entre autres) un envoi de Miklik (53’44), juste avant que Loïc Lampérier n’agisse sur Cédric Di Dio Balsamo (54’32). Il reste moins de quatre minutes à jouer lorsque les Dragons se retrouvent en power-play. C’est là que, dans un jeu installé, Mathieu Roy envoie du cercle gauche un énorme lancer, dans lequel le capitaine rouennais peut mettre toute sa puissance et sa rage pour transpercer Rok Stojanovic (2-0 à 56’26). C’est le cinquième but en ligue Magnus du capitaine rouennais.

La fin du match sera très fractionnée entre pénalités et un temps-mort lyonnais. Malgré le remplacement de son gardien par un attaquant supplémentaire, Lyon ne parviendra pas à réduire la marque et repart de l’île Lacroix blanchi. Ce n’est presque pas une surprise, qu’une équipe soit fanny après un tel match, tant les boîtes des deux équipes ont fourni un énorme travail devant des gardiens aux grandes qualités. La victoire rouennaise n’est pas illogique car la défensive lyonnaise n’a pas eu son équivalent dans l’autre sens de la glace : le réalisme et le jeu de puissance. Si Lyon n’a pas été récompensé, c’est ici qu’il faut chercher l’écart entre les deux équipes ce soir. Rouen, plus solide, a été productif sur une de ses quatre chances cadrées et sur une de ses trois supériorités. C’est le second blanchissage de suite réalisé par le RHE, une performance rare, accomplie devant deux équipes coriaces, qu’il faut savoir aussi apprécier.

Étoiles du match : Juha Koivisto *** (Rouen), Matija Pintaric ** (Rouen) et Mathieu Roy * (Rouen).

Commentaires (dans Paris-Normandie:

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen): « On sait que les Lyonnais sont très agressifs dans leur zone défensive. Cela nous a gênés dans le premier tiers mais on a trouvé des solutions dans le deuxième. On s’est mieux adapté. Il y avait plus d’intensité aussi. Ce qui est dommage, c’est de ne pas avoir continué comme ça dans le troisième tiers. Je suis très déçu. On s’est arrêté de travailler et, alors qu’on avait été bon défensivement jusque-là, on a laissé plus de choses. On s’est frustré aussi à force de tenter des choses individuelles qui ne fonctionnaient pas. On a pris des pénalités et, sans un excellent quatre contre cinq et un très bon Pinta (Matija Pintaric), cela aurait pu nous coûter le match. On ne peut pas jouer comme ça. Il va vraiment falloir s’améliorer car on s’en sort bien. Les points positifs de ce match sont le PK et le fait de ne pas avoir pris de but pour la deuxième fois de suite mais, en ce qui concerne le contenu, j’ai trouvé ça, dans le troisième tiers, plutôt triste. Pauvre même. »

Rouen – Lyon 2-0 (0-0, 1-0, 1-0)
Vendredi 21 septembre 2018 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2450 spectateurs.
Arbitres : MM. Jimmy Bergamelli et Adrien Ernecq assistés de MM. Thomas Caillot et Charles-Edouard Salmon.
Pénalités : Rouen 16′ (2′, 2’, 12’) ; Lyon 12′ (2′, 2′, 8′)
Tirs : Rouen 22 (10, 8, 4) ; Lyon 18 (7, 6, 5)
Chances : Rouen 12 (6, 5, 1) ; Lyon 8 (4, 2, 2)
Supériorités : Rouen 1/3, Lyon 0/6

Évolution du score :
1-0 à 32’06 Koivisto assisté de Makinen et Thinel
2-0 à 56’26 Roy assisté de Chakiachvili et Ritz (sup.num.)

Rouen

Attaquants :
Joris Bedin – Nicolas Ritz – Alexander Aleardi
Loïc Lampérier (A) – Juha Koivisto – Marc-André Thinel
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig (A) – Michel Miklik
Fabien Colotti – Joël Caron – Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau – Chad Langlais

Gardien:
Matija Pintaric (20 arrêts)

Remplaçants : Gaétan Richard (G), Thomas Carminati et Joran Reynaud. Absent : –

Lyon

Attaquants :
Cédric Di Dio Balsamo – Tomas Andres – Martins Lavrovs
Julien Correia (sorti blessé à la jambe gauche à 58’12) – Kyle Essery (A) – Arturs Mickevics
Ainars Podzins – Ryan Verbeek – Valentin Michel
Pierre Robert – Quentin Berthon (A) – Jaka Ankerst

Défenseurs :
Tyler Ferry – Vincent Llorca
Jules Breton – Lubomir Dinda
Thomas Roussel (C) – Cédric Custosse / Alexandre Pascal

Gardien :
Rok Stojanovic (20 arrêts), sorti de 57’29 à 57’56 et de 58’05 à 59’58.

Remplaçants : Olivier Richard (G) et Hugo Faure. Absent : Sébastien Delemps (genou).

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