La chronique des Habs: Carey Price sur les traces de Jacques Plante

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Grand artisan du bon début de saison des Habs, Carey Price entre un peu plus dans le Grand livre de l’histoire des Canadiens après les premiers matchs. Retour sur les chiffres marquants.

La saison des records

Au lancement de la saison, il paraissait évident que Carey Price allait battre, ou se rapprocher, de certains records du club montréalais. Lors du succès du tricolore sur les Flames de Calgary, le cerbère a dépassé les 33 223 minutes de présence sur la glace de Jacques Plante et devient le gardien avec le plus de minutes de match. Mais là où son glorieux aîné a eu besoin de 556 matchs, le natif de Anahim Lake a dû attendre sa 564e partie. Vu son âge (et la longueur de son contrat), il devrait faire monter ce record très haut.

Quelques jours plus tard, il entre un peu plus dans la légende lors du match chez les rivaux de Boston. Grâce à la victoire 3-0, il monte sur la 2e marche du podium au nombre total de gains en saison régulière. Avec une marque de 290, il devance à présent Patrick Roy (dernier gardien vainqueur de la Coupe Stanley à Montréal) et se rapproche de Jacques Plante et ses 314 succès. Il est fort probable qu’il le dépasse avant la fin de la saison si le Canadien poursuit sur ce rythme.

Son prochain objectif en termes de records sera celui du nombre de blanchissages. Actuellement 4e dans le classement avec 41 parties sans encaisser de buts, il est à 5 matchs de Ken Dryden (46) et du podium. Jacques Plante (58) mais surtout George Hainsworth (75) sont cependant encore assez loin pour être rejoints dans l’immédiat.

le cerbère du Tricolore est au rendez-vous en ce début de saison

Un jeu retrouvé

Au-delà des anecdotes historiques, Carey Price semble surtout être redevenu lui-même cette saison. Son match plein contre Boston samedi soir était à l’image du gardien dominant des années 2013-2016. Pour l’homme au calme déconcertant, qui préfère le silence d’une partie de chasse à la fureur de Montréal, ce renouveau est surtout la fin des ajustements liés à l’arrivée de Claude Julien derrière le banc des Canadiens.

Price a en effet brillé sous Michel Therrien, dont les largesses défensives lui permettaient de mettre en avant ses qualités athlétiques et de déplacement exceptionnelles. Souvent abandonné à lui-même, il pouvait néanmoins suivre l’action à sa guise et laisser ses réflexes et son gabarit faire le travail. La nomination de Claude Julien a modifié tout cela. Resserrant considérablement les lignes défensives pour couper les passes adverses devant le but, une très bonne chose en soi, Julien a ainsi placé une forêt de joueurs, jambes, patins, bâtons, devant son gardien. Price a ainsi dû la saison dernière modifier son style, s’abaissant pour espérer voir la rondelle, écartant ses pieds, ce qui limitait en conséquence la capacité de poussée latérale qui faisait auparavant sa force. Non seulement c’est un Carey Price emprunté, en retard, qui jouait devant son but, mais le changement d’appuis a pesé si fort sur son genou que les blessures ont rapidement suivi, le gardant à l’écart du jeu pendant une longue période.

Déterminé à reprendre son jeu en main, le cerbère a pris le temps cet été de retravailler sa position afin de retrouver vitesse et explosivité. Les pieds se sont resserrés, le buste est plus droit, les mouvements sont ceux du Carey Price vainqueur des trophées Hart et Vézina en 2014-15, ceux d’un gardien qui est déjà sur votre chemin avant même le départ du tir. À 5 contre 5, il se place mercredi matin au 9e rang pour le taux d’arrêts (93,7%), et a déjà sauvé 2 buts aux Canadiens. Dans une saison sans attente pour l’organisation, Price devrait également voir son planning un peu allégé afin de ménager ce retour au premier plan. Personne ne s’en plaindra à Montréal.

Photos : André Pichette pour Lapresse et Pierre-Paul Poulin pour le Journal de Montréal

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