Suède : toujours plus de flou et des succès bleus

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L’avenir toujours plus flou du championnat suédois, des finalistes qui peinent à retrouver leur rythme, des Bleues à leur aise et une révélation âgée de 15 ans, voilà le programme de la chronique suédoise sur Hockey Archives.

Le hockey suédois toujours dans l’expectative

Lundi 15 octobre, c’est une petite bombe qui a éclaté dans le hockey suédois : Jörgen Lindgren, PDG de la SHL, a été démis de ses fonctions. La nouvelle a été aussi brutale qu’inattendue car Lindgren représentait l’homme fort de l’élite suédoise. Renforcer la marque SHL et les grands clubs suédois était devenu sa priorité.

Mais en réglementant l’accession à l’élite par certaines conditions à respecter (budget, capacité de la patinoire, etc), Lindgren était loin de faire l’unanimité, notamment de la part des fans et des clubs de l’Allsvenskan, le second échelon suédois. Sa plus grande réussite, la redistribution des droits TV en obtenant un juteux contrat avec le réseau CMore début 2017, favorisait largement les clubs élite, qui allaient obtenir vingt fois plus que les équipes d’Allsvenskan, cantonnées à des rôles de faire-valoir. Jörgen Lindgren n’a pas seulement défendu les intérêts de la SHL, il avait déclenché un processus de développement, quitte à rendre plus difficile son accès et à creuser un fossé économique avec les échelons inférieurs. Beaucoup y voyaient la dissimulation d’une ligue fermée par une promotion en élite rendue moins accessible.

S’en est suivi un climat délétère, une large vague de protestation, Lindgren étant accusé, par une grande partie du milieu, d’assassiner le hockey suédois. Voyant un déficit de confiance et une crise pointer le bout de son nez, le conseil d’administration de la ligue, par l’intermédiaire de son président Anders Källström, a réagi en écartant Lindgren. Källström le justifiait ainsi ainsi via un communiqué : « Nous le faisons parce que nous sommes confrontés à une crise de la marque SHL, et nous devons restaurer la confiance et faire preuve de davantage de transparence. »

En évinçant Jörgen Lindgren, la ligue a voulu calmer les esprits alors que la tension était à son paroxysme. Mais l’avenir du championnat suédois n’en demeure pas moins flou. Nous en saurons plus à l’été 2019 lors de la prochaine réunion fédérale, qui devra déterminer un nouveau système de championnat à partir de 2020, alors que le successeur de Lindgren sera nommé au premier semestre 2019. Suite aux prochains épisodes…

Les finalistes dans le dur

Une petite quinzaine de matchs ont été disputés en SHL et déjà quelques surprises sont tombées. Elles sont quatre équipes à mener le classement de la SHL avec une égalité à 28 points : Djurgården, Luleå, Malmö et Frölunda.

Ce jeudi, la victoire 2-1 du Djurgårdens IF sur Linköping a permis au DIF de prendre la tête, au bénéfice du goal-average. C’est Daniel Brodin qui a inscrit le but gagnant, sa 9e réalisation. L’attaquant de 28 ans forme d’ailleurs avec Jakob Lilja et Jacob Josefson le meilleur trio de la ligue, avec déjà 52 points amassés à eux trois. Josefson, qui est revenu en Suède après huit saisons en NHL, a d’ailleurs été élu meilleur joueur de septembre.

Les finalistes 2017, HV71 et Brynäs, avaient connu un exercice 2017-2018 agité, rapidement éliminés en playoffs. Les finalistes 2018, Skellefteå et Växjö, connaissent pour le moment des déconvenues similaires, respectivement 7e et 8e. Le SAIK a d’ailleurs subi sept défaites consécutives, série noire qui s’est achevée jeudi soir à Karlstad. Le match semblait de nouveau mal embarqué pour Skellefteå, mené 2-0 dès la première période, avant que la tendance ne s’inverse, le capitaine emblématique du SAIK Jimmie Ericsson égalisant à 2-2 à 57 secondes de la fin. Et c’est Emil Djuse qui a offert la victoire à Skellefteå après 94 secondes de prolongation.

MODO et Allemoz en patrons

En SDHL, la ligue féminine, c’est MODO qui mène la danse avec 7 points d’avance sur son dauphin, HV71. Le club d’Örnsköldsvik avait accueilli cet été la capitaine de l’équipe de France Marion Allemoz (photo ci-contre), qui effectuait un virage à 360 degrés dans sa carrière après ses années montréalaises, avec les Carabins et les Canadiennes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la Savoyarde s’est parfaitement intégrée à sa nouvelle équipe, inscrivant 16 points dont 11 buts en 19 matchs.

Djurgården, le club des autres françaises de la SDHL Betty Jouanny et Gwendoline Gendarme, pointe à la sixième place. Leur équipe reste sur une bonne dynamique de quatre victoires consécutives, en plus d’avoir créé l’événement.

Lovisa Berndtsson et Agnes Åker, les deux gardiennes de Djurgården, s’étaient blessées. Ida Boman, seulement 15 ans, a alors été lancée dans le feu de l’action pour deux matchs consécutifs. Et la néophyte a répondu présente… en signant deux blanchissages ! Ida Boman n’avait fait jusqu’ici que quelques sessions d’entraînement avec le DIF et elle évoluait avec l’équipe U16 masculine de Sollentuna. Une belle carrière pourrait bien s’offrir à elle.

Enfin, saluons les performances de deux autres françaises, Lore Baudrit et Margaux Mameri (photo ci-contre), et de leur club de Björklöven, qui écrase la concurrence. Le club d’Umeå évolue en Division 1, le second échelon féminin réparti en quatre poules géographiques. Dans la poule nord, Björklöven est en tête après avoir inscrit 55 buts… en 5 matchs ! Avec 25 points (10 + 15), Lore Baudrit est de loin la meilleure marqueuse de Division 1, toutes poules confondues. Quant à la jeune gardienne bleue Margaux Mameri, elle a disputé son premier match en Suède contre l’équipe B de Luleå le 20 octobre dernier, signant un blanchissage et son équipe s’imposant sur le score de… 27-0 !

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