Dunkerque – Neuilly-sur-Marne (Division 1, match reporté de la 7e journée)

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Initialement programmé le 1er novembre dernier, l’affrontement entre des Bisons partis sur un rythme effréné et des Corsaires euphoriques (venus à bout du monument rouennais au cours de la semaine précédente) fut reportée suite au décès de David Gaborcik, à qui le public de Raffoux a rendu un bel hommage lors de la réception du Mont-Blanc. La mémoire du défenseur slovaque est en outre bien présente, à travers l’ombre du numéro 97 floquée sur le maillot de ses équipiers.

Les hommes de Franck Spinozzi n’ont pu maintenir leur rythme effréné et ont connu plusieurs sorties amères en novembre, reprenant récemment leur marche en avant aux dépens de Caen et Cholet, vaincus au-delà des soixante minutes. Toujours positionnés sur le podium, ils tenteront de se rapprocher des Remparts de Tours, première formation à venir l’emporter à Raffoux depuis Mont-Blanc le 27 février dernier.

Les débats démarrent tambour battant, au rythme de la fanfare locale ; Garrido et Young emploient rapidement Sopko. Côté visiteurs, Quentin Jacquier fait apprécier la vitesse de son patinage. Guillaume Duquenne calme les ardeurs de Maxime Auvitu et Reed Seckel, excentrés, bloquant le tir à la ligne bleue de Dikis. L’ouverture millimétrée de l’ancien Corsaire Alan Dana n’est quant à elle pas convertie par Dordet. Les visiteurs accentuent la pression et chaque fenêtre de tir est exploitée, comme l’illustre Radek Mika, mais l’élan des représentants de la Seine-et-Marne est coupé par un cinglage de Pierre-Charles Hordelalay, au pressing sur Destoop.

Dunkerque, à nouveau dangereux à mi-tiers sur une combinaison Simcak – Halas ponctuée d’un revers du second, fait parler la poudre par Ballet et un tir sur réception de Budínský, hors-cadre. La deuxième unité éprouve plus de peine pour s’installer et concède même la faute par Gans. Duquenne doit donc préserver l’égalité devant un Jacquier actif, à la conclusion d’un mouvement rapide, et Seckel à l’affût dans le cercle droit d’un caoutchouc à la trajectoire capricieuse.

Les Corsaires obtiennent leur plus belle opportunité au retour à cinq, un centre de Mikušovic repris par Budínský vers une cage bien gardée par un Sopko spectaculaire. Ils soufrent moins sur l’infériorité suivante, dressant un mur devant la cage et parvenant à gagner un temps précieux sur un échange de passes habile de la paire finlandaise Laine – Männistö. À la reprise, Budínský et Garrido emploient Sopko et les actions locales semblent à la hausse en dépit d’un jeu encore perfectible. Dana en prison pour avoir fait trébucher Gans au centre de la glace, le rideau nocéen constitue une équation difficile à résoudre, donc Young force le verrou Safar sur la droite et défie Ramon Sopko, au casque solide.

Les Bisons récupèrent leur défenseur franco-canadien et se pensent sortis d’affaire quand Clément Thomas, quasiment à l’arrêt devant son banc, expédie un palet aérien vers le but, aux abords duquel rôde son buteur tchèque (1-0 à 25’29″). Neuilly-sur-Marne réagit vite et sa domination provoque deux nouveaux dégagements interdits. La mise au jeu consécutive au second est remportée par un autre ancien de la maison, le capitaine Joé Dubé, permettant à Safar de faire chauffer la mitaine de Duquenne. Dans le coin, Gabaj et Hordelalay travaillent fort pour récupérer une rondelle, le dernier cité subissant une intervention fautive de Colombin. En supériorité, Jan Safar a alors le temps de contrôler le disque pour se heurter, une fois de plus, à un gardien appliqué et par ailleurs vigilant sur un centre du percutant Gabaj vers Saliji. Le casque du portier tremble à son tour sur un coup de semonce de Dana.

En contre-attaque, le duo Simcak – Garrido laisse échapper le but du break, initiant une fin de tiers hachée par les coups de sifflet. Vindicatif à l’encontre de Craig Gans dans un premier temps, puis de Guillaume Duquenne, Reed Seckel est invité par le trio arbitral à rejoindre le banc à deux reprises, au grand désarroi de Franck Spinozzi. Entre les palabres, Samir Saliji parvient à contourner Männistö pour partir à l’assaut d’une cage manquée de peu. Passé le deuxième tour de surfaceuse, et une intervention de Sopko pour mettre fin à l’accélération de Simcak au milieu de deux défenseurs, les Bisons profitent d’un nouveau coup de sifflet, contesté, à l’encontre de Craig Gans pour recoller à la marque. De l’entrée de la zone, Radek Mika quête une éventuelle déviation, sans succès, mais Alan Dana l’imite et voit son essai freiné revenir sur Samir Saliji, à l’affût pour tromper Duquenne (1-1 à 46’18″).

Dans la confusion et les protestations maritimes, Reed Seckel exulte de façon trop véhémente, attitude le conduisant à un nouveau séjour en geôle pour méconduite. Le jeu s’interrompt à nouveau lorsque l’Américain goûte peu une décision arbitrale, brisant de sa crosse le plexiglas situé devant la table de marque, dont les préposés demeurent choqués. L’ancien Marseillais est invité à rejoindre le vestiaire, ce qu’il fait avec le sourire avant de laisser la place aux équipes techniques et à un surfaçage.

Entre-temps, Dominik Gabaj avait exécuté un beau jeu pour se présenter face à Duquenne, qu’il tenta de contourner. La reprise du jeu est moins rythmée, même si Neuilly tente de faire le jeu face à des Nordistes recroquevillés. Les Corsaires tardent à se montrer dangereux, tentant de se porter très rapidement vers l’avant, option mise à mal par plusieurs pertes de palet et relances manquées. Bien en place dans leur zone, ils concèdent peu d’espaces aux visiteurs, seul Plaire sur une mise au jeu parvenant à inquiéter un Duquenne serein. À quatre minutes du terme, ce schéma est brisé par un regain offensif soudain, Dunkerque pressant les Bisons, repoussés dans leurs derniers retranchements par Thomas ou Budínský.

Cette fin de match très active des Dunkerquois n’évite pas la prolongation, dominée par les hommes d’Antoine Richer. Vit Budínský donne le tournis à ses adversaires, effectue le tour complet de la cage pour mieux servir Mikušovic, dont le lancer puissant ne trompe pas Ramon Sopko, encore impérial du gant face à son compatriote dans les secondes suivantes. Appelée à prendre le relais, la paire Halas – Simcak profite d’une hésitation d’Alan Dana pour monopoliser à son tour le palet. Ramon Sopko effectue un déplacement rapide pour fermer le chemin du but à Igor Halas, à l’affût d’un tir non cadré de son compère, mais le même Halas revient à la charge pour venir le feinter et loger, du revers, le palet sous la barre transversale (2-1 à 53’31″).

Explosion de joie dans les travées au moment où le Slovaque effectue un plongeon vers ses supporters, issue d’une soirée riche en rebondissements. Le roseau corsaire et un Guillaume Duquenne félicité par Franck Spinozzi n’auront pas cédé avant deux déplacements à Caen et Cholet, précédant le quart de finale de Coupe de France face à Strasbourg. En quête d’efficacité, Neuilly ne conforte sa place sur le podium que d’un petit point.

Commentaires d’après-match :

Franck Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : « Ce résultat s’explique à la fois par la prestation de Duquenne et notre manque d’efficacité. J’avais positionné le trio de Jacquier face à celui de Budínský, et il a fait le travail. Nos autres blocs n’ont pas fait la différence, même si nous avons dominé. L’interruption du match n’est pas une excuse. Il n’est pas possible de remporter tous les matchs. L’entraîneur amène beaucoup de choses, le système, la motivation, mais il n’a pas de prise sur la capacité à marquer, l’arbitrage et la capacité des gardiens à faire les arrêts. Enchaîner les matchs à quarante lancers sans l’emporter est négatif, mais les joueurs n’ont pas péché par manque de travail, ils se sont donnés. Je suis dur avec mon coaching, même lorsque l’on gagne. Je ne souhaite rien enlever à Dunkerque, qui a également obtenu de bonnes chances et ouvre la marque sur un but gag. Par rapport à l’an dernier, l’équipe est différente, on pensait être plus fort offensivement et plus perfectible derrière, mais ce n’est pas forcément le cas. Nos Français jouent beaucoup et apportent de la profondeur, un esprit d’équipe et de la jovialité. »

Dunkerque – Neuilly-sur-Marne 5-3 (2-1, 2-1, 1-1)
Mardi 4 décembre 2018 à 19h30 à la patinoire Michel Raffoux. 407 spectateurs.
Arbitrage de Frédéric Le Berre assisté d’Aurélien Smeeckaert et Cyril Debuche.
Pénalités : Dunkerque 12′ (4’, 6′, 2′, 0′), Neuilly-sur-Marne 38′ (2′, 6′, 10’+20′).
Tirs : Dunkerque 40 (13, 12, 10, 5), Neuilly-sur-Marne 39 (20, 9, 9, 1).

Évolution du score :
1-0 à 25’29″ : Budínský assisté de Thomas
1-1 à 46’18″ : Saliji (sup. num.)
2-1 à 53’31″ : Halas assisté de Simcak

Dunkerque

Attaquants :
Clément Thomas (C) – Marek Mikušovic – Vit Budínský
Igor Halas – Dominik Simcak – Clément Garrido
Brendan Martial – Loïc Destoop – Lucas Herrera-Mione

Défenseurs :
Adam Young – Francis Ballet (A)
Jussi Laine (A) – Mikko Männistö
Thibaut Colombin – Craig Gans

Gardien :
Guillaume Duquenne

Remplaçants : Antti Leskinen (G), Pierre Pampanay, Martin Poirier, Jordan De Lat. Absents : Matthieu Vissio, Rémi Houque.

Neuilly-sur-Marne

Attaquants :
Leyland Plaire – Quentin Jacquier – Benoît Valier
Pierre-Charles Hordelalay (A) – Dominik Gabaj – Samir Saliji
Reed Seckel – Joé Dubé (C) – Ryan Gouveia
Maxime Dordet – [rotation] – Maxence Auvitu

Défenseurs :
Edgars Dikis – Radek Mika (A)
Thomas Giorgi – Jan Safar
Martin Ropert – Alan Dana

Gardien :
Ramon Sopko

Remplaçants : Rémi Husson (G), Romain Neil. Absents : Gianni Mangone et Derek Thorogood (blessés).

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