Grenoble – Nice (Ligue Magnus, 24e journée)

Les Brûleurs de Loups se sortent du piège niçois

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Après cinq victoires consécutives, les Brûleurs de Loups se sont inclinés mardi à Rouen (2-4) dans le choc de la Ligue Magnus. Une défaite dont ils n’ont pas à rougir mais qui creuse un peu plus l’écart avec les Dragons qui s’envolent en tête du classement. Pour ne pas se laisser complètement distancer, Grenoble est dans l’obligation de rebondir face à Nice, une équipe qui leur a posé beaucoup de problèmes mi-novembre, au retour de la trêve internationale (défaite 3-6 à Nice).

À la veille d’une nouvelle trêve, les hommes d’Edo Terglav préféreront se remémorer le large succès acquis face aux Aigles en octobre (7-0). Toujours privés de Legault qui purge son troisième match de suspension et des internationaux U20 Onno et Fabre, les Brûleurs de Loups ont présenté leur dernière recrue, signée juste avant la date limite des transferts, un certain Antonin Manavian qui fait son retour à Pôle Sud. De leur côté, les Aigles restent sur une belle victoire face à Anglet (5-2) mardi qui leur permet de rester au contact des 8 premières places.

Incisifs au coup d’envoi avec notamment Fleury déjà dangereux, les Brûleurs de Loups voient leurs efforts interrompus par une pénalité de Latendresse en zone offensive. Les Aigles ne mettent pas longtemps à installer le power play et Tarkkanen ouvre le score sur un lancer lointain, profitant du trafic mis devant la cage grenobloise pour masquer la vue de Horak (0-1, 03’11). Scénario parfait pour les visiteurs alors que les Grenoblois se cherchent encore sur la glace au cours des premières minutes. Une passe parfaite de Kearney pour Hardowa est tout près d’aboutir mais le défenseur grenoblois trouve le poteau. Les Aigles font jeu égal avec les Brûleurs de Loups en tentant régulièrement des incursions en zone offensive.

Grenoble finit par égaliser. Champagne déborde et centre devant la cage pour Arnaud qui dévie victorieusement du bout de la crosse au fond des filets (1-1, 11’16’). Une pluie de peluches s’abat alors sur la glace dans le cadre de l’opération prévue en faveur des enfants du Secours Populaire. Relancés par cette égalisation, les Isérois prennent enfin le jeu à leur compte avec un gros pressing en zone offensive mais Nice reste dangereux en contre à l’image d’un bon lancer de Dorey, capté par Horak. Les Brûleurs de Loups poussent dans les ultimes secondes pour prendre l’avantage mais l’organisation défensive de Nice et un bon Muštukovs, très sollicité, permettent de maintenir le score de parité malgré les dernières tentatives de McEachen et Kearney.

Les Brûleurs de Loups prennent l’initiative dès le début de la seconde période avec Baylacq tout proche de marquer sur une déviation. Mais comme en première période, Grenoble voit son élan interrompu par une pénalité, de Kearney en zone offensive. Sans conséquence cette fois, le boxplay grenoblois faisant le travail avec justesse. Un tir de Palocko en fin de pénalité est bien bloqué par Horak sans rebond. À cinq contre cinq, Grenoble repart à l’assaut de la cage niçoise mais Fleury bute sur Muštukovs.

Nice a une grosse occasion de prendre les devants au score sur une échappée en break de Vrielynck mais Horak remporte son duel avec l’attaquant niçois. Les Aigles ont laissé passer l’occasion et peuvent s’en mordre les doigts quelques instants plus tard lorsque Leclerc passe en revue trois joueurs niçois avant d’ajuster Muštukovs (2-1, 27’15). Un but tout en technique et en maîtrise de l’homme en forme de l’attaque grenobloise !

Les Aigles réagissent très vite sous l’impulsion de Vrielynck et Sabatier qui donnent du travail à Lukas Horak. Sur une incursion en zone offensive, Kara tire sur le casque de Muštukovs qui repousse comme il peut. Palocko répond avec une belle accélération mais sa passe pour Perttila n’arrive pas à destination. L’indécision est de mise, les deux équipes ayant tour à tour de belles opportunités. Après un tour de cage, Arnaud sert Champagne dans l’axe mais sa reprise est repoussée par Muštukovs. Alors que Viirlas est en prison, Palocko est accroché par Champagne, ce qui remet les deux équipes à égalité numérique. Une situation qui profite à Nice avec un gros déboulé sur l’aile de droite de Matus Matis qui se défait de Tartari, fait le tour de la cage et sert en retrait dans l’axe Marek Drtina dont la reprise au ras de la glace trompe Horak (2-2, 37’00). Rejoints au score, les Brûleurs de Loups doivent reprendre l’initiative. Ils obtiennent un 3 contre 1 emmené par McEachen, mais Muštukovs parvient à plonger sur le palet pour l’éviter de rentrer. C’est donc de nouveau sur un score de parité que se séparent les deux équipes.

Tout reste à faire donc au début de la troisième période. Miroslav Macejko fait trébucher Baylacq, puis Aurelien Dorey est sanctionné à son tour pour avoir fait tomber Leclerc le long de la bande. Terglav demande un temps mort pour préparer cette double supériorité numérique. Mais le power-play grenoblois confond vitesse et précipitation et ne parvient pas à trouver de bonne position de tir. Nice sort renforcé et sans dommage de cet épisode délicat.

Alors que Kara manque une bonne opportunité face à la cage sur une bonne passe de Fleury, les Aigles croient au but sur une belle action de Matis qui trouve en relais Palocko dont le tir croisé semble prendre le chemin de la cage de Horak avant de ressortir. But, pas but ? Les arbitres ne bronchent pas, Fleury dégage le palet sur le rebond et l’action se poursuit. Grosse frayeur pour les Grenoblois qui reprennent leur travail en zone offensive et obtiennent une nouvelle pénalité niçoise après un gros effort de Kearney autour de la cage. Palocko part en prison et les Brûleurs de Loups jouent leur troisième supériorité numérique consécutive. McEachen lance à la cage mais voit son lancer bloqué par Muštukovs.  Le portier niçois maîtrise mal un lancer de Fleury, le palet roule devant la ligne de but mais les attaquants grenoblois n’arrivent pas à le pousser au fond.

Ce manque de réalisme commence à frustrer les Isérois : Bisaillon puis Fleury lancent à la cage, à chaque fois Muštukovs repousse et pour aller récupérer le palet, Fleury se rend coupable d’une grosse charge contre la bande sur Macejko. Nice se retrouve donc à son tour en supériorité numérique au moment de rentrer dans les dix dernières minutes du match. Les Aigles se montent peu dangereux mais Rajamäki arrive tout de même à trouver une position pour lancer sur Horak qui bloque de la mitaine. L’incertitude reste de mise jusqu’à une bonne entrée de zone de Champagne qui sert Tartari en profondeur lequel remet à Kara dont le tir en pivot passe juste au-dessus de la jambière de Muštukovs (3-2, 52’25). Un but qui semble décisif à ce moment du match.

Grenoble tient son avantage et ne veut pas le lâcher, Latendresse est tout près de marquer le quatrième but sur une belle action individuelle mais il se heurte à Muštukovs. Nice joue son va-tout avec Tarkkanen qui lance par deux fois sur la cage alors que la défense grenobloise est repliée autour de Horak.  Une pénalité de Dorey qui retient Latendresse le long de la bande semble mettre fin aux espoirs niçois. En power-play, les Brûleurs de Loups occupent la zone offensive, Bisaillon lance par deux fois à la cage mais Muštukovs repousse. Finalement, Grenoble finit par concrétiser sur une belle passe en retrait de Latendresse pour McEachen qui décale immédiatement pour Hardowa dont le tir instantané transperce Muštukovs (4-2, 58’45). Fin du suspense.

Le succès grenoblois a été long à se dessiner face à une coriace équipe de Nice qui a cru pendant longtemps pouvoir ramener au moins un point de son déplacement en terre iséroise. Mais les Brûleurs de Loups ont eu le dernier mot malgré une manque d’efficacité flagrant par rapport à leurs dernières sorties. Heureusement, la défense bien en place a permis d’éviter le pire alors qu’Horak a su garder son équipe dans le match lors de deux ou trois occasions chaudes. Offensivement, le power-play n’a pas eu son efficacité habituelle avec seulement un but marqué en toute fin de match. On retiendra tout de même le bon match de Champagne et la renaissance de Kara, qui était en difficulté depuis le début de saison. Ce but libérateur pour son équipe vient confirmer sa forme ascendante et lui fera du bien au moral avant de rejoindre les Bleus. Contrat rempli, donc, pour les Brûleurs de Loups qui ont su se sortir du piège niçois sans dommage mais sans briller.

Contrairement à leur dernière venue à Pôle Sud, les Aigles sont restés cette fois dans le match jusqu’au bout et pourront nourrir quelques regrets. Même s’ils ont été largement dominés au nombre de tirs, ils sont restés tout le temps au contact des Brûleurs de Loups après avoir ouvert le score. Un lancer de Palocko aurait même pu leur donner l’avantage au début de la troisième période. Beaucoup de regrets, mais aussi la satisfaction d’une défense qui a tenu le choc, notamment face aux supériorités numériques grenobloises au troisième tiers. Muštukovs a été à la hauteur cette fois pour ce deuxième match à Pôle Sud sous le maillot niçois. Offensivement, Matis et Palocko ont été les plus dangereux même si les deux buts viennent de deux défenseurs, Tarkkanen et Drtina. Rencontre prometteuse pour la suite à défaut d’avoir permis à Nice de marquer des points ce soir.

Désignés joueurs du match : Guillaume Leclerc (Grenoble) et Ervīns Muštukovs (Nice)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On s’attendait à un match compliqué, Nice marque beaucoup de buts dernièrement. On a donné beaucoup d’importance à bien jouer défensivement, ne pas donner beaucoup d’occasions sur leurs transitions. On n’a donné que 15 tirs, 7 chances de marquer. Après la deuxième période, j’ai dit aux gars qu’on faisait les bonnes choses. Il faut rester discipliné, calme. En faisant les choses comme ça, on a eu les occasions et on a marqué un beau but de Vincent Kara, un but qui était bien travaillé, il l’a mérité. On n’a pas eu d’avantages numériques jusqu’à la fin de la deuxième période, d’habitude ça nous met dans le match pour aller chercher le momentum. De notre côté il y a eu quelques pénalités qui n’étaient pas nécessaires, ça a donné une chance à Nice de revenir dans le match mais les gars ont bien fait le boulot devant Lukas. Un match comme ça peut aller d’un côté comme de l’autre, aujourd’hui c’était du nôtre parce que j’ai senti que défensivement, on n’a pas donné grand-chose à une équipe qui marque plus que tout le monde. »

Stan Sutor (entraîneur de Nice) : « C’est une grosse déception, on a mal commencé le match, on a voulu trop jouer. Après, on est un peu rentré dans l’ordre et on a tenu Grenoble très longtemps. Les supériorités numériques de début de troisième période où on prend deux minutes un peu inutiles dans la zone offensive, je pense qu’elles ont fait mal, on a laissé des efforts et il y a des joueurs qui n’ont pas pu jouer donc ils sont sortis du match, ça nous a manqué à la fin. Au troisième tiers, c’était un peu plus difficile mais au cours des deux premières périodes, on aurait pu en mettre quelques-uns de plus. Le championnat est fait à deux vitesses. Depuis le début de saison, on voit qu’il y a deux grosses équipes et le reste du championnat avec les dix autres équipes, donc c’est toujours valorisant de faire un gros match chez l’un ou chez l’autre. Mais chez moi et chez les joueurs, il y a une grosse déception parce qu’on n’était pas loin. Si on avait mis ce troisième but, je pense que Grenoble aurait eu du mal à revenir. »

Vincent Kara (attaquant de Grenoble) : « Mon but tombe bien, ça fait vraiment plaisir, tant mieux pour l’équipe, je suis content que ça puisse dérouler après et bien se passer pour aller chercher ces trois points. Ils sont très compacts et ils jouent beaucoup en contre alors ce n’est pas toujours facile. Ils ont des bons joueurs techniques alors il faut faire attention parce qu’ils peuvent vite partir en contre et ça peut être très dangereux. Je ne suis pas inquiet, il y a eu des bonnes choses et des moins bonnes comme au deuxième mais on s’est bien parlé dans le vestiaire et on a su bien se motiver pour mettre les bouchées doubles dans le dernier tiers et aller chercher ce but-là. »

 

Grenoble – Nice 4-2 (1-1, 1-1, 2-0)
Vendredi 7 décembre 2018 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3040 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté de Gwilherm Margry et Joris Barcelo.
Pénalités : Grenoble 18’ (2’, 4’, 2’+10’), Nice 20’ (0’, 2’+10’, 8’).
Tirs : Grenoble 51 (13, 16, 22), Nice 22 (6, 8, 8).

Évolution du score :
0-1 à 03’11 : Tarkkanen assisté de Perttilä et Rajamäki (sup. num.)
1-1 à 11’16 : Arnaud assisté de Champagne et Kara
2-1 à 27’15 : Leclerc assisté de Kearney et Magovac
2-2 à 37’00 : Drtina assisté de Matis et Tarkkanen
3-2 à 52’25 : Kara assisté de Tartari et Champagne
4-2 à 58’45 : Hardowa assisté de McEachen et Latendresse (sup. num.)
 

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney (2’) – Sébastien Rohat – Guillaume Leclerc
Julien Baylacq – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A) (2’+10’) [puis Arnaud]
Matthias Arnaud [puis Fleury] – Joël Champagne (C) (2’) – Vincent Kara
Hugo Dechelle – Olivier Latendresse (2’) – Julien Munoz.

Défenseurs :
Patrick McEachen – Connor Hardowa
Christophe Tartari (A) – Sébastien Bisaillon
Dominik Kramar – Aleksandar Magovac

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Teddy Trabichet (épaule), Boštjan Goličič (poignet), Lucien Onno (équipe de France U20), Dylan Fabre (équipe de France U20), Maxime Legault (suspendu).

Nice

Attaquants :
Peter Hrehorcak Jr (A) – Peter Bjaloncik – Matus Matis
Tuukka Rajamäki – Matej Palocko (2’) – Juuso Perttilä (10’)
Frédéric Bergeron – Florian Sabatier (A) – Valère Vrielynck (C)
Rémi Thomas – Louis Petit – Romain Carpentier

Défenseurs :
Marek Drtina – Miroslav Macejko (2’)
Roni Viirlas (2’) – Juha Tarkkanen
Yoanne Lacheny – Aurélien Dorey (4’)

Gardien :
Ervīns Muštukovs

Remplaçants : Julian Barrier-Heyligen (G), Alexis Sutor, Quentin Scolari.  Absents : Zbynek Hampl, Roman Vondracek.

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