La France gagne grâce à ses unités spéciales

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Philippe Bozon aborde la seconde moitié de sa phase de découverte et d’évaluation de l’équipe de France, puisqu’il a convoqué pour ce second tournoi EIHC les joueurs qu’il n’avait pas encore pu ou voulu voir en bleu en novembre. Seuls Rohat et Maia ont été sélectionnés deux fois, mais les forfaits (dont celui de Johann Morant qui a décliné sa sélection) ont conduit trois autres joueurs à « doubler » les deux tournois, Kévin Hecquefeuille, Hugo Gallet et Maurin Bouvet. À l’exception des Rouennais, ménagés le mois dernier pour cause de CHL, c’est donc plus une équipe de France « bis » qui se présente ce soir, avec tout de même un gardien expérimenté en la personne de Florian Hardy.

Le premier adversaire, la Hongrie, est d’un calibre un peu inférieur à d’habitude. Les Bleus ne croisent plus si souvent la route des Magyars, la dernière confrontation remonte à leur passage remarqué dans l’élite mondiale à Saint-Pétersbourg (6-2). Depuis un peu plus d’un an, les Hongrois ont pour sélectionneur Jarmo Tolvanen, l’ancien entraîneur de Dijon (de 2011 à 2015), qui avoue observer d’un œil intéressé l’évolution de la Ligue Magnus à travers ses nombreux représentants sous le maillot bleu. Mais il se concentre avant tout sur son équipe, qu’il souhaite voir travailler la défense face à nations d’élite.

Les premières occasions sont pourtant hongroises, avec Vilmos Galló de près ou encore Dániel Szabó qui obligent Florian Hardy à de premiers arrêts. Le premier lancer français dangereux est à mettre au crédit de Maurin Bouvet. Le match a commencé dans un bon rythme. Les Bleus prennent l’avantage sur leur première supériorité numérique : Gabin Ville marque son premier but en équipe de France pour sa sixième sélection. Juste avant le quart d’heure de jeu, Julien Correia essaie de l’imiter en interceptant un palet en zone neutre, mais le face-à-face avec le gardien est remporté par Zoltán Hetényi. La France préserve son avantage en fin de tiers, même si un palet passe Hardy sans franchir ensuite la ligne.

Le deuxième tiers-temps est plus fermé. Les occasions se font rares. Les Bleus n’en ont que pendant deux supériorités numériques, non concrétisées. Florian Hardy s’interpose pour sa part face à Bodo. Les tricolores placent quelques contre-attaques en fin de période, arrêtées par Hetényi.

La France double la mise dès le début de la troisième période après une crosse haute de Gőz. Le capitaine inédit du jour, Nicolas Ritz, tire à bout portant. Dans les deux minutes qui suivent, Rohat (retenir) et Janil (cinglage) partent en prison. Avec 1’24 » à 5 contre 3, Tolvanen demande son temps mort. Mais les Bleus défendent bien en double infériorité, ne concédant que deux tirs lointains. Au contraire, quand la France revient en jeu de puissance après une charge avec la crosse de Dániel Szabó, c’est le débutant en équipe de France, Victor Barbero, qui marque à son tour ! Hardy préserve son blanchissage sur une dernière occasion de Miskolczi.

Ce match aura donné lieu à une démonstration de force des unités spéciales de la France, alors qu’elles étaient plutôt en difficulté le mois dernier. C’est positif même si cela reste à relativiser par la valeur de l’adversaire.

Désignés joueurs du match : Nicolas Ritz pour la France et Bence Stipsicz pour la Hongrie.

Commentaires d’après-match

Jarmo Tolvanen (entraîneur de la Hongrie) : « Nous avons bien rivalisé à cinq cintre cinq, notamment en zone offensive, mais nous avons pris trois buts en infériorité numérique, donc nous devons évidemment nous améliorer sur ces phases strictement défensives. Mais à cette période de l’année, il est peut-être plus important d’être performant à égalité numérique. Il n’y a pas eu beaucoup de différences dans les tirs. Nous ne pouvons pas être satisfaits de marquer zéro but, mais il n’y a aucune raison de paniquer. Nous devrons concrétiser nos occasions la prochaine fois, c’est tout. »

Philippe Bozon (entraîneur de la France) : « Nous sommes arrivés avec de nouveaux joueurs qui nous intéressent. Nous voulons leur donner une opportunité, nous avons joué à un rythme rapide, je suis satisfait de notre performance. Mais l’équipe de la Hongrie a de la vitesse, ce qui nous a causé des difficultés en deuxième période. Nous n’avons pas spécifiquement travaillé notre avantage numérique, mais il a bien fonctionné, comme notre désavantage numérique. Les unités spéciales sont toujours une bonne base de réussite. »

 

France – Hongrie 3-0 (1-0, 0-0, 2-0)
Jeudi 13 décembre 2018 à 16h00 au Lørenskog Ishall (NOR).
Arbitrage de Mikael Holm (SUE) et Marcus Wannerstedt (NOR) assistés de Gustav Jonsson (SUE) et Knut Einar Bråten (NOR).
Pénalités : France 8′ (2′, 0′, 6′) ; Hongrie 12′ (2′, 4′, 6′).
Tirs : France 30 ; Hongrie 27.

Évolution du score :
1-0 à 08’55 : G. Ville assisté de V. Barbero (sup. num.)
2-0 à 44’14 : Ritz assisté de Correia (sup. num.)
3-0 à 53’03 : V. Barbero assisté de G. Ville et Matima (sup. num.)

France

Attaquants :
Alexandre Mulle – Nicolas Ritz (C, 2′) – Gabin Ville
Rudy Matima – Matthias Terrier – Victor Barbero
Julien Correia – Maurin Bouvet – Peter Valier
Cédric Di Dio Balsamo – Sébastien Rohat (2′) – Vincent Kara
Joris Bedin

Défenseurs :
Hugo Gallet – Maxime Moisand
Kévin Dusseau (2′) – Jonathan Janil (A, 2′)
Damien Raux (A) – Thomas Thiry
Fabien Bourgeois

Gardien :
Florian Hardy

Remplaçant : Clément Fouquerel (G). En réserve : Kévin Hecquefeuille, Loïc Lampérier, Bastien Maia.

Hongrie

Attaquants :
Vilmos Galló – János Hári (2′) – Christopher Bodó
Balázs Somogyi – János Vas (C, 2′) – Tamás Sárpátki
Krisztián Szabó – András Benk – Attila Németh
Márk Miskolczi – Áron Reisz – István Terbócs

Défenseurs :
Bence Stipsicz (A) – Tamás Pozsgai (A)
Bence Szirányi – Dániel Kiss (2′)
Roland Vokla (2′) – Dániel Szabó (2′)
Arnold Varga – Balázs Gőz (2′)

Gardien :
Zoltán Hetényi

Remplaçant : Ádám Vay (G). En réserve : Tamás Láday, Tihamér Becze, Csanád Erdély, Andrew Sarauer.

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