L’équipe de France U20 en grand danger

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La mission est simple et nette pour l’équipe de France des moins de 20 ans : il lui faut une victoire ce soir contre l’Autriche pour se maintenir en division IA mondiale sans se faire peur lors de la dernière journée. Et au contraire des deux défaites précédentes contre le Bélarus et la Norvège, l’adversaire du soir ne semble pas avoir d’individualité saillante (on met à part le cas du défenseur Thimo Nickl qui a été convoqué en équipe nationale senior à 16 ans et 11 mois avant de devoir décliner sur blessure parce qu’il n’a pas encore d’influence sur le jeu). On notera que Pierre Pousse a interverti ses deux premiers centres, Antonin Plagnat et Teemu Loizeau. Il n’y a en revanche pas eu de rotation de gardien cette fois : Gaëtan Richard conserve sa place.

Le jeu est très ouvert et animé dès le début du match avec un bon rythme. La principale occasion est pour la quatrième ligne française : tir de Samuel Rousseau sur passe de derrière la cage de Victor Ranger. Le palet va d’une cage à l’autre, et la qualité du repli défensif semble plutôt favoriser les Bleus. La vitesse de Flavian Dair en contre-attaque fait plus de mal aux Autrichiens. C’est une accélération de Baptiste Bruche sur l’aile gauche qui provoque la première pénalité de Daniel Payr (faire trébucher). En supériorité numérique, un lancer balayé de Jules Gallet est bloqué par le gardien. Dylan Fabre conquiert le palet sur la mise au jeu qui suit et Flavian Dair conclut entre les cercles (1-0).

L’Autriche réagit en mettant en place un pressing à deux qui fait souffrir la troisième ligne française dans sa zone pendant un long moment. Mais c’est sur une action partie de manière très anodine qu’elle égalise finalement. Fabian Hochegger balance le palet au fond à la ligne bleue et part seul presser Yohan Coulaud pendant un changement partiel de lignes. Celui-ci fait barrage de son corps, mais sous la pression physique, il ne parvient qu’à donner une passe trop faiblarde qui n’atteint pas son collègue défenseur. Le palet gluant reste derrière la cage, Hochegger s’en saisit et, plus vif que Convert, donne en retrait à Lucas Thaler qui arrive directement du banc, lancé plein axe (1-1).

Il serait dommage de se contenter de ce score par rapport à la prestation des Bleuets. C’est ce que doit se dire Hugo Sarlin : il contre le lancer de Wurschl à la ligne bleue et prend alors de vitesse le défenseur en protégeant bien son palet pour envoyer un tir du revers. Louis Olive conclut le travail dans l’axe (2-1). Désormais, les jeunes Français défendent cet avantage chèrement acquis, même pendant une pénalité de Ranger. Quand David Maier transperce leurs lignes, ils doivent quand même compter sur l’aide du gardien Gaëtan Richard qui s’interpose devant Jannik Frowis à bout portant.

L’équipe de France parvient à maîtriser le rythme au deuxième tiers-temps, mais ce sont les pénalités qui lui sont fatales. Quand son capitaine Téo Sarliève fait trébucher Benjamin Baumgartner, le gardien tricolore Gaëtan Richard doit déjà enchaîner des arrêts déterminants. L’avertissement ne suffit pas avec un retard de jeu sifflé contre Baptiste Bruche. L’Autriche égalise alors sur un exploit personnel de Benjamin Lanzinger : il va porter le surnombre dans la bande pour gratter le palet face à Coulaud (pas aidé par Sarliève), ressort en possession de la rondelle et marque depuis le cercle gauche (2-2).

Les Bleuets doivent se remobiliser. Sarlin réussit certes une belle action – un-contre-un face au défenseur et lancer – mais il faut retrouver avant tout les valeurs collectives de solidarité. Les Français ne sont pas inférieurs en vitesse intrinsèque, ni en technique : c’est sur la discipline et le travail que se jouera ce match qui paraît maintenant moins bien embarqué. À l’instar d’une belle mise en échec pleine glace de Louis Olive à une minute de la fin du tiers, les joueurs de Pierre Pousse paraissent retrouver cet état d’esprit avant la seconde pause.

La troisième période commence par une nouvelle pénalité : Wallenta met le feu derrière la cage française et Loizeau donne alors un coup de coude à Pusnik. Les Bleuets continuent de subir et le souvenir des dernières périodes largement perdues lundi et mercredi ressurgit : ont-ils encore assez de ressources physiques ? Certaines transitions énergiques suggèrent que oui. C’est plutôt dans la concentration mentale et tactique que survient un problème déjà vu face à la Norvège. Sur une mise au jeu dans leur zone, quand le palet ressort à la ligne bleue, les Bleuets s’écartent trop sans faire attention à ce qui se passe dans leur dos. À trois Autrichiens contre un dans le slot, cela devient trop facile pour Jannik Frowis (2-3).

Voilà la France menée au score pour la première fois. Le momentum est autrichien, et une crosse haute de Gallet n’arrange pas la situation. Quand les Bleuets reviennent au complet, il reste cinq grosses minutes à jouer. En 2 contre 1 avec la ligne de passe coupée, Teemu Loizeau prend un lancer du cercle gauche. Mais on commence à se précipiter : une relance de Matthieu Mony finit en dégagement interdit, tandis que Schmitt perd le palet en cherchant à dribbler en sortie de zone. Sur un changement de joueurs, Niklas Wurschl se fait oublier en sortant dans le dos de la défense tricolore montée haut. À 2 contre 1, il centre au-dessus du défenseur couché pour Fabian Hochegger qui reprend seul face au gardien (2-4). Il reste 1’26 » et une lueur d’espoir s’allume quand Wallenta part en prison. Pierre Pousse appelle son temps mort et sort son gardien. Le palet ressort à la ligne bleue et tout est recommencer. Les secondes s’égrènent rapidement, fatidiques.

L’Autriche passe devant et prend la quatrième place provisoire. La France ne devance la Lettonie qu’au bénéfice de sa victoire dans la confrontation directe. Le dernier match des Bleuets est contre l’Allemagne, à domicile, qui veut obtenir sa remontée qu’elle attend depuis quatre ans… Si jamais ils perdent, ils auront l’angoisse d’assister à un dernier match entre des Baltes surmotivés et des Biélorusses qui n’auront alors plus rien à gagner.

Désignés joueurs du match : Gaëtan Richard pour la France et Jannik Frowis pour l’Autriche.

 

France – Autriche 2-4 (2-1, 0-1, 0-2)
Vendredi 14 décembre 2018 à 13h00 à Füssen (ALL). 275 spectateurs.
Arbitrage de Vladimir Pesina (TCH) assisté de Gabriel Gaube (ALL) et Nicklas Knosen (DAN).
Pénalités : France 10′ (2′, 4′, 4′) ; Autriche 4′ (2′, 0′, 2′).
Tirs : France 21 (8, 5, 8) ; Autriche 32 (13, 12, 7).

Évolution du score :
1-0 à 09’04 : Dair assisté de Fabre (sup. num.)
1-1 à 16’14 : Thaler assisté de Mocher et Hochegger
2-1 à 16’47 : Olive assisté de Sarlin
2-2 à 30’31 : Lanzinger assisté de Pusnik et Wallenta (sup. num.)
2-3 à 46’35 : Frowis assisté de Wurschl et Baumgartner
2-4 à 58’19 : Hochegger assisté de Wurschl et Baumgartner

France

Attaquants :
Dylan Fabre (A) – Antonin Plagnat – Flavian Dair (-1)
Baptiste Bruche (-1, 2′) – Teemu Loizeau (-2, 2′) – Jules Gallet (-1, 2′)
Louis Olive – Téo Sarliève-Fonfraid (C, 2′) – Hugo Sarlin
Gabriele Valente – Samuel Rousseau (-1) – Victor Ranger (2′)

Défenseurs :
Jérémie Penz (-1) – Charles Schmitt (-1)
Lucien Onno (A, +1) – Mathieu Mony (-2, 2’+10′)
Yohan Coulaud (-2) – Lauric Convert (-1)

Gardien :
Gaëtan Richard [sorti de 58’34 à 58’44 de 59’14 à 60’00]

Remplaçants : Valentin Duquenne (G), Aurélien Chausserie-Laprée, Benjamin Bérard.

Autriche

Attaquants :
Elias Wallenta (-1) – Julian Pusnik (C, -1) – Benjamin Lanzinger (-1)
Jannik Frowis (+1) – Benjamin Baumgartner (A, +2) – Fabian Hochegger (+3)
Lucas Thaler (+1) – Tim Harnisch (+1) – Marcel Zitz
Rene Trothan – Alexander Maxa – Valentin Ploner

Défenseurs :
Patrick Stuckler (+1) – Niklas Wurschl (+2)
Julian Payr (A, 2′) – David Maier (-1)
Lukas Schreier (+1) – Kilian Zundel
Thimo Nickl (+2)

Gardien :
Paul Mocher

Remplaçants : Florian Vorauer (G), Lukas Piff.

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