France – Italie (match de préparation à Cergy)

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Après un Euro Hockey Challenge plutôt satisfaisant, l’équipe de France achève sa préparation au championnat du monde par cet ultime test contre l’Italie. Le public de l’Aren’Ice attend évidemment une victoire face à un adversaire tout juste remonté de Division IA : les Transalpins affrontent leur premier adversaire établi dans l’élite mondiale après avoir obtenu des résultats équilibrés en avril contre des équipes de calibre moindre (victoire en Grande-Bretagne, défaite contre la Hongrie, victoire et défaite en Slovénie).

Pour Philippe Bozon, c’est surtout l’occasion de jauger ses lignes définitives et d’effectuer les derniers réglages sur la bonne application de son système. Les trios offensifs ont été conservés par rapport à la victoire sur la Suisse à Genève (si ce n’est que Ritz est ménagé), mais dans la défense, où Kevin Dusseau a été retranché dans la semaine, les paires ont un peu changé : c’est maintenant Dame-Malka qui est apparié à Manavian.

Un départ canon et une retombée brutale

La France part du bon pied et la deuxième ligne Bozon-Claireaux-Fleury, draine tout de suite la première pénalité quand McMonagle accroche Valentin Claireaux. Guillaume Leclerc, le meilleur marqueur de Ligue Magnus, reprend du revers le centre devant le but de Damien Fleury pour ouvrir le score (photo ci-dessus). Dans la foulée, un tir en angle de Jonathan Janil piège Andreas Bernard et entre dans les filets. Les Bleus – en blanc – mènent donc 2-0 dès la quatrième minute.

Mais ce début de match fou fonctionne aussi dans l’autre sens. Marco Rosa gagne un duel face à Manavian derrière la cage et ressort le palet vers Luca Zanatta à la ligne bleue. Le lancer est dévié victorieusement par Anthony Bardaro (2-1). Les Italiens auraient pu égaliser très vite si, en situation de 2 contre 1, la passe de Peter Hochkofler n’était pas arrivée dans les patins d’Alex Trivellato. Marco Rosa déshabille Olivier Dame-Malka d’un petit pont, et il faut que Florian Hardy bloque alors deux tirs successifs de Rosa puis de Miceli. Les Azzurri ont pris le pli du tempo élevé et patinent avec la même intensité que les locaux. Après avoir tué une pénalité de Pavlu, les Italiens sont récompensés de leurs efforts. Hardy laisse un rebond que Jonathan Janil dégage du revers… dans les patins de Rosa qui renvoie vers la cage. Le palet traîne alors dans le dos du gardien français, et Giovanni Morini n’a plus qu’à le pousser au fond (2-2).

L’organisation du powerplay français

L’équipe de France reprend de l’élan en deuxième période. Sa pression provoque encore des fautes italiennes et permet d’exercer son jeu de puissance. Le schéma en est clair, similaire sur les deux unités : un seul défenseur à la pointe (Chakiachvili sur le premier bloc / Hecquefeuille sur le second), un gaucher (Guttig / Bozon) et un droitier (Fleury / Bertrand) sur les côtés, et deux joueurs dans l’enclave avec des rôles différents, l’un entre les cercles avec un rôle d’appui voire de création de jeu (Leclerc / Rech), l’autre devant le gardien pour amener de la présence physique (Treille / Claireaux). Le powerplay en début de tiers n’est pas loin d’offrir un doublé quand Guillaume Leclerc avec Treille, en pivot devant la cage, lui décale le palet avec la cage ouverte, mais le lauréat du trophée Hassler tire à l’extérieur du filet. Cet avantage numérique se traduit néanmoins aussi par une alerte en laissant Alex Lambacher seul en contre-attaque… Or, la boîte italienne n’est pas très agressive. Les Tricolores devront faire circuler plus vite le palet face à des rivaux plus actifs.

Ces supériorités numériques contribuent quand même à ce que les Français élèvent progressivement leur intensité de jeu. Le public y répond favorablement, saluant au passage une grosse mise en échec d’Olivier Dame-Malka sur Diego Kostner. Les Italiens sont asphyxiés et leurs dégagements sont pression sont plusieurs fois interceptées dans l’axe dans leur zone par des Bleus incisifs, y compris les défenseurs comme Janil. Cette domination tricolore aboutit finalement à un but de Sacha Treille depuis la ligne bleue (3-2). Sur la présence suivante, Hardy remporte un face-à-face avec Diego Kostner (photo ci-dessous). La France subit ensuite sa première infériorité numérique du match, durant laquelle le slot est solidement défendu par Florian Chakiachvili pendant que Valier et Berthon jouent leurs rôles de gratteurs. Ces vingt minutes auront été bien plus convaincantes.

Les Français déroulent avec bonheur

L’entraînement grandeur nature des unités spéciales est complété en troisième période quand Ivan Tauferer (2’+2′ pour crosse haute) et Joachim Ramoser (2’+10′ pour charge contre la bande) partent en prison. À 5 contre 3, Anthony Guttig, placé dans le cercle droit, trouve la reprise de son capitaine Damien Fleury au poteau gauche (4-2). L’équipe de France garde l’emprise totale sur le jeu à 5 contre 5, ce qui peut susciter quelques inquiétudes sur la condition physique des Italiens pour tenir soixante minutes au plus haut niveau mondial.

La cerise sur le gâteau est le moment où le treizième attaquant Cédric Di Dio Balsamo marque son premier point en équipe de France. Il fait un tour sur lui-même avec le palet avant de donner en retrait dans le cercle gauche à Jordann Perret qui reprend instantanément (5-2). Désormais les Bleus s’amusent, à l’instar de Damien Fleury qui dribble toute la défense italienne dans l’axe. Il obtient une pénalité de Luca Zanatta sur cette action. Le powerplay français – aligné avec Gallet en alternative à la ligne bleue – frappe encore : passe transversale d’Anthony Rech pour la reprise de Tim Bozon dans le cercle gauche (6-2).

La France a pu se rassurer avant le Mondial sur sa capacité à maîtriser un match contre une équipe à sa portée, ce qui lui servira au dernier match contre la Grande-Bretagne s’il lui faut alors jouer le maintien. C’est bien sûr un autre niveau qui va l’attendre au premier match-clé face au Danemark, mais la confiance engrangée ce soir ne peut avoir qu’un effet positif… à condition de se souvenir de l’avertissement du premier tiers-temps.

Commentaires d’après-match

Philippe Bozon (entraîneur de la France) : « On enchaîne deux victoires après la Suisse. C’est un adversaire de même style de jeu que ce qu’on va rencontrer avec les Anglais. On a fait une bonne entame mais après les Italiens nous ont mis sous pression, on était un peu tranquilles. Au deuxième tiers, on a joué notre vrai hockey, on a mis beaucoup d’intensité, de pucks à la cage. Notre rythme a fatigué les Italiens, ça a payé en troisième période. Le jeu en supériorité numérique qu’on n’a travaillé que la dernière semaine fonctionne bien depuis deux matchs, on ne l’avait pas du tout pratiqué pendant deux semaines parce qu’on voulait attendre de voir quelle équipe on allait avoir. Le mot d’ordre est l’homogénéité de l’équipe, c’est le groupe qui va chercher la victoire. On n’a plus les Stéphane Da Costa, Bellemare, Roussel. On saura d’ici mercredi pour Columbus et Texier. Avec les défections, on doit rester les pieds sur terre, mais je viens de dire aux joueurs que j’ai confiance dans ce groupe. On a mis l’accent sur la vitesse ces derniers temps, on a eu un bon exemple de l’importance de la vitesse en Suisse où on a été dépassés au premier match. »

Cédric Di Dio Balsamo (attaquant de la France) : « Le Mondial arrive très vite, il reste une semaine. Je suis très excité, j’ai hâte de découvrir ça. J’ai vécu une saison difficile à Lyon, mais j’ai travaillé fort, stage après stage. Je connais le risque [lié à l’arrivée de Texier]. Si ça arrive, ça arrive, et ce sera pour une prochaine fois. Je suis vraiment très content d’avoir marqué mon premier point en équipe de France ce soir. »

Sacha Treille (attaquant de la France) : « C’est parfait, on avait besoin d’un match-référence dans le contrôle des soixante minutes. Même si on s’est fait un peu peur en fin de première période, je pense qu’on est bien rattrapé. On s’était dit avant le match que c’était le bon test d’être dans la situation du championnat du monde avec la Grande-Bretagne, équipe similaire à l’Italie. On s’était dit qu’on devait le gagner. On a vraiment vraiment hâte que ça commence. »

Jonathan Janil (défenseur de la France) : « On finit sur une bonne note. L’Italie est le genre d’équipe qu’il faut apprendre à battre de façon régulière pour passer un cap. Cela s’inscrit dans la progression, on l’a bien fait l’an dernier en battant l’Autriche et la Biélorussie dans notre poule. Il manque les gros leaders qui jouent en NHL et KHL, on demande à tout le monde de s’investir et d’accepter son rôle. Fini d’avoir une ou deux lignes qui tirent le groupe vers le haut, ce sont les quatre lignes qui travaillent dans le même sens, tout le monde peut faire la différence. C’est bien pour les gars qui jouent le powerplay de trouver cette efficacité, on en aura besoin. »

Guillaume Leclerc (attaquant de la France) : « Il y a eu beaucoup d’opportunités et de temps de jeu en powerplay, c’est une bonne chose. Notre rôle est de produire sur les minutes qu’on joue. On a un système différent, un état d’esprit différent, le coach veut qu’on attaque les matchs avec une autre mentalité, qu’on se sente capables de jouer avec nos armes, d’être créatifs. »

(photos de Pascal Enault)

France – Italie 6-2 (2-2, 1-0, 3-0)
Vendredi 3 mai 2019 à 19h30 à l’Aren’Ice de Cergy-Pontoise. 1610 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay et Alexandre Hauchart (FRA) assistés de Jérémie Douchy et Clément Goncalves (SUI).
Pénalités : France 2′ (0′, 2′, 0′) ; Italie 38′ (4′, 4′, 10’+10’+10′).
Tirs : France 53 (16, 19, 18) ; Italie 17 (9, 3, 5).

Évolution du score :
1-0 à 02’15 : Leclerc assisté de Fleury et Chakiachvili (sup. num.)
2-0 à 03’18 : Fleury assisté de S. Treille et Thiry
2-1 à 04’07 : Bardaro assisté de Zanatta et Rosa
2-2 à 14’16 : Morini assisté de Rosa
3-2 à 35’10 : S. Treille assisté de Hecquefeuille et Rech
4-2 à 45’39 : Fleury assisté de Guttig et Rech (double sup. num.)
5-2 à 47’29 : Perret assisté de Di Dio Balsamo
6-2 à 53’22 : T. Bozon assisté de Rech et Bertrand (sup. num.)

France

Attaquants :
Jordann Perret (+1) – Anthony Guttig – Charles Bertrand
Tim Bozon (-1) – Valentin Claireaux (A, -1) – Damien Fleury (C, -1)
Sacha Treille (+2) – Teddy Da Costa (+2) – Anthony Rech (+3)
Peter Valier (-1) – Eliot Berthon – Guillaume Leclerc
Cédric Di Dio Balsamo

Défenseurs :
Olivier Dame-Malka – Antonin Manavian (+1, 2′)
Hugo Gallet (-1) – Kévin Hecquefeuille (A, +1)
Jonathan Janil – Florian Chakiachvili (-1)
Thomas Thiry (+1)

Gardien :
Florian Hardy

Remplaçant : Henri-Corentin Buysse (G). En réserve : Sebastian Ylönen (G), Pierre Crinon, Nicolas Ritz (pied fissuré par un palet à l’entraînement).

Italie

Attaquants :
Marco Insam (-2) – Diego Kostner (-2) – Angelo Miceli (-2)
Giovanni Morini (+1) – Marco Rosa Gonzales (+1) – Anthony Barbaro (+1, 10′)
Joachim Ramoser (2’+10′) – Raphael Andergassen – Markus Gander
Ivan De Luca (2′) – Peter Hochkofler – Alex Lambacher

Défenseurs :
Jan Pavlu (2′) – Alex Trivellato (+1, 2′)
Stefano Marchetti – Sean McMonagle (-2, 2′)
Luca Zanatta (+1, 2′) – Ivan Tauferer (+1, 6′)
Armin Hofer (-2) – Armin Helfer (-1)

Gardien :
Andreas Bernard (2′)

Remplaçant : Marco De Filippo Roia (G).

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