Les Boxers à la croisée des chemins

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Après le départ de Philippe Bozon pour les Bleus, les Boxers de Bordeaux rentrent dans une année de transition à plusieurs niveaux. Changement de staff, renouvellement partiel de l’effectif, nouveautés dans l’organisation et mise à jour du projet sportif par la même occasion, le club est à un nouveau tournant de sa récente histoire en Ligue Magnus.

L’après P. Bozon

Après l’élimination en quarts de finale des playoffs, les Boxers de Bordeaux ont pu rendre public le nouveau staff choisi avec notamment l’arrivée d’Olivier Dimet, qui officiait jusque-là à l’Hormadi d’Anglet. Si le départ du coach en place ne faisait plus de doute du fait de ses nouvelles attributions nationales, la nomination d’Olivier Dimet en dit long sur les nouvelles intentions du club dans sa stratégie globale.

Reconnu comme un travailleur acharné, Olivier Dimet est tourné vers la formation, les jeunes joueurs, et la stabilisation de bases saines pour monter des projets à long terme. En restant 7 ans sur la côte basque, il a fortement aidé à structurer un centre de formation, pour ensuite faire monter l’équipe fanion jusqu’en Ligue Magnus, et l’y maintenir.

En proie à une surveillance accrue des instances, les Boxers de Bordeaux n’ont pas le droit à des dépenses extravagantes et sont donc obligés de recentrer leur stratégie sur un recrutement plus malin, ou la maintenance d’un vivier pouvant leur permettre de s’installer dans ce top 6/8 français, dans lequel ils sont entrés depuis quelques saisons.

« La jeunesse, c’est le choix du courage »

Si l’après-Bozon ne sera pas aisé, le club ayant quand même joué deux demi-finales de coupe de France, et de Ligue Magnus, l’ère Dimet s’annonce malgré tout passionnante, tant la philosophie de jeu, l’état d’esprit conquérant, la formation et amélioration du tout récent pôle U20, et l’ouverture sur des choses nouvelles, semblent au goût du jour sur les bords de Garonne.

Pour cela, l’ancien angloye ne bénéficiera donc pas d’un effectif monstrueux. Beaucoup d’éléments importants de l’équipe ont malgré tout prolongé, tant séduits par la vie au club et à Bordeaux, que par le discours de leur nouveau coach en chef. De certains cadres comme Jonathan Janil, souhaitant de la stabilité sportive et personnelle et motivé à encadrer de plus jeunes joueurs, à de nouveaux espoirs français ou même étrangers, tous sont là adhérant au « projet Dimet ».

Malgré tout, les besoins d’économies du club ont amené la direction à faire des choix difficiles, notamment dans les prolongations de certains joueurs importants. Exit les Andrew Johnston, Adam Hughesman, Peter Valier, Aziz Baazzi, Jakub Melisko, Hugo Gallet, entre prétentions trop élevées, départs à l’étranger, ou choix personnels. Très importants la saison passée, ce sont bien les 3 meilleurs buteurs, et 4 meilleurs pointeurs de l’équipe qui sont partis.

Des choix forts donc, et des arrivées ciblées pour garder une équipe compétitive évidemment. Robin Colomban (21 ans), Jules Gallet (18 ans), Alexandre Ranger (23 ans), Mitch Ferguson (25 ans), Charles-Eric Légaré (25 ans), voire Loik Poudrier (26 ans), l’effectif enregistre des arrivées plus ou moins jeunes, avec l’ajout de joueurs plus expérimentés comme Mathias Arnaud (32 ans), Bostjan Golicic (30 ans) ou le retour du Canadien Felix Petit (30 ans). Avec une moyenne d’âge d’à peine plus de 25 ans, les Boxers jouent donc résolument la carte jeune.

Retour vers le public

Autre changement au club, une tentative de retour vers son public originel. Si une certaine gronde s’était installée en début d’année dernière avec l’agrandissement d’une zone réservée aux sponsors, secteur essentiel pour la survie économique du club, modifiant l’agencement de la patinoire Mériadeck, et faisant bouger certains abonnés de longue date, les dirigeants ont donc décidé de restructurer la tarification.

L’objectif initial étant aussi de ramener les familles à la patinoire, le club a également demandé à jouer plus de rencontres le samedi soir. Si la concurrence du foot et du rugby est possible, le retour de plusieurs matchs le week-end à des horaires intéressants pour les familles, amène à penser que l’affluence remontera.

Si les dirigeants ont décidé de réfléchir à ce point-là, c’est bien parce que la saison n’aura pas été satisfaisante dans ce secteur. Une moyenne de 200 spectateurs en moins par match sur la saison, et des recettes perdues, d’où l’envie de se re-rapprocher du public. En somme, créer du lien entre le club et ses partisans.

À ça, on peut rajouter l’arrivée d’une application mobile officielle, l’ouverture d’une boutique dans la patinoire, interconnexions entre les joueurs et le public à base événements ponctuels, ou journées spéciales abonnés, le club se creuse la tête pour enrichir la « fan experience ».

Ouverture sur d’autres concepts ?

Mais ce qui ramènera en priorité les gens de manière systématique à Mériadeck ce sont bien évidemment les résultats. La saison dernière a été assez difficile à domicile. Les joueurs en ont convenu en fin de saison dernière, ils étaient plus à l’aise à l’extérieur, non pas pour une question d’atmosphère, mais bien pour des raisons de mise en place du système de jeu, plus adapté hors de leurs bases.

Le projet Dimet semble prometteur en la matière, et pour cela, le staff s’est muni d’un préparateur physique à plein temps, afin d’optimiser au maximum l’état des troupes durant toute la saison, ce qui n’a pas forcément toujours été le cas au club.

Autre nouveauté, la possible apparition de l’utilisation plus ou moins approfondie des statistiques avancées. Comment trouver les meilleurs associations, parfaire le système offensif en mettant les éléments les efficaces au moment idéal, adapter son système à ce qui fonctionne de manière assurée, ou bien permettre aux joueurs de perfectionner tel ou tel secteur de leur jeu, selon des analyses plus ou moins poussées de la réalité chiffrée de leur profil. Autant de choses que les statistiques avancées peuvent fournir, si l’on prend le temps de s’y intéresser (voir Magnus Corsi pour de plus amples informations). Le staff, à l’instar d’autres clubs de Ligue Magnus, ne semble pas contre s’ouvrir à tout cela.

Les U20 en ligne de mire

Si l’ère Bozon a amené du professionnalisme et de la rigueur, le nouveau staff ne souhaite pas sortir de ce chemin, mais utiliser ce qui a été positif pour continuer à développer le club. La branche U20 est par ailleurs essentielle à l’amélioration continue des Boxers. Le club a par ailleurs recruté plusieurs joueurs pour renforcer l’équipe, et les meilleurs éléments de la section vont participer au camp d’entraînement de début de saison, avec certainement des intégrations de plus en plus régulières dans l’effectif professionnel, pour des joueurs comme par exemple Bastien Lemaître ou Vince Tartari.

Olivier Dimet, Julien Desrosiers seront en charge de l’encadrement de l’équipe en apportant tout ce qu’ils savent du plus haut niveau français, pour devenir la vraie base du futur Bordeaux. La filière est toutefois trop récente pour être encore pleinement attractive, et l’équipe attend toujours plusieurs renforts.

En attendant donc que les futurs Boxers fassent leurs armes en U20, le club tente clairement de continuer à se structurer à tous points de vue, malgré les contraintes financières qu’ils ont à gérer. Malgré tout, les intentions sont là, et les efforts sont manifestes pour montrer pattes blanches sont évidents.

Gageant que les instances laisseront l’équipe prendre le départ de la nouvelle saison, en dépit de pièces manquantes au dossier, les Boxers de Bordeaux s’engagent dans une saison charnière, avec tout un public fidèle à convaincre et fidéliser pour de bon. Le challenge est costaud mais il y a la place pour faire du hockey une place forte du sport bordelais, et de Bordeaux, une référence montante du hockey hexagonal.

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