Les Bleus de l’ombre : entretien avec Adrien Valvo

Photo Michel Bourdier
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Lors des Championnats du monde en Slovaquie en mai dernier, le préparateur physique des Bleus, Adrien Valvo, a présenté à Hockey Archives les coulisses de son travail. Un entretien réalisé en début de tournoi, après les deux premiers matchs.

Valentin Claireaux – Photo Michel Bourdier

Depuis quand travailles-tu pour l’équipe de France ?

Je suis arrivé en équipe de France en 2007, en même temps que Pierre et Dave. Depuis, je parle plus d’évolution que de changement. Déjà, une évolution dans les clubs, suite à plusieurs actions lancées par la Fédération. Pas autant que j’aurais voulu mais c’est déjà ça.

Quelle était ta feuille de route ?

Donner plus de professionnalisme à l’équipe de France. Cela devient bon, nous parvenons à mettre en place une bonne préparation physique en France et cela tend vers le très pro. Par exemple Gaétan Brouillard à Rouen, qui a été recruté en Suisse, par le Genève-Servette. Cela prouve quelque chose.

Comment se passe la préparation au Mondial ?

Cette année, la préparation au Mondial a duré quatre à cinq semaines, c’était le souhait de l’entraîneur. Les joueurs trouvaient la préparation précédente trop longue. La première semaine, nous avons travaillé avec les jeunes pour aider à leur développement, puis les autres sont arrivés.

Quand je suis arrivé dans le staff, la préparation physique n’existait quasiment pas. Du coup, ça a été difficile pour moi, car je rajoutais du travail aux joueurs.

Le travail pour la saison débutait avant en juin-juillet alors que maintenant c’est au mois de mai. Pour mon équipe en Suisse, c’est le 6 mai par exemple. L’autre changement en France c’est qu’il y a plus de matchs.

Quand la reprise arrivait pour le Mondial, tout était complètement à refaire. Maintenant, c’est plutôt du maintien et du travail par groupes selon l’ordre d’arrivée et les éliminations en playoffs. Cela consiste en une gestion de la fatigue, de l’énergie nerveuse et de « refaire les niveaux ».

En quoi consiste l’entraînement ?

On travaille sur la force et sur la vitesse. Depuis le changement de règles et l’agrandissement des zones, il faut faire un travail important sur l’aérobie et balancer les effets sur la vitesse. Depuis trois-quatre ans, nous avons des profils plus endurants, qui tournent plus dans les zones.

Les joueurs adoptent des routines pro. Sur la mobilité, lors de l’échauffement. C’est un travail très important qui aide à la prévention des blessures. Ces routines professionnelles aident à la qualité de l’entraînement et l’approche du hockey.

À la fin de l’entraînement, il y a un retour au calme pendant dix-quinze minutes qui aide l’aérobie. Le temps est toujours limité donc il faut décupler les effets.

Sur le début de Mondial, je suis très satisfait de l’entrée dans le tournoi. On a vu que l’équipe tenait le défi physique contre le Danemark et gardait de la vitesse. Les États-Unis étaient au dessus du lot, en revanche, d’autant qu’ils n’avaient pas joué la veille.

Anthony Rech – Photo Michel Bourdier

Les séances sont planifiées comment ?

La plupart sont vues avec l’entraîneur. À la fois des séances sur glace, et des séances d’aérobie hors glace. Nous nous adaptons au calendrier des matchs, au planning du coach et de ses assistants. Il faut être synchronisés là-dessus, pas le choix. Nous travaillons sur la qualité et pour cela il faut l’adhésion des joueurs, cela passe par beaucoup d’explications. Après, nous travaillons en confiance car ils me connaissent depuis longtemps. Nous sommes deux pour cela, pour plusieurs semaines en plein pendant les préparations de leur club. Il faut donc être plutôt dans la qualité.

Comment juges-tu la condition des jeunes joueurs français ?

Nous échangeons avec les préparateurs de leurs clubs lorsqu’ils sont à l’étranger. Thiry, Gallet par exemple ont joué ou jouent encore à l’étranger. Pour les jeunes qui évoluent en France, cela a vraiment progressé. L’apport de la préparation physique a augmenté et j’ai poussé en ce sens. On voit apparaître des équipes qui ont un staff dédié et font des efforts notables, notamment celles qui ont un joueur en équipe de France. Tout l’ensemble a progressé, hors glace et sur glace.

Et les clubs parlent entre eux, les joueurs en parlent à leur club… Petit à petit cela apparaît partout, de manière plus ou moins bonne. Le but est d’orienter vers une préparation spécifique au hockey sur glace. Ce ne sont pas les mêmes qualités que le crossfit par exemple, même s’il y a des choses à intégrer.

Comment améliorer l’ensemble vers encore plus de haut niveau ?

C’est le travail politique de la fédération. Le haut niveau, ce sont des joueurs plus forts, plus rapides. Les évolutions sont réelles depuis dix ans. Au début, j’étais un peu un pionnier. Il y avait Grenoble, un peu Rouen puis Gaétan Brouillard est arrivé. Angers s’y est mis, Bordeaux, Gap… ça se fait peu à peu.

Le but est de créer un réseau. La fédération réalise quelques tests sur des jeunes avant et après l’été. On suit ces prospects et on monte l’intensité. Ils ont plus de vitesse, de fond, et ils se font remarquer. Cela doit devenir un standard. Dans les autres pays, on demande de plus en plus de données, c’est une tendance forte. On aimerait avoir ça en équipe de France mais c’est encore compliqué.

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