Grenoble – Kärpät Oulu (CHL, groupe E, 3e journée)

Les Brûleurs de Loups craquent en 3 minutes

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Battus de justesse en Finlande lors de la première journée (1-3), les Brûleurs de Loups ont réalisé un petit exploit lors de la deuxième en allant gagner sur la glace de Skellefteå (2-1). Une victoire dans le temps réglementaire qui relance complètement dans la course à la qualification dans cette poule très serrée puisque toutes les autres rencontres se sont jouées en prolongation. Ce succès inattendu confirme leur capacité à se hisser au niveau des tous meilleurs, au moins sur une rencontre.

Seul revers de la médaille, l’accumulation des blessés puisqu’après McEachen, toujours absent, Tartari et Legault blessé après le premier match à Oulu, c’est au tour de Rohat de déclarer forfait ce soir. Le banc grenoblois commence à se réduire de plus en plus au fil de la compétition. Kärpät Oulu, vice-champion de Finlande, arrive donc en position de force à Pôle Sud pour confirmer son succès du match aller et prendre seul la tête de la poule.

Les Brûleurs de Loups se retrouvent rapidement en infériorité numérique suite à une pénalité de Bisaillon. Déjà sous la pression finlandaise, les locaux s’en sortent sans dommage grâce à un très bon boxplay et un Horak déjà présent. Revenus à cinq contre cinq, les champions de France sont bien en place défensivement mais ils se font surprendre sur une accélération en zone neutre de Sami Anttila qui s’appuie sur Otto Karvinen. Le centre devant le but de ce dernier est repris à bout portant par Anttila qui avait devancé Kyle Hardy (1-0, 04’22). Comme à l’aller, les Brûleurs de Loups sont obligés de courir après le score.

Signe de la tension qui règne, Kearney et Lammikko s’échangent quelques amabilités et vont se calmer en prison. Grenoble y croit et un lancer de Hardy fait résonner le tintement du poteau dans Pôle Sud. Le danger se rapproche et finalement les Brûleurs de Loups parviennent à égaliser grâce à l’homme en forme en ce moment. Le lancer de la bleue de Damien Fleury finit dans la lucarne de Justus Annunen, masqué par un bon travail d’Aleardi devant le slot (1-1, 12’58).

Dans la foulée, les Brûleurs de Loups provoquent une faute de Jakub Krejčík, l’occasion de prolonger le momentum grenoblois. Les opportunités sont là à l’image d’un rebond pris à bout portant par Kearney mais Annunen frustre l’attaquant américain.

Bien en place dans ce premier tiers, les coéquipiers de Champagne dont jeu égal avec leurs adversaires mais la fin de tiers est compliquée avec deux pénalités d’Aleardi puis Manavian. Obligés de jouer 35 secondes à trois contre cinq, les Brûleurs de Loups souffrent mais ils tiennent jusqu’au bout, grâce à un boxplay remarquable et un grand Lukáš Horák qui réalise un arrêt spectaculaire pour bloquer un one timer de Tieksola que tout Pôle Sud voyait déjà au fond.

En deuxième période, les Brûleurs de Loups continuent de croire en leurs chances et saisissent la moindre opportunité. Denny Kearney se retrouve une nouvelle fois seul face à Annunen mais le portier finlandais sort un bel arrêt de la mitaine. Une pénalité contre Hardy vient ralentir le tempo grenoblois mais la défense grenobloise, bien en place, laisse peu d’occasions aux joueurs de Kärpät. La faute à un banc grenoblois raccourci, les jeunes sont mêmes à la fête côté grenoblois puisque Kearney bénéficie d’une belle passe devant le slot de Koudri, sans parvenir à conclure. Une nouvelle pénalité, contre Sauvé cette fois, force les Brûleurs de Loups à défendre dans leur zone mais ils peuvent compter sur un Horak impeccable, qui multiplie les arrêts propres sans rebond.

Après une première moitié de match impeccable, les hommes de Terglav poussent le vice-champion de Finlande dans ses retranchements. Mais la moindre erreur défensive peut s’avérer coûteuse. C’est ce qui se produit lors que Shaun Heshka lance Jesse Puljujärvi dans le dos de la défense grenobloise. Le retour de Hardy est trop tardif et le meilleur scoreur finlandais parvient à déjouer Horak d’une magnifique feinte dans un angle très fermé (1-2, 36’37).

Malheureusement pour Grenoble, ce but sera suivi d’un troisième trente secondes plus tard sur une nouvelle contre-attaque éclair des Finlandais : un palet perdu en zone offensive par Grenoble est vite remonté pour Jari Sailio qui déborde sur l’aile droite et centre devant le slot. Janne Pesonen avait parfaitement anticipé et devance Champagne pour prendre le rebond (1-3, 37’18).

Coup dur pour Grenoble qui voit ses chances de disputer la victoire s’éloigner, d’autant plus que les Isérois craquent une troisième fois avant la fin du tiers suite à un lancer de Michal Krištof dans le trafic. Horak repousse mais Jakub Krejčík est présent sur le rebond et marque dans le haut du filet au grand dam du portier grenoblois (1-4, 39’00).

En l’espace de deux minutes et demie, les Brûleurs de Loups ont vu s’envoler au score des Finlandais qui semblaient jusque là accessibles. Avec trois buts de retard, la tâche semble insurmontable au début du troisième tiers-temps. Pourtant ce tiers commence bien pour les champions de France puisque Huttula et Pyörälä vont coup sur coup en prison. Avec quasiment deux minutes en double supériorité numérique, Grenoble a une grosse opportunité de se relancer dans la rencontre et ne la laisse pas passer, Antonin Manavian transperçant Annunen après un bon décalage de Damien Fleury (2-4, 43’43). Les hommes de Terglav retrouvent un peu de baume au cœur mais il en faut plus pour déstabiliser une équipe finlandaise bien en place défensivement à cinq contre cinq.

Horak doit encore s’illustrer sur un double arrêt pour éviter le cinquième but mais les Grenoblois ont aussi des opportunités à l’image de Trabichet bien placé face à la cage mais qui butte sur Annunen à bout portant. Sur un palet mal dégagé dans la zone défensive, Krejčík envoie un gros lancer sur la cage iséroise, Horak repousse mais une nouvelle fois c’est un Finlandais le plus prompt sur le rebond : Juho Lammikko pousse le palet en devançant Sauvé et Champagne (2-5, 50’06).

La fin de match devient plus difficile pour la défense grenobloise. Elle laisse de nouveau un boulevard pour Lammikko qui parvient à se frayer un chemin jusqu’au slot, Tieksola n’ayant plus qu’à pousser le palet au fond du filet (2-6, 53’33). Une friction entre Aleardi et Heshka envoie les deux joueurs en prison mais la fin de match est en roue libre entre les des deux équipes, le suspense ayant disparu depuis bien longtemps.

Les Brûleurs de Loups ont tenu le score durant la première moitié du match avant de s’effondrer en fin de deuxième tiers-temps, en encaissant trois buts en moins de trois minutes. Une période de relâchement défensif qui a été fatale alors que, jusque là, ils s’étaient montrés rigoureux en défense, dans la lignée des deux premiers matchs. Un « temps faible » qui donne des regrets car les Grenoblois ont montré une nouvelle fois qu’ils étaient capables de rivaliser avec le vice-champion de Finlande. Mais la répétition des efforts a fini par peser sur les organismes grenoblois, surtout que l’absence de quatre joueurs importants a obligé Edo Terglav à raccourcir son banc.

Excellents en contre-attaque, les Finlandais ont su faire la différence par leur vitesse d’exécution mais aussi par leur présence systématique sur les rebonds aux abords du slot. Côté grenoblois, on retiendra le nouveau but de Damien Fleury, décidément en verve, et la belle performance des jeunes, Dylan Fabre et Adel Koudri notamment, qui ont eu l’opportunité de se montrer. Samedi face à Skellefteå, les Grenoblois joueront déjà gros dans la course à la qualification.

Désignés meilleurs joueurs du match : Antonin Manavian (Grenoble) et Shaun Heshka (Kärpät Oulu)

(Photos de Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On savait qu’il fallait être prêts à défendre, être patients. Mais en 2 minutes 30, on fait trois erreurs qui ont changé tout le match. C’est dur parce qu’on n’était pas loin. Si on arrive en fin de deuxième période à 1-1, on peut les faire douter un peu et tout peut se jouer en troisième. Mais c’est comme ça le haut niveau, déjà contre Lausanne il y a quelques semaines, on perd 7-2 en faisant un bon match mais on fait quelques erreurs qu’on ne devrait pas faire à ce niveau-là. Aujourd’hui c’était un peu pareil, à un moment il faut que le palet sorte, il faut faire la passe sur la palette mais tu n’arrives pas à la faire. Il y a beaucoup trop de turnovers à la ligne bleue, c’est dommage. À 2-1, il faut revenir sur ce qu’on a fait au début, jouer de la même façon mais dès qu’on a 1 joueur ou 2 qui sortent de la structure, on est dans le trouble. Quand ils ont pris le momentum, tout allait bien pour eux. On se complique la vie, on n’arrive pas à mettre le palet à la cage, en plus on joue chez nous, il faut qu’on joue avec un peu plus de gniac. Il faut accepter de se faire mal pour marquer des buts à ce niveau-là, si on veut continuer dans cette compétition, c’est qu’il faut faire samedi. Il faut avoir faim, tout donner sur la glace. Aujourd’hui on était un peu moins discipliné à certains moments, ça a basculé de l’autre côté. Le banc raccourci n’est pas une excuse, on voit les jeunes comme Dylan Fabre depuis trois matchs. Il n’était pas avec nous à la fin de l’année mais aujourd’hui c’est un de nos meilleurs attaquants, c’est lui qui est capable de jouer à ce niveau-là. J’attendais beaucoup plus de certains de mes gros joueurs. Il ne faut pas penser qu’on est moins bon, il faut penser qu’on est meilleur, qu’on peut le faire. Pas se contenter d’un bon résultat. On sait pourquoi on est là, on veut à chaque match se donner une chance de gagner. Si on commence à rentrer dans cette compétition en se disant qu’on est petit, qu’on ne joue qu’en Ligue Magnus, ça ne sert à rien qu’on soit là. Il faut qu’on ait l’attitude de compétitionner avec ces équipes, de performer. »

Damien Fleury (attaquant de Grenoble) : « C’est une bonne piqûre de rappel. Contre ces équipes-là, si on ne joue pas soixante minutes, on le paie cash. C’est ce qui nous est arrivé malheureusement ce soir. On a un trou d’air de trois minutes, on prend trois buts, ça calme tout de suite. Le problème contre ces équipes, c’est qu’il n’y a pas qu’un ou deux joueurs qui peuvent faire la différence, tout le monde peut faire la différence, donc il n’y pas droit au trou d’air, malheureusement il y en a eu un ce soir et on l’a payé cash. Il y a beaucoup de joueurs qui découvrent cette CHL, ce n’est pas évident, c’est du très haut niveau. Voilà, c’est comme ça, on va essayer de l’oublier et se focaliser sur le match de samedi. C’est un match très important pour nous, on doit prendre des points, on l’a fait chez eux, à nous de le faire chez nous. Il y a pas mal de choses positives, on a travaillé fort, on a essayé de leur donner le moins d’opportunités de marquer possible, il va falloir s’appuyer dessus et surtout arrêter nos erreurs individuelles. Si on arrive à arrêter ça et jouer comme on la fait en Suède chez Skellefteå, normalement ça devrait le faire samedi. »

Peter Valier (attaquant de Grenoble) : « C’est plaisant d’accrocher des équipes comme ça, on sait qu’on peut le faire, on est venu avec l’intention de gagner. Après vingt minutes, on a vu qu’on était capables d’accrocher cette équipe mais les vingt minutes d’après, on a vu que contre ces équipes-là, les erreurs se payent cash. C’est sûr, c’est une grosse déception, mais on va apprendre de nos erreurs. On fait des erreurs qu’on n’a pas fait en Suède quand on a gagné. Si on leur donne la moindre opportunité, ils vont la saisir comme on l’a vu ce soir. On a un jeu parfait pendant vingt minutes, on est là et on craque pendant cinq minutes et ils ont pris le dessus directement. On savait que ça allait être difficile, le score est lourd mais il y a quand même de bonnes choses à retenir. On va se concentrer sur les vingt premières minutes et regarder les erreurs qu’on a faites pour ne plus les reproduire. »

Mikko Manner (entraîneur des Kärpät Oulu) : « On a une nouvelle équipe, c’est important d’aller jouer loin, à l’extérieur, pour construire le caractère de l’équipe. C’est pour cela que j’étais très content de la façon avec laquelle les gars se sont préparés, ils étaient prêts à jouer. On a commencé vraiment bien, on a marqué le premier but mais après, on a perdu un peu notre concentration. On a laissé nos adversaires venir nous chercher, on s’est un peu trop occupé des arbitres, ce n’est pas ce qu’on voulait faire. On veut construire le caractère d’une équipe gagnante et c’est pour ça que le résultat de 1-1 n’était pas satisfaisant, on ne s’est pas comporté comme on aurait dû le faire. En deuxième période, on a bien joué, on arrivait à retourner le jeu rapidement mais on n’arrivait pas à marquer parce que le gardien adverse était bon et que nos adversaires défendaient très bien devant le filet. Ils bloquaient des tirs, on n’arrivait pas à trouver l’efficacité avec notre power-play et on était tout près de se frustrer de nouveau, mais tout d’un coup, on a fini par marquer ces buts qui nous ont donné de l’énergie. On est toujours très content quand on arrive à gagner un match à l’extérieur où on est malmené. Le résultat est une chose mais on doit aussi se concentrer sur notre comportement car on ne peut contrôler que ça. Notre équipe a appris durant ce match parce qu’elle a joué avec beaucoup d’émotion et a trouvé le moyen de se concentrer après avoir été un peu frustrée. J’ai été assistant coach avec l’équipe de Finlande qui a perdu contre la France, je sais qu’il y a ici beaucoup de bons joueurs avec de la puissance physique, ils se battent sur les palets, ils tirent bien. Si vous les laissez jouer, vous perdez, mais si vous patinez, si vous arrivez à jouer à un tempo élevé, si vous restez bien en place pour qu’ils ne puissent pas jouer des contre-attaques, alors vous avez vos chances. Et aujourd’hui, on a été assez bons pour jouer intelligemment, créer des turnovers et utiliser notre vitesse. Il faut respecter chaque équipe, chaque joueur et ils ont de gros joueurs, c’est pour ça que le hockey est un sport si génial. Ce qui compte, ce n’est pas ce qui se passe en dehors du slot, on doit être devant la cage, c’est l’efficacité qui prime. Ça ne sert à rien de tourner en rond là où on ne prend pas de coups, c’est pour ça que j’étais content que nos gars aient réussi à aller vers le filet contre ces gros joueurs. »

 

Grenoble – Kärpät Oulu 2-6 (1-1, 0-3, 1-2)
Jeudi 5 septembre 2019 à 19h30 à Pôle Sud. 2400 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Fluri et Geoffrey Barcelo assistés de Clément Goncalves et Nicolas Constantineau.
Pénalités : Grenoble 14’ (8’, 4’, 2’), Kärpät Oulu 10’ (4’, 0’, 6’).
Tirs : Grenoble 22, Kärpät Oulu 40.

Évolution du score :
1-0 à 04’22 : Anttila assisté de Niemelä et Karvinen
1-1 à 12’58 : Fleury assisté de Treille et Trabichet
1-2 à 36’37 : Puljujärvi assisté de Heshka et Koblížek
1-3 à 37’18 : Pesonen assisté de Sailio et Niemelä
1-4 à 39’00 : Krejčík assisté de Krištof et Anttila
2-4 à 43’43 : Manavian assisté de Fleury et Treille (double sup. num.)
2-5 à 50’06 : Lammikko assisté de Krejčík
2-6 à 53’33 : Tieksola assisté de Lammikko

Grenoble

Attaquants :
Sacha Treille – Damien Fleury (A) – Alex Aleardi (4’)
Denny Kearney (2’) – Joël Champagne (C) – Adel Koudri
Vincent Kara – Peter Valier – Dylan Fabre
Julien Baylacq – Aurélien Dair

Défenseurs :
Yann Sauvé (2’) – Antonin Manavian (2’)
Kyle Hardy (2’) – Sébastien Bisaillon (2’)
Teddy Trabichet (A)

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Patrick McEachen, Sébastien Rohat, Christophe Tartari, Maxime Legault (blessés).

Kärpät Oulu

Attaquants :
Radek Koblížek – Michal Krištof – Jesse Puljujärvi
Janne Pesonen – Jussi Jokinen (A) – Mika Pyörälä (2’)
Jari Sailio – Juho Lammikko (2’) – Tuukka Tieksola
Otto Karvinen – Tino Metsävainio – Sami Anttila
Julius Hermonen

Défenseurs :
Jakub Krejčík (2’) – Shaun Heshka (A) (2’)
Ludwig Byström – Mikko Niemelä
Lasse Kukkonen (C) – Topi Niemelä
Joona Huttula (2’)

Gardien :
Justus Annunen

Remplaçant : Patrik Rybár (G). Absents : Aleksi Mäkelä, Taneli Ronkainen, Miska Humaloja, Jasper Lindsten, Jesse Koskenkorva.

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