France – Finlande (Mondial 2017, groupe B)

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Pour ce deuxième match des Bleus, l’ambiance a monté d’un cran. Le public est venu en masse, aux couleurs françaises, et le soutien du public d’avant-match est d’un bien meilleur niveau que la veille contre la Norvège. L’équipe de France aura-t-elle la même progression ?

Finlande France 170507 548Il faut l’espérer, car ce deuxième match s’annonce extrêmement compliqué : la France n’a jamais battu la Finlande, pas même en amical ! Face à la rigueur nordique, il faudra jouer au maximum.

Malheureusement, Dave Henderson doit se passer d’un certains nombre de joueurs. Stéphane Da Costa n’est pas en tenue, malade, et le magicien qui a inscrit deux buts la veille manquera cruellement à l’attaque des Bleus. Cristobal Huet, touché au visage dans un choc, est également au repos, et Florian Chakiachvili en tribunes. Les lignes ont changé, elles aussi. Anthony Rech passe en première ligne avec Bellemare et Roussel, comme en fin de match la veille. Teddy Da Costa centre la deuxième ligne, Maurin Bouvet entre en jeu en troisième ligne et Laurent Meunier descend treizième attaquant. Lauri Marjamäki, de son côté, doit se priver de son capitaine Lasse Kukkonen, rentré en Finlande : blessé à la main, il manquera toute la fin du tournoi. Filppula reçoit le capitanat.

Finlande France 170507 567Des Bleus héroïques et un Hardy sur un nuage

Le public est chaud dans le début de match et les supporters français bataillent avec les Finlandais pour se faire entendre. Malheureusement, après un dégagement interdit un peu bête, les Tricolores se font enfermer dans leur zone et Sacha Treille commet la faute avec un faire trébucher.

Attentive, la défense ne cède pas de terrain et coupe bien les lignes de passe. Un début pas idéal pour se mettre en rythme, d’autant que la première montée rageuse d’Antoine Roussel aboutit à un tir à la cage après un coup de sifflet pour hors jeu, qui crée une échauffourée et une pénalité contre l’ailier de Dallas : dix minutes de méconduite, après cette friction contre Julius Honka de… Dallas.<

Les Bleus accélèrent à la reprise et Rech reçoit un palet dans l’axe. Son tir met la défense au supplice, mais personne ne prend le rebond. Ohtamaa, lui, a pris deux minutes pour retenir. Le public pousse derrière les Bleus sur ce jeu de puissance. Malgré un peu de maladresses au début – hors jeux – la France parvient à proposer quelques tirs dangereux sur la fin, notamment par Fleury et Auvitu, Bellemare ne parvenant pas à s’emparer du rebond.

But France 170507 575La séquence a eu le mérite d’installer les Bleus en attaque, avec un nouveau tir hors cadre de Fleury, un autre d’Auvitu et encore, le rebond échappe. Hecquefeuille, Manavian continuent de loin : la Finlande subit, mais cantonne le jeu à l’extérieur. Les Bleus finissent leurs mises en échec, cherchent les rebonds, bref, sont concentrés et appliqués. Un bon échec-avant de Douay libère Auvitu, dont le tir à travers la foule est repoussé. Il donne l’occasion aux Bleus de camper dans la zone finlandaise et le travail finit par payer. Hecquefeuille lance de la bleue et le tir est dévié par Meunier, bloqué par Bellemare dans le slot, relayé par Rech et Bellemare conclut en hauteur (1-0).

Finlande France 170507 594La patinoire entre en éruption, et Hardy tient le choc sur la réaction finlandaise. La fin de tiers se révèle plus compliquée. Bouvet commet un cinglage et, dès le début de l’avantage, Manavian est puni pour crosse haute. Bellemare, Roussel et Janil doivent faire face à 1’54 » de double supériorité…

Bellemare dirige le trio défensif qui effectue un travail remarquable. Hardy sort un tir de la plaque, puis une action chaude dans le slot, où le futur Duc d’Angers doit se jeter sur le palet. Le deuxième groupe, avec Auvitu et Meunier fait aussi bien, dans des conditions pires : Perret casse sa crosse puis prend le palet en pleine tête. Un nouveau tir touche la barre et sort du terrain. Les Bleus résistent et reviennent au complet ! À 18 secondes du terme, Hardy réalise alors l’arrêt du mondial. Il repousse un tir en pivot de Lajunen, de la botte, et sauve la reprise d’Osala du bout de la crosse, en déséquilibre : l’attaquant finlandais avait déjà levé les bras, et n’en revient pas. Le public scande le nom de Hardy, après cet arrêt légendaire. Pourtant, les arbitres passent un temps infini à vérifier la vidéo, le ralenti paraissant pourtant très clair. Il n’y a bien évidemment pas but, et la France vire en tête à l’issue d’un tiers exceptionnel.

Des Bleus à réaction

Mais le match est loin d’être gagné et la Finlande se charge de le rappeler dès la reprise. Mikko Lehtonen reçoit une passe de Pihlström à la bleue et profite des écrans, notamment de Savinainen, pour égaliser (1-1). Derrière, Aaltonen manque une occasion devant la cage et continue sa série sans marquer – 25 matchs…

La France réagit, avec un premier essai de Roussel dans le slot, puis un tir de Treille, où Fleury prend le rebond : Korpisalo sort du bout de la botte. Fleury trouve ensuite une dangereuse déviation sauvée par le gardien de Columbus. Le temps fort tricolore se poursuit avec un échange Hecquefeuille-Claireaux et un tir de ce dernier, qui contraint les Suomi à sortir le rebond en dégagement interdit.
Il faut cependant rester vigilant : Besch s’avance un peu trop et est pris dans son dos, ce qui permet de libérer Lehtonen dans l’axe. Hardy repousse la tentative. Le portier des Bleus effectue encore un bon arrêt, et Filppula est puni pour dureté pour un coup au visage de Dame-Malka. Le jeu de puissance débute mais peine à s’installer. Hormis une chance de Fleury, il n’y a aucune occasion franche et la Finlande profite de la sortie du puni pour revenir dans le camp français. Hardy doit s’employer pour repousser deux tentatives.

But Claireaux 170507 676Petit à petit, sans forcément baisser de rythme, la partie se transforme en bras de fer : batailles dans les bandes, duels accrochés. Les deux équipes se rendent coup pour coup. La France fait alors plier la Finlande : Bellemare vole un palet dans la crosse d’Aho en entrée de zone et, pendant que Roussel attaque la cage, expédie une mine vers Korpisalo. Le gardien laisse un rebond et Roussel le pousse au fond (1-2).

Un Roussel énergique, qui se frictionne avec Pÿorälä : deux minutes chacun, et quatre contre quatre. Le patinage des Bleus les pousse vers l’avant, à l’image de Perret qui ne cadre pas, et Manavian obtient deux minutes contre Filppula dans la neutre. La France pose son jeu et teste Korpisalo avec un slap d’Auvitu. À deux secondes de la fin du power-play, Rech trouve Janil à la bleue, qui reprend en force : Claireaux, sur la route, dévie au fond (1-3). Un but de Saint-Pierrais… La France vire en tête après deux tiers dans une arena surchauffée.

Finlande France 170507 659Un final en apothéose

La Finlande démarre pied au plancher. Les défenseurs se sacrifient pour contrer les tirs et Hardy sort trois arrêts consécutifs pour frustrer les attaquants adverses, aidé par son poteau qui repousse deux tirs : l’entraîneur finlandais a enfin sorti Jesse Puljujärvi du banc et le prodige d’Edmonton est à l’origine de deux occasions pour ses premiers pas dans le tournoi… Réplique immédiate des Français avec un tir de Dame-Malka et du trafic dans l’enclave de Korpisalo.

Le joueur du match reste un Florian Hardy imperturbable, même à bout portant, qui ne lâche rien sur les tirs finlandais. La défense, avec un Janil irréprochable, résiste toujours à mi-période. À 11’33 » de la fin, une mise au jeu en zone française est mal gérée par la Finlande. Rech presse, Roussel part en échappée et feinte Korpisalo (1-4).

Un Roussel qui concède deux minutes un peu plus tard. Pas de quoi perturber Hardy, qui continue à jouer au mur… et Rantanen voit le palet mourir à côté du poteau, puis Lajunen se heurte au gardien… La pénalité est tuée et, à 4’30 » de la fin, Marjamäki sort son gardien pour un attaquant. Dave Henderson pose son temps mort sur un dégagement interdit. Alors que des supporters finlandais quittent les tribunes, Damien Fleury ouvre son compteur cage vide (1-5). Korpisalo revient et sauve son camp sur un deux-contre-un mené par Roussel et un tir de Meunier, et le rebond de Roussel en tour de cage.

Les joueurs peuvent exulter : pour la première fois de l’histoire, la France bat la Finlande en match officiel. Un des plus beaux exploits de l’histoire du hockey français, devant plus de 11 400 spectateurs conquis. Et un geste plein de classe de Pierre-Édouard Bellemare, qui décline le trophée de joueur du match pour laisser Florian Hardy le recevoir sous les vivas du public.

Désignés joueurs du match : Mikko Lehtonen (Finlande) et Pierre-Édouard Bellemare (France)

Commentaires d’après-match :

Yohann Auvitu (défenseur de la France) : « Incroyable. On savait qu’on l’avait déjà fait, qu’on pouvait le faire, et on le refait. On voulait gagner au moins un des deux matchs ce week-end, on y est, mais le tournoi ne fait que commencer. On a gagné avec notre identité, le coeur sur la glace et c’est mérité même si le score est flatteur. Maintenant, on va être attendus. Hier, nous n’étions pas abattus car il y avait des bonnes choses. En Finlande, ça sera sûrement un choc ! J’y retourne cet été et on m’en reparlera… C’est très bien pour l’image, pour la spirale positive. Hier c’étaient les montagnes russes, aujourd’hui nous sommes restés réguliers, constants pendant soixante minutes. Et une patinoire pleine comme cela, ça donne une énergie folle. »

Valentin Claireaux (attaquant de la France) : « Le but, c’est un gros travail dans le coin, et je vais vers la cage. Jon Janil me regarde et j’ai vite compris ce qu’il fallait faire. Flo Hardy a été sensationnel ce soir, il nous tient dans le match. Tout le monde a tout donné pendant soixante minutes, appliqué le système. Mais ce n’est qu’un match, un match plein qu’il faut garder en tête. C’est mon premier à Bercy et c’était spécial. Le but du Mondial c’était ça, ce public. Je vais rejouer en Finlande la saison prochaine donc je suis très satisfait, c’est une équipe que l’on respecte beaucoup. Il ne faut pas s’enflammer et garder le momentum. »

Florian Hardy (gardien de la France) : « On avait rien à perdre, un match où tous les gars étaient à fond. Le gros boost, c’est le public, j’ai besoin de ça et c’est aussi le but de ce Mondial à Paris : nous, on prend du plaisir devant des gros publics à l’étranger et on voulait le partager ici devant nos supporters. Le geste de Pete ? Cela ne m’étonne pas de lui, on se connait depuis tout petits et cela prouve son tempérament. L’arrêt avec la crosse ? Le palet tape ma botte, je vois une tache sur le côté et je suis trop court alors je lance la crosse. Tu l’as une fois sur cent dans ces cas là et c’était ce soir. Il faut de la réussite et ce soir, elle y était. »

Loïc Lampérier (attaquant de la France) : « Il fallait qu’on garde le score serré le plus longtemps possible. On a exploité les contres au maximum. On s’était dit qu’il fallait quasiment le match parfait aujourd’hui, et on a réussi à le faire. 5-1, c’est complètement inespéré. Le prochain match sera important, pour le maintien et pour jouer plus haut. Hier le public était un peu timoré, aujourd’hui il a été exceptionnel. Ce qu’a apporté Hardy, je n’ai même pas besoin de le dire. C’est la première fois que je vois un arrêt comme ça. »

Monsieur Dave Henderson 170507 990Dave Henderson (entraîneur de la France) : « Toute victoire contre une équipe du top-6 est énorme. Je ressens de la fierté pour mes joueurs qui ont fait tous les sacrifices pour bien jouer dans ce match. C’est le résultat de la discipline et de Flo qui fait un super match dans les cages. Il fait un super arrêt de la crosse qui nous garde dans le match. Totale victoire d’un groupe sur la glace, ceux qui n’ont pas joué ont contribué aussi. On a subi au troisième tiers, on n’a pas voulu prendre de risques, mais on mérite amplement la victoire. Quand on a les supporters derrière nous, ça donne des ailes à tout le monde. On ne va pas surclasser en vitesse et en technique de base la plupart des équipes, mais on a des guerriers. On met le palet en direction de la cage, le but de Claireaux vient comme ça, on travaille ça à l’entraînement. En l’absence de Stéphane da Costa, on était obligé de changer les unités de jeu de puissance, et on ne voulait pas avoir des paires défensives différentes selon les situations de jeu, c’est pour ça qu’on les a changées. Pierre a eu un bon flair avec les duos. Janil doit bloquer 15 lancers aujourd’hui, mais à chaque match il en bloque minimum 7 ou 8. Il n’y a pas un joueur ce soir qui n’a pas bloqué un tir. À 3 contre 5, Antoine et Pete ont occupé le terrain, ils n’ont pas laissé les palets passer, c’est important. »

Laurent Meunier (capitaine de la France) : « On est un groupe de 25, on l’a prouvé par le passé. Il faut qu’on en prenne conscience et que tout le monde ait la même attitude. C’était le cas aujourd’hui. Ne parlons pas de maintien ou d’autre chose, on fera les comptes du tournoi. Chaque match a son histoire. Il faut arriver avec une bonne attitude, le moral gonflé et des jambes. »

Damien Fleury (attaquant de la France) : « Cela faisait trois-quatre fois que ça se jouait à peu de choses contre eux, cette fois c’est fait. Première victoire à Bercy, devant la famille, c’est incroyable, magique. Les dernières secondes, nous étions surexcités. La Russie, c’était la première grosse victoire, mais là c’est chez nous, avec une ambiance… Il ne faut pas perdre de vue l’objectif. On se remet dans la course, vraiment lancés. Incroyable Flo Hardy, il l’avait montré contre la Russie, et il le mérite après une saison compliquée. Nous sommes un groupe qui prend plaisir à se retrouver à chaque fois. Mon but cage vide, je suis content, ça lance mon Mondial après plusieurs occasions hier et un poteau. On savait qu’on était capables de le faire et nous avions vu le premier match de la Finlande, nous sentions qu’ils étaient prenables. »

Antoine Roussel (attaquant de la France) : « On a un bon groupe, tout le monde travaille fort. Hier, il fallait se mettre en jambes, l’énergie n’était pas là. Je me suis senti mieux qu’hier. Le geste de Bellemare était classe, ça prouve que c’est un grand leader. La foule était énorme, on en avait besoin de notre côté. J’espère que c’était aussi bien à la télévision qu’en vrai. L’ambiance était meilleure qu’hier, c’est clair. Je pense même qu’elle peut être encore mieux. Ce sont de bons points à prendre. Pour le tournoi, cette victoire, c’est énorme, c’est un grand pas en avant. Pour le hockey français, c’est trop tôt pour en parler. »

Marseillaise du Staff 170507 954 700

Finlande – France 1-5 (0-1, 1-2, 0-2)
Dimanche 7 mai 2017 à 16h15 à l’AccorHotels Arena de Paris. 11 433 spectateurs.
Arbitrage de Brett Iverson (CAN) et Marcus Linde (SUE) assistés de Gleb Lazarev (RUS) et Peter Sefcik (SVK)
Pénalités : Finlande 8′ (2′, 6′, 0′) ; France 18′ (6’+10′, 2′, 0′).
Tirs : Finlande 43 (12, 11, 20) ; France 26 (11, 9, 6).

Évolution du score :
0-1 à 14’17 » : Bellemare assisté de Rech et Meunier
1-1 à 21’33 » : Lehtonen assisté de Pihlström et Rantanen
1-2 à 33’58 » : Roussel assisté de Bellemare
1-3 à 38’49 » : Claireaux assisté de Janil et Rech (sup. num.)
1-4 à 48’27 » : Roussel assisté de Rech
1-5 à 57’49 » : Fleury assisté de T. Da Costa (cage vide)

Finlande

Attaquants
Sebastian Aho (-3) – Valtteri Filppula (C, 4′, -3) – Miro Aaltonen (-4)
Veli-Matti Savinainen – Antti Pihlström (+1) – Mikko Rantanen (+1)
Mika Pyörälä (2′) – Joonas Kemppainen (-1) – Juhamatti Aaltonen
Markus Hännikäinen – Jani Lajunen – Oskar Osala (-1)
Jesse Puljujärvi

Défenseurs
Mikko Lehtonen (+1) – Juuso Hietanen
Ville Lajunen (-2) – Topi Jaakola (A, -2)
Atte Ohtamaa (A, 2′, -1) – Julius Honka (-2)

Gardien
Joonas Korpisalo

Remplaçant : Harri Säteri (G). Blessé : Lasse Kukkonen (capitaine, D, main)

France

Attaquants
Antoine Roussel (4’+10′, +2) – Pierre-Édouard Bellemare (A, +3) – Anthony Rech (+2)
Sacha Treille (2′) – Teddy Da Costa – Damien Fleury
Florian Douay – Maurin Bouvet (2′) – Jordann Perret
Loïc Lampérier – Nicolas Ritz – Valentin Claireaux (+1)
Laurent Meunier (C, +1)

Défenseurs
Yohann Auvitu (+2) – Kevin Hecquefeuille (A, +2)
Antonin Manavian (2′) – Nicolas Besch
Olivier Dame-Malka – Jonathan Janil (+1)
Damien Raux (+1)

Gardien
Florian Hardy

Remplaçant : Ronan Quemener (G). Malade : Stéphane Da Costa (A). Réserviste : Florian Chakiachvili (D)

but de Roussel

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