Grenoble – Berne (CHL, groupe E, 6e journée)

Une sortie avec les honneurs

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Après leur défaite à Berne la semaine dernière (1-4), les Brûleurs de Loups ont perdu toute chance de se qualifier pour la phase finale de la CHL. C’est donc pour l’honneur qu’ils reçoivent les champions de Suisse pour leur denier match dans cette compétition. L’occasion de clore définitivement le chapitre CHL avec pourquoi pas une deuxième victoire. Depuis sa victoire en Suède face à Skellefteå, Grenoble a perdu trois rencontres consécutivement face à ses trois adversaires de la poule. Berne a en revanche à tout prix besoin d’une victoire pour se qualifier pour la suite de la compétition sachant que dans le même temps Kärpät Oulu et Skellefteå s’affrontent. À noter qu’une belle et bruyante colonie de supporters bernois avaient fait le déplacement pour l’occasion.

Mis en confiance par leur victoire à Rouen aux tirs au but vendredi, les Brûleurs de Loups débutent sans le moindre complexe. Au bout de cinq minutes équilibrées, Denny Kearney se paie même le luxe d’ouvrir le score après un bon travail de Kyle Hardy derrière la cage : le défenseur grenoblois sert Kearney dont la reprise instantanée vient se loger dans la lucarne opposée de Niklas Schlegel (1-0, 05’55). Une précision maximale qui fait du bien aux Brûleurs de Loups en ce début de rencontre.

On attend une réaction bernoise mais celle-ci tarde à venir. Mieux, les Brûleurs de Loups auraient même pu marquer un deuxième but sur une accélération de Fleury qui prend de vitesse la défense bernoise mais Schlegel remporte le duel avec un gros arrêt de la jambière. Les champions de Suisse ont une occasion de revenir à égalité lorsque Joël Champagne est sanctionné pour un accrocher mais le boxplay grenoblois fait un gros travail pour neutraliser le power-play bernois.

Toujours sans complexe, la première ligne grenobloise déploie une belle phase de jeu qui aurait mérité d’aller au bout mais une fois encore Schlegel a le dernier mot. Vincent Kara se trouve même en excellente position face à la cage mais son tir n’est pas assez appuyé et Schlegel fait l’arrêt. Malheureusement pour Grenoble, ces bonnes phases sont ternies par de l’indiscipline qui cause deux nouvelles pénalités de Tartari puis Hardy. Le mur grenoblois résiste mais finit par craquer à la troisième opportunité sur un slap lointain de Ramon Untersander dévié devant le slot par Tristan Scherwey (1-1, 15’25). La pression se fait plus intense sur la cage de Lukáš Horák. Le score de parité est assez logique après une première période plutôt équilibrée.

Seul regret pour les Brûleurs de Loups : le cinglage commis par Kyle Hardy en toute fin de période. Les Brûleurs de Loups sont donc obligés de commencer la seconde période par une infériorité numérique, la quatrième déjà ! Lukáš Horák sauve son équipe par un arrêt à bout portant. La pénalité est tuée par Grenoble qui peut enfin souffler lorsqu’Eric Blum part à son tour en prison. C’est la première supériorité numérique pour les Isérois. Fleury s’y procure une excellente position de tir mais il ne concrétise pas. Hardy et Bisaillon essaient de prendre Schlegel en défaut sur des tirs lointains mais sans réussite.

À la mi-match, Grenoble tient toujours le score et une gros lancer de Hardy est repoussé par Schlegel. Mais Champagne se fait de nouveau pénaliser et la sanction est immédiate : Mark Arcobello sert Andrew Ebbett qui se décale et ajuste la mire pour battre Horak d’un lancer précis en lucarne (1-2, 32’45). Pour la première fois de la rencontre, Berne passe devant au tableau d’affichage. Horak continue de multiplier les arrêts décisifs comme sur ce palet qui glisse à quelques centimètres de la ligne ou face à Vincent Praplan. Les Brûleurs de Loups doivent tuer une nouvelle pénalité de Champagne pour rester dans le match à la deuxième pause.

En début de troisième période, c’est au tour d’Aleardi d’être sanctionné pour un cinglage, déjà la septième infériorité numérique grenobloise dans ce match. Encore une fois le box-play isérois est héroïque avec un sacrifice de tous les instants et un grand Horak qui réalise un arrêt à bout portant face à André Heim pour repousser l’échéance. Finalement c’est à cinq contre cinq que Berne assure définitivement son succès : après un engagement en zone offensive, le top scorer bernois Arcobello loge le palet en lucarne opposée dans un angle ultra fermé (1-3, 47’30).

Les Brûleurs de Loups ont encore des opportunités à l’image de Kara seul devant la cage ou de Kearney qui bute sur Schlegel après un excellent décalage d’Aleardi. Mais le réalisme fuit les Grenoblois en cette fin de match. Après avoir tué une nouvelle infériorité numérique, les hommes de Terglav lancent leurs dernières forcent dans la bataille. Horak laisse la cage déserte au profit d’un attaquant supplémentaire. Pendant près de deux minutes, les Grenoblois parviennent à tenir le palet sans encaisser de but dans la cage vide mais ils ne parviendront pas à marquer un but supplémentaire.

Les Brûleurs de Loups se sont une nouvelle fois montrés à la hauteur de l’événement mais ils s’inclinent pour la cinquième fois dans la compétition en six matchs. Tout le paradoxe de prestations abouties, d’un engagement sans faille mais d’un maigre bilan comptable avec 3 petits points. Ce soir, les champions de France ont fait leur match et se sont mis dans de très bonnes dispositions en ouvrant le score. Les ingrédients pour créer la surprise étaient là mais il a manqué un peu trop de réalisme face à la cage et surtout plus de discipline pour rester devant au score. Grenoble s’est procuré quelques grosses occasions qui auraient dû aller au fond mais à ce niveau, il est évidemment plus difficile de marquer. Mais ce sont surtout les huit pénalités pour autant d’infériorités numériques qui ont coûté la victoire aux Isérois.

Malgré une résistance héroïque en infériorité, les Brûleurs de Loups ont encaissé deux buts dans cette situation de jeu. Deux buts qui ont fait basculer la rencontre du côté bernois. Les hommes de Kari Jalonen n’ont donc pas eu à forcer leur talent pour passer le premier tour de la compétition, ils ont simplement su faire preuve d’efficacité offensive tout en proposant une défense particulièrement hermétique. À égalité de points avec Skellefteå et Kärpät, ils se qualifient avec les Suédois alors que les Finlandais restent à quai. Grenoble ne répètera pas l’exploit de Rouen la saison dernière mais cette poule était, il est vrai, extrêmement relevée. Il reste désormais à maintenir en Ligue Magnus l’excellent niveau de jeu affiché dans cette compétition afin de pouvoir revenir tenter sa chance l’année prochaine.

Désignés meilleurs joueurs du match : Sacha Treille (Grenoble) et Mark Arcobello (SC Berne)

(Photos de Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On savait que le match n’avait aucun enjeu mais on s’attendait à un rythme de match intense. C’était notre dernier match dans cette compétition, on s’est dit qu’on voulait partir avec la tête haute. Défaite ou victoire, on voulait tout donner pour ne pas avoir de regret. Ça a été exactement ça aujourd’hui, c’était un bon match de hockey, c’est dommage d’avoir pris trop de pénalités car c’était dur d’aller chercher le momentum, on l’a vu en troisième période. Si on est plus discipliné, qu’on joue un peu plus à cinq contre cinq, on a vu qu’on était capable de jouer contre cette équipe. Les occasions étaient là, on a fait ce qu’il fallait en marquant ce premier but, c’est ce qu’on voulait en début de match… Après, c’est comme ça, c’est une belle équipe face à nous, bien en place défensivement, elle ne donne pas grand-chose. On s’est battu, on a fait notre maximum, c’était un bon effort d’équipe ce soir. Quand on fait les erreurs contre ce genre d’équipe, c’est souvent au fond de la cage alors qu’en Ligue Magnus parfois on a une autre chance derrière. C’est bien de jouer cette compétition, de se situer et de voir ce dont on a besoin pour être meilleurs. On dit toujours aux joueurs de ne pas tomber dans le piège de jouer différemment en Ligue Magnus. On savait qu’on était capable de jouer contre ces équipes-là. Maintenant il faut garder le même rythme, être exigeant chaque jour pour jouer en Ligue Magnus. C’était six bons matchs pour nous. Même si ça fait 1 victoire pour 5 défaites, il faut garder le côté positif. »

Kari Jalonen (entraîneur du SC Berne, photo) : « On avait besoin de ces 3 points pour se qualifier pour les play-offs donc je suis content bien sûr. Les gars ont fait un bon travail. Grenoble est une équipe bien coachée, c’est une équipe travailleuse et c’était un donc un match difficile pour nous mais nos unités spéciales ont bien fonctionné. On a marqué deux buts en supériorité numérique et ça a été la clé aujourd’hui. »

Christophe Tartari (défenseur de Grenoble) : « On a montré qu’on pouvait être au niveau mais les petits détails sont un peu ce qui fait la différence avec ces ligues-là. On a réussi à faire jeu égal à cinq contre cinq, après c’est dommage de prendre trop de pénalités. Contre une équipe comme ça, jouer 9 fois en infériorité, à un moment donné ils finissent par trouver la faille… C’est une expérience incroyable, on y est allé avec toutes les bonnes intentions pour jouer la qualif. Quand on joue contre des équipes comme ça, chacun hausse son niveau de jeu, la vitesse d’exécution, le groupe se forge… On a vu par les résultats, ça ne se joue pas à grand-chose mais on perd quand même la plupart des matchs. On s’est dit d’y aller en se donnant à 200%, à fond, en essayant de respecter notre système, nos forces et on verrait bien ce que ça allait donner à la fin des poules. Il faut rester concentrés après ça, on l’a vu avec d’autres équipes. Souvent il peut y avoir soit un coup de mou, soit une sur-confiance, ne plus respecter son système, se croire un peu au-dessus. Et ça va être le mot d’ordre maintenant. Mais on n’a pas ce type de personnalités ou de joueurs dans l’équipe donc c’est parfait. On a fait des bons matchs mais on voulait aller chercher la qualification, c’était l’objectif. On est des compétiteurs, on ne peut pas se contenter de ça même si on a montré de belles choses, mais on n’est pas qualifié. »

 

Grenoble – SC Berne 1-3 (1-1, 0-1, 0-1)
Mardi 15 octobre 2019 à 19h30 à Pôle Sud. 2692 spectateurs.
Arbitrage d’Aleksi Rantala (FIN) et Geoffrey Barcelo (FRA) assistés de Clément Goncalves et Nicolas Constantineau (FRA).
Pénalités : Grenoble 16’ (8’, 4’, 4’), SC Berne 2’ (0’, 2’, 0’)
Tirs cadrés : Grenoble 23, SC Berne 35.

Évolution du score :
1-0 à 05’55’ : Kearney assisté de Hardy et Champagne
1-1 à 15’25’ : Scherwey assisté de Untersander (sup. num.)
1-2 à 32’45’ : Ebbett assisté de Arcobello (sup. num.)
1-3 à 47’30’ : Arcobello assisté de Rüfenacht et Moser
Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C, 6’) – Alex Aleardi (2’)
Sacha Treille – Damien Fleury (A) – Vincent Kara
Adel Koudri – Sébastien Rohat – Peter Valier
Dylan Fabre – Julien Baylacq – Aurélien Dair

Défenseurs :
Kyle Hardy (+1, 4’) – Sébastien Bisaillon (+1)
Christophe Tartari (A, 4’) – Antonin Manavian
Yann Sauvé (-1) – Patrick McEachen (-1)
Teddy Trabichet

Gardien :
Lukáš Horák [sorti de 58’12 à 60’00]

Remplaçant : Maxime Makeev (G). Absents : Sébastien Raibon (G), Maxime Legault (genou).

SC Berne

Attaquants :
Simon Moser (C) – Mark Arcobello – Thomas Rüfenacht
Vincent Praplan – Jan Mursak – Daniele Grassi
Tristan Scherwey – Andrew Ebbett (A) – Gregory Sciaroni
Inti Pestoni – André Heim – Alain Berger
Jeremi Gerber

Défenseurs :
Colin Gerber (+1) – Ramon Untersander (+1)
Miika Koivisto – Calle Andersson
Yanik Burren (-1) – Eric Blum (A, -1, 2’)
Mika Henauer

Gardien :
Niklas Schlegel

Remplaçant : Pascal Caminada (G). Absents : Beat Gerber (opéré d’un syndrome des loges), Marc Kämpf (opéré d’un cancer des testicules), Matthias Bieber (blessé), Justin Krueger (commotion), Jan Mursak.

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